l’et fée mer

Thierry a raison,tout est éphémère il faudrait y arriver un peu comme Macedonio Fernandez qui écrivait Buenos Aires dans les chambres d’hôtels et y laissait tout le fatras des papiers qu’il avait écrit, raturé, rêvé, plein de chef d »œuvres, il les laissait sur place, alors c’était le jeu de piste et Borgès et ses amis le suivaient à la trace pour récupérer les manuscrits , des pleines valises,
on devrait lire Macedonio , un fou lucide, un artiste ! un barbu marcheur qui rêvait les feuilles sur le trottoir,qui quand il écrivait, pour rien, clarifier sa pensée, pour écrire s’isolait et semblait évacuer l’idée du regard de l’autre paralysant ou limitant, parce qu’alors on sait que l’on attend quelque chose de lui, que ce sera discuté, jugé, glosé,


mais on peut aussi écrire ou peindre pour l’amour et :là sans doute qu’il faut que ce soit le plus beau possible, parce que l’on écrit pour se rejoindre, je dis écrit mais ça peut être aussi peindre ou vivre, là ce n’est pas nécessairement faire plaisir à l’autre, aux autres, à la la littérature, à l’art, mais rejoindre l’idée que l’on se fait de son élan,


ce n’est pas que l’on veuille que ça reste, il suffit de l’avoir fait, mais on n’aime pas se voir cheaté par les éléments,
voir les pigments s’envoler et même si c’est beau un vent pigmenté, on se sent un peu frustré,même pas le temps de plonger le regard dedans, de voir vivre,

Rose à raison, un livre ou une peinture vivante, on le voudrait mais on cherche comment on fait, on laisse tout aller je crois, on dépasse tout ce que l’on peut concevoir, formaliser et on laisse aller comme une balançoire, comme une plante qui pousse, n’importe où, elle pousse, comme une rose

les peintures sont vivantes elles se doivent d’être imparfaite parce qu’elle ne peuvent pas se permettre d’en rester là, il y faut des vides ou des surcharges, des ratures, des écrits par dessus et des messages codés, des appels de la couleur au minéral, un peu comme ce grand livre jamais écrit mais repris en chœur à chaque fois en le réinventant, avec de nouvelles voix qui respectent la musique , c’est de musique que je parle là, le chant, le livre c’est le chant aussi mais c’est une peinture aussi, c’est de l’oral, l’oral qui s’entortille depuis les fin-fonds du temps autours de la bouche, la même branche qui refleuri qui pollénise l’éphémère, c’est cela aussi pouvoir rentrer dans le canevas à chaque fois sans se tromper, broder son art dans le respect mais avec toujours cette inventivité qui rend le monde différent, à chaque fois comme un éveil, des retrouvailles, ça c’est Simha Amron pour  les polyphonie Aka qui en parle, la trame n’a aucun intérêt pour les pygmées, l’ethnologue peut leur faire dire qu’il y  a tant de phases et décortiquer, ramener la musique à l’équation,  ça c’est pour le livre, mais eux c’est la merveille qu’ils chantent tous les jours, c’est cette joie qui importe, qui en fait la beauté.

C’est pour ça que je vais vers le fragmentaire, c’est pour ça que la science du peintre n’aide pas, Malaurie parle de sagesse, la science n’apporte aucune sagesse, elle ajoute mais elle ne respecte rien , elle ne chante pas,

mais je reviens à mes peintures


de toute façon elles pioncent dans des cartons alors ….
je vais fonder un groupe pour la cessation de l’hibernation des peintures,
j’avais un copain peintre qui disait qu’il faisait prendre l’air à ses peintures quand il exposait,


l’éphémère,
il faut voir le magnifique film d’Andy Goldsworthy « rivers and tides » , là, le temps, l’œuvre de l’homme et de la nature est délivrée au temps, comme un bloc de glace qui fond,comme  la marée qui recouvre les pierres entassées avec application ou ce filet de poudre d’ocre ou ce collier de feuilles qui prend toute sa dimension dans le courant de l’eau mais qui s’y dissipe,
et puis le travail et les jours,l’homme qui chaque jour retourne voir sa belle amie, la nature, pour lui faire, se faire une surprise, prise sur le vivant et le temps,  prouver que la vie anime.


C’est comme ça , c’est beau ,
c’est aussi pour ça que l’écriture  doit être la plus volatile possible, fragmentaire,
pour être comme le temps , pour chevaucher le vent ,


à ce sujet mes amis avez vous lu les carnets d’Afrique de Miquel Barcelo, il faut, c’est un peu le journal de cette errance créative, poèmes, vie crue, effort pour parvenir à ce rien, si plein d’une vie d’effort,

il a une distance rigolarde avec ce qu’il fait , il est dans le monde et il peint

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