temps qui coule

oui rien n’est définitif ! tout évolue et change en volutes, en méandre, en vie insoupçonnée, par en dessous en socle de natte

et même la vie parfois se fait rocher et ignore ce qu’elle ne semble pas voir, roche muette, se tait,

l’eau balbutie, n’ose pas le tumulte

toujours être dans le flux , décharger le minéral , s’ouvrir, liberté, libère ce que ce mot recouvre , en strates et  nerfs ou brûlure, on ne sait et pourquoi le savoir , le présent presse et la bouche ouverte suffoque étonnée de ne pouvoir saisir l’urgence face au vent, heurte, appelle l’inconnu,  toi gouffre de l’instant, jouissance ou souffrance, hors  retenue, se laisser aller, porté par l’élan de désir et l’envie, a peur , le vide, le néant, le plein de toutes les matières, les jus et les sèves, les fruits et les bouillons, les viandes, sèches cuites ou vibrantes, des sauts de langues des bourrelets du corps et des mues quand on peut parler car parler c’est couler, aller là ou on n’attend pas, rien, la ou les graviers et  tranchent les degrés de l’habitude,  alors que l’on ne parle plus, tout peut s’épancher sans savoir , vague dans la bouche qui s’offre,  jambes et  sexe, étincelle de ce qui aperçoit, pulsation  vibrante, étreinte et laisser aller,

si l’on peut car laisser couler c’est parler, gesticuler et laisser aller ;

tout ce que je vois quand je suis sur le bord , de la tristesse, de l’envie et du plaisir, j’entrevois , je veux saisir, au vol, rien n’est définitif, même quand loin derrière, les traces du souvenir resserrent,  noir ouvre sur la bouche qui, à venir, laissera aller, ce désir, ce plaisir, ce gémissement de et  à une autre boursouflure du temps, de la peau à toucher

l’envie tonne

loin derrière s’estompe ce qui fut, gonfle sous la poitrine ce qui fut comme un bijou porté, un lacet qui enserre, les veines flux et reflux,

le soupirail, par ou soupire le regret que le rocher ait obstrué, que ce qui coule ait dévié,

la jouissance de l’instant rappelle à la voix qu’il est toujours temps, dans le présent , de désarrimer le passé et dévier les tempêtes et au risque se noyer dans les sucs et vite vite fendre l’amande s »engouffrer s’enfler du désir ,

de couler, à pleine main, tant qu’il est encore temps


le temps échappé ne le permet plus


Nous mène aussi sur les chemins d’une vie forte, ce qui est autour les broussailles nous déchirent et nous aveugle à ce qui est beau, nous empêche de le vivre parfois !
soufflé retombé
et refroidi,
drôle
ce coup de froid ce creux du ventre,
désagréable
glacial
lui qui était si chaud

R)ire

Nous mène aussi sur les chemins d’une vie forte
autour
les broussailles nous déchirent
nous aveugle
ce qui est beau
un vertige à mon échelle,
mais  retombé
et refroidi,
drôle
ce coup de froid au creux du ventre,
lui qui était si chaud

Petals , noa Noa, japanese Garden, l’amour de loin, Kaija Saariaho

je longe son chemin avec émotion depuis un moment déjà , elle chante envoutée les oiseaux de Saint John Perse , fait appel à Amin Maalouf pour   » l’amour au loin » , amante de l’amour à l’aimant du chant voilé oriental , éternel retour entre deux rives ,

la sérénité cosmique des jardins japonais étincelle dans les fleurs en reflets des nymphéas …

et tant d’autres voyages nous assène la pureté originelle ( flute et voix) traverse les routes des arts savants entre orient et occident, revenue des plus profonds du temps, des calmes médiévaux la musique nous retrouve dans stridence de  la modernité ( voir l’article en lien), l’air,  l’esprit lévité le corps en suspend , la légéreté s’allie à la puissance métaphysique, langue fluide à la conquête de la sérénité, un pas assuré franchit la distance de soi à soi dans deux mesures du temps.

 

 

Inspiration : vase communiquants avec Mathilde Rossetti

les vases communicant le premier vendredi du mois d’avril

MATHILDE ROSSETTIs’installe aux vents de l’inspire pendant que je serais chez SOUPIRAIL

http://mathro7isoupirail.blogspot.com

Bienvenue Mathilde !

Inspiration

l’emprisonner dans ces mots pour qu’elle vole en éclats ?  

