Pelagos

Barbara Hepworth, pelagos, dessin et peinture

 

bleu dans l’espace

l’erreur

 

l’espace pousse vers l’intérieur de la forme car la forme vu dans l’espace suscite son propre espace

le sens assoit les dimension dans la lecture du bloc

le geste va devoir creuser mais le dessin allonge la pensée

tend le regard comme s’il ouvre une fenêtre

sans mots

 

envisage,

 

on y voit tout un monde s’ouvrir et se tendre

se résumer

une forme cernant des tensions internes de ce qui s’étend

 

la traverse la creuse et l’habite

les parcours et les traces de l’étrace

 

Barbara Hepworth, epidaurous

la forme se concentre vers l’intérieur mais plus important est porteuse de sens

du domaine du visible ce qui apparait à la lumière ou strié d’ombre est du domaine du sens

significant form

la forme porte le sens comme un projet et l’incarne

lançant de façon statique des dynamiques

contient l’esprit, projettant à l’espace, interne et en creux

 

mais sens de ce que le corps sent,  retranscrit dans la matière

 

Barbara Hepworth, Pelagos

est-ce la lyre d’orphée

la lumière particulière de la Grèce comme aux temps archaïques, classique cherche la forme à s’incarner

la vibration de la forme tend à la perfection, la forme est peut être ce seul tenant ou la pensée s’annonce d’un bloc, travaillé et surgissant à l’espace,

 

de l’aventure humaine

de la poésie aède

 

à St Ives venu du Nord la lumière méditerranéenne révèle un sens proche de celui de Karnak

Barbara Hepworth-single form chun quoit -1961

de si près je ne vois rien

Fred Williams

des deux versants cela s’explique aisément
par la chaleur
la sensation de limite
et
la photographie aérienne
et si les pas des fourmis ne se voient pas
et si le long de la ligne une géographie animale
ou du moins biologique
ou ce qui sous-entend

 

les déboires près de l’étang

 

et si pour boire il faut s’élancer

 

 

en ligne et point sable ou végétal

 

a distinguer ce qui empiète

et même si ne dispense pas

Fred Williams, yellow landscape 74

de la marche

de la vue

de tordre

 

de se mettre dans ses pas et de mettre ses pas les rêves tendus sur le fil distendus qui s’observent

 

quand les muscles tendus l’oeil dans l’orbite s’alimente au réel

 

Fred-Williams,You Yangs-second series-1968

de près tout semble si différent agglutiné ou séparé matière grimpant ou descendant quand poussent sans plan apparemment arrêté les essences qui pourtant vivent et qu’ils ramassent qui est la soif des vies à vies

dans le rouge de si près je ne vois rien les vivants entretuent les morts du moins il semble

 

Fred Williams

 

point échafaudé est un chasseur solitaire

Fred Williams, drawing

moment de recueillement ou il arrête le monde pour s’en saisir,  ému par un beau sentiment ou un désir de beauté

saisir ce qu’elle peut saisir

il s’agit bien d’introspection, il s’agit de pensée

ce agit comme s’il entame dessin après dessin ce qui est une pratique où finalement s’épure ce qu’il a vu

trame ou à s’engager sur un chemin

 

assailli de tout coté

tracer la vision non pour en faire la carte mais parce qu’il n’est pas sûr de ce qu’il voit ,

 

le turmoil du visible est si prégnant que comment s’en sortir autrement qu’en jetant par la main l’attirail de point, blancs, valeurs, tons, lignes, noirs, ombres , couleur, le dessin est sous-jacent est l’idée la plus pure,  dans le dessin est le fil tendu à l’esprit,

certains l’empruntent et deux esprits se parlant ou à plusieurs siècles de distance entrevoient, l’un impulsant l’autre renvoyant dans la contemplation ce que la main à vu

et su

John Marin, marine painting

à un moment le dessin

John Berger, dessin

s' »apparente à la pensée qui prise entre les différentes dimensions du papier commence à instituer quelque chose qui instaure le visible

langage aussi, acupuncture et calligraphie

le mot alors s’intègre mais est mieux écrit, calligraphié, redevenu dessin

et visible

le mot parlé casse

Bomberg

dessin

mot qui est trompeur parce qu’il évoque les salles de torture et les professeurs qui enseignent ce qui s’apparente à la peinture, mais qui suppose un départ

