Contre tous les déversoirs de haine Moi me reconnaissant dans ce visage et le corps lourd, après tous les virages en épingles et les boulots dans ces banlieues ou vivre s’essouffle, dormant la nuit dans les meublés, le poids sur les épaule baluchon et casquette de travailleur je récuse la crasse la saleté et la déprime, mes pas sans que rien ne parvienne à m’arrêter, ni un quelconque confort ni une idée pour laquelle mourir, souffrir et se sacrifier, dupé par les puissants et convaincu que la vie n’est que les vertiges du néant et vestige du jour, par les villes traversées, les campagnes désertées et les chemins goudronnés, que reste t’il à l’homme ? je me lève séant et convaincu de la beauté nostalgique de l’existant me mets à marcher, souriant en sortant de la ville et soufflant
photo : Mariene de Castro, Tabaroinha
éclaboussé de vie et ayant tout vécu je ne retrouve plus ce jardin, il est peut être à la lisière dans le creux des bois et la mer l’abrite t’elle ? les voiliers blancs que je confonds avec l’écume, l’étendu bleue et les écailles de mer j’y entend un appel Ulysse entendit les même et Boutès plongea, réunis sur la grève nous nous rassemblons tous poissons et écumes, algues coiffant les rochers moi j’y ai vu l’autre bout, la terre à traverser ou cet ailleurs que je confondais avec ce voilage arrimant à la femme se tenant auprès du palmier, arbre du bonjour au soleil et que la mer lèche, navire ou voile du vent, femme, brume ou déesse, est ce la mer ?
dessin : vers la voile ~ 1987
l’essentiel me disait de croire et le mouvement du vent et la joie de la source me conviait à la réjouissance sur cette langue de l’eau et dans toutes les mers, même les plus froides, des roches ou des lagunes, dévalant à pics ou s’étendant à mes pieds le chemin à travers les arbres y mène, de cette forêt où les plants et les herbes sont plain-chant, herboriste et fleuriste, il y manque la fleur, là au dela de la route qui, si on y va mène vers les villes et je le jure, même au coeur de celles-ci, sur un balcon ou coincé entre deux tuiles, surplombant le vide et prête à tomber, la fleur surgissant des entrailles rappelle le chant magique qui comme un filet de sable mais qui est d’or, comme de la suie et de la poussière celle des hydrocarbures et du charbon mais qui est or
quand le soleil à travers les yeux surplombe le vertige et glisse en mots de douceur, tobbogan de l’âme, martelant l’âme que l’on conserve contre les mauvais coups et que l’on éparpille partout où il y a la beauté fut elle laide et de béton ,
mais dans le sourire de mon crayon et dans mon obstination à contourner la rime et promener mes jambes vieillissantes, à tremper mon corps dans l’eau de vie quitte à y voir la déesse s’il le faut et même y aller à rebours à dos de l’incroyable pourvus qu’il y ait cette offrande et que déverse la musique sur la peau et l’or de l’oeil plonge dans la vie que je reçois, là où je suis où que je sois et plongeant comme ivre au fond.
La corde tendue vers le souffle , l’air , le soleil , la pluie , l’étoile hors de la mesure encerclé l’effort la pluie gifle l’air libre l’air entre dans les poumons pourquoi ne pas y siffler
porte t’on le tout-monde en soi
malgré l’exil malgré la fraction du monde en trois malgré le monde et malgré soi
rire l’exil d’ici et quand la vague frappe plus fort qu’un crash à Hyde Park est une antidote à l’exil
qui défie d’exil d’être au monde ne répand pas d’exil s’il ne se retourne pas et réinvente ce qu’il a laissé qui l’a tué, abandonné et que meurtri il a du quitté comme une meurtrière dans la tour éperonner l’alezan et à travers champs peut être d’iles et de malédictions jeter aux corbeaux si le tout-monde en soi porte à bout de bras malgré l’âme qui plonge et braille en ressac
le monde enveloppe et ce poignard d’être d’un lieu à rebours ou à reculons ne vaut pas que l’on se terre même si cime-terre danse Mame luck plus fort qu’un dervish qu’un dare devil et qu’erre
puisque à t’entendre même dans les caves et dans les villes
l’on accepte d’être de tous les mondes ou d’un tout Monde qui signifie qu’il n’est plus besoin de retour ni de marche arrière et encore moins
de panne sèche
même en plein désert la rain forest et les villes fut elle Sao Paulo abrite bien dans un pot de fleur un hibiscus prélude à l’après midi d’un faune,
bacille de la forêt d’émeraude
et chant des pygmées dans ce concert de klaxon
quand on écoute stomp le coup de balai se confond avec la pluie et les poubelles rugissent si fort
sacré baile funk je veux bien baile funk toute la nuit au rythme de ballet stomp et grommeler en ouvrant ma coquille un air
en quadrille
