trans hummer

L’écrire est comme un souffle que l’homme expulse pour respirer, sortir de son isolement et retrouver soi, la parole, dans ce sens salvatrice, explore le vide du sens et habite, comme un écho, incertain mais vital pour aller de soi à soi et en cheminant, arrimer l’autre, mais comme un autre soi ou comme un autre de soi à soi en chemin , en halte de parcours en rebond capté, réverbèré, refletté, renvoyé comme d’une paume, flanc de cette main qui rencontre et projette en retour,
Le bond de force que le corps imprime,
J’y vois comme ce jeu de pelote au front du fronton, ce miroir en dur des pentes des vallées, ces pierres entassées en art où le soi à soi résonne en construction savante, solide, reconnues et reconnaissantes; le soi se joue en parole au mur du lien, serait ce cela que l’on met en jeu de ses muscles bandés, à la limite de la douleur, du défi.
Mais ce jeu de reconnaissance comme un écho de montagnes en montagne, de troupeaux en troupeau , comme un jeu des pistes ouvertes au flan des estives, au vertige transhumant, dessin comme un profil ou voir accepte de renvoyer.
Qui de la balle ou des blocs de pierres imprime le mouvement, est ce cette urgence à dire, bam vlam ,
Ce jeu comme un équilibre de paix qui m’en rappelle un autre , celui de mes pas rivés aux points de lumière qui tissent une toile, relient les fils des étoiles aux crocs de la terre, en chemin, à parcourir dans le noir , si sûr que jamais lueur du jour , claire cet Orion et congénères me parlent cette langue immuable que je ressasse aux accroches de mes pieds;
Fixation des neurones en écarts d’étoiles.
Ce libre écart comme un vent ramène au rivage, cette grande ourse en ligne inflexible des pas aux acccroches du monde rythme le sentier. ce libre rebond qu’impulse la paume ou le cannelage en réponse à l’entretas de pierres carrées, mégalythiques, comme les rochers, bornes des chemins, ce vouloir-balle comme une parole au rebond de soi;
Le filin deviendrait ligottement de l’être et ne servirait plus qu’à errer l’allant du sentier dans un maillage, filet en piège à ours.

la poésie

la poésie est elle un chemin où l’on croit se dévoiler et qui en fait s’envoile ?

faut il céder à cet élan ou au contraire maintenir une sorte de silence en avant garde,

Le réel ? la vérité ? comme seul tracé? c’est oublier que la vérité se cache dans des recoins à jamais maquisards, la vérité est mais qu’est ce qui est , peut on prétendre le circonscrire , aië le mot est lâché … conscrit , la vérité serait conscrite ? , pourquoi pas circoncise … et pourquoi volent elles ces jupes tournoyantes à la recherche de l’ébriété sublime , la vérité , son excellence le poète Rumi créateur des derviches , Gurdjieff qui rapporte les joutes des musiciens cherchant à faire vibrer les rocher d’un cirque de montagne dans le caucase, le regard « ironique » subtil de tel sage qui sait que la vérité se situe toujours la où ne l’attend pas, du coté de l’humain tout au moins,

l’art devient chemin en soi car le poète ouvre des portes et suit des couloirs ,
l’exigence de sincérité peut l’empècher de les suivre , l’emmener à bifurquer , capricieux en apparence pour mieux coller à ce qu’il sait être vrai , ainsi Manet , désespéré dans un sens de ne pas pouvoir tromper son sens aigu de ce qui est vrai et « condamné » à ne pas être ce grand peintre reconnu de la notabilité qu’il rêvait d’être.

une certaine distance , peut être , une conscience forte de ce qui est, vérité du corps et du désir,

oui même dans le texte en soi , il y a corps et désir et tellement d’autre choses ,

comment alors être fidèle à une clarté, limpide et maintenir le regard ouvert vers ce qui est ? l’autocritique goulue préludant à la reconnaissance, respect dans la forme à ce que le désir et le corps ouvre .

mustapha dimé

aux rives des choses de longues tringles filandreuses entortillées de grille, des perches ajourées de fers pointés cloutés, marchent et se mèlent aux vivants ceux-la occupés à transvaser l’eau dans les bassines en toc, la grande invasion plastique et nylon en nuée blanche chipe et recouvre les jambes, ils marchent le long des rues poudre ocrée de cette île embarcadère d’où le sanglot ne revient des meurtrières de l’exil que déposés par le vent le hasard le ressac riverain, voisinage triste la pauvreté est s’acclimate, les sacs renvoient les fumées à la fureur solaire.