Fantasme métamorphose d’exil intérieur, passante du vague à l’âme suspendue de cet univers hybride dans tant de résonances internes, de fureurs contenues attisée par la seule communication du dehors au dedans ,

 

L’étouffer dans un cri subjectif à la main ?

 

Pour qu’enfin elle s’évade, lestée, libre vision, myriades regards qui s’étalent  si loin qu’on ne peut  retenir se frayant  une entaille  bousculant les rêves, franchissant une  haie de souvenirs enfouis dans ce pêle-mêle monter à l’abordage d’explosions de pensées où elle se reposait en une intime rumination ?

 

La laisser jaillir en dense de cette  malle de voyages libérer les fermoirs et tenter d’habiller ses pensées broussailles pour se réfugier dans une utopie rassurante sur la toile vierge ou la page blanche ?

 

La surprendre c’était peu être l’identifier par touches brèves, mots de soies, uniques ou successives, exactes ou tremblantes, neutres ou colorées brasiers  de nuits brûlures des jours

 

Lui esquisser un lieu, un trajet sensible, effacer toute référence à l’attraction terrestre, voler l’instant d’un mouvement de terre en totale harmonie avec le jour qui naît., vaincre la pesanteur des choses dont  l’ombre veillerait ne pas effleurer.

 

La laisser exploser compulsive irisations multiples, fusain charbon de ce vase éclos, rouge sanguine gagnant les tripes, envahir l’esprit émouvant projecteur, gonfler l’orgueil marqué par le bonheur soudaine audace d’une fusion au son d’un réveil équilibre des sens.

 

D’abord fermer les yeux et les ouvrir ailleurs.

 

 

Les autres participants aux Vases communicantes d’avril:
Kouki Rossi et Luc Lamy
Pendant le week-end et Ruelles
Jean Prod’hom et Juliette Zara
Marianne Jaeglé et Anthony Poiraudeau
Cécile Portier et Loran Bart
Christophe Sanchez et Murièle Laborde Modély
Christine Jeanney et Kathie Durand
Sarah Cillaire et Anne Colongues
France Burguelle Rey et Eric Dubois
Fleur de bitume et chez Jeanne
Mathilde Rossetti et Lambert Savigneux
Antonio A. Casilli et David Pontille
RV.Jeanney et Jean-Yves Fick
Brigitte Giraud et Dominique Hasselmann
Guillaume Vissac et Juliette Mezenc
Michel Brosseau et Arnaud Maïsetti
Florence Noël et Brigitte Célérier
François Bon et Laurent Margantin
Michèle Dujardin et Olivier Guéry

Sans y penser

on s’apercevait de mots en mots  et je me rappelais le rêve que j’avais de toi


un vent fait claquer la fenêtre du passé
et  je frissonne  étonné de cette pensée

une neige sur le rebord et sans y penser c’est une main de géranium rouge

sans y penser

on s’apercevait de mots en mots  et je me rappelais le rêve que j’avais de toi


un vent fait claquer la fenêtre du passé
et  je frissonne  étonné de cette pensée

une neige sur le rebord et sans y penser c’est une main de géranium rouge

l’et fée mer

Thierry a raison,tout est éphémère il faudrait y arriver un peu comme Macedonio Fernandez qui écrivait Buenos Aires dans les chambres d’hôtels et y laissait tout le fatras des papiers qu’il avait écrit, raturé, rêvé, plein de chef d »œuvres, il les laissait sur place, alors c’était le jeu de piste et Borgès et ses amis le suivaient à la trace pour récupérer les manuscrits , des pleines valises,
on devrait lire Macedonio , un fou lucide, un artiste ! un barbu marcheur qui rêvait les feuilles sur le trottoir,qui quand il écrivait, pour rien, clarifier sa pensée, pour écrire s’isolait et semblait évacuer l’idée du regard de l’autre paralysant ou limitant, parce qu’alors on sait que l’on attend quelque chose de lui, que ce sera discuté, jugé, glosé,


mais on peut aussi écrire ou peindre pour l’amour et :là sans doute qu’il faut que ce soit le plus beau possible, parce que l’on écrit pour se rejoindre, je dis écrit mais ça peut être aussi peindre ou vivre, là ce n’est pas nécessairement faire plaisir à l’autre, aux autres, à la la littérature, à l’art, mais rejoindre l’idée que l’on se fait de son élan,


ce n’est pas que l’on veuille que ça reste, il suffit de l’avoir fait, mais on n’aime pas se voir cheaté par les éléments,
voir les pigments s’envoler et même si c’est beau un vent pigmenté, on se sent un peu frustré,même pas le temps de plonger le regard dedans, de voir vivre,