de conque et montrer ma binette
qui deux par deux
baile le funk
alors quoi la nostalgie cette douceur de l’âme est de tous les départ et ne se trouve qu’à l’arrivée quand touche terre terre les douceurs alizés emportent la tristesse et à Lyon les bouchons quand à Carcassonne et à Frankfort même le wurst chou krouté est poéllé
alors quoi il n’est plus besoin de se sentir des relents d’accents et d’épicer la tambouille
peut on vraiment, est ce vrai exploser au nom d’Allah les sanctuaires des saints de Tumbuktou touareg du désert ou Buddah d’Afghanistan les signes de nos traces sont elles envolées effrités et rien ne fait il plus de différence quand on acquiesce au monde
il serait le monde et on serait à lui , on se donnerait sans compter et on ne se retournerait pas car devant les voiles du sexe nourrissent les seins et l’esprit saint tout d’un même tenant et la boussole n’est qu’affective
Angèle etoundi Essamba
tu étais bien parti mais tu commences à dire n’importe quoi ! me dit il , le perroquet du haut de son perchoir a tout vu et me le répète mot à mot
que veux tu donc dire ?
Ne comprends tu pas ?
l’être au monde est il et cela suppose t’il qu’il n’est besoin de lieu d’ou l’on parle car de fait « on parle » c’est donc que l’on parle et donc d’un lieu
d’un lieu mais pas du lieu ,
ah y a t’il le lieu , plutot qu’un lieu, le lieu de l’aimantation, un pole à soi d’ou l’on revient et qui nous manque
qui nous meurtri et nous rappelle les chansons la langue qui douce mère nous tisse et que l’on chérit même dans la violence ,
faut il faire ce deuil là et ira t’on dans les cimetières retrouver les traces perdues ou le soir sur la falaise jeter les yeux dans la mer
ce lieu qui est en moi ne m’appartient déja plus
c’est je pense le lieu de la souffrance et le lieu du rire et du jaccasse vaut mille fois plus pourvu qu’en son estomac la nasse mêle tous les poissons du monde
monde dont je suis
et que d’exil la tristesse comme les baleines viennent s’échouer , déesses de terre dans l’ile rompant la promesse et l’alliance des grands fonds, un enfant s’accroche à la mer et scelle le pacte.
comment de sa position apparemment dominante, qui même si elle était de dominée de ce pic d’Europe de l’ouest
de l’intérieur même de cette zone de la dominance,
encore faut il adhérer à cette pensée qui irrigue les automatismes et la réflexion issue de cette société, l’homme s’y voit il ?
ils sont les survivances, et dérivent hors de l’histoire maintenant une trace stagnante , loin vers l’horizon ceci n’a plus de sens quand reviennent les bateaux chargés à ras bord des clandestins ou que les avions ramènent dans leurs soutes,
stagnante la source ?
ou est elle mouvante et vive des traversées sans borne des marges se poursuit elle à l’intérieur même des terres et des villes, quartiers rues, immeubles où se retrouvent les gens de tous les bords des terres, langues en mouvances, frénésie simple des partages, on observe le métissage et dans les êtres, frustres ou cultivés s’entendent les patines des tressages des imaginaires issus des luttes qui poussent aux rivages
crisse le bois d’ébène, bois blancs mort sur la plage et que le passeur transborde offre en combustible ou arrête dans les mailles policières, les halls d’aéroport et les hangars des mégapoles construites sur les os des peuples, ces archipels animés et de roche en roche franchirent les familles à la recherche du poisson, de la terre entourée d’eau, du coté ou allaite le chien
ici qui dans son plus haut pic, la langue cimente, tente de lier les gravats du monde, quand chaque grain de sable est l’héritier de la traversée et conte l’histoire, il n’est plus de vent seules les turbines carburent
et moi parvenu à ce seuil où l’on pourrait me croire de souche, quel chemin n’ai-je pris pour me retrouver là et pourquoi est ce que je brandis l’exil, pourquoi obéis-je aux vents du monde qui se retrouvent dans les visage et les voix qui sagaies tentent d’oublier l’oubli, renouer au seuil du rivage où je suis parvenu, j’entends les voix
qui des brumes des temps anciens, survive en l’âme et dans certains coins en bien en mal , enracinés dans le collier de mer et dérivent hors de l’histoire maintenant une trace stagnante ou est elle vivante, dans ces parages mornes du paysage, sont ce nos strates que nous piétinons et peut on encore se réclamer d’elles, croisés à être liés, dans ce présent isolé que le partage réclame, de cet entrem^^element de peuples, familles villages vallées se rassemblent, nouveau né aux marches des immeubles le long des pierres de cette route, l’enfant ne sait plus ni la soie ni les contes fantôme du feu.