La mer apporte autre chose, des bouts de bois blanchis , tortueux et tordus , les membres des par dessus bord qui reviennent en fantôme , des piles entortillées qui dératent des cargos de rouille bleue sale, des fers tordus ou tôles rongées rouge-morsures qui éventrent, des gouvernails décolorés ,des écailles de bois peint , des creux des gonds des visses, des galets et des filets dans les dérives de mazout et d’huile à flot , des et des et des , et la grève qui agrippe au ressac sans trime ni saison,
la roche qui retient par les entailles des bouts de laine, des tissus de trous, des fils tissés, des goudrons, des coques de noix, des toiles et des cordettes et se mèle le rouge du vert au jaune l’or à chair entrecoupée, dépouille de lien et entrave, cuir qui brave l’air des pendouilles breloques de coques striées les calebasses nouées à hauteur des reins
entrailles de barbelés rayés de rouille piqués de cheveux rèches au creux arride du rond en surplomb les corps de branche abandonnés par la plage rongés d’eau et boursoufflés d’écorce laissés la peau blanche calcinée par le feu
le temps l’égarement battu contre les pierres trainent au rivage.
un beau tronc équarré à coup de hache deux bras de jambe torse rythmé de coups à corps sanglé et un clou de rouille fiché en plein cou
sanglote cette proue le rouge écoulé aux deux percés saignent les cordages le long du bois de rail
entortillé des bouts de cordes les longues cornes commentent une mémoire tchiware tendu en arc de cercle d’antilope

D’avant ,d’avant que le regard ne perce la barrière indigo face au bleu et dos à l’ocre d’où les vagues à l’envers versent les restes que l’ile en phare permet .

Le dos à la terre la mère, le corps noué sous une toile attachée aux pierres d’une batisse grise, vestige et maintenant refuge l’homme et le fort regarde la barrière d’eau , la voile bleu , la toile qui bouge au vent ou halo de lumière en flot, les yeux voient au loin , quoi , le dos au rivage mère les yeux arpente ce désert des vies qui pourtant rejette ces disloqués, ces voisinages d’aventures , ces embruns d’ailleurs,
le ressac ramène , il arrive , la rive avare, jeu de dupe où l’homme trouve ce que l’autre perd c’est la force du vent, le transbordage des vagues, jette ce qui dérive du loin des autres rives mères, couramment transportés et rejeté par la houle caprice et reine donne aux rocs , aux sables et aux buissons d’épines qui gardent. (en construction et à suivre)

rickie


rickie by the pacific ocean
rickie lee jones est une chanteuse californienne qui m’a toujours fait rêver, j’ai vibré à sa sensibilité triste et en même temps pleine de d’énergie , de poésie , car oui c’est une poète , entièrement tournée vers la création et la vie , la dans cette photo elle me fait encore plus rêver , avec en arrière plan l’océan pacifique qui lui me transporte carrément , je m’imagine sur cette plage de Monterey ou d’ailleurs car je phantasme , là , j’ai le droit non , main dans la main avec une rickie qui refairait le monde avec moi , in english , ce qui ne me pose pas problème même avec l’accent de l’ouest océanique , on prendrait une voiture , non pas une cadillac ni une ford mais une jeep des surplus de l’armée peint en jaune canari avec un papillon bleu peint sur le capot et on irait serpenter le long de la route qui mène sur les collines de Big Sur rendre visite à ma grande idole Charles Lloyd le grand saxophoniste de jazz qui est comme mon père spirituel , on se balladerait comme dans une grand ode méditation face à la nature , on se perdrait face à l’immensité et on se sentirait vivre , prêt à lacher tout ce que le coeur humain contient d’énorme , de grandiose , loin , très loin de la petitesse et en avant du défi tout de joie à l’extase , comme si ce n’était pas suffisant on irait rendre une petite visite à Henri Miller qui habitait Big Sur lui aussi du temps ou c’était une colonie d’artiste et de gens qui voulaient tout recommencer , il y en aurait encore surement , alors on irait leur rendre visite et on admirerait les toiles et les aquarelles de tous ces outcasts épris de liberté , on aurait une pensée pour les vagabonds de monterey de Steinbeck , et tout ça main dans la main d’une Rickie qui m’aimerait , ou au moins me trouverait pas trop chiant , soyons modeste , ouaaaaaaahhhhhhhh!!!!!!!!!!!
bain de minuit parmis les murènes et barracuda et on se prendrait pour des dauphins!