 

hors de cet appris par où remonter le fil de l’esprit qui crayonne ou s’aide de l’encre, du trait, du point de la masse, des hautes, des basses, de l’eau, de tout ce qu’il veut et vers ce qu’il poursuit

voir est de l’homme n’est pas des dieux, le silence s’il veut , le bruit ou musique

 

portée

car lors-qu’assis au près du chemin ou mieux encore face à ce visage, aimé, mais qui s’impose dans toute la multiplicité de la réalité,inconnu à regarder, les portraits de Berger de sa mère en train de mourir, qu’est-ce ?  cet effort de reconnaitre

 

l’indistinct du quotidien

l’imaginaire ou la philosophie la plus tendue

Marie Hélène da Silva

on ne sait plus

ou peut être le peintre sait-il et s’acharne à être à flot du monde et de lui même, et de l’autre

cela dépend

le dessin a pour nom, liberté

mais voir

et les antiques, les classique me parlent

 

de vivre philosophiquement

sans que je me rende compte réellement de ce que cela veut dire

 

je regarde du coté de Spinoza que John Berger appelle en ami Bento

Bento tenait un carnet de croquis et la philosophie est  ce cela aussi ?

 

la philosophie y mène t’elle ou est ce s’en défaire et se laisser amener vers une réponse

 

celle de l’agir

de l’entrevoir,

de la préhension

du monde

 

le texte que je préfère de <Merleau-Ponty est « l’oeil et l’esprit

celui de Daniel Arrasse  » on ‘y voit rien »

 

 

moi me posant la question de la posture antique me laisse revenir vers le monde et le regard pris contenant le tout de l’ouverture de l’oeil ce simple seuil à peine entrouvert et qui témoigne de la minceur où se faufile la réponse

 »

« 

pas sùr que je me fasse bien comprendre, mais essayons

la philosophie peut elle amener l’être humain à décider en toute connaissance de cause de la direction à suivre,

existe t’il ce point d’équilibre où l’être atteint à une décision dans la simplicité conquise ou doit il surmonter le fatras qui est aussi bien extérieur qu’intérieur à lui même, si cette idée a quelque existence car ne sommes nous pas pris dans le flux ?

indépendamment des pulsions, caractères, pesanteur du passé et héritages, tous les héritages qui nous tordent comme le dit la psychanalyse ainsi que tous les incidents de la vie et l’existence qui nous contraint ou semble nous contraindre,

l’idée est belle

Je ne parle pas d’une connaissance théorique apprise, une adaptation forcée, un acquiescement et une acceptation de ce qui est donné, une somme qui servirait de lecture du monde, une carte par laquelle se repérer

la philosophie est elle possible dans un monde ou tout doute non raisonnable est exclu, dépend t’elle d’un héritage, cette fois-ci pris dans un sens de leg, de pragma d’une civilisation projetant un certain nombre de lignes qui forme un socle solide ou semblant telle, non soluble même au doute, les classicismes et archaïsmes semblent montrer que de tels mondes sont possibles

l’homme alors se conforme à ce qu’il voit des tensions

 

mais est ce possible dans un monde en mouvement incessant se nourrissant de lui même et nous poussant dans nos retranchements, en perpétuelle métamorphose et bouleversement, qui peut sembler inacceptable dans ses fondements/ qu’y faut il ? /

accepter déjà sans doute

mais l’égarement?

quand tous les éléments qui nous ont poussé là continuent leur dérive à nous presser, égarement, sont au delà de la compréhension, quand il semble que l’acceptation de ces poussées ne puissent n’être qu’anachronique, c’est à dire dépendante d’une vision antérieure à l’événement, est ce moi qui suis embourbé dans le passé ou l’idée que j’en ai, et le monde trop étrange ?

peut on se comprendre ou comprendre ce qui se passe dans sa nouveauté , dans le corps même et non dans un corps de pensée préexistant

ou bien comprendre un état dans un contexte d’altérité, où il n’est pas approprié ni adapté ni natif,

il y a conflit, friction, bouleversement, c’est le tragique dont parle Glissant, cet état conflictuel qui ne peut pas être laissé tel quel mais qui appelle une réponse, une décision, un bouleversement, une compréhension, un départ ?

cette compréhension devra sans doute se livrer à des transformations dans sa façon d’aborder les questions, peut être même inventer une tout autre façon de poser ou amorcer une réponse,

c’est pourquoi la pensée d’Edouard Glissant est si précieuse, car elle tente, sans évider les causes de l’impossibilité, d’amener une réponse tenant compte du choc.

