Maintenant (ce que ne dit pas ton nom)

 l’en bouche       l’en tonoir  va ramasser des mots dans ce clin ou seul le blanc de l’œil n’est pas noir. Pousser une porte sur le vide revient à se cacher derrière des livres que l’on ne voit pas, face ou de dos parfois ils bougent et migrent.   Cela va de plus en plus vite   Dans le fil étroit l’on entend que ça pousse Parfois un vieil homme médite La porte de Babylone s’ouvre c’est à dire que là où  s’ouvre la porte des gens pressés se cachent Sautent dans les vides  Il y a un brouhaha de tous les diables et les morts se mettent à chanter.

Matana Roberts
Matana Roberts

Dehors dans les rues ce que tu promène avec toi les barques obscures chargées des frères chargées des nouveaux nés On ne sait pas ce qu’il y a dedans tu grimpes sans grimper,    la pénombre favorise le rêve et l’éclosion   C’est pourquoi j’ai commencé il y longtemps à les ouvrir et à en faire des tas, c’est pourquoi je suis parti maintes et maintes fois vérifier si l’histoire était vraie Maintenant souvent l’histoire ne sert que de point de départ Maintenant la source coule Maintenant le monde est en marche Maintenant le monde n’en finit pas Maintenant le monde écoute.

    https://soundcloud.com/matana-roberts/black-lives-matterall-lives-matter

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Matana

I am Matana

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soufflet d’exclamation

Un jour se promenant auprès d’un bois et y pensant une abeille s’est posée. Une chenille en métamorphose et y songeant un bain de douceur comme ambre ne sachant pas et devinant.

comètes & dust

sous l’aisselle une grappe dit assez l’opposition

peut fournir une incrustation poétique

sur la touffe descendante des fruits desséchés ressouviennent des premiers temps de l’assèchement

quand le fœtus à peine formé attirait à soi les astéroïdes

aujourd’hui étendu sur une chilienne je regarde les asters

je ne peux me méprendre

tous ces points que sont les feuilles ces bris de lumière matières odorantes en cercle boucle autours du mont qui forme la corolle

est-ce assez bien dit

sont bien le résumé d’une histoire de la fertilité

un dispositif aussi efficace qu’une carte dispose les attractions et giratoire sont les chemins par lesquels s’amoncellent et par quoi le mouvement parvient à instituer un magnétisme

il faudrait faire des trous dans la syntaxe et enlever grain après grain tous les verbes à la coloration douteuse et ne laisser que les polarités semblables

flèches ces retours nécessaires à la modulation

butine ne dit pas la contraction ni la déjection

on aurait alors tonnante une paroi couvrante seuls les points distingueraient l’immobile semblerait matière alors qu’elle ne l’est que par points

l’aster semble pareille

la partition dans la langue est destinée à faire se rejoindre le goût des signes

il brille des luminosités à la fleur qui sont des lenteurs par lesquelles tout s’accélère

il n’y a qu’à voir le vol des bourdons et l’empressement des pollens

le bruit crissant des trajectoires tâchant de rejoindre les tiges qui s’effarent mais s’effacent

 

une herbe

désemparée figée

ions électrisées élaborent un plan conçu pour évader d’une métaphore sont bourdonnement des tissus synchroniques

un désordre visant à la survie dont on ne sait ce qu’il adviendra, c’est pourquoi elle dérape

tandis que sur le hamac tu rêves aux turpitudes des baleines aux dissensions des phoques et à la dislocation des pôles en désaccord fracassant la branche ne concevant pas son appartenance au rhizome et se pensant racine car de sa vue inversée émiette des sons  fusant une formule mathématique quand en cuisant elle n’est plus que vapeur ou fumée qu’ils hument quand elle brûle

il y faut un sujet

mais est ce sûr ?

le sujet peut se trouver à la périphérie alors qu’un centre est illusoire mais surtout périssable même si en dernier lieu une fois que le reste à cédé ou s’est recréé sur d’autres bases  un essaim sur un plan périphérique

l’usage des racines dont les bouts touchent aux langues mortes certaines désintégrées et n’exclamant plus que dans le souvenir des idiomes éteints perceptibles revers des érosions

cela dans les inflexions des mots au sein des lettres autant patte de mouche que traces de comètes

on remonterait dans les aigus crissement de l’os sur la pierre dans l’effort de la survivance du visuel dans le sonore, diphtongue et son pendant ne sont que les grondements reliés au tonnerre d’où l’impulsion première car il y a dans une gueule la gestuelle première

comprise comme précipitation lorsque le couteau rompt la peau et tranche.

20111031._DSC28377

dérapé

dans le fossé

un platane y pourvoit

une flaque s’enrichit du sang et d’os brisés

ile

umber                   sombre               sonde

rise

peau                              large                          sans                           terme

nez                            yeux              lèvre  rêve

sourire

palmier

dérive        des  continents

© manuel Figueras, mural cultura II

I as we

I                     [top of the tree]                              mashes leaves                                                                                          spitting juice at @ ants                                            down                                                                 dusty tracks                                                 busy dread

branches up nailing air                                 stars leak                                                         with delight          skin and  fur                                yawns ya         breath                                                       while                       whale                                         skip                                             sun shines

heart in toes

for life like love has its ups and downs , wherever or whichever shores or elsewhere  your loves are free now< we are apart , beautiful friends though tough to beat feelings not so clear , your lies your truths all apart , sadness in the night waiting for mine to arouse, my winds to blow within a sea of chain

and so it goes life like love is a lake to cross
like a swan that spans its wings sadness or joy
sheer tenderness can not ever eclipse
kiss embracing the walking hand in hand eye to eye
heart in the shadows blood in my toes