au livre les images

aquarelle, Lamber Sav

 

 

survenir aux Iles

aux hanches les épices

sont ce îles éparses

soulevées par le vent

ou archipels

 

 

aquarelle Lamber sav

 

 

Les îles sont les chevaux des tempêtes et dans l’obturation des hauts fonds laisse une marge à la manoeuvre surajoute la superposition des teintes signale les fonds aux eaux plus récentes de la surface qui se renouvellent, sont brassées par les bancs et soulevées par les vents laisse au clair un trajet quand dans les brumes apparaissent les points des froids des courants

 

 

aquarelle Lamber sav

 

 

tracés géologiques

 

l’aura des allées des tortues et l’antique continent dispersé

 

corail l’Océan ou gulf stream

 

ligne de flottaison quand monte des profondeurs le chant

et que sur le pont

la viole de gambe chante une mélopée signare sans que s’explique le rouge quand au bleu le surgissement des traces autant courants qu’îles les suscite

 

 

 

 

Navires quand s’ouvrent les bords de la distance

 

ne sont pas poésie

 

mais géographie

 

 

aquarelle Lamber sav

 

du visible et la tension des cordages le temps est à l’observation si  la masse des nuages parfois laisse place à l’éclaircissement,  l’oeil rivé aux étoiles quand s’approche aux îles les vents courbent les plats pour laisser entraver les hauts-fonds s’éclaircir au sable et brûler au soleil

 

des peaux s’ils s’en trouve des femmes couronnées de fleurs et aux hanches les épices et la chevelure où volent les papillons l’offrande dans l’oeil à l’âme jetée par dessus bord parmi les palmes aussitôt retrouvées

est-ce ce qu’il faudrait rapporter quand il faudra remplir les cales et que raconter en retour de ce chant des lointains

 

 

 

 

est ce papillarium

cosses des éclots

dérive dans le sillage

le clair soleil dans les reflets des algues

le signe

et suivre les oiseaux

qui rendent trouble l’eau

 

 

ainsi le mentionne le vieux livre des navires

 

 

à écouter tant qu’on peut ce que j’écoutais en ce moment, ce concert à l’Abbaye de Fontfroide donne par Jordi Savall et Hyperion XXI, dédié à la musique élisabéthaine et en particulier avec William Byrd, un de mes préférés, John Dowland

les mots de l’eau

dans la suite le craquement de l’écume

ou est ce la roche qui craque

ou moi

ou l’eau

 

mouvance

le choc le long de la nageoire

la pesée noire qui étouffe la pensée

le front s’ouvre

laisse s’immerger la résistance

et cesse

 

accroche l’eau

 

 

l’esprit est au présent l’esclave de l’instant

 

 

la pensée a genou l’anime

le blanc

verrou du corps

empêché de nager

l’immobilité s’impose accrochée aux deux seins

 

enlise

absorbé

noue

 

 

le corps abstrait rend grâce

l’eau serine

comme les barres d’une cage

délimitent

les piqûres de l’essaim

 

 

vouant

enroulant

retenant

dans le châle

les émancipations des terres

le moi

les mots de l’eau

 

 

Cap Horn – interrogations

assis auprès de moi même

peut être même au bord et m’apprêtant à écrire pour tromper l’ennui,

est-ce me tromper

ou se tromper

car abordant l’abstraction

fait d’attraction et amorçant un retrait

ne pas tomber étant au bord

et rester en deçà

peut être du temps

du pas enjambant ce qui me sépare du réel

étant compris comme

extérieur

mais se joignant à l’intérieur

ces distinctions n’ayant aucun sens

ou en ont elles ?

quelles sont les limites entre la fiction et le délire ,

quand atteint on à ce moment où jouer n’est plus jouer et où la fiction semble créer du réel ?

