Quand il se réveille et que lèche la soif

béance à vif  sur le poitrail révélaient

les bruns et les étoiles

les surgissements dans le feuilleté de paille

de l’incise

l’incartade d’une lumière

la seule et toutes autours

des lunes lisent les trajectoires

piqué de brun et ourlet d’argent

lape le point

brise l’aiguille et trempe le long

quand survient le pic

et que crie

l’oie

et l’essor

palpe sur le flanc les rayonnements doctes

ou enseuillements nocturnes

ou les deux

ou à la fois dans un même temps

l’étirement d’une gueule

baille

tandis que la queue frétille

ou s’étire

goitre ou gite au fond des bois

là où le cerf accourre

se cache belette l’écureuil saute

et empile des stocks de noisettes

ou pile d’hélices de feuilles d’érable concoctent ou décoctent

l’homme-médecine habillé en femme touille

et hume l’emplastre

posé sur la blessure et maintenu serré

et détourne le pus

de la constellation repliée de l’ours

est elliptique

elle encercle la boucle

bandeau noir la nuit en jeux subit boucles et un collier

foison de corail et perte de perles

patte de chanvre

empilement et surprise

brame de pierre

la somme de la crête résume le bond du dos

fleuve à l’ouest la langue signale l’heure

la hutte du sommeil

ou paresseux se vautre dans le miel

mors cavalcade

incrédule

hérissé de sanglier

papilles deux yeux engouffrent la faim

lourdement passe son chemin

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Raven

je ne sais pourquoi cet endroit ne m’apparait que vu d’un arbre, une rivière en dessous charrie des blocs de glace

les castor sont habiles ils s’en empare avec de longues branches fourchues pour maintenir au frais les truites dans le nœud coulant de l’eau

bien sûr des forêts dévalent à pic la falaise de glace on voit des arbres morts tenter la traversée un temps d’eau le torrent qui va trop vite

pas de ciel mais la brume un corbeau immense pardessus noir aussi vaste qu’un miroir ouvre son bec dévoile la longue litanie

l’existence à venir n’est que l’histoire à rebours et la tenant de l’aurore dès lors que le soleil se lève tenu captif vers le nord là où la nuit est boréale

le corbeau est il la nuit ? est il ce temps délivré du jour ? ces deux paupières sont les couperets yeux au poteau additionnant les vies

regardent perchés sur la douceur s’appesantir le temps. Raven a chassé l’aigle vers le sud.

 Northwest Coast Raven Mask Carved by Michelle Foley in Tofino, B.C.
Northwest Coast Raven Mask Carved by Michelle Foley in Tofino, B.C.

qui l’eut pas cru ?

Finalement

on ne peut rien dire de l’amour,

elle

aurait pu elle avait tout pour être

elle a simplement

quelque chose a

décidé autrement

et a surgit le vent

l’a entrainé ailleurs

image de western

ville fantôme

She Gulch

hachée par le vent et roulent

la caravane et les indiens fou furieux

les herbes en herse

vent qui hurle

piment doux ton visage en bocaux

ce doux sourire

qui ment

sous les jupes enjoliveuse paroles qui se cachaient

vipère fourche de langue poudrée

belle ton voyage sentait long  comme un foulard

autour d’un cou tu aurais pu et j’aurai bu

à la gourde

qui  m’a séduite sans amorce

pétard mouillé

maquillées les beautés

un volet clos , des violettes séchées

oubliées dans un pot un grillage soudain

et j’ai du

épousseter ses jeans

faire sécher le maillot et rouler tout nu dans la poussière

chien de prairie

et siffle vipère le vent

vente la jupe

fleurs de tissus

et jambes de vent

au loin mes lèvres

portent secours à mes jambes

paupières larmes

qui l’eut pas cru ?

cristaux du jour

Le soir dans les cristaux de roches le rose éparpille

des allées de bleu en rubans filent une douceur vieille

se couchant en boule chardons les gestes aboutis

tentatives de la journée regard geste marche pensée

 

rentrent à la maison se coucher sur le seuil et dormir

 