jorge guillen

« La poésie nait sur la mémoire…
je suis fasciné de voir à quel point je retrouve en Jorge Guillen mes propres interrogations , mes tentatives de réponse , ma pensée profonde et jusqu’a mes propres mots ,

j’avais lu Guillen en espagnol et avait senti ce pressentiment lumineux d’une parenté, j’avais vu se recouper ses nombreuses traces , trajectoires , intuitions qui témoignent aussi de mon être profond , émerveillé de se sentir traversé par se sentier lumineux du silence à l’oeuvre au corps de l’oeuvre , silence qui dit la matière en ellipse , car pourquoi décrire la matière de ce qui est ( ) comme un roc qui ne se laisserait pas apercevoir même s’il hurle de présence au fil des jours à l’insu ,

la lecture m’avait donné cela qui s’était recoupé avec mes propres réflexions , s’était mélangé à d’autres lectures et visions ,
fabuleuse lanterne dans la nuit

prélude au corps environé de lumière qui se pressent et finallement, urgent dans sa pression à vivre trace le poid du vivant, érotique enflammement qui dévoile toujours plus de présence et zèbre de fissure que l’on croyait apercevoir,
sentir le désir la flamme du corps émerveillée

la langue étrangère dans son espace se révèle aux brumes ou l’être , l’homme, ce corps ombré se tient , la lumière des mots, inattendue éclaire,
l’évidence dans l’éclipse.

des mots chrétiens utilisés pour désigner un rapport à l’univers et non à Dieu, pas anti chrétiens mais sur un rapport différent , j’aime le commentaire  » nous ne sommes pas un être pour nous mais vers le réel  » et percevoir le monde n’est pas seulement sentir le monde mais être présent au monde ; que la lumière ne devrait pas être reçue comme une offrande mais qu’elle devait être partagée et d’abord reconnue

mais c’est la respiration de cette langue de peintre, de musicien, de magicien, de lumière qu’il faut laisser résonner, c’est comme cela qu’il faut le lire, dans le brut de la langue, ouverte, à la lumière des silences

bobetina

pores obstrués, au lieu de me torturer à subir les assauts stériles et désorientés de mon désir évanoui , de laisser mon esprit battre la campagne a tenter de ressusciter une évadée , à trouver une raison supérieure d’exister , je ferai mieux de me laisser aller à ouvrir les yeux , marcher dans les rues et les campagnes et me laisser envahir par le renouveau d’un calme , par le souffle de l’air et les couleurs qui teintent le monde et les vies des gens ,

la vie porte , a porté son lot de surprise et continuera peut être si on la laisse faire , alors faire taire le flot des phantasmes , des angoisses et des frustrations , fermer les yeux pour faire taire les bruits du coeur , et les réouvrir face à ce qui au début n’est qu’incongru et volatile mais qui, à le toucher plus près est le réel rassurant d’une vie chaotique contre laquelle on ne peut rien , qui pourrait même réserver un sourire si moi ou elle , la vie , nous nous forcions un peu , un tant soit peu, à ouvrir ces pores obstrués et à laisser vivre.

