Poème

Deux allongent un pas bien majorquin

Deux si sont tout seuls au monde

Nagent au bassin d’amourachement

Deux feuilles hirsutes de pluie rouge

Veine qui brûle deux feux sur la pluie

Grelots d’eau résonnent à ventre joie

Deux pas pressés aboient s’enlaçant

Deux fous élus viennent de s’élancer

 

479723_344219339017383_1413777633_n

La pluie

La pluie semble inscrire le monde dans une partition de notes, coquelicots et basse-cours se fanent, l’eau s’empare du monde en digression sans lenteur ni rapidité, selon, elle nous tend un couperet coupe ou recoud l’étrange disparité du jour, plutôt ces baquets d’eau nous arrivent en fracas sonore. Visuellement, grillages, plan, coupures, rêve ou craquelures délavent, découpent ou sous-tendent en pointillé. Il y a comme des bandes sonores qui recouvrent tous les espaces  si bien qu’ils en deviennent la partition majeure. Ce dit bien que ce n’est pas l’entièreté du monde. Le fracas des bambous, les poules, les trains qui déraillent et les avions qui décollent, tous sont liés et nous manquent. C’est la diversité du monde et les langues caracolent, pérorent jusqu’à donner cette musique caressante. Les sons dessinent la vallée et s’élèvent verticalement, un peuple imprévisible parce qu’on ne l’entend pas de cette oreille. Derrière la vitre à l’abri de l’impact immédiat, les chutes n’ont d’autre choix que de couler dans la même jetée, vivre semble comme étouffé sous la vapeur où toute chaleur disparait des couleurs.  Rajeunis, les oiseaux enfin pépient plus fort que les quelques sons de ponctuation  la pluie comme en pointillée, l’étendue se déroule enfin comme sous la détente de toute fatigue. Telle est la résistance. 51Yu4+cesPL._SL500_SS500_

Dénoter

J’ai quitté une terrasse pour des lacets de collines. Une terrasse dans une maison, ou attenante, j’aimais y vivre.  J’y avais planté un bananier, je l’avais laissé dans le pot. Il ne faisait pas d’ombre.

Dans la colline, le chemin que j’emprunte est bon pour les chèvres, c’est un torrent et je me saigne aux chevilles. Mes promenades sont flammes aux bronches, elles ramènent les nuages d’orages que je transcris en long poèmes où je vois un train qui s’arrête à toutes les gares et qu’il faut pousser.

Cela semble étrange, deux masses telluriques couvertes de pins et d’oliviers passent et repassent dans les vents des brumes de la pluie, Les mots glissent, mes impressions parlent aussi fort qu’une fête foraine et le vert morose est bariolé, rouge, jaune et vert.

Au retour ce serait le bleu sans noir du noir d’encre. Cherche la finesse des chutes de la couleur. les traces imperceptibles si légères pour atteindre à la lumière, l’horizon par lequel on voit la mer. Il y faut un trait vigoureux.

395277_4693900795441_1540054149_n

Dans la cahute les murs me reprochent de ne pas pouvoir penser. Chaque jour j’enlève un livre que je mets dans un carton. Sur la vitre un chat curieux pose les deux pattes pour essayer de mieux voir. A mon tour je trace sur le texte des signes qui reviennent vers l’intérieur. J’ai le sentiment que je me trompe et que je retiens les mots qui comptent.

L’erreur veille

Pour ne pas dormir du sommeil du mort, dire ce qui vient à l’esprit avec la charge électrique de la baïonnette qui rentre dans le ventre, sans métaphore accompagner du cri ce mot qui monte et vient au lèvre, il se doit d’être juste. Qu’en sait on ?

Un mot fait déclic, il éveille le sens de nos jours, les nuits.        Du barrage installé sur la pensée et du présent qui vient contrecarrer ce qui s’élève comme une vapeur à la chaleur et puis ce que l’on pense à la surface des jours n’est qu’un tapis où l’on ne peut pas marcher, on se dit alors « loupé en pensant loupe.
La vigilance surtout quand l’engourdissement nous amène droit vers le fond, que la prose et la bienséance ne sont pas suffisamment souples ni irrévérentes pour retourner le commun comme un oiseau qui chante faux dans sa cage.

