quand on pense aux morts

Ramassé

comme un serpent dans un panier

le nœud

se confond avec les fruits

et les herbes posées un tapis

assis est comme debout

même si la nuit dehors

Comme dans la rue

l’étendue

et même dans la boue

ne la percevant pas

les arbres de la forêt

et les sourcils froncés

suffisent à la marche

deux mots bien taillés

même le brin le plus fin

quand il est coupé

Le nasal au plus près

de l’odeur et de l’ocre

on se rend compte

qu’au dessus de la tête

Il n’y a pas d’oiseaux

Ni outardes

Ni éperviers

allègre ou amère

l’année se suffit à elle même

et tu te redresses

de tes points de suture

la plaie

cousue d’un fil

le front puissant des rides

saisit au vol

libre de ce qui échappe

les feuilles dont ne fait rien

si elles ne sont pas la branche

le fruit que l’on mange

les nuages voyagent le ciel

plus qu’ils ne le découpent

un souffle c’est le vent

au dessus fonce de la force

et se tapie au fond du panier

à force réussit à élimer le corps

dont il ne reste plus que l’essentiel

à la survie

l’exercice

ce qui est déjà bien

quand on pense aux morts

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moineau perché

Un jeune oiseau fuyant les pies

chez moi s’est posé sur le cadre d’une toile peinte

le tableau montrait l’envol phœnix sur le bord le moineau perché

calmement attend

regarde cet intérieur disant la liberté

 

je n’ai pas bougé l’instant  est fragile

l’oiseau a du prendre peur

de toute sa hâte et la violence son vol l’a propulsé la tête la première contre la vitre

s’y écrasant

HSH Millenium mambo
HSH Millenium mambo

lâcher prise

  • la disponibilité
    l’envie
  •  l’intuition

    lâcher la prise propulse les pieds vers le sol

    se rompre les os n’est rien en rapport avec la désarticulation
    baby common goldeneye ducks leaving the nest flying for the first time
    baby common goldeneye ducks leaving the nest flying for the first time

saturé le papier l’est

ce que j’aime dans cette endroit c’est la possibilité d’avoir la tête couverte par la brume et l’orage

du haut de la promenade trempée de noir et les gris des tessitures enveloppent l’herbe où l’encre investit

creuse en fines lamelles rejoignant les fibres les plis et les accrocs des trombes de pluie finissent en rigoles taillant dans le dessin

c’est l’aléatoire des précipitations qui me séduit

ce n’est pas bien différent d’un ciel surchargé d’humidité ou vacant la forme des nuages est une tache sur la lumière

rien d’autre, et qu’est-ce la pluie ? une occurrence de la sensibilité, une saturation de pression sur l’œil

la main prend les relais et froisse en hâte

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il faut lire des poils ou crins de chevaux tracent sur le végétal ou la peau rugueuse du coton pressé un chemin issu de l’eau et de la suie

par ces moyen l’âme oppressée se libère et rejoint l’anéantissement ophtalmique

 

bear talks

Passionnantes conversations qui s’entendent mieux dans le silence

 

 

des espaces sont ce silence il est mouvant

lovely to hear people play

 

clarinet                       sec comme un ruisseau coule

 

s’il coule il coule s’il coule trop facile de dire ruisseau coule juste un son

en dit long

 

une bouche souffle      une attention

des efforts de tous les matins et le renouveau dans l’intention

ou au contraire quand on n’y pense pas

 

sans relever       s’infiltre l’essence que les transcendantalistes

j’en suis

 

à grand effort d’abandon soutiennent

car c’est le vide et le mouvement du vide

dans le silence reposant sur le geste

épanouit ce qui  n’est qu’un trajet venant des deux bout

et soufflant

 

comme une ruche bourdonne si bien qu’elle semble ronfler

ou est-ce moi ? se lie dans la verticale et d’un seul coup s’esclandre

 

