funiculaire

Repartir en pays inconnu

suppose les grandes montagnes

les grandes chaînes à traverser

et puis un moment l’envie

 

Quand la minute dans le vague est trop longue

que le vague a trop de poids

que je trace le caractère

tentant l’ascension

 

Sur la feuille

Sur le sable

Du doigt

Dans l’air

 

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C’est pourquoi je lis

les livres que je trouve

 

J’avais en tête funiculaire je descendais le long du fil

 

Le cœur bat plus vite que le tambour

je suis celui noirci d’une locomotive

 

La tourmente de neige écrit ton nom auprès du radiateur

 

Dans le train

il s’agit moins de l’axe ferroviaire

que de l’image de toi

ces ombres et ce flou de tes fossettes

que je fixe

 

Splendeur

 

La mer le long de la cote

ce dérapage à travers l’océan

cette fente dans ce sourire

ton nom  agit sur la montagne

 

Attends

 

Il y a un recoin où le vent n’entre pas

c’est une cavité où l’on ne peut penser

où même l’inquiétude n’agit pas

Si roulant je suis en marche, inquiet

 

par les yeux

dans les yeux une fixité témoigne de l’âme réacteur

yeux retournent vers le passé sont la béance le monde appuie sur le corps et une ligne en remonte

dans les yeux le bord de la faille

ouvre âprement sur le présent quand l’oeil décille et qu’il tente de s’accrocher

le monde est rayure hachure véloce et instable

dans ces yeux le moment où s’appuyant il a projeté l’âme en avant

déséquilibré

par les yeux vers la blessure

 

les intériorités confrontées au mouvement et à son inexistence

A girl in a train of the Red Cross, transporting children to Switzerland. Hungary - Budapest - 1947 by Werner Bischof
A girl in a train of the Red Cross,
transporting children to Switzerland.
Hungary – Budapest – 1947
by Werner Bischof

être en train

qu’est ce être dans un train

[compter les rames d’une nuit et les heurts dans le dos ou éveillé voir le paysage en tranches carrées]

être dans un train c’est avant tout être dans un train

cela n’a pas d’explication métaphysique ou pataphysique

c’est être dans un bruit et à proximité

les bruits son beaucoup plus récurrents

ils te rentrent dans les cotes

et les yeux souffre de ne pouvoir se fixer sans cahot

être dans un train c’est risquer de dérailler

à chaque montée le moteur peut s’arrêter et les wagons et la loco pourrait redescendre et tomber du pont

je me souviens on s’était arrêté en campagne d’Aubagne parce que des jeunes tiraient des cailloux sur le train

l’attente au lieu de cette glissade temporelle c’est cela aussi et trouer la nuit est une vision romantique

futuriste si l’on voit le train comme la liaison qui relie Irun à Hambourg tirée droit et cahotant sans bavure

vitesse de bruit poussive

dans le train les regards se creusent

 

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