Est-ce dans un fleuve, ce plein de boue où l’on ne distingue, rien.  Ce serait passer au crible ou au peigne fin la moindre envie et comme au poste frontière, « oui vous pouvez y aller », au contraire être comme un chat dans l’eau et griffer l’eau.

Suis je dans l’erreur et suis-je à mon poste d’observation?  J’aperçois au loin le barrage qu’ont construit les castors, ces caisses de résistance, seul m’importe de me réveiller et penser que je ne suis pas dans l’erreur, l’éveil alors est nécessaire.

 

Photo inconnu
Photo inconnu

Basculement

Entrer dans

une lumière prend possession,  elle a un nom, un corps ,

Une âme ,

une brillance intérieure bâtie des murs où l’on peut voir

Les vies

non par l’occlusion seule mais la tension révèle

deux tiges

absolument amples d’espace contiennent

le mouvement vers

le mur qui brûle, il faut la suivre,

de là, naîtra le poème

901640_246844648802823_1640243153_o

Cela vient se poser.  Dehors il y a des bruits et aucune dramaturgie. Les mots viennent à la bouche et se noient sous la langue. Le son dans la lumière traduit en terme de goût. Il y a les fruits que l’on coupe en fines lamelles comme la femme dans la cuisine tranche la racine de gingembre.

La prière se mêle à l’eau et au blanc. Bien sûr il y a la ribambelle d’enfants, nous sommes tous sérieux et nous échangeons à peine. Assis pensifs sur les marches, le monde dans la cour décline et les grenouilles plongent.  L’étendage des couleurs sur le fil,  les tissus sèchent, il y a les rires.

Dans les aigus, d’abords une paix, sans trop vouloir y attacher d’importance, ce qui nous y a mené nous a pris par surprise, sans embuches et tout droit, la paix s’étend à notre sommeil.

5560_1099253999451_1169683877_30260384_7964600_n 6640_1105967607287_1169683877_30280056_6542862_n 6640_1105967647288_1169683877_30280057_5111640_n

Voir, rien dans ce que je vois ne trouble. Je voudrais oublier jusqu’à la respiration. A l’intérieur le calme assis, les voix et les sandales trainantes, je perds toute envie de comparer et de compter, les corps impalpables ne sentent plus dans le flou qui parsème. Ne pas conter allège le la sensation de poids. L’air de flûte et mon contentement, me font au départ, penser au papillon.

Lumière verte

1377167_246163075537647_1338485735_n Aussi décider de cligner des yeux
espérant faire tout cesser protéger de la main qui écrit (la gauche)

Faire éclore dans la coupe  respire

Dans la paume la chlorophylle le rond de ce ventre

Après tout
de la tendresse
creux de la vie

Il y avait la menace, Ces quelques mots étaient terrible.

on wings

Arrivé le regard cerné dans cet aéroport, cela faisait si longtemps que je n’avais pas secoué mes poussières dans la pure joie de la vitesse, mes vêtements ne se sont plus froissés, il se sont élargis avec l’air du soleil, je me suis rapproché du trou d’ozone, la lumière si proche de mes mains que je me suis vu reflété c’était ton ciel qui me tirait doucement vers toi, vers les lèvres, il a fallu d’abord atterrir de la coque et éteindre la puissance négative des réacteurs, alors ma peur est tombé comme une ancienne peau, je me suis couvert le sexe que plus rien ne protégeait dans cette salle de transit, j’ai poussé la porte, dehors l’air était chaud et vibrait. Je suis tombé amoureux, élevé dans la scintillation.  A ta porte, où que tu sois et sans plus mes haillons, des fleurs de fraises dans le regard, j’étais dans les cieux et je souriais, à cette femme entièrement cousue à moi et que je venais, je suis encore en chemin, de rejoindre, scellé.

1391888_531907276886227_1865247257_n

Débrayer

Même quand je capte au vent, j’ai conscience qu’écrire est au delà de la description.
Même le confort d’être accoudé ou lorsque je me gratte.
Même quand je pose le pronom personnel et que je me situe dans le processus de la phrase établissant un point dans l’espace, je sais que je me trompe.

Où cette constatation me conduit elle ?

Quand je rentre dans une pièce et que je vois, je vois. Et plus important, je suis dans la pièce où je sens cette soumission à la présence me rendre vivant au sens de tous les êtres. Toute la différence ne tient pas dans un livre.