ce qui m’intéresse ce n’est pas le français mais les gens, les peuples etc. individualités qui transitent par cette langue, le français sans les français dirait Anna Moi, qui de toutes façon n’existent pas , c’est pour cela que l’on peut dire cette phrase,
néanmoins j’ai l’impression que l’on revient à une fiction de l’identité nationale qui est hors de propos, sauf dans les sphères du pouvoir , dont on se fout (enfin moi ) par contre des individus nageant dans le bain de la langue française .. écrivent, parlent, ramifient des expériences, etc. là ça devient intéressant dans ce qu’ils apportent de neuf, de différent, humainement et avec des codes souterrains différents, fondant un tout-monde, un dit plus libre sans référence à cet agrégat qu’est le français et qui nous échappe, qui nous contraint et où on ne se reconnait que par habitude,
revenir à une langue identité est asphyxiant, vive la langue qui se déploie
en fait ce qui m’embête c’est de mettre en premier plan la langue française et l’environnement culturel dit de France soit-disant universel et de fait colonial ; la notion de France n’est que secondaire sauf si elle est fondatrice mais l’est elle ?
ils souhaiteraient que l’esprit mature que ne croissent plus les arbres ni les mains ne se touchent
que la carte soit feuille de route, les hautes pointes leur ont appris à penser la seule tracée tangible, leur courant le seul au mépris de ceux qui circulent. La machine à broyer, jusqu’au coeur de l’entendement, ignore l’inaudible, qui entre les fils barbelés laisse échapper des vides desquels poussent des désirs, pendent des fibres de laine qui dans le mécanisme détraque les rouages, hommes et femmes, bêtes et matières organiques, tout semble ficelé dans un même ensemble que eux contrôlent puisqu’ils le pensent. s’ils n’y avait la couleurs et les mains qui se touche victoire sur l’apparente de docilité réduite au silence quand gronde le tonnerre que l’on prend pour le canon
Angèle Etoundi Essamba, Symbiose
c’est pour cela que l’on peut écrire faussement que le monde est une enclume, que l’homme rentré chez lui se délaisse et invoque d’un jeu de mot le réel, entre quatre murs, saints ou au poids de l’imaginaire l’homme pense à s’évader mais seul, dans la cuve bout les fibres du parchemin
dans le silence de nouveau les corps se croisent, se reconnaissent, encore les regards saluent bien loin du coin de l’oeil la pétulance, une irradiation cette attraction et dans le lit de ce non dit s’opère les vieilles alliances et sans que rien ne soit dit,
on entend les éclats de rire et le reste des peaux qui se touchent, les voix sans que rien ne se dise, sons sans que soit convié le sens, à l’orée de la colère muée en retrouvailles pour que l’indispensable circule, rétablisse les courants d’homme à homme de femme à femme dans la violence et le rêve
dans la transe ouverte soit la Sibérie la prose du transsibérien, comme un rêve ou un rappel
un chien hurle, message à l’invisible
les vies comme nerfs à vif comme des virgules qui loin de réenchanter le souffle, ponctuent, ponctionnent la dynamique, comme une carte statique qui jamais ne gagnera sur les blancs, les code-barres se déplacent, les hommes se poussent et brouillent les cartes, en vie seulement,
c’est ce qui les trouble,
Angèle Etoundi Essamba, mains
dans les dissonances les harmonies sécrètent à l’insu l’ordre nécessaire, l’énergie s’ingénie, le début d’une victoire sur l’inconscience quand en dessous le vivant continue de sourdre,
on dit que dans le temps du carnaval ou après les ombres se réunissent dans les cimetières, mais que sait-on des cimetières sinon qu’ils réunissent, et que l’esprit tente de réintroduire la joie, la langue occulte sur la langue pointe sans que l’on puisse la déchiffrer, le vivant aurait il besoin des morts et les rappelle t’elle? rejouer la farce, l’histoire à rebours qui fut mystère, tribunal et que la tombe témoigne
les bateaux autours de l’ile vont au loin à la recherche du poisson maintenant qu’il nait plus de poisson, que les traces encore présentes mènent à ce qui fut et écho de ce qui avant menait à l’eau et au-dela
partout où le regard porte les hommes se rassemblent, ils émettent en commun ce qu’ils savent du monde, fumet qui dans la langue et le toucher se forment, quand arrachés les arbres brûlent et laissent l’or à vif et dans la plaie l’ancienne mémoire des transformations affleure la stérilité et que les mains attouchent, se forme la grande chaîne des ressemblances, tremblement de l’affinité, dans le toucher le savoir de la souffrance et le lien raffermi