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un jour comme un son

engendrer le réel ce n’est pas  arrêter

ce n’est pas continuer

laisser respirer comme le sang joue dans la jambe les yeux aussi affluent au réel qui stagne

comme une mare

ou une colline qui s’éloigne quand on marche

s’arrêter oui mais saisir un brin d’herbe le mâcher et songer

conscient de ce qui n’est qu’accessoirement visuel  qui n’errupte pas

 

Takeuchi Seihō
Takeuchi Seihō

il ne reste que l’encre la pulsation aux pins et la brume sur le papier

absorbé

 

un jour cela n’a pas d’importance ou tous les jours ou maintenant

 

voir ce n’est pas voir c’est laisser infiltrer

le moment n’est pas venu tant que l’on marche

une ridicule appréhension me fait me dire je dois peindre dehors

peindre ce que je vois       ou écrire       mais peindre

malgré que je n’en ai pas fort envie

j’aime la nature mais je préfère m’y promener

aujourd’hui je me suis posé près d’une petite cascade à un endroit où l’eau reposait dans une saine profondeur

y reposer a calmé la journée comme un ciel se vide et s’apaise

j’ai ensuite poussé à travers bois en montant un chemin encombré d’arbres échoué des pierres culbutées on dit des chutes de pierres chutées le bruit de l’eau aussi chutait et je le percevais dans les lacets

je n’aime pas décrire mais si j’omets ces impressions et la pression de mon corps sur le paysage  le pas et ce que je perçois voyais sentais dans ce voyage de garrigue

on me croirait parti dans un voyage et si je regarde c’est pour ne pas tomber ou parce que je suis saisi

mais c’est l’impression la plus forte stagne en moi

il faut la relancer

alors je peins

la masse et ce que je cède

je me peins moi dans le paysage ce qu’il a impressionné


ainsi rirait le maitre de Fabienne Verdier , mais pour quoi t’obstine tu à peindre ça

 

attends le moment de la peinture

Bona Magangu, encre
Bona Magangu, encre

par les yeux

dans les yeux une fixité témoigne de l’âme réacteur

yeux retournent vers le passé sont la béance le monde appuie sur le corps et une ligne en remonte

dans les yeux le bord de la faille

ouvre âprement sur le présent quand l’oeil décille et qu’il tente de s’accrocher

le monde est rayure hachure véloce et instable

dans ces yeux le moment où s’appuyant il a projeté l’âme en avant

déséquilibré

par les yeux vers la blessure

 

les intériorités confrontées au mouvement et à son inexistence

A girl in a train of the Red Cross, transporting children to Switzerland. Hungary - Budapest - 1947 by Werner Bischof
A girl in a train of the Red Cross,
transporting children to Switzerland.
Hungary – Budapest – 1947
by Werner Bischof

abondement

être devrait suffire à le dire le geste n’existe tant en lui même qu’il est en projection plutôt un bond sans finalité, peut on dire abonder ? n’est pas une essence végétale mais un bond compris en soi

gérondivum

 

 

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être en train

qu’est ce être dans un train

[compter les rames d’une nuit et les heurts dans le dos ou éveillé voir le paysage en tranches carrées]

être dans un train c’est avant tout être dans un train

cela n’a pas d’explication métaphysique ou pataphysique

c’est être dans un bruit et à proximité

les bruits son beaucoup plus récurrents

ils te rentrent dans les cotes

et les yeux souffre de ne pouvoir se fixer sans cahot

être dans un train c’est risquer de dérailler

à chaque montée le moteur peut s’arrêter et les wagons et la loco pourrait redescendre et tomber du pont

je me souviens on s’était arrêté en campagne d’Aubagne parce que des jeunes tiraient des cailloux sur le train

l’attente au lieu de cette glissade temporelle c’est cela aussi et trouer la nuit est une vision romantique

futuriste si l’on voit le train comme la liaison qui relie Irun à Hambourg tirée droit et cahotant sans bavure

vitesse de bruit poussive

dans le train les regards se creusent

 

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