question qui se montrent

se permettent d’interroger l’homme qui attablé

semble se situer dans un entre-deux

où écrire dérive

est à dire qu’il faut resserrer le fil

qu’écrire c’est être en équilibre

dans ce croisement de la pensée et du désir, du rêve et de l’irréel

savoir se situer

ceci pour annoncer un changement de cap

Frida Kahlo et son reflet dans l’eau

car face au magma ramené par l’imaginaire, l’esprit est le lien entre les choses qui tendent à engloutir,  la posture de l’homme qui de tout temps a eu la sagesse de déterminer un cap, la bonne distance, garante de son action, de sa pensée et de sa décision

cette distance là doit être maintenue contre les assauts à la fois de l’omniprésence de la réalité ou de ce que l’on reconnait comme telle,  et de l’imaginaire, objet du désir ou soubassements du réel, sur lequel le monde habité est construit tout comme le langage qui cependant ne devraient pas être une construction abstraite, trompeuse

d’où la nécessiter de téter au réel

le poète reconnait l’imaginaire comme proche de lui mais devant être maintenu à juste distance, de la fusion avec la matière et l’esprit brut, le feu, combustible qui n’est que bénéfique qu’ inclus dans le réel, médiation sociale, les religions et les rites procèdent ainsi et permettent à l’homme de retrouver l’argile dont il est fait et l’étincelle, essentielle mais transcrites en termes lisibles par tous.

s’y soustraire est attiser le feu.

reconnaissance, donc, mais aussi sauvegarde, non par peur mais par précaution, reconnaissance à la fois de la nature de l’homme et de de l’intention de ne pas s’y perdre.

Le coeur gros, l’homme abandonne ces rivages avant d’être happé.

est ce de battre en retraite ou lutter pour sa place, le vide comme le plein est nécessaire à la survie, et de ce vide, installer le creusement ou installer le plein, le trait dans la maîtrise,  le coeur et l’oeil appellent le monde mais sages et déterminés s’en tenant éloigné,

comme de la confusion.

toute la difficulté dans la fiction est de maintenir le bon écart, entre le soi se sachant tel et les incursion d’un irréel, reflet ou double du réel, interrogation de la représentation et irruption,

ce n’est pas de représenter, ni d’identifier, ni d’invoquer, c’est sans doute de maintenir par le langage une bonne distance, garante de la réflexion, se maintenir dans le chaos en tenant fermement un fil, fil d’Ariane dans le labyrinthe, ne donnant pas caution au délire mais ouvrant les possibilités, soi toujours tendu sachant que le sacré est à portée de main mais avant tout en soi

non visible mais agissant.

du moins je crois.

les jambes

serena Williams, mode coté pile

car si les jambes ont du charme, c’est surtout à les contempler

celles des nymphes lorsqu’elles sont guerrières et armée de haches celles du bataillon des amazones du Royaume d’Ifé ou les courbures du Fleuve Amazone qui des plis et replis la musculature galbée les tensions dans les coudes profondeurs et chutes celles des reins mais aussi de cascades ne se résolvent pas en rives mais s’épanouissent dans le corps qui de la femme fait le plein de la force

tourbillon ramenant le corps en son centre déclenchement de la puissance engouffre le réel en son sein large embouchure nourrissant l’ovoïde enserrant l’univers et comme en coït nourrir aux dimensions du monde la perpétuelle métamorphose

Déesse, mère de tous les dieux et louve, sirène au plus profond des eaux faisant jaillir la naissance assimilée à la richesse, la luxuriance et à foison

étoile à toison

Pierre Verger, Symbiose

des galbes femelles les mâles la force cascade et déferlement trop soudain surgissent en cataclysme  père dévorant ses enfant, force se livrant en vain  si l’arrondi et la châleur ne venait couver et s’enhardir du sable

faire advenir les multiples de l’un

le corps étant un et le multiple se donnant à l’infini faisant croître sans s’essouffler des myriades et l’extension