la parole se partage et bout à bout tisse la trame indispensable
c’est entre les seins que jute le kaki, une voyelle est tombée de l’arbre, de la raie la feuille plane dans la poussière et la caravane passe, cela ne fait guère de sens et pourtant la trace avance de manière si soudaine que
souvent l’envie des mots arrive et se déchaine avec l’arrivée d’un seul, d’une image, d’une sensation , d’une pensée,
l’important c’est l’ébullition, mais parfois les mots qui arrivent à l’improviste se heurtent, cette généalogie peut ne pas présenter d’intérêt mais elle éclaire sur la psychologie du quotidien, indique aussi et c’est important que les mots ne sont pas placés là par gout de l’effet et de l’envie d’écrire quelque chose de joli
l’entourloupe est complète et les vendeurs à la criée des feuilles volantes font des poèmes cirés vernis, des récit de toute la crasse qui stagne et se mêle à la tienne pendant qu’au creux du bois dans la clairière monte un cri d’oiseau ou un bêlement de chèvre, l’assurance que quelque chose s’est réveillé
mais ça la grosse meringue montée en neige
non !
le cœur humain se fie au bouchon
ce qui est intéressant c’est la pèche à la ligne, d’attendre que le bouchon soit agité par quelque chose de tangible, de vrai, poisson ou vieille chaussure, paquet d’algue ou est-ce’ un cadavre jeté là il y a longtemps , on ne sait pas ce qu’il y a dessous, mais on ne sait que si peu ce qui se passe que ce soit en dessus ou en dessous, ou où que ce soit
ce qui remonte nous permet de nous étoffer, de nous tenir droit, de nous retrouver, c’est donc un peu un rite qui re-raconte une vieille histoire le mot surgit, krik krak ou sirandane kopek, n’importe quel mot, une couleur, une phrase, un modelé de la hanche ou un tissus, un regard qui frôle, ce claquement sur la peau réveille ce qui d’habitude dort dans la chaleur et le froid, reste dans les zones de l’arrière-vie sans se montrer et laisse aller les vivants vaquer à leur illusions, aux corvées et aux arrangement pour assurer le vivre mais krik et krak et apparaît le mot
pendant que gratte le crin les cordes du violon
mais on sait bien que recouvert par nos hâtes insipides auxquelles nous ne croyons pas , nos vies à la traîne, ne sont que les restes de ce qui est bien vivant mais qu’il faut réveiller à chaque fois, nos êtres, une couche de poussière, convenances cris attentats recouvrent une rivière magique, en nous courent sans qu’on y prête attention, toutes sortes d’élans, lumières d’histoires et vagues d’émotions et au dela même, comme la mer immense ou le ciel sans forme, l’être humain qui ne demande qu’à se déplier et sortir de l’armoire, pourquoi des armoires si ce n’est pour faire croire au carrés alors que c’est de musiQUES que nos os hantent, qui le soir s’évadent des turpitudes, enflent et d’un cri apaisant nous relie au plus haut sens de l’esprit qui dans le le corps s’incarne et s’enflamme
et c’est pour cela que nous attendons le mots, ou d’être prêt à s’en saisir, le déclic, ce peut être n’importe quoi, deux mains qui claquent et c’est l’histoire qui se déroule dans les plis des lèvres enfin libérées et le corps qui mime, la main qui s’agite, le pinceau, le tambour ou la caresse
se met à parler et se remémore ce qu’il ne sait pas encore,
car finalement cette cérémonie cèle le pacte de joie, le vivre vivant circule entre deux peaux, resplendit dans le feu et les yeux percent et fait se perler la bouche qui intarissable et l’œil malin n’en finit pas de dire enfin ce que c’est que
de faire enfin taire le silence
mais l’homme sait qu’il lui faut retourner quelque chose en lui, sans trop savoir quoi et il fait appel à un mot, une fibrille, zébrage, brisée, murmure, fourbis, tout ce dire qui s’accumule, un claquement de langue
et la vie sait que sans danger elle peut se dérouler,
douce
frénétique
vraie,
enfin sur le bout de la langue et au rythme des hanches
le réel libéré l’auditoire répond heureux de l’heure de la joie, choeur, choros ou répons, écho indispensable à la parole
c’est sur eux que sont braqués les yeux à travers celui qui parle, défile et coud le fil
