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L’existence ne peut elle pas rattraper un fil stable et tranquille, un lit creusé même en surface ce fil posé à même la vie en volute ou presque tiré droit ignorant les accident du sort ou au contraire se transformant en grimpeur de la poésie, aspérités, coulées et contournement, pelote ordonnée ou nœuds en tous sens s’entrecroisant, canevas organisé par ailleurs le fil pousse peut être lui même d’une tête surgissant de son effilement

la métaphore du fil, ver luisant a cet intérêt de pouvoir suivre le trajet, l’existence est beaucoup plus incertaine car l’on voit surgir ça et là des excroissances, des poussées, des replis, surgissant soudainement à votre gauche le bout de fil semble renifler fort à son affaire un bout de fil anciennement resté là, presqu’oublié, pourrissant ou végétatif et dont il semble se demander qu’en faire, les pointes des fils et parfois des dos semblent surgir à l’improviste au détours des ruelles, croisant d’autres fils non identifiables et tressé de tant de fil qu’on semble s’y perdre et Ariane ne nous contredira pas le fil étant la laisse du Minotaure ou était ce la trace de sa bave symbole de son amour, secrétait il ce tissage comme une vie intérieure qui lui est un repos, de quoi les fils sont fait lorsqu’on les voit ?

  Ce n’est pas que je tienne à filer la quenouille j’ai pensé à un fil et je l’ai suivi, je me retrouve là ou je me demande bien ce que j’y fais, car tout n’est pas fil, il y a des points des taches et toutes sortes de choses et c’est tant mieux, je ne vais pas en faire le catalogue et si j’ai suivi le fil c’est qu’il me semblait permettre une continuité, mais elle se perd dans le temps et s’oublie, rompant l’ordonnance quasi moléculaire de la trace qui ne peut être que fragmentaire, du moins elle s’errode ou se corrode, se réduisant à une trace portant sa densité avec elle, ce qui procure une magnifique liberté, du moins une délivrance et surement la possibilité de resurgir sans se préoccuper de l’autre bout et de la surface nécessaire au passage du défilement , seule la tête passe et la vie est assuré de repiquer, pratique et enthousiasmant car en effet l’impression d’être encombré par sa surface ou la question de l’attachement cesse d’un coup d’être pertinente et l’impertinence gagnant l’euphorie de claquer la porte d’un train de se caler et ressurgir avec armes et bagage à l’autre bout, disons d’un quai mais imaginons endormi dans un fauteuil d’un appartement parisien ou le songe sans y penser m’a transporté, sans horaire ni trajet le fil simplement a repoussé la et y bien, l’idée seule m’effraie mais n’a rien d’absurde au contraire, si je suis là ou je n’ai rien de particulièrement euphorisant à faire pourquoi ne serai je pas plutôt la-bas, qu’elle différence cela ferait il, ou est ma laisse, je ne la vois pas, il n’y en a pas et les possibilités ne sont pas répertoriées, si bien que l’on peut repousser comme repiqué, transplanté, sans anesthésie du jour au lendemain et tout surpris s’y trouver bien, je dis Paris mais ce serait aussi bien entre tes bras ou appliqué dans un atelier de confection pour autant que l’idée m’en soit venu ce qui à première vue semble étonnant.