 

Michael Riley, Hetti, 1990

 

Pourquoi cette photographie de Michael Ryley me conduit t’elle au sentiment, à l’interrogation surprenante qu’il n’est pas de vie quand pourtant tout semble en suspend, le langage à l’oeuvre mais que tout questionne, plastique ou abandon d’une figure qui se refuse à rien dire, paupières closes comme sous-titré : « spirit, land, image »

Michael Ryley est aborigène, de ceux qui sont d’Australie, de ceux pour qui le monde est devenu une énigme, les successeurs de ceux de Papunya et du cri au secours de la fourmi à miel sont maintenant projetés sommés de se conformer dans la modernité et la ville,

la carte urbaine a écrasé le  chant des piste et du sang de l’ancêtre jailli l’incompréhension, presqu’imperceptible mais qui est le tout de l’aborigène tant terre et vivant sont mêlés

l’homme désormais est déterré ? les photographies comme celles de Fiona Foley témoignent silencieusement et interrogent : est il une possibilité de rabattre la question, le visuel continue à s’en charger, le corps et l’esprit le peuvent ils ?

la question posée silencieusement, concentrée, comme au bord de quelque chose qui se tait et est toute la question même.

 

Le photographe déploie en oeil et expose, défile ce qui se pose à lui en suite, à voir et qu’on peut lire comme un énoncé dans cette présentation ( à lire , oui à lire …) 

 

par exemple car comme une rupture s’impose,

Riley’s final series, Cloud, combines his exploration of transient cloud formations with the astonishing presence of decontextualised objects rendered with such exactitude they seem totally unreal. There’s a sense of hope and liberated possibility in this series, and its placement at the end of the retrospective marks it as the culmination of Riley’s achievements. But there’s also an air of sadness around these images, borne of the knowledge that Riley himself is no longer here to explore the imaginative vistas opened by his final work. Riley was only 44 when he died—instead of an ending, Cloud should have marked the beginning of a mature vision.

Darrel, Michael Riley 1989/1990
kristina, michael Riley

à un monde ressenti comme mouvant ou inadapté une réponse doit être trouvée, Glissant et la pensée du tremblement qui suppose une adaptabilité constante, ou du moins un état de constante réponse à l’instabilité, cette réponse parce qu’elle prend en compte l’instabilité du monde et une certaine conception de l’épaisseur  qui n’est pas abstrait mais habité, chargé d’une teneur qui pèse, est-ce le monde et qu’est-ce que l’homme ?

la réponse est tentante mais je cherche à savoir si une autre est possible

car à la source, dirait IPB, choisir non l’opacité mais la transparence,

alors même que le monde est vu comme opaque,

mais le voit elle opaque mais il lui es peut être transparent,

il faudrait le savoir car la question que je me pose est celle de la transformation, de la pensée et de ce qui s’ensuit.

« morning glory, Carpentarie

 

mais de nouveau l’attitude de l’homme dépend du monde et du temps, celui accumulé et de la provenance

s’agit il d’adaptation ? être pris dans le morning glory ?

 

la question de la philosophie était posée, posée comme une tentation de réponse, libre et libérée ou en est elle acceptation ? la sublimation

un questionnement tendu et un affinement de la conscience peut il permettre une décision en fondement de la ligne à suivre, parce que tel est décidé,

et non le monde ?

peut on tordre le cou à ce qui nous sous-tend et accéder à un choix ?

et rompre la longitude et latitude

et faire fi du compas

est ce cela ou bien est-ce autre chose, je ne sais pas très bien.

Conférence de Romuald Fonkoua

à écouter, impossible de tout résumer ni retranscrire ,

sauf à dire que je m’y retrouve plus encore que je ne le pensais,

le langage vise à l’unité quand le monde vise à l’unité

dans un monde visant à la multiplicité le langage ne peut viser qu’à la multiplicité

d’où il ressort que l’essentiel du discours de Glissant l’équivalence ou le lien entre le monde et le langage et l’importance de l’irrésolu

Romuald Fonkua est Professeur à l’université de Strasbourg et à l’Ecole française de Middlebury College (Vermont, Etats-Unis), il est aussi le rédacteur en chef de la revue Présence africaine.