Séréna Williams, mode, coté face

fier nous nous fions à notre jambe d’appui ou allongement du corps

apte à dépasser le temps, à le chevaucher

fusent , les jambes

brèves ou longues, la linguistique du corps s’anime et donne sens au mental ainsi qu’au lingual s’épanouissant en croix les membres qu’un feu ne veut pas éteindre se nichant des pointes du pied remontant galbé vers la floraison qu’une musculature fine ou luisante la puissance même du corps un fruit perpétuellement en éclosion

le rouge est la couleur se coulant dans le bleu

un stout sinon rien, twitpoem

incendie au mont Fuji

à rebours = « pendant quà (RT) Bayonne : le braqueur coursé par les habitants du quartier débraque

dixit after (tea) @pessoa @emperlinade

refrain )

ti va chansonner ? ti va engorger ? ti va dégorger ?

incendie au mont Fuji

mais la littérature et l’art tout entier est la preuve que la vie ne suffit pas (pessoa)

SiL

beuverie poétique généralisée, pas besoin d’éthylotester.

Je me sens lyrique d’ailleurs on va en faire un poème !
absolutely !
(refrain)
ti va chansonner ? ti va engorger ? ti va dégorger ?

les bulles au monde s’échappent par les petits ruisseaux et vive l’argot du monde

la gorge  lyrique accroupi à plat-gorge sur une feuille d’hypnos

accroupi sur la feuille le z’art à languer.

trimaran à deux plateau l’embolie menace le maillot jaune
crie :   l’image est belle ! ^U^
 @stoutmine on se fout pas de ma gorge !
(refrain)
ti va chansonner ? ti va engorger ? ti va dégorger ?
  ^u^
 accra la gorge adoucie et les bulles au monde.choupi sur la feuille le z’art à languer.

refrain;-) @emperlinade ti va chansonner ? ti va engorger ? ti va dégorger ?

gorge à regorge sur la feuille de saule planté au milieu un bonzaï zen fit peur à une libellule se croyant papillon bien qu’Ouragan  Breuvage en Saoul ferment

« Emperlinade » comme recueillir les perles..

Eau nous in­cruste Pour toutes ces fois Ou soif ou joie

ce fut la que s’emperlinada  l’incendie au Mont Fuji

     twitpoem de SiLSiL et lamber savlamber sav en pleine forme ce jour là une fois n’est pas coutume hips ! à la bonne note R (e)

Misia meu amor

Misia,

mots

 

le poème

dans la bouche

 

tendue d’absolu

des poètes

la gloire

le recueil

des mots

dans la langue

clin de nuit

la lumière

noire élancée

sans se rompre

rouge

l’instant de toujours

 

se suspend

chant

aspirant au blanc

 

Misia et saramago

Misia – Que fazes aí Lisboa

et à suivre sur Deezer la radio de Misia réserve de belles perles

clair c’est dans le clair

mais quand l’aube a fini de se lécher les babines bien avant que le vent n’aide le soleil à dessécher l’ ogresse

pastel de Lamber Sav 2005

la lumière a rendez vous sur le port elle s’apprête à embarquer vers l’immense tache de bleu qui se lève

dans le visage rose d’une fleur à peine éclose les mystères au jour naissant sont comme un coup de dé en équilibre sur un coin de la surface du monde et de ce que l’on peut en voir question pointée à la face de la déesse qui ont le sait ne permettra pas sans que les offrandes lui soient déposées aux creux des mains si fraîches que l’on pense à un filet d’eau et que fleurit la lumière corolle d’une âme qui supplie

un bouquet de lauriers rose fraîchement coupés et débordant de jeunesse s’en remet à la lumière et veut échapper à l’implacable du jour s’offre à la lumière s’épanouir sans faillir est ce vaincre l’astre ?