Ce qui importe c’est la non fixité du monde et surtout l’idée de l’adhésion, de la multiplicité du monde qui quoiqu’ opaque continue d’exister dans ses nombreux bouleversements et ce en même temps, simultanément plusieurs espace coexistent et où je pourrai tout aussi bien être car qui dit qu’un même bout de fil ne pusse être à plusieurs endroit en même temps, c’est peut être dur à avaler, mais il ne s’agit pas d’avaler mais d’être simultanément, admettons que cela ne soit pas possible et qu’il faille choisir, admettons cela à contre cœur comme un fait car l’intérêt du fil est d’en assurer la continuité du moins la cohésion, tout au moins temporelle car si l’on change temporairement de métaphore en choisissant celle de l’escargot ou de la limace qui en avançant laisse sa trace, bave, qui en séchant fini par disparaitre et n’a pas de matérialité bien définie une fois qu’elle s’est résorbé se concentrant dans l’énergie du mouvement de la limace et non dans sa trace ni dans sa matérialité (de la limace) et si le chemin s’accumule ce n’est qu’une métaphore, le chemin n’est que ce que l’on arpente et ne retient pas, la bave elle tend à se résorber ce qui est rassurant. mais à fini par rompre le fil de mon raisonnement déjà hasardeux et auquel ne me préparait pas le départ dans cette idée, ce matin au réveil, et d’ailleurs je suis toujours attablé là, ce qui est troublant car je me croyais parti , ce qui prouve qu’il ne faut pas s’y fier et être prudent dans ses assertions et que somme toute il ne faut jurer de rien car je suis bien parti, je suis prêt à en témoigner, même si je suis temporairement revenu mais cela n’a la moindre importance car si je suis parti je peux bien revenir, surtout maintenant que nous sommes débarrassé des horaires et des correspondances, des décalages horaires et des loyers ce qui est un progrès considérable. Admettons donc que je suis parti et m’en trouve fort car qu’est ce que cela changerait ? Est ce si absurde ? Pourquoi serai je plutôt là que là ou ici en admettant que j’y sois ce que nous avons admis, est donc acquis, ici ou là, est ce la question, du moment que je m’en trouve bien, d’y penser me réconforte et c’est pourquoi je privilégie cette thèse qui va dans le sens de mon inclination ayant balayé un à un tous les contre arguments et autres obstacles.

Persona, d’Ingmar Bergman

Considérons le désir tout nu, façon de parler car l’hiver approche et évitons qu’il ne prenne froid et d’un seul coup s’éteigne ce qui serait fatal, considérons le donc dans son existence idéale brute et intégrale, le désir est là, mesdames et messieurs, devant vous, se déployant comme une fleur et montrant le galbe de sa courbe et la beauté de son intérieur sans que rien ne le fasse douter, le désir existe, il le prouve et défile même sa toile au moment où je vous parle, on pourrait même parler de cocon car il n’a rien à attraper, il opère par affinité et c’est pour quoi il se montre splendide tel qu’en soi, ses bagages sont des rêves, sa réalité comme un chapeau, un chemisier un peu évasé, le désir est devant vous et converse de la plus aimable façon avec les pensées qui bien sûr aussi sont du voyage, d’où tiens je que le désir est en voyage, mais de sa nature dynamique, mouvante, pour tout dire énigmatique, énergétique synesthétique, car s’il ne se déplace pas forcément le désir grandit, s’enfle et s’accroit, s’augmente d’autre désir, bref  a sa propre vie qui ne doit rien aux mathématique ni à l’échafaudage administratif mais dépend de lui seul ou du moins de la rencontre, du déplacement et de la relation, car certainement, seul, le désir dépérirait ou tournerait à l’obsession, ce qui le ferait changer de nature et causerait sa perte.

Rappelons brièvement les faits avant de conclure,  nous avons vu que du fil on ne voit que le bout, le chat pour ainsi dire car les deux se confondent , le chat étant l’élément fixe de la force motrice, il fut bien établit qu’un état actuel non satisfaisant rend possible sa transformation et ce, même sans évoquer Coomaraswami, la manifestation dépendant, plutôt que des causes, de l’affirmation forte d’un désir ou même de la simple possibilité qui soudainement prenant corps acquière une matérialité certaine et doit être prise avec le plus grand des sérieux, façon de parler car le sérieux n’apporte aucune garantie, il faudrait même s’en défier comme d’un frein qui, s’il est nécessaire peut aussi ralentir car un des éléments essentiel dans cette possibilité de l’avènement est bien évidemment d’y croire, un simple soupçon ou un doute conséquent menacerait de dissoudre cette optimiste et joyeuse possibilité, véritable force vitale qui nous meut dans nos mouvement, le désir, l’envie, la sympathie, l’amour, l’enthousiasme ont donc une réalité motrice et fondamentale sur laquelle il faut compter, et dont la réalité est incontestable et qui m’anime, sans qu’il puisse être question d’illusion ni de Maya, ou peut être bien et si même mais qui dit que l’illusion n’a pas sa propre matérialité, sa propre capacité de réalisation et de conviction, et n’est pas une simple variante lexicale, finalement encombrante et que nous pouvons oublier sur le champs car j’ai toujours eu la conviction que ce qui ne peut être prouvé de manière satisfaisante et j’insiste sur la notion de satisfaction, nous ne voulons pas ici sombrer dans la dépression la plus atroce, mérite notre attention, vous en conviendrez, du moins je l’espère, car accordez moi que je me suis levé de bonheur pour vous entretenir avec légèreté de cet éventualité somme toute probante, du moins il me semble, nous admettrons donc que nous ne nous illusionnons pas afin d’éviter un débat fastidieux sur la réalité des choses dont nous nous somme approché suffisamment pour concevoir qu’elle est possible du moins jusqu’à ce jour.