Je ne peux définir ni saisir,
je me saisi ou suis saisi, dans le mouvement, disons, du train qui écrase la calme de la campagne,
transbordement pris dans le processus industriel
relie Hendaye à Hambourg.

les implication sont telles que je ne peux qu’imaginer les hommes, les vies brisées, le fer et toujours moi à la chambranle qui déverse réflexion après réflexion sans même prendre le temps de se confier au carnet de note,  ce n’est que relater. Que sais je du monde, je ne rêve pas et je ne suis pas éveillé, je laisse passer, me traverse sans y porter d’importance, sur l’autre rive, de l’avenue, je me contente d’y réfléchir, souvent je ris.

Je n’ai pas d’autre choix que de trancher. Je tranche et je façonne : ma poésie se situe dans le mouvement que je ne tente pas de concevoir, je suis pris d’apercevoir , la conscience uniquement au moment où j »accompagne, raccompagne du geste les restes de la civilisation qui me digèrent.

Le roman ne visait qu’à permettre la liberté, elle s’est emportée, les vies comme des vecteurs d’une pensée qui cherchait à rassembler pour comprendre, et laisser le passage. Mais le passage est obstrué et le roman est transmué.

Une rame cinglante, les vies n’ont rien de définitif, elles transportent.

1236967_572838549443148_1925794526_n

Une image surnage hors de tout son.

Je vois le train entrer à toute allure dans la gare et me déchapeauter.
Le cataclysme a failli m’écraser.
Je ne cherche pas à m’entreposer.
j’ai regardé le train satisfait de mon inquiétude car je situe mon propos entre les bras que je serre et que je desserre alternativement muet et les lèvres desserrées parlent comme mon œil voit.

On penserait que je crois à mon existence et je laisse la respiration opérer, ou peut être je laisse la gare respirer ou le train.
Peut être suis je pris dans l’Histoire et je crie à l’Histoire, le monde et l’histoire sont un flot que je bouillonne, il n’y a pas de feuille où reposer, je prend en marche et regarde le visage qui s’offre et qui s’arrête.

Ce qui va vite sans voir ne cherche à voir si la pensée affleure tant pis si je dors et remonte en dentelés si la beauté qui sédimente dans mon sommeil féconde si ma marche est hirsute de l’avion qui m’échevelle, je suis dans l’Histoire,
Je braie comme un âne maintenant je me laisse traîner et j’ai le sourire du Bouddha, attentif uniquement à ne pas me salir, dérivé comme tombant d’écluse en écluse, sans refus je suis vivant,
j’ai le sourire du Bouddha et la caverne luit et je braie de parler aussi vite m’enlève tout inconfort,
je sais que la pensée fuse.

Ce n’est qu’un point de départ. Ma beauté est en nous.
Que fais je lorsque j’entre dans cette pièce et que ce que je vois dépasse toute description !?

166023_492937540776610_256784791_n

SeonGhi Bahk

 SeonGhi Bahk

SeonGhi Bahk

Il ne s’agit pas de soi. Je m’arrête donc à un seuil exclu du connu.  Je suis entré happé. Rentre dans un espace qui est blanc et donc est tout. M’applique à évacuer l’intention, le temps est la disponibilité, il n’y a pas encore de tension, l’espace est dans le prolongement de la fragmentation contemporaine. Mais qui est cependant renversée, ma main dissoute.  Je viens là par hasard comme je suis venu par hasard au monde et la cohue m’a poussé là dans l’avènement de l’inapparent, noir et blanc pas un gris n’émet, un amas pesé de l’histoire relâchée.  je sens le souffle être sans qu’un souffle hors du blanc, ce que je vois est  justement là pour me faire taire.  Comme dans une ville, Je réclame la présence bruyante et la contradiction, La description est malvenue, ce que vous pourriez voir ou dire est loin de l’attention, c’est pourquoi je vous parle comme suspendu et sans aucun dynamisme, je vous semble obscur aux abords de la matière convergeant vers le blanc si l’ombre reflète et que le regard semble évanouir comme l’arbre au centre ne demande à s’extraire de ce présupposé matérialiste. Idée, pensée ou dessaisissement du clair renvoient à la question à travers les fibres, Je rempli l’arbre de feuilles.

SeonGhi Bahk
SeonGhi Bahk