pue – monde

et je traîne dans le lieu immobile, j’ai beau penser à des lieux de désir je suis toujours là entre la table et la douche car il fait chaud et j’y plonge souvent

ce n’est pas que j’ai envie de rester par ici mais prendre un billet d’avion, alors j’ouvre un livre, parviens à sourire et les trottoirs de Buenos-Aires et le quartier de Flores je marche seul sans toi car où es tu et existes tu seulement , reste que je marche dans les chaussées de la nuit même si je suis ici

le soleil tape et matraque les flics sont à tous les coins de rue rugissements blancs les huées de bleu des sirènes, pas celles des mers auxquelles j’aspire je les respire, mais celles qui te font te boucher les oreilles et te croire un dangereux criminel en cavale à force de les entendre même si mon calepin le sait je ne fais que prendre des notes sur les allées et venues des bicyclettes et des passantes qui viennent avec la nuit, héritées de la nuit peut être bien transensuelles et me feraient croire que la ville est agitée de pulsions contradictoires et scabreuses, suis je dans cette ville presqu’ endormie ou son sommeil agité de soubresauts incohérents me trouble le jour la clarté n’éclaire que le silence peu s’en faut et que puis je en voir ? et que cachent ces dorures sons de rues, de retour d’une partie de pêche à la morue le chat luthier ne voit que dealers et prostituées, lui qui fredonnait les anciens patios d’Espagne un air de Cosi fan tutte et les azulejos émigrés, transbordés de la ville aux montées des lauriers roses qui au fond de la gorge ont capturé le bleu ramené des Atlantiques à fond de cale de l’imaginaire de la tendresse malvenue le petit sourire à gant de velours à enfermé dans ces carreaux racontant les sarcasmes dans les bon-airs dont le tracé s’évertue à la malversation quand dans les villes venant des contrées australes et des forêts en contrebas les déchéances viennent  alimenter les mutations transgalactiques,

photographie de Angèle Etoundi Essamba

perruche café au lait bas de soie trempé dans le cachaça que l’on ne saurait mieux apprécier que traversé d’une pilule bicolore, dominante indigo et ce malgré le charme ravageur et le penchant pour la danse quand la femme le soir fardée se pend au cou d’un macho ennuyé mais décidé, et que traînent les traînées de poudre d’un kiosque à musique se délectant des défilés de la junte une déflagration innocente de la pègre qui sévit ici, et ce malgré que j’ai traîné dans des villes où par moment pas un moment n’était laissé à lui même où chaque portion de la nuit était étranglé d’un râle de chien crevé, mais l’odeur du monde persiste et sont havre aux vers de la charogne  et à proprement parler se délectent à hâter la décomposition du jour est ce déréliction ?
dehors dans le compost la multiplication des transformations n’a que très peu à voir avec la sagesse indienne ou bien est ce que nous l’observons au microscope et en voyons tous les méandres et les sales transactions, étirement et tractations, dix huit dans une voiture est ce différent d’un mille pattes , n’ayez pas peur, et les huit se régénèrent de 8 en 8 réintroduisant la courbe dans le plan urbain tracé au cordeau,
fil à plomb des villes-fille surplombent de la hauteur des  talons aiguilles rehaussés de bas résille le justaucorps plongeant émergeant deux paires de seins comme deux montgolfières et un coeur juteux ressemble à deux lèvres surexploitées, gonflées et contenant toutes les injures du bas coté, là où se cachent les délires cassés des indiens Tehuelches avant que soit construite la ville  mais la ville est noire du plat de la batte des lavandières

et je me fis poisson dans le bleu de l’embouchure, là où s’ébrouent tous les déchets et déjections de la ville prise de diarrhée afin d’y mieux aller voir et remplir au mieux ma mission d’envoyé spécial me régalant des friandises insoupçonnées de la cote et imprévues car que peut on voir de ce champs des cultures les laboratoires d’analyse n’en voient que le brillant de l’écaille et encore une fois râpée du beau corps poissonneux alors que là immergé où je suis dans l’eau tapineuse des myriades de clarté m’éclaboussent et me chante le fameux air de la walkyrie transplanté en milieu aqueux et se réjouissant des lupanars affriolant des  lagons lassés de leur planque sous la coque antarctique et rejoint par les continents dérivant de plastique aussi féroces qu’un banc de murènes en mal d’affection et bien que craignant l’épidémie s’étaient résolus à  une contre-attaque éclair plan machiavélique en ordre de bataille sous l’égide d’un galion pourri depuis longtemps mais fier de ces canons et de son passé de navire amiral

acte désespéré, avait bouché l’embouchure et fit fusse à l’imparfait du subjonctif  refluer les sept égouts vers la ciudad qui étouffant dans sa crasse mourut d’apoplexie ou d’une cochonnerie quelconque

pages intéressantes :

compagnonnage
Buenos Aire, métissage pendant l’époque coloniale
compost

et bien sûr un petit coup d’oeil à césar Aira le grand auteur argentin et ses nuits de flores

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