Lamber sav, aquarelle 1999
Lamber sav, aquarelle 1999

simple chant la nuit

c’est pourquoi l’homme se pare de la beauté

c’est pourquoi l’homme parle simplement

c’est pourquoi le chant prend aux tripes

répète sans fin les bandes de silence bleu

Terre qui cuit – croute verte – rond de sève

 

 

dans la plante le monde se donne rendez-vous

quand il voit ces touffes de poussière orner

cette terre douce se mélanger aux herbes

quand après la pluie respire la fleur rosée

 

dans la plante le nom remonte du sol

feuilles qui poussent cuisent dans le bol

marche sur un brin de terre noyé de sève

le bleu prédomine dans le sang qui affleure

 

 

 

impossible de dire les oraisons des couleurs qui filtrent

sur ce qui semble la roche mais est peut être est l’esprit

si l’on en croit la lumière car pourquoi faire don au soleil

de la déclinaison du monde en fine particule est un collier

perle attachée au chant la contemplation touche la lumière

 

des taches de bleu se posent sur cette simple méditation

il se tient droit au seuil et murmure des sons turquoises

il s’essaye à être aussi simple qu’il en est capable et boit

 

 

il faudra redessiner ce que le vent murmure et effacer

 

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beauté

On ne sait pas bien pourquoi l’homme se voit avec ses viscères , comme si une chevrolet se voyait comme un moteur ou dévoilait les dessous de ces enjoliveurs, non , pour poursuivre la référence une chevrolet se voit dans le couchant qui tombe sur Ayer Rock – une pluie de magnificence – comme un feu d’artifice (ces lumières dont parlait Chaplin) les feux de la rampe – Broadway – le chemin large voila comment l’homme ne peut pas manquer de se voir – ouvert – une route s’ouvrant largement –

Surgi des douleurs la beauté s’abat – la beauté et la force rejoignent le monde perçu comme une gerbe dans le cœur, le jabot, c’est une poule qui est un paon, le paon embrasse toute la lumière qu’il capture dans les fibres de ses plumes, couleurs, luisances, veines et motifs comme des aimants circonviennent et enroulant par la géométrie sacrée non pas SOI mais le monde, beau et clair dont il s’empare, par un gloussement de ruse, l’attirer surgissant à lui et par là devenir beauté, serrée serrée on est toujours serré étant un corps même envolant là  où oiseau, voix de beauté fragment de lumière dans la voix et s’y astreignant pour atteindre et le soleil et les étoiles, l’animal le velours et la terre, la laissant respirer.

L’homme voyant la beauté ouvre les bras et s’étend il coud l’étincellement peau à peau, lumineux il s’empare du monde dans l’effort s’y épuisant s’y régénère, c’est séduire le désir en le devenant, ce n’est pas un équilibre mais une aspiration, le monde par les naseaux se dresse jusqu’à se toucher du monde, vagues de joie d’appel, silencieux face à l’astre danse l’immensité tissage du cuivre et l’air forêts et l’eau de la rivière puissante mais se voyant immense, respect tendu – englobant – ténu comme un bâton et finissant comme le bec par où l’on parle – la parole se rejoignant dans la beauté des mots – sons des bouts de fils émergeant du fil, lignes répétitives comme chaque matin se lève grain de maïs et pollen et s’y enveloppant simple comme l’herbe, puissance de la couleur guérissante flamme quand l’astre entame sa rotation et émerge, dévoilant tout – râle infime similitude –  par la parole surgi sur la fascination que l’homme grossier bafoue mais tout quand dans la respiration l’air et le feu agissent – ne détruisent pas car qui a vu l’astre dévorer le monde, vu de trop près, reste à distance, mince mais s’emparant rayonnant de la lumière – au plus beau de soi

C’est pourquoi l’homme se pare de toute la beauté, étant beauté. se parant et dansant s’y épuisant.