Pour finir, car il faut bien finir avant de lever mon verre à cette conclusion non dénuée de merveilleux, emprunte de beauté et riche de réflexion, et sans qu’il soit forcément question de métamorphose ni d’altérité, mais bien plutôt de poésie qui de lyre peut être étendue à la quenouille et au métier à tisser, dans les cadres sont autant la pensée que l’idéal et la navette la sereine ou intranquille réalité, permettant dans son défilement les accomplissements.

qui restent à advenir et tout le sujet est là.

tension

La vérité littéraire existe dans la tension entre ces deux vérités qui semblent contradictoires

Pour moi ces découvertes de la réalité de l’art de la littérature – dire que le fait esthétique est l’imminence d’une révélation qui ne se fait pas, dire que d’un geste minime nait une nouvelle façon de faire de la littérature , et dire que dans le temps réel nous devons faire des choix, il y a soit la droite soit la gauche, mais que dans la littérature les deux coexistent – sont d’une intelligence et d’une profondeur qui font que nous ne pouvons plus lire la littérature de la même façon après Borges.

ça & 25 centimes, conversation d’Alberto Manguel avec un ami, l’escampette

 

 

C’est une réflexion analogue de Jean Marie Domenach dans « le retour du tragique » où il dit que la dramaturgie est l’art qui renvoie l’homme à sa vérité non tranchée, où la tragédie rassemble dans un même lieu et temps les différentes possibilités de la question humaine offerte d’un même tenant au spectateur le renvoyant à lui même, qui m’avait fait m’engouffrer dans la quête de l’art,

et aujourd’hui encore me semble essentiel dans la mesure où elle nous met face

peut on faire plus ?

men at work

 

 

dans le ciel une grue

une grue dans le ciel

 

 

par terre il y a de la terre encombrée

l’herbe séchée

je tourne la cuillère dans la confiture

l’air chaud

 

 

un livre dans chaque coin de la maison

*observe ☆ les angles secs de la ville

 

 

 

 

dans le ciel la lune

et elle disparait derrière le bloc

 

 

 

soi à l’ombre quand poussent les cornichons

se mettre en avant soi, parce qu’il y a un doute, une obstruction ou un pli du drap remonte cachant le pied ne laissant que le torse à la Lune

 

 

mais tu n’as pas à charge de résoudre l’énigme de l’univers,

 

 

et le cuisinier fait revenir les légumes quand poussent les cornichons

 

 

 

 

calligraphie stellaire

stèle de la danse à Xian
Stèle

stèle

ou calligraphie stellaire

dans le ciel le bras qui martèle la pierre

 

à l’ombre du kaki le pinceau à poil ras rogne la feuille pour en délimiter le signe

comme des échancrures d’étoiles pris là ou se suspend l’inversion

est-ce la vie

est-ce la mort

Fabienne Verdier, pélerinage au mont des intentions pures

le pinceau à poil long prospecte le monde des signes à la recherche du lichen, de la sève de bouleau et de l’essence de nuage

rythme des caractères qui signale l’immuable mue de la voix

tout simplement l’homme entre deux poils de boeuf s’immisce entre montagne et fleuve s’y nichant une hutte temporaire

d’où

voir

tendre un piège au savoir

et se perdre sur les bords vides du rouleau rejoignant la pluie

 

la calligraphie que forme les bords instables des grottes du néant se retrouve aspiré comme une pastèque coupée en quatre

que des dizaines de dents mâchent joyeusement à y perdre la raison

Soulage, estampe

 

la raison est resté dans les rouleaux des bibliothèque et au bulles du ruisseau n’a plus court