Spécialiste des littératures et cultures d’Afrique noire et des antilles, il a publié, entre autres, Essai sur une mesure du monde au XXe siècle. Edouard Glissant (Honoré Champion) et Les Discours de voyages. Afrique-Antilles (Karthala).

Césaire

les couloirs

j’ai aimé travailler dans les aéroports
* ces endroit des marges où se rencontrent ceux poussés par on ne sait quels vents ou désir de s’enfuir, visiter,

 

j’y ai vu des folles me racontant qu’elle venait juste de quitter son pavillon de Melbourne et voudrait bien y retourner car que fait elle là

j’y ai vu des chefs d’escale traiter des files de paysans atterris là on ne sait comment comme des moujiks, ils ne venaient pas de Russie mais d’un pays adjacent

j’y ai vu des pilotes bourrés atterrir presque le dos en l’air court sur patte et en riant de la bonne blague, le temps des pharaons aurait vu leur tête rouler

et les charmants portugais transportant des jambons de Funchal et c’est là que j’ai connu les capverdiens venant rechercher leur bidon de grog

et la boite de thon du Sénégal égaré à Orly arrivé plutôt qu’à Amsterdam et les pistaches du liban et celles d’Iran, il faut être connaisseur

 

les lieux de tous les transit, les rebonds de jet en jet, d’aéroport en aéroport rapportant les saveurs du Bosphore et les cris des caravaniers

 

lay your head where my heart used to be

 

je reste fasciné par ce brassage, ce brouhaha qui rappelle celui des ports de méditerranée, les marchés d’extrême Orient et tous ces lieux qui prouvent que le mouvement est bien l’état naturel de l’homme, contrairement à ce que nous pensons, les mouvements dans les mondes anciens ont toujours bouleverser les équilibres et mis les hommes en contact

la stabilité n’est pas ce que nous pensons mais mouvante

ces mouches à kérosène mettent en mouvement le monde et les mouches insipides que nous sommes, silencieuses, victimes de ces trajectoires subies, incompréhensive dans le carré de jardin, provoquant la migraine quand le décalage horaire et les bonds de puces planétaires

des américains d’Alaska apportent la chaleur et moi qui suis un point fixe dans ce microcosme en mouvement aussi à l’aise que josha Bell à Grand Station

 

et les Dieux encore si doux du Bangladesh ici d’Indonésie

 

 

ces espaces froids et fermés plus explosifs que s’ils explosaient ne sont pas réellement une frontière, ils sont une sorte d’étirement de l’espace que Michel Agier appelle le couloir des exilés et Marc Augé un non-lieu, ils se comprennent comme des parenthèses dans des étirements du monde ou les distances et les points de contact sont soumis à des droits,

 

comme dans les villes l’espace se délite en quartiers, favellas ou bidon-villes

 

comme sur la carte ou des zones sont plutôt des zones de combats et de friction

 

ou des populations sont exclues et limitées à un type d’engagement, refoulées, soumises à un non-droit, non lieu, non-vie, René Grousset les appelait les marges et les tenait pour des zones dynamiques qui mettaient en mouvement les civilisations, frottement et zones des déplacements et d’instabilité mettant en tension le monde, nommé tel par les grands centres se croyant stables, mouvements étaient imprévisibles et de ce fait primordiaux,

 

Nurcan Giz

 

nomadisme ? ces vies non fixées sont aussi les électrons d’une structure (planétaire) qui se croit délimitée aux mouvements soumis à des règles alors qu’il faut accepter l’imprévisible et qu’elle est soumise à des pressions de plus en plus forte,

 

voir l’existence du coté des sans-droit est difficile, la voir du coté des cartes d’état-major est périlleux, la voir comme une tension active et la considérer comme telle , est ce ce qu’Eric Chauvier nomme anthropologie ? est-ce, d’une autre façon ce que Glissant dans sa quête d’une humanité totale et en mouvement appelle « le tout-monde » ?

ces points de mise en contact, ces couloirs, ces camps de réfugiés, ces boursouflures d’espace ont la particularité d’être invisibles car l’exclusion exclue, instituant des frontières qui nous sont clotures et limites, fixité comme on dit fix it en anglais tandis que se forment des espaces de vie autonome, non compréhensibles par la norme et difficile à cerner car elles redonnent du sens à l’identité qui devient ponctuelle et circonstancielle