sans rides et les traits comme juste éclos doucement émergeant de la lumière et si sùr de la beauté la violence du monde se tait

partance la voile relie les bords de l’eau et sombre dans le noir qui est un bleu plus foncé qu’il semble la cavité en pleine lumière quand il atteint au blanc et que le baiser se forme sur la lèvre, étouffoir des déceptions et recoin de l’espoir avant que les corps ne s’enlacent et irrémédiablement se perdent

partance la voile dans les vents au contact des eaux relie les points de la fraîcheur à ceux de la profondeur sans qu’il soit besoin d’expliquer les larmes d’un visage sous le voile d’une plainte ancestrale la beauté sur deux cordes vacille tiraillée avant que ne vienne les rides

ne s’arrête pas au miracle de l’aube et anticipe les abîmes se perdant dans la contemplation des dieux et rejoignant la lumière de tous les lieux où prennent feu les collines dans les sources de la tendresse avant de s’embraser une extase est une litanie douce qui se suffit à déprendre le début du jour

d’abord olivier dans ses jaunes le blé

le ciel n’est pas du bleu promis

mais blanc dans le noir de l’ombre

flor, aquarelle de Lamber Sav

les jeux éphémères sont une échelle où monte la matière vers la musique le chemin le plus sûr en est la voix se glissant dans les douceurs et rudoyant les  traces des brûlures douleurs tant qu’un jour ne manque pas tant que ne pleure la joie défaite et un grand deuil éveille une tristesse dans les plis du rose de la lumière dans la voix enroulée sur le noir éternel tant de ce que la nuit s’obstine à cacher au jour

quand la voix monte voulant s’extraire pour apostropher les Dieux se plaindre durement se parant de toute l’innocence des départs de l’aurore tant que de devoir encore souffrir dans la poussée des sèves  sachant bien que cette joie dans les montées inextricablement mêlée à l’accablement

qui sauve de la nuit sans le gâchis des terreurs ombrages des soirs quand s’assoupit le jour l’affront du jour se dissipe se sacrifiant  reniant les espoirs du vide à l’heure ou s’effondre les bords de la couleur et que monte les chants de la fête dans les feux de l’obscurité et que survit la lueur

pue-monde

Et je traîne dans le lieu immobile, j’ai beau penser à des lieux de désir je suis toujours là entre la table et la douche car il fait chaud et j’y plonge souvent

ce n’est pas que j’ai envie de rester par ici mais prendre un billet d’avion, alors j’ouvre un livre, parviens à sourire et les trottoirs de Buenos-Aires et le quartier de Flores je marche seul sans toi car où es tu et existes tu seulement , reste que je marche dans les chaussées de la nuit même si je suis ici

le soleil tape et matraque les flics sont à tous les coins de rue rugissements blancs les huées de bleu des sirènes, pas celles des mers auxquelles j’aspire je les respire, mais celles qui te font te boucher les oreilles et te croire un dangereux criminel en cavale à force de les entendre même si mon calepin le sait je ne fais que prendre des notes sur les allées et venues des bicyclettes et des passantes qui viennent avec la nuit, héritées de la nuit peut être bien transensuelles et me feraient croire que la ville est agitée de pulsions contradictoires et scabreuses, suis je dans cette ville presqu’ endormie ou son sommeil agité de soubresauts incohérents me trouble le jour la clarté n’éclaire que le silence peu s’en faut et que puis je en voir ? et que cachent ces dorures sons de rues, de retour d’une partie de pêche à la morue le chat luthier ne voit que dealers et prostituées, lui qui fredonnait les anciens patios d’Espagne un air de Cosi fan tutte et les azulejos émigrés, transbordés de la ville aux montées des lauriers roses qui au fond de la gorge ont capturé le bleu ramené des Atlantiques à fond de cale de l’imaginaire de la tendresse malvenue le petit sourire à gant de velours à enfermé dans ces carreaux racontant les sarcasmes dans les bon-airs dont le tracé s’évertue à la malversation quand dans les villes venant des contrées australes et des forêts en contrebas les déchéances viennent  alimenter les mutations transgalactiques,