Rose à raison, un livre ou une peinture vivante, on le voudrait mais on cherche comment on fait, on laisse tout aller je crois, on dépasse tout ce que l’on peut concevoir, formaliser et on laisse aller comme une balançoire, comme une plante qui pousse, n’importe où, elle pousse, comme une rose

les peintures sont vivantes elles se doivent d’être imparfaite parce qu’elle ne peuvent pas se permettre d’en rester là, il y faut des vides ou des surcharges, des ratures, des écrits par dessus et des messages codés, des appels de la couleur au minéral, un peu comme ce grand livre jamais écrit mais repris en chœur à chaque fois en le réinventant, avec de nouvelles voix qui respectent la musique , c’est de musique que je parle là, le chant, le livre c’est le chant aussi mais c’est une peinture aussi, c’est de l’oral, l’oral qui s’entortille depuis les fin-fonds du temps autours de la bouche, la même branche qui refleuri qui pollénise l’éphémère, c’est cela aussi pouvoir rentrer dans le canevas à chaque fois sans se tromper, broder son art dans le respect mais avec toujours cette inventivité qui rend le monde différent, à chaque fois comme un éveil, des retrouvailles, ça c’est Simha Amron pour  les polyphonie Aka qui en parle, la trame n’a aucun intérêt pour les pygmées, l’ethnologue peut leur faire dire qu’il y  a tant de phases et décortiquer, ramener la musique à l’équation,  ça c’est pour le livre, mais eux c’est la merveille qu’ils chantent tous les jours, c’est cette joie qui importe, qui en fait la beauté.

C’est pour ça que je vais vers le fragmentaire, c’est pour ça que la science du peintre n’aide pas, Malaurie parle de sagesse, la science n’apporte aucune sagesse, elle ajoute mais elle ne respecte rien , elle ne chante pas,

mais je reviens à mes peintures


de toute façon elles pioncent dans des cartons alors ….
je vais fonder un groupe pour la cessation de l’hibernation des peintures,
j’avais un copain peintre qui disait qu’il faisait prendre l’air à ses peintures quand il exposait,


l’éphémère,
il faut voir le magnifique film d’Andy Goldsworthy « rivers and tides » , là, le temps, l’œuvre de l’homme et de la nature est délivrée au temps, comme un bloc de glace qui fond,comme  la marée qui recouvre les pierres entassées avec application ou ce filet de poudre d’ocre ou ce collier de feuilles qui prend toute sa dimension dans le courant de l’eau mais qui s’y dissipe,
et puis le travail et les jours,l’homme qui chaque jour retourne voir sa belle amie, la nature, pour lui faire, se faire une surprise, prise sur le vivant et le temps,  prouver que la vie anime.


C’est comme ça , c’est beau ,
c’est aussi pour ça que l’écriture  doit être la plus volatile possible, fragmentaire,
pour être comme le temps , pour chevaucher le vent ,


à ce sujet mes amis avez vous lu les carnets d’Afrique de Miquel Barcelo, il faut, c’est un peu le journal de cette errance créative, poèmes, vie crue, effort pour parvenir à ce rien, si plein d’une vie d’effort,

il a une distance rigolarde avec ce qu’il fait , il est dans le monde et il peint

Florence Noël

mais ne perdons pas de vue nos vases communicants entre Florence Noël, moi et Haïti

© Florence Noël

retrouvez Florence sur ses sites :
Les dits de la Clepsydre
l’âme de fond ainsi que L’âme de fond nouvelle vague
sans oublier La rôtisserie des poètes,  l’atelier ‘écriture

et dernièrement une revue qui s’annonce belle : Diptyque

je me souviens

rien ne le remplace, le cœur  est tout ! ,
je veux écrire  comme une flèche ,
écrire et peindre en bel humain, il n’y a rien d’autre,
et si le blizzard m’a dépouillé je ne suis pas assez vieux pour renoncer
je retrouve les gens que j’aime et je m’éloigne des autoroutes, j’étais sur le bas-coté,  il est vrai !

je me rappelle à montréal, ça n’a l’air de rien, ma rencontre sur le boulevard, la nuit dans le froid, c’était le mois de février,

cet indien marcheur revenant du nord, s’arrêtant et me parlant,
à l’époque j’avais si peu compris,
du nord,
de la marche,
son sourire de sage hiboux
sa natte
son visage c’était l’humanité,
je ne sais pas son nom ,
on l’appellera Nawak