 

l’espace planétaire est permis par le déplacement et la vitesse, par des zones de stagnation, d’écartement

mais aussi de rencontre car ces structures démontables intégrées comme les gares hors des villes, ne sont que la trace du passage de l’homme

 

misère

mais échange

surtout vie, qui pour ne pas être normée ni confortable n’en sont pas moins des vies

 

Segalen à Pekin ou à Tokyo par sa seule présence introduisait déja la mise en doute du lieu et de l’être défini de ceux qu’il croisait

 

les aéroports sont aussi la possibilité de ce contact et ne sont que chameaux

 

bruyant aux marges des villes

c’est la violence de nos transport et l’écho de nos fracas,

tempons

les lamas crachent à la face du capitaine Ad Hoc

Flores para Yemanjá

Flores para Yemanjá

 

j’aime énormément nager et l’eau ,

finalement c’est une immersion dans le monde qui prend en compte une expérience beaucoup plus fine que celle prise en compte par la rationalité

 

émise et comprise, passée au fil de l’eau même perfide comme le sont les profondeurs d’où jaillissent du ventre d’eau de Yemanja naissent les dieux et s’il semble usurper des formes douces contient  le fluide de tout ce qui est humain

 

 

ces reflets sont la douceur mais immenses sont le ventre

 

quand en appeler aux figures qui contiennent la teneur de l’expérience

 

aux éléments qui abstraits sont les portes par où s’engouffrent les faces insoumises de la réalité comprise non comme les formes mais comme l’axe du réel

 

s’identifient et s’alignent des pans entiers du monde

comme des figures poussant dans le présent

 

Perfilada, Fonseca

se laisse aller à ce qui se pousse à l’intérieur se concentre en ce point de l’eau tout des devenirs et des dérives

pouls de tous les temps

visage grimaçant

grinçant de ce qui s’échappe

vagues informes soumises au pouls

à l’irruption cutanées

à l’émotion fleur de la passion à corps de tempête

caprice matriciel et pluie d’or

sous la finesse des corps blancs une puissance sans limite

 

Deus

pressés par le hachoir de la vie les grandes tendances de l’esprit humain échappent à la logique, sont des figures, par lesquelles la logique s’exclue, moteur eux même d’une systémique bien comprise, ayant son centre dans l’impulsion et le caractère apparenté au monde mais du domaine des dieux

 

au centre vital et non dans les marges, récits ou fiction, mais dans les mythes qui énergisent et sont les événement récurrents

mis quasiment en son centre

Flores à odoia

c’est l’histoire

une thèse récente sur le candomblé et les Orishas commence au moment où l’étudiant rencontre Pierre Verger qui l’introduisant aux aux pères et mères de saints lui passe le relais

évidemment le grand Roger Bastide qui dit-on a peu être inventé le candomblé, en le nommant et le décrivant, lui donnant une réalité sociologique

tangible quand tout était fluide et se métamorphosant, insaisissable comme le beau

ce n’est pas regarder à postériori mais droit dans les yeux et tenir la main la taille dessiner les lèvres et la courbe du corps quand dans le chant  ou le moment ou cela se passe il faut s’en approcher sans s’en départir, car s’en approcher qu’elle importance, mais si l’on veut à lors oublier les pas de loup et l’envie de capturer

 

on entre dans le grand réel à deux pas de toi qui parle et invente ton histoire ou redit celle qui semble avoir été celle de toujours mais qui est la tienne

c’est rentrer dans le cercle et énoncer dans l’intervalle

 

 

il ne s’agit pas de dessin

ni de ligne

ni de chant

ni de raconter

ni de phrases intelligente ni même intelligible et même si on prend grand soin de dérober au regard vulgaire du jour

vulgaire et menaçant, exposé sans conscience

il y faut l’avec de cette science qui préfigure et passe

 

qui était surgissement au fil de l’humain et du croisement des civilisations bourgeonnant là où pour vivre l’homme

 

exprimait,

 

recherchant dans les mythes et rites d’avant l’arrachement la force et l’énergie, la magie de pouvoir survivre, s’ancrer et lançant sa condition profonde d’être humain sans reconnaissance

 