photographie de Angèle Etoundi Essamba

perruche café au lait bas de soie trempé dans le cachaça que l’on ne saurait mieux apprécier que traversé d’une pilule bicolore, dominante indigo et ce malgré le charme ravageur et le penchant pour la danse quand la femme le soir fardée se pend au cou d’un macho ennuyé mais décidé, et que traînent les traînées de poudre d’un kiosque à musique se délectant des défilés de la junte une déflagration innocente de la pègre qui sévit ici, et ce malgré que j’ai traîné dans des villes où par moment pas un moment n’était laissé à lui même où chaque portion de la nuit était étranglé d’un râle de chien crevé, mais l’odeur du monde persiste et sont havre aux vers de la charogne  et à proprement parler se délectent à hâter la décomposition du jour est ce déréliction ?
dehors dans le compost la multiplication des transformations n’a que très peu à voir avec la sagesse indienne ou bien est ce que nous l’observons au microscope et en voyons tous les méandres et les sales transactions, étirement et tractations, dix huit dans une voiture est ce différent d’un mille pattes , n’ayez pas peur, et les huit se régénèrent de 8 en 8 réintroduisant la courbe dans le plan urbain tracé au cordeau,
fil à plomb des villes-fille surplombent de la hauteur des  talons aiguilles rehaussés de bas résille le justaucorps plongeant émergeant deux paires de seins comme deux montgolfières et un coeur juteux ressemble à deux lèvres surexploitées, gonflées et contenant toutes les injures du bas coté, là où se cachent les délires cassés des indiens Tehuelches avant que soit construite la ville  mais la ville est noire du plat de la batte des lavandières

et je me fis poisson dans le bleu de l’embouchure, là où s’ébrouent tous les déchets et déjections de la ville prise de diarrhée afin d’y mieux aller voir et remplir au mieux ma mission d’envoyé spécial me régalant des friandises insoupçonnées de la cote et imprévues car que peut on voir de ce champs des cultures les laboratoires d’analyse n’en voient que le brillant de l’écaille et encore une fois râpée du beau corps poissonneux alors que là immergé où je suis dans l’eau tapineuse des myriades de clarté m’éclaboussent et me chante le fameux air de la walkyrie transplanté en milieu aqueux et se réjouissant des lupanars affriolant des  lagons lassés de leur planque sous la coque antarctique et rejoint par les continents dérivant de plastique aussi féroces qu’un banc de murènes en mal d’affection et bien que craignant l’épidémie s’étaient résolus à  une contre-attaque éclair plan machiavélique en ordre de bataille sous l’égide d’un galion pourri depuis longtemps mais fier de ces canons et de son passé de navire amiral

acte désespéré, avait bouché l’embouchure et fit fusse à l’imparfait du subjonctif  refluer les sept égouts vers la ciudad qui étouffant dans sa crasse mourut d’apoplexie ou d’une cochonnerie quelconque

pages intéressantes :

compagnonnage
Buenos Aire, métissage pendant l’époque coloniale
compost

et bien sûr un petit coup d’œil à césar Aira le grand inspirateur argentin et ses nuits de flores.

Moi comme un poisson

Moi comme un poisson, aquarelle de Lamber Sav

pue – monde

et je traîne dans le lieu immobile, j’ai beau penser à des lieux de désir je suis toujours là entre la table et la douche car il fait chaud et j’y plonge souvent

ce n’est pas que j’ai envie de rester par ici mais prendre un billet d’avion, alors j’ouvre un livre, parviens à sourire et les trottoirs de Buenos-Aires et le quartier de Flores je marche seul sans toi car où es tu et existes tu seulement , reste que je marche dans les chaussées de la nuit même si je suis ici