quand je me réveille dans un sourire aimé, illusoire comme si j’avais dormi dans ton amour, et que peu à peu se reforme l’image de plus en plus nette de ton absence définitive, les images de bonheur passé se détachent de cette vaporeuse illusion, me laissent au bord du sanglot que je refoule mais qui est voisin du vide où je me trouve,

le sanglot parce que je suis ce fil qui me retient du précipice , comme un rappel de mon existence , isolée , séparée que rien ne peut rejoindre tant que cette tristesse qui englobe tout, les rues sont pleines de gens qui s’aiment, rient, se tiennent par la main, s’apostrophent, se battent ,

moi je suis dans mon fantôme et je n’arrive pas à me relier , je suis dans cette peur que tout s’écroule ,

nous étions deux pour nous aimer , dévorer les jours et les nuits , nous allumer dans la jouissance,  mais pour ça j’aurai du faire en sorte de t’envouter,  j’imagine que tu as trop bien vu mes failles, elles t’ont tenues éloignée , tu n’as pas aimé mes ombres et nous nous sommes écroulés dans les circonstances défavorables et le reste que tu ne m’as pas dit, ta vie qui bat, ton pas qui t’entraine dans le mouvement,

si je suis dans cette fragilité immense qui me ligote de froid mortel c’est que j’ai du défaire brique à brique la demeure de notre histoire , pour survivre à ta rupture,  une à une, en arrachant,  coupant, déchirant, niant , éclatant les liens qui façonnait notre amour, mon élan qui me ruait à toi, plongé dans cette galaxie, ce chaos de fil rompus , cette nébuleuse hallucinante de désir, ce désarroi  à vif me laisse,

j’ai été ce chirurgien froid et lucide dans la douleur sanglante du silence, à fixer ce que je nommais notre amour, j’avais trop mal de ton absence, je ne pouvais me satisfaire de tourner une page d’un mouvement des doigts sans faiblesse, ton silence qui nie ce que nous fûmes, ce nous-deux qui un temps fut toute notre vie, fusionnel et exigeant,  tu fûs la femme dans son immensité, je voulais te rejoindre ,

tu me dis qu’il  faut l’accepter car c’est la  vie , je me rebelle par tous les nerfs de mon attachement mais je sais que tu as raison , la violence de mon refus de ton non-amour à la frontière de la négation, de l’auto-dénigrement qui tue, me fait souffrir, me place au bord du gouffre où le monde d’hier vacille ,

tu me dis qu’il est plus difficile et méritoire de reconstruire la joie que de laisser aller le malheur,  la souffrance , alors je sais que c’est vrai et que l’éclair entrevu me mène au bord de cette route ascensionnelle qui mène à la joie , à la force et l’apaisement , que tu fus sans doute une étape sur le chemin ,

est ce toi qui me dis qu’il y aura d’autre femmes qui aimeront ce que je fais , qui se sentiront attirées , qui marcheront un bout de passion avec moi , peut être même auront envie de rester , car c’est quand même facile de dire ça quand ce que tu as vu de moi t’as donné envie de partir , ne t’as pas retenu de ces ailleurs qui t’appellent, laisser vivre tout ce qui a pu naitre de merveilleux et qui appellera la vie de demain , oui mais la souffrance d’aujourd’hui, ce déchirement , faut il les taire, être dans la tenue du silence et garder comme un trésor aussi la tristesse et l’égarement , oui sans doute , j’ai beaucoup à apprendre et n’y arrive pas , le deuil m’est difficile et je suis révolté ,

le doute et  je suis enchassé entre ces deux combattants , la tentation du vide et l’espoir du renouveau, désir qui peut faire naitre toute la beauté du monde , je suis dans cet entre-deux , pas aujourd’hui ou le malheur m’enserre dans le précipice qui est effondrement de toi à moi , dorénavant infranchissable  , comme si ton refus de mon amour était tous les refus du monde ,

je me dis que ma tentation de peindre , mon talent d’écrire , mon allant vers la création qui se voudrait miracle de vie s’enracine dans cet entre-deux , se révèle être ce marécage de souffrance et de douleur au fond de moi , comme un dépôt  d’alluvions , d’où sortira  peut être la luxuriance des fleurs , mais je me révolte à l’idée que l’on  perçoive de moi ce mal ,

qu’il faudrait choisir sans regret du coté de la joie forte et fertile , rieuse des malheurs du monde , de me défaire et franchir cette passerelle de cordes qui me sépare de cette indécrottable ancrage, ce mal-vivre qui enchaine ,

mais est ce possible ?