mais les fauteurs de troubles, les prétentieux, les envieux et ceux qui croient au destin suprême de l’ordonnancement rationnel des mots, à la sémantique des couleurs, ceux-la prennent ombrage et claquent tout seul la porte, disparaissent entre les murs et se tapissent sous les tables, tournent à toutes vitesse les pages des livres à la recherche du verbe sacré par lequel tout à commencé, qui régit le souffle de toute chose et ne prête pas attention au courant d’air qui déchire les feuillets, mélangent les lettres de l’alphabet recréant une langue d’avant qui te ressemble
bien sur il y a un ordonnancement mais s’il ne se recommande pas de l’invisible il n’est guère crédible, s’il émane d’une bienséance, poète de la fierté tu parles une langue comme une cravate toutes rentrée en boule dans la bouche, gesticulation attentive il veut s’assurer que la soirée soit bien le prolongement du monde de la journée,
mais ça ne nous intéresse pas ;
Fiona Foley
l’homme fatigué de la journée qu’il n’a pas convié se fie à ce mot hasardeux qui le libérera du miroir que lui tend le monde, il regarde vaguement inquiet, secoue ses os et crie krik krak ou un truc comme ça jusqu’à ce que les os et la chair vieille tombent par terre et il voit l’histoire s’élancer et comme un gosse il s’en amuse, est terrifié ou se réjouit, content d’avoir encore un fois vaincu le monde enclume que le jour lui tendait et que l’on donnait vainqueur à 100 contre un ,
lui a été visité par le mot et le grand voyage à commencé
il a vu ce mur pluvieux qui porte les traces de la pluie et des coups de butoir du soleil
il a vu le graph du zèbre
il a vu la fille et le popotin magique, les lèvres qui lui promettent, croit il, les plus belles bouchées et s’en ai régalé d’avance
il a été traversé par un mot et s’est souvenu d’un poème , aujourd’hui, ça été les deux en même temps et il a plongé, il a fait la chasse aux virgules et les a mis dans un sac et un moment, il a su que c’est là que se cache sa vie ou dans les grands moments de rire ou quand il partage avec tous quand il se jette à l’eau et que la grande marée l’emporte,
il s’est vu qui chantent tous ensemble convoquant à l’aide du mot qui leur promet que cela recommencera et que ça n’a jamais cessé. et ne cessera pas.
et c’est les ombres qui dansent et d’indifférencié deviennent lumière
*présence de l’esprit dans les langues tourne et retourne les labiales
tangage tandis que
rigolent s’esclaffent les lèvres de ce bon tour joué à l’immobilisme
les fesses concentrent toute l’énergie frénésie de la joie qui chevauche peut être appelle pendant que le corps liane s’enroule en anaconda
ivre le rire cocufie le soleil qui s’enrage à la lune
dans son parterre d’étoiles bien délimitées ou semant à tout vent la bande lumineuse répond aux injonctions *blagues hilares comètes les jeux de mots injurieux
se moquent de la lumière solaire songeant qu’à la nuit l’effervescence scintille et éclipse
la fronde plus proche de l’intériorité
le soleil la haut n’apprécie pas la plaisanterie
crie au subterfuge
à l’abus de stupéfiant
récuse à la nuit la conduite et argue de l’éblouissement
en bas
les nuages se couvrent pudiquement mais font écran à la colère
insubordination le trou d’ozone n’a rien de sexuel
point de vulve , fleur entrouverte l’ouverture est une blessure
un viol par lequel l’exposition à la fureur cingle
des cheminées et du bois mort montent la plainte concentrée dans les strates
d’air
plie et creuse le souffle membrane qui recouvre ce qu’ici est la vie
qui est feu s’il y a friction
et plus généralement répond à l’esprit environnant
global
scintillement et retombées dans les corps
anime
se targuent d’un présent dont ils se parent comme d’un corps
les mouettes ont fait taire les grenouilles et le vent souffle , apporte de la fraicheur avec le soir ,
des cris bizarres dans la nuit , un cormoran, si loin de la cote cela semble peu croyable mais qui sait ce qui franchit la distance
c’est la magie du vent d’écourter l’espace rendre l’improbable tangible et se rencontrer ceux que rien ne rapproche , la géographie est mouvante et l’homme constamment en mouvement, ce vaste tourbillon cellulaire, ces rythmes des planètes dans l’espace, l’homme n’en différe pas, de l’endroit où sa vie comme des cercles se répercute il semble immobile comme un vent qui mets en mouvement, croise et entrecroise, parallèle et traverses, lignes de fuite et tension, magnétisme, tout concoure à mettre en relation ou s’affronter les immobilismes, points de rencontre issus des départs et des escales, rapts et attractions, l’le voyageur porte en lui l’improbable d’être là mais n’est déja plus dans l’ailleurs ni le lieu dans le là.