godasses mouillées

La pluie et l’eau arrosent les mots la vallée déposée dans les chaussettes s’infiltre dans les jeans, les pas efforce le chemin – tous les temps des plantes et de la bruine gouttent dans le sol des racines et on met les fers au chemin – il est mouillé et vu que ça glisse et qu’il grimpe et trempe le cuir des chaussures

ce sont les tiges des poussées vertes on transporte la glaise des versées précédentes et l’esprit dense le pas patauge recouvre une assiette de terre, le pas généralement est peu affirmatif le printemps à couvert le chemin d’herbacées violentes et de garder avant de livrer au vent

la foulée n’est pas à taire jette tout autours cet enserrement ne laisse pas de place au silence – il suffit de filer sans pause et sans observer prendre une respiration se contenter de ce visuel mouillé  on croit patauger dans le torrent on se fraye un chemin on écrase pour avancer ; qu’il y eut cette montée boisée entre les pierres quand l’eau ruisselle rien ne dit ce qui descend imprègne les mots  gonflent ;  la tête regarde vers les hauteurs ce qu’elle voit contredit la vue s’efforce vers les lointains  tente des échappées mais le plat cogne la visée contre l’air.

Libérés hors de l’entrave les lacets et l’ouverture permettent qu’elles voient le ciel et surtout la rougeur de la colline ressemble à une mésa au printemps, le rouge n’a pas besoin de feu la pluie l’étale et la fuit.

La fleur résulte de cet état que des milliers d’être courbent l’arc en ciel plus rien n’a d’ordre pour que la touffeur ploie.

Colline, pastel de Lamber Sav
Colline, pastel de Lamber Sav

 

Mémoire

Graine écorce

voir l’air une pousse

la surface du monde est la mémoire

laissé seulement vibrant

un ilot de réel

dureté

face au devenir

laissé vide ou mate étoffe enveloppé de poussière le soleil

brille mat en soi

à la pointe ou museau pesant

du soleil levant

l’érosion surgissant

incrustée dans les veines

aliment zébré les rayures couvrent la douceur

couvant

une lumière Aube

conte l’histoire cette traversée

ces allées venues

dont il reste les traces

d’où l’on peut situer le point brillant de l’être au bord

succion l’avalant

la pression du doigt sur la corde

l’oeil et la bouche

la gourde des soifs

repose sur un socle

la graine dont demeure la carapace

tenu au corps

devenu peau sous-jacente

de cette ile en prélude

dans le chaud comme une fixité

nage se déployant dans ce présent

les transformation contenues

semble se mouvoir

sans que l’être bouge

 

se satisfaisant de déployer des ailes de sable

 

Mémoire de la Terre, peinture de Lamber Sav
Mémoire de la Terre, peinture de Lamber Sav

à la Lune

Je me suis servi de la nuit comme d’un levier

tenter de me hisser moi même vers l’irradiance de la Lune toute l’aide qui perçait des étoiles et les hourras des légumes

gisant de fièvre à même mes doigts un ver s’en retourne luire

 

filets d’or épingle

à travers le feuillage

pomme splendide

gîte au plein Astre

 

et me penchant au balcon sans aucune peur du vide

 

une coulée me permit de voir le reflet des marées

ouverture de sable brodée des coraux

pansement tes lèvres quand elles se mettent  à trembler

 

Soif

pour une pluie divine  la peau dans les embruns cesse sans aucune arrière pensée passant et repassant jusqu’à serrer au plus fin le motif

pour finir le voyage

chahuté

la fatigue

car les cahots comme si  ballot sur le dos d’un chameau sauts de ses lourdes pattes élastiques

mais la corne est aux pieds foulée dans les herbes

 

 

ou une caravelle que je voyais voler dans le ciel étaient-ce les nuages ces fils où je glissais à m’en faire mal je me retourne dans mon sommeil cherchant l’issue au pourpre