un tel choix est il possible , que faut il bien faire pour se situer de ce coté-là de la rive , et sans mentir  ni semblant .

je commence à refuser cet enchainement , cette logique qui me maintient dans cette expression qui approfondit la tristesse , la douleur d’exister , je pense à ces grands peintres du moyen age et au secret perdu , aux alchimistes qui transmuent , je réfléchis , je me dis , qu’est-ce que se serait d’être du coté  du vivant , du désir , de la spontanéité de la vie qui relie , du corps qui s’épanouit et va chercher son bien les yeux grands ouverts dans le monde , oui , je suis tenté de tranché ce nœud et jouir du vivre , au delà des mots , au delà de l’art , de la consolation ,

être dans le présent affirmer l’étincelle fulgurante de la vie , sans écart-vivre   ,

mais comment ?

poussières en forme d’avenir

je poursuis mes réflexions sur la vie et son caractère mouvant , fluctuant , aléatoire ,

je me dis que ce qui existait hier , toutes ses flammes de couleurs , peuvent ne plus exister aujourd’hui sans remette en cause les enflammements d’hier , la vie tourne , brasse , se retourne ,  s’approfondit , on découvre en soi et en l’autre des aspects qu’il ne fallait pas voir, prépondérant et s’ils semblent remettre en question l »hier dans l’aujourd’hui, ils n’effacent pas le vécu de la veille ,

même aveuglé ce qui s’est enflammé flambe toujours

le coeur de l’autre est dans la bourrasque, il se déplace ailleurs, autrement, clairvoyant il voit l’évidence reléguée au second plan,

oui la vie est mouvante et moi trop à la recherche d’un pôle de stabilité , fixité malgré ces vents tourbillonnants, ces feuilles farandolées qui tombent mortes à nos pieds,elles étaient si vibrantes aux reinures , si verte de vitalité qu’elles faisaient briller l’arbre de splendeur, si l’arbre existe toujours, les feuilles sont en tas à ses pieds ou virevoltent dans les pieds des passants, elles trouvent une seconde vie même si elles n’accrochent plus la sève des branches, ne parlent plus à l’azur, au flamboiement de l’été qui darde , elles s’entassent dans un tapis jaune , elles couvrent d’or les forêts avant de révéler les corps nus os des arbres , elles sont apparat du temps qui se pare et se dépare, ne vaut que dans le mouvement, tous les états de l’existence,  la vie se mêle aux autres vies , se joint et disjoint le temps dans un instant et se retire, coït quotidien entre les choses et le monde qui toujours se renouvelle, oubliant ce qui fut mais réaffirmant toujours la prépondérance, à vouloir fixer, maintenir dans un éclat du temps on réduit la vie à l’infime, d’ un moment ascendant on infirme le descendant et se faisant s’égare soi même ,

le réel parle plus fort , il est comme la spirale des lignes de vie qui enroulent le vécu en un tronc qui se ramifie en autant d’étincelles intraitables, pluies innombrables , atomes vertigineux d’une copulation inextinguible qui exige le mouvement ,

le réel trace, sillonne la non-vie , forme le non-advenu au hasard de sa décision toute puissante , terre meuble ou rocailleuse , chagrinne ou rieuse, nos vies cabotines se meuvent dans le destin, fatalité chagrine et mélancolie , barrière obstinée de l’irréel entrevu , l’illusoire sentiment de ce qui aurait pu mais ne se fige pas et ne se figeant pas trouve son enracinement-embranchement ailleurs au gré du vent, à la plongée des racines, au flux des cailloux des sources des effondrements des vents qui tordent des herbes qui étouffent des hommes qui arrachent des aliments qui tuent des jardinier qui transplantent des guerres qui rasent des femmes qui  font cuire au bouillon des bouches qui crient des oiseaux qui happent les graines de la charrue qui laboure et retourne en mottes déchirées le sol paisible assoiffé d’un destin incongru, champignonage incessant d’un réel dévorant .