 

ce que le ciel voit reflété dans le court du rouleau écrit en caractère clair et délié en pattes de mouches aéré et libéré par le vent  est sculpté dans la stèle qui n’est que le masque au bord des routes de la forge du caractère

 

Soulage, estampe

 

 

la calligraphie en dure faite de roc taillé dans la masse, ou burinée dans la feuille d’acier quand Soulage s’y met, et que l’acide grave

caractère

il est difficile de capter l’air dans la bouche,

car si on l’aspire il se perd en oxygène et rejoint comme une écriture énergétique, microscopique,  les tissus

si on ne respire pas et qu’on veuille garder l’air, il se peut bien que l’on expire, mais c’est sa vie et non plus l’air qui cette fois  au sens fort du terme relâchera

les tissus cette fois ci balayé par l’air qui n’en a cure feront un hamburger aux fourmis

si on expire l’air alors la grande poche atmosphérique s’augmentera de la contenance de tes poumons qui de toute façon ne sont pas autonomes et qu’un mince tissus sépare

entre l’air et moi une fine couche et une même agonie

de là à dire que nous ne somme qu’une poche, qui gonfle et dégonfle au rythme de la passe du temps

où ai je bien pu piquer cette photo, bon elle fera bien l’affaire

d’où il s’ensuit qu’il est vain de tenter de faire un avec l’air qui ne pense qu’à s’échapper et selon un schéma aléatoire

si on pouvait penser que je suis comme le caractère solide tracé de main de maitre jouant avec les vides qui un instant supporte l’ensemble et l’autre subtilisant l’espace au sein même du plein et les mouvements du temps s’ils sont les entrelacs et les allers et venus de l’air et du vide

il faut s’en contenter,  que de l’air ou de nous dans ce grand saisissement je t’étreins et tu m’étreins je me laisse envahir et tu me portes,

est il sage d’en conclure que l’air est plus insaisissable que la prétendu fixité du caractère qui n’est que mouvance et tente un instant de dire quelque chose dans l’infini de la métamorphose

en allant de l’éclosion de l’œil et de son pépiement

le monde dans l’oeil

Michael Riley, Alma Riley 1998

en ouvrant à midi « sight unseen » de Michael Riley je suis frappépar la puissance qui se dégage, mystérieuse,  forte, la conviction sans doute l’attachement à ce qui vient et habite l’intérieur , de tous temps et y a fait son nid de façon si serrée que l’image qui semble n’être que portrait et construction mentale, est bien plus que cela

par la présence de ses apparitions , photos qui pourraient être peintures, personnes et pans de vie éclairés par la présence, les fonds qui sont ceux des ciels et des mers, du tumultes ou du flou des apparitions, la projection de ces être, le cadre qui les dépassent et les englobent

l’art du photographe, sensibilité,

derrière chaque prise une parfaite connaissance de ce qu’il photographie, qui laissé à ce que nous reconnaissons pour tel, par l’infime retenu de ceux qui n’ont plus d’existence conservent l’essentiel dans leurs yeux

et l’oppose

cela ne tient à rien

et est tout

est-ce cela ?

que le monde par la petite fenêtre de l’œil s’ouvre à la dimension lourde du réel dans ce qu’il a de plus impalpable et pourtant immédiatement sensible, la présence

l’image est tellement chargée des vies et de la pensée qui transpire qu’elle est comme une porte qui s’ouvre

Michael Riley Telphia 1990

chargée comme un grand livre, une carte du monde ou le décodage du génome les signes sur la routes ou  les symboles de l’ancêtre transformé dans les formes anodines du monde d’aujourd’hui,  les rides de la chaine jetée au large

ce qui est vu rassemble toutes les formes tensions qui sous-tendent  l’homme et le monde, la sensibilité, mot simple pour dire toute la vie intérieure, la psyché qui va toucher au sens

intime

Michael Riley, Delores 1990

où tout est dit inaudible de l’expérience de l’homme, de la connaissance et de sa respiration

tout des généalogies, des territoires, des deuils et des naissances et ce dans une simple image qui semble de tous les jour mais magnifiée de signification