le soleil tape et matraque les flics sont à tous les coins de rue rugissements blancs les huées de bleu des sirènes, pas celles des mers auxquelles j’aspire je les respire, mais celles qui te font te boucher les oreilles et te croire un dangereux criminel en cavale à force de les entendre même si mon calepin le sait je ne fais que prendre des notes sur les allées et venues des bicyclettes et des passantes qui viennent avec la nuit, héritées de la nuit peut être bien transensuelles et me feraient croire que la ville est agitée de pulsions contradictoires et scabreuses, suis je dans cette ville presqu’ endormie ou son sommeil agité de soubresauts incohérents me trouble le jour la clarté n’éclaire que le silence peu s’en faut et que puis je en voir ? et que cachent ces dorures sons de rues, de retour d’une partie de pêche à la morue le chat luthier ne voit que dealers et prostituées, lui qui fredonnait les anciens patios d’Espagne un air de Cosi fan tutte et les azulejos émigrés, transbordés de la ville aux montées des lauriers roses qui au fond de la gorge ont capturé le bleu ramené des Atlantiques à fond de cale de l’imaginaire de la tendresse malvenue le petit sourire à gant de velours à enfermé dans ces carreaux racontant les sarcasmes dans les bon-airs dont le tracé s’évertue à la malversation quand dans les villes venant des contrées australes et des forêts en contrebas les déchéances viennent  alimenter les mutations transgalactiques,

photographie de Angèle Etoundi Essamba

perruche café au lait bas de soie trempé dans le cachaça que l’on ne saurait mieux apprécier que traversé d’une pilule bicolore, dominante indigo et ce malgré le charme ravageur et le penchant pour la danse quand la femme le soir fardée se pend au cou d’un macho ennuyé mais décidé, et que traînent les traînées de poudre d’un kiosque à musique se délectant des défilés de la junte une déflagration innocente de la pègre qui sévit ici, et ce malgré que j’ai traîné dans des villes où par moment pas un moment n’était laissé à lui même où chaque portion de la nuit était étranglé d’un râle de chien crevé, mais l’odeur du monde persiste et sont havre aux vers de la charogne  et à proprement parler se délectent à hâter la décomposition du jour est ce déréliction ?
dehors dans le compost la multiplication des transformations n’a que très peu à voir avec la sagesse indienne ou bien est ce que nous l’observons au microscope et en voyons tous les méandres et les sales transactions, étirement et tractations, dix huit dans une voiture est ce différent d’un mille pattes , n’ayez pas peur, et les huit se régénèrent de 8 en 8 réintroduisant la courbe dans le plan urbain tracé au cordeau,
fil à plomb des villes-fille surplombent de la hauteur des  talons aiguilles rehaussés de bas résille le justaucorps plongeant émergeant deux paires de seins comme deux montgolfières et un coeur juteux ressemble à deux lèvres surexploitées, gonflées et contenant toutes les injures du bas coté, là où se cachent les délires cassés des indiens Tehuelches avant que soit construite la ville  mais la ville est noire du plat de la batte des lavandières

et je me fis poisson dans le bleu de l’embouchure, là où s’ébrouent tous les déchets et déjections de la ville prise de diarrhée afin d’y mieux aller voir et remplir au mieux ma mission d’envoyé spécial me régalant des friandises insoupçonnées de la cote et imprévues car que peut on voir de ce champs des cultures les laboratoires d’analyse n’en voient que le brillant de l’écaille et encore une fois râpée du beau corps poissonneux alors que là immergé où je suis dans l’eau tapineuse des myriades de clarté m’éclaboussent et me chante le fameux air de la walkyrie transplanté en milieu aqueux et se réjouissant des lupanars affriolant des  lagons lassés de leur planque sous la coque antarctique et rejoint par les continents dérivant de plastique aussi féroces qu’un banc de murènes en mal d’affection et bien que craignant l’épidémie s’étaient résolus à  une contre-attaque éclair plan machiavélique en ordre de bataille sous l’égide d’un galion pourri depuis longtemps mais fier de ces canons et de son passé de navire amiral

acte désespéré, avait bouché l’embouchure et fit fusse à l’imparfait du subjonctif  refluer les sept égouts vers la ciudad qui étouffant dans sa crasse mourut d’apoplexie ou d’une cochonnerie quelconque

pages intéressantes :

compagnonnage
Buenos Aire, métissage pendant l’époque coloniale
compost

et bien sûr un petit coup d’oeil à césar Aira le grand auteur argentin et ses nuits de flores