Il faut donc s’y plier et plier son cœur qui soupire après une image furtive mais déjà lasse passée dans la foule des possibilités, chaotique balbutiement de ce qui adviendra l’espace d’un instant , rage des mots qui s’imposent  dans la versatilité , cohérence de la vie dont le trajet dispose en logique nébuleuse, l’originalité d’un trait , unique,  entrecoupé des mille cassures de millions de rejets de pousses en feuilles en fruits qui jutent en graines qui volent portées vers un vent qui les happe en destin qui ouvre l’inconnu aux pattes de l’insecte qui la pousse à sa fécondation ultime,  vie de graine, haillon d’écorce,  libérée la vive genèse de l’éclat à l’invisible à nos yeux captateurs .

C’est ce que ça devait être et en effet c’est , l’élancé végétal le têtard l’embryon le sourire allumé au sexe des yeux est là pour en témoigner , la vie fébrile se cache ici ce matin , corolle étincelante d’un instant fabuleux éclipsant toutes les nécessités spirales rivales du soleil , éblouissements enclins, œil aux étoiles qui brillent de briller sans savoir pourquoi même à pleurer de la nuit .

Le ciel est bleu et pourtant…la nostalgie est partout

elle se mord mes mâchoires ne déserrent pas, linceuil du bonheur encore au fond de mes gestes,

à regarder ce que mes yeux ont vus , allumé alors de soleil , d’étoiles qui brillaient englouties , de béances à l’horizon de la tendresse , et je transporte avec moi cette interrogation malgré moi : pourquoi toi , qu’avais tu de plus que celles que j’ai croisé , pourquoi ton parfum ne me quitte t’il pas , est ce ta beauté , tu n’es pas de cette splendeur qui me laissent vide ,

tu es cet éclat de promesse obstinée

que tu  portes dans tes yeux que tu déambules dans ton corps que tu  tais dans le silence ,

je te porte avec moi ce matin , tu es revenue me hanter de ton absence , la mélancolie se peint de nouveau dans mes yeux , mon coeurs se noit dans le vide ,

de nouveau ,

tu pourrais être partout , toi celle que je cherche , dont j’ai besoin comme de café , qui me sauve de la perte de vue , qui m’ancre dans le vivre ,
celles qui se croient belles qui voudraient qu’on les contemple , ces femmes qui se prélassent dans leur volupté de chair , dans l’ambiguité d’un regard dur qui cache des torrents , qui dévoilent la tendresse picador ,  ces femmes droite comme des lianes qui sont mirages ou générosité souterraines , ces cheveux courts , ces ondulations , ces démarches de reines , ces pas lourds , ces corps transparents aveuglés par la déception et le mirage du visage de l’amour , sont ils promesses de bonheur , sont ils l’antichambre du malheur , sont ils carnassiers , sont ils colombes , tourbe ou puits de plaisir , criants , silencieux mais torrentiels ,

je ne sais plus ,

l’attachement qui fait surface , mon corps qui comprend à  vivre , de mon idéal qui me trompe , de mon désir qui est espoir , de mon frisson qui est mon désir , que mon esprit ne comprend pas , qui reste à la surface ,

tu as vu quelque chose en moi comme une source , mais t’y mirais tu , est ce moi qui ai fuit le plongeon de fraîcheur au bonheur de l’eau ,

le silence s’est refermé et n’offrira jamais de réponse , tenace dans les recoins de la mémoire , météorite désintégrée au contact de mon désir , me laissant dans la question ,

la trace phosphorescente de cette filante a troué mon présent  , éludé la question-caverne et luit à perte de vue à ce qui ne se pose pas en question , à ce qui est silence  obstinément ,

plénitude qui cherche à jouir dont tu chéris l’écho-réponse-question comme un reflet , comme une ombre portée ,

en retours , tu portes haut la question dans le vertige en corps de la non-réponse ