La forme d’une tête

de quoi peut on être sur ?

répondre à cette question c’est clarifier les équilibres et les objets pesant

en particulier dans la langue

 

mouches de Simonet Biokou

 

et même si l’on conçoit aisément que l’on puisse s’intéresser aux zones d’ombre, à l’opacité, à l’incertain

 

 

se retrancher et aligner les objets qui semblent certain ou du moins sùr

 

posés

 

 

s’éloigner des jeux de mots (au moins pour un temps)

 

cette mise au point peux se faire assis , c’est dans le cas présent la posture que je préfère car sitot en mouvement que sait on de ce qui pourrait nous tomber en travers nous détournant

 

scindant et fragmentant la syntaxe

 

mélangeant les sens et les teneurs grammaticales

 

semant le flou dans les causalités et les temporalités

 

qui

nécessaires à un ordre ou une suite en apparence logique

 

 

 

[comme de se lever et se laver les dents ou cirer les chaussures]  avant de les enfouir profondément dans la boue du monde

 

tout n’est que répétition

 

mais une ligne émanant d’un poignet ferme lui même issu d’une méditation à même de clarifier l’instant dont avant tout

il est question

 

 

car à l’affirmation succède inévitablement la question

 

 

et ceci y compris si l’on ne se laisse pas distraire par les digressions et les figure de style

 

 

sculpture Simonet Biokou

Bougie et tête

cette figure semble sortir du néant,
émane d’une matière hasardeuse, pauvre, s’apparente au rebut ;

le fer tordu assène la figure, laissé pour compte, le fer tordu et la soudure  est elle réellement différente de nous figure humaine, matière humaine, lignes abruptes dégrossies par le marteau, fer contre fer et maintenues par le chalumeau  sauf pour ce que le vent a pu apporté, déposé sur les torsions des membres, peaux aléatoires, nourritures issues du végétal ou pierre broyées sont un revêtement est ce un habit, la partie visible de l’âme de la figure, sa puissance renvoie aux éléments du chemin de la clairière ou de l’océan, bord de la rivière; le paysage est ici colporté sur le corps, il en est partie intégrante, il colle et cache son origine mais est une porte, entrebaillée, comme des dents la langue et le larynx, le corps brille par sa peau et est paré d’une décoction qui le rattache
La tête est synonyme de lumière, de moteur , elle est ce par où ce qui s’ouvre s’ouvre, cette excroissance longiligne, semblable de tous lieux
connexion, bougie de voiture est cousine de masque tchiware , bamane forme animale qui n’est qu’homme car il la sculpte, la porte , porte encore , la tête porte, ouvre, se porte ,

mais trouvé dans les déchets, usée une bougie fera l’affaire, signifie plus qu’elle ne ressemble, amène au sens plutôt qu’elle ne convie  l’apparence de l’humain – dont il est question , qui d’ailleurs ne compte guère.
la trompe garde le brillant, est ce voulu ? elle est ce par quoi le sens transite, s’enfle se développe se multidimensionne – c’est pourquoi la trompe brille , cet assemblage de cuivre porte le sens, le souffle véhicule le pouvoir l’honneur et le sacré ,
autrement- il signifierait la destruction
c’est peut être pourquoi l’homme semble si hasardeux et indifférent, il n’est qu’un support,; les membre sont un autre sens au mot trompe, une circonstance et condition musculaire et osseuse, tel est squelette il est voué à disparaitre, seul le souffleur apparait, les membres beaux sont ternes poussés vers ce poids et cet effort
il est dit que si quel qu’autre portait la trompe à la bouche et renvoyait le sens la puissance du souffle de l’honneur le gonflerait comme une outre et éclaterait, une mort certaine
c’est pourquoi la trompe brille et que les lèvres ne touche pas l’éclat
la condition du souffle est évoqué
les membres rappelle le canal du souffle, son de sens .

il faut pouvoir l’entendre et cela n’est pas donné, le fer cache une redoute, avant d’arriver à entendre le son

cela est l’au dela de la sculpture , de l’homme esquissé, du cérémoniel évoqué.

© sculpture Simonet Biokou –

Kankangui

étoile

bruit métallique des fleurs

aigu qui fini

l’étourdissement des peaux

la paume a convenu l’accord et frappe régulièrement à l’horizontal du sol

un arc de cercle que tend le fil émet tous les sons quand s’abat le bâton

© sculpture Simonet Biokou

des pierres l’une contre l’autre sont obstinément silencieuse – l’eau les tait

assis


sourd dans la poussière mon regard en sourdine se mêle aux herbes

la chanson me vient aux lèvres

étouffé qui s’étend au chaos

je vois celles qui tournent dans l’air tournoyant de leurs robes

les cuisses et le bassin la rivière contre les rochers et le bois qui flotte

les couleurs se froissent le chaud frotte l’eau la naissance  de l’effort

c’est la corne qui remémore

l’issue de la pointe à l’embout

dans la poussière les pieds interpellent les braises de la nuit

métal

bois

santal

le feu est rouge du souffle qui tord le fer et le cuivre roussit

trou

feuille

embouchure

le souffle s’inspire des pieds inlassables et s’instaure dans le cuivre

l’os et l’air lape comme la langue qui boit la rivière

ample

qui coule

qui porte

le son sans effort est une tige et parle dans le noir de toutes les profondeurs

tête droite tout concourt à la trompe d’où le son salue et vrille à l’ouverture

sans faiblir l’immobilité de la prestance donne l’essor nécessaire à l’accueil

la force contenue dans la tige pour que l’honneur soit le ciel dans le corps

des refrains comme  le heurt des insectes

des battements comme le vol quand l’oiseau porte hors de lui des ailes

des martellement incisifs défient le sens

on ne sait pas pourquoi dans ce même temps le sourire de contentement quand tout se passe bien l’homme et la femmes savent que l’accord est obtenu et que la vitesse de l’élancée assemblée va se poursuivre dans le va et vient des hanches dans le cumul des ans fiché comme une tête dans un cou et le torse qui porte lui aussi l’élongation longiligne du son qui salue la fête de l’harmonie la droiture simple le permet

le son file

rappelle le tisserand dans un seul fil parmi tous ces autres qui hurlent et se taisent debout et assis et courir lance ou pioche

le son est droit

les deux jambes les deux bras équilibrent le torse pour que file le son emmêlé de façon certaine pour que l’ordre  et le cuivre luisent

le vide est contenu dans le métal bout à bout dans une longue élancée lui fait rejoindre le ciel par le bout de la bouche

l’effort de la bouche est intense et aspire à la renaissance – il est fixe

anicroche

le feu à fait fondre et le marteau a façonné sans que s’arrête le temps sans que s’arrête l’homme qui frappe pour que soit la feuille et l’enroulement du vide qui permettra le son la teinture sonore de l’effilement le faîte sans trembler pour que file l’événement

on ne sait pas pourquoi il faut simplement que tout concoure pour l’homme et la femme adviennent à la beauté 

[sur une musique The pan african orchestra opus 1 Ghana]