 

comment faire face à ce que je suis devenu et me retrouver lorsque je regarde ceux qui m’entourent

comment m’y retrouver dans ce pays qui n’a plus rien de mon pays

Patricia Larco

et être une greffe n’est pas si facile ni possible à moins d’y mettre ce qu’il y faut

pouvoir lancer sa vie à partir d’une base moins marécageuse

disparaitre, reparaitre, lancer , dit il,

oui il s’agit peut être bien de cela, dans le mouvement, il s’agit de vivre tout simplement vivre et c’est pour cela que si l’on arrête ce qui est en mouvement

quelque chose propulsé dans le mouvement étonné se contemple

 

 

il y faut plus

il faut participer

mais le protéger

le garder comme une force vive

vive

comme tous les éléments et les états de l’homme et du monde, pris dans les intersections et les adoubements

 

il semble que l’on ne se rende pas compte qu’ à notre façon nous faisons la même chose quand nous respirons ou qu’est ce?

 

l’histoire pris dans le réel d’un concret aux maillages du rêve,

 

que l’on voit

sent

sang  jailli de loin

d’en bas

regardant loin

à te dépasser dans le regard

pris dans la douceur et la violence d’être

qui brule car la vie brule

la vie est

dans ce resserrement

prise

 

 

tourner recréer le mouvement, et Jousse encore retrouver le tissage, maillage, tramage, texture de ce qui à la surface et plongeant profondément

mais on ne le voit pas

on traduit en particule

 

cet entremêlement tissé des sympathies complexité qui se résout dans un geste quand tout rentre en résonance

fulgurance sans prise et  flambée

 

comme

geste, mandication ou corpuscation, élémentation, les _tions sont exclus par le regard noir qu’elles nous lance

 

mais que ne voyons nous pas de la force brutale

des mots s’enroulant autours de la sève

des arbres se mêlant aux vents

aux potions les plus répulsives,

l’adhésion,

 

tous les _sives et les _sions sont exclus

 

à leur tour parlons donc de potion et tenons nous en là,

car ce que l’homme fait de qui peut être sa vie, les instantanés irraisonnés et ceux de toujours flottent à la surface recréant une immense mythologie que l’on se raconte et qui permet de flotter à la surface du Temps, sourire qui démaille et fend la pression, desserrant l’étau

 

c’est pourquoi tourner,

c’est pourquoi la main

c’est pourquoi le chiffre

c’est pourquoi le blanc

et tout cela se mêlant

en appelant à la mer au feu

 

à ce que je serais tenté d’appeler esprit

plutôt mouvement de culbute quand la louche plonge au fond de la marmite et y ramène un gros œil de poisson ou un os de poulet, avec toute la saveur des fluides et qui me sert à relier mieux qu’un cube bouillon

 

le langage s’y mêle

bruit du monde et soupir des dieux

les couleurs et les lignes

actualisant

redisant le récit alors rituel

la vie de l’homme se jetant dans sa vie comme dans une eau traversant le feu

 

Fonseca, Fé meninas

La forme d’une tête

de quoi peut on être sur ?

répondre à cette question c’est clarifier les équilibres et les objets pesant

en particulier dans la langue

 

mouches de Simonet Biokou

 

et même si l’on conçoit aisément que l’on puisse s’intéresser aux zones d’ombre, à l’opacité, à l’incertain

 

 

se retrancher et aligner les objets qui semblent certain ou du moins sùr

 

posés

 

 

s’éloigner des jeux de mots (au moins pour un temps)

 

cette mise au point peux se faire assis , c’est dans le cas présent la posture que je préfère car sitot en mouvement que sait on de ce qui pourrait nous tomber en travers nous détournant

 

scindant et fragmentant la syntaxe

 

mélangeant les sens et les teneurs grammaticales

 

semant le flou dans les causalités et les temporalités

 

qui

nécessaires à un ordre ou une suite en apparence logique

 

 

 

[comme de se lever et se laver les dents ou cirer les chaussures]  avant de les enfouir profondément dans la boue du monde

 

tout n’est que répétition

 

mais une ligne émanant d’un poignet ferme lui même issu d’une méditation à même de clarifier l’instant dont avant tout

il est question

 

 

car à l’affirmation succède inévitablement la question

 

 

et ceci y compris si l’on ne se laisse pas distraire par les digressions et les figure de style

 

 

sculpture Simonet Biokou