 

cela semblait sans fin et qu’importe le sens inverse à la pesanteur

me hissant à revers et pesant nonchalamment vers un bleu trouée d’or vert

 

allongé le nez aspiré sans odeur

une nuance de bleu

j’avais rencontré au désert la nuit quand l’âme est rechapée l’immensité clairvoyante filles vivantes les fleur d’un matin pointent dans la rosée c’est retrouver le minéral dont l’étoffe est faite pointe de la nuit

des jours et des jours et de la résistance et la chaleur

brouille de bleu si bien qu’on ne pense plus qu’à ça

 

et aux grains la-haut qui filent

Photo 506

 

 

 

 

soufflet d’exclamation

Un jour se promenant auprès d’un bois et y pensant une abeille s’est posée. Une chenille en métamorphose et y songeant un bain de douceur comme ambre ne sachant pas et devinant.

comètes & dust

sous l’aisselle une grappe dit assez l’opposition

peut fournir une incrustation poétique

sur la touffe descendante des fruits desséchés ressouviennent des premiers temps de l’assèchement

quand le fœtus à peine formé attirait à soi les astéroïdes

aujourd’hui étendu sur une chilienne je regarde les asters

je ne peux me méprendre

tous ces points que sont les feuilles ces bris de lumière matières odorantes en cercle boucle autours du mont qui forme la corolle

est-ce assez bien dit

sont bien le résumé d’une histoire de la fertilité

un dispositif aussi efficace qu’une carte dispose les attractions et giratoire sont les chemins par lesquels s’amoncellent et par quoi le mouvement parvient à instituer un magnétisme

il faudrait faire des trous dans la syntaxe et enlever grain après grain tous les verbes à la coloration douteuse et ne laisser que les polarités semblables

flèches ces retours nécessaires à la modulation

butine ne dit pas la contraction ni la déjection

on aurait alors tonnante une paroi couvrante seuls les points distingueraient l’immobile semblerait matière alors qu’elle ne l’est que par points

l’aster semble pareille

la partition dans la langue est destinée à faire se rejoindre le goût des signes

il brille des luminosités à la fleur qui sont des lenteurs par lesquelles tout s’accélère

il n’y a qu’à voir le vol des bourdons et l’empressement des pollens

le bruit crissant des trajectoires tâchant de rejoindre les tiges qui s’effarent mais s’effacent

 

une herbe

désemparée figée

ions électrisées élaborent un plan conçu pour évader d’une métaphore sont bourdonnement des tissus synchroniques

un désordre visant à la survie dont on ne sait ce qu’il adviendra, c’est pourquoi elle dérape

tandis que sur le hamac tu rêves aux turpitudes des baleines aux dissensions des phoques et à la dislocation des pôles en désaccord fracassant la branche ne concevant pas son appartenance au rhizome et se pensant racine car de sa vue inversée émiette des sons  fusant une formule mathématique quand en cuisant elle n’est plus que vapeur ou fumée qu’ils hument quand elle brûle

il y faut un sujet

mais est ce sûr ?

le sujet peut se trouver à la périphérie alors qu’un centre est illusoire mais surtout périssable même si en dernier lieu une fois que le reste à cédé ou s’est recréé sur d’autres bases  un essaim sur un plan périphérique

l’usage des racines dont les bouts touchent aux langues mortes certaines désintégrées et n’exclamant plus que dans le souvenir des idiomes éteints perceptibles revers des érosions

cela dans les inflexions des mots au sein des lettres autant patte de mouche que traces de comètes

on remonterait dans les aigus crissement de l’os sur la pierre dans l’effort de la survivance du visuel dans le sonore, diphtongue et son pendant ne sont que les grondements reliés au tonnerre d’où l’impulsion première car il y a dans une gueule la gestuelle première

comprise comme précipitation lorsque le couteau rompt la peau et tranche.

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dérapé

dans le fossé

un platane y pourvoit

une flaque s’enrichit du sang et d’os brisés