quotidien transcrit

les termes du monde

qu’est-ce qui est dit

l’homme et la photo

Michael Riley, mwaterflyblown

répond comme la vie dans l’oeil et les muscles qui bruissent la tension des univers, c’est parce que la tension de l’homme au monde à l’homme est forte, parce que quand l’homme voit il y voit un monde fort des résonances qui se répercutent en lui jusqu’à la nature même des choses, se perd dans le temps, court et arpente les rides qui sont l’affection et la souffrance

la conscience et le rebond dans le geste

un clic

ciel reflète

nous avons besoin de nous représenter le monde dans ce qu’il a pour nous de possible

un endroit ou habiter

un lieu plutôt qu’un espace

un temps

et non pas uniquement des mondes qui se proposent à nous, extérieurs et ennemis

Michael Riley, cloud

je regarde le ciel , le ciel me reflète et je suis capable de m’y penser, peut être le ciel en moi mais surtout en regardant le ciel je vois comment j’existe et la possibilité d’une vie s’ouvre comme un horizon

ou de quelque façon que ce soit

on pourrait dire la même chose de l’autre que je croise, que je vois, j’entrevois l possible quand je te vois, non l’être humain mais soi et la relation , non la terre mais soi et la relation , dans ce qu’elle entretient

il s »agit de penser factuellement puisque l’on me reproche de penser par les vides et que dans les vides on ne voient rien , assertion et pensée fausse, la pensée ni le poème ne se limitent à l’expression d’un réel qui soit visible et s’il l’est qu’y voit on ? dans le poème le reflet mène à un biais

Michael Riley, sacrifice

dans la photographie que j’aime, l’on poursuit le poème, voir à se toucher, à toucher, poème à dire les mots qui disent les voies de la relation, comme je touche comment je mange

comment est il possible de vivre,

ce grand écart hors de la violence, faite , passe par la violence, le biais, l’allusif , permet de renvoyer comme en boomerang l’image qui est bien autre chose, et est laissé libre

Michael RILEY Kristina, 1986

pour qu’advienne ,

c’est de l’espace et du temps d’advenir, cette écart entre d’eux, dont il est question et que le geste impulse même de façon immobile

l’homme assis

 

quand il faut reprendre

le temps s’apaise

 

un silence éloigne les bruits

 

l’architecture

les lignes surgies d’une flute

 

la musique suspendue

le papier opaque retient l’encre créant un mouvement

 

lui donne asile

l’homme assis dans le coin en proie au vertige

 

la géométrie et l’espace se fie au temps

la promenade de l’âme

 

 

à l’opacité d’atténuer les charges de la mémoire

la pensée circule

 

la fenêtre est si fine que l’on entend gémir le vent

les étoiles

 

la pluie percer des nuages

le monde des hommes est à son comble

 

le signe un aimant

retenant et retranchant où la fatigue ici étanche

 

l’homme assis se laisse aller au monde

 

rien ne m’oppose

la phrase parmi les vapeurs à la cuisine me revient avec les nouilles sorties de l’eau bouillante

my life stands as hell in a shell i can hear it breathe between your teeth

 

mon dernier soupir se fera à la lune,

courant je resterai quand même mourant, froissé, jeté le seau dans la salive à terre pour quelques orages, morgue, croyant, je ne respire plus, vos yeux en moi la pluie lave ce qui m »alourdit

 

mais je vois,  je suis l’océan le ciel et le nuage

dans mes artères mon eau est fumée est cristal, dans l’eau trouble je me lave les pieds dans la crasse je veux les îles, dans votre rire, votre regard votre oeil qui tombe

 

mais la droiture la faiblesse et le rêve un poème frissonnent de la dureté

rien ne m’oppose

 

 

je devrais être à terre quand je suis libéré rejoindre les déserts, la feuille que je ramasse, loin de la ferraille

partir, je ne rêve que de partir que mon corps lourd soit aile, ou fumée ou cristal

 

loin

loin

si loin de l’entrave

 

Michael Riley, cloud -flyblown

toute ma vie une bouteille à la mer, un galion y est gravé, vieille eau, depuis ce geste premier ou je fus jeté à la baille, braille et froide ou en pleurs, la mère seule et les tempêtes et les rejets, et les mépris et les erreurs,

l’amarre est défaite

planche de bois dans le courant je gonfle de l’eau