Le monde n’a pas attendu les défrichages pour métisser
céder à l’impulsion et partir se laisser aller aux affinité sans fins, connections électriques et tempêtes les regards quand les pas et la démarche portent
les souliers vernis et pieds nus comme un visage
cuissardes, la peau est zébrée des tatouages, dessins et signes, la peau porte le monde incisée sur elle, en est la carte , insignes de la perception et dont il se réclame, trame de l’imaginaire autant de voyages contés du fond de ce qui semble bien être l’esprit l’intention remonte, actes
un pan de tissus recouvre les corps permet de s’entrouvrir au chemin quand la marche attire le monde à soi
je pense à ces vents qui ont poussé les voiliers, à ces courants qui poussent par dessous les eaux et font s’attoucher les cotes, délivrant les hommes et les asservissant
brèche de contact
langue véhiculaire
pas de la jambe et de l’élan *
lave et des décombres surgissent la flore
que peut ‘on savoir de la vie si l’on omet les vents, les marées et les courants
les planches des géographes préfigurent le jour où tu te laisseras aller au vent, le souffle infléchit les tracés qui ouvrent l’espace, cible de là où où les pas atteignent, si seulement l’on savait que tout est mouvant, fluctue, se déplace et suscite les écarts , les obsessions, les grandes marches inscrites dans l’effort de l’un à l’autre prend par surprise, autre carte, ces déclic où la photo dessine le pourtour de ce qui fut reconnu et rêve l’ouverture nécessaire à s’augmenter de la couleur ou l’odeur, quand on s’arrête, quand l’étonnement est le départ de la compréhension, quand la passion rase au fil de l’eau l’envie de ne pas continuer vers où se perdrait le pressentiment quand face à l’autre le contentement de rester à accompagner ce corps et voir avec ses yeux,
en rester là , ici
quand nourrit le déchiffrement, la charade et l’inintelligible est le prélude satisfait s’ouvre l’éclaircissement du mystère en soi
proie du vent
le muscle allié à la détermination, l’envie de rencontrer, d’apprendre et de rejoindre, d’échanger la monnaie de son expérience pour étancher cette soif, à la recherche partir remplir son sac de la connaissance
pendant que le vent colle une croute de terre et végétaux sur les mollets durcit la plante et l’esprit dévoile son propre vent au centre de la vie
gronde le filet déployé vaste et qui ramène au sens et à l’entendement la densité clairvoyante, l’en vie et la source prénatale de la valeur du chemin dépend de ce qui traverse
devenant plus léger et imprévisible à chaque voyage
l’homme en se chargeant de la terre se charge d’un sourire et sous son silence la foison des histoires le rapproche de lui même, tel qu’il se retrouve , comme si l’autre, dans les roches et la boue, les étoiles et l’insondable, la mort et la souffrance et dans ce déchirement des entrailles ce cri que le monde est à découvrir
se découvre
soulève le bandeau qui cache aux yeux et maintient l’habitude alors que le regard doit se faire neuf s’il veut voir et c’est pour cela que l’on part
soulever le voile de l’oeil, trouver le chirurgien qui libérera de l’illusion
chevaucher le vent, l’immobilisme que l’on gagne dans la cavalcade soeur de l’escalade et de l’outre-passement, orgasme malicieux de l’existence, gourmandise insatiable de celui qui sait que le fil est ténu et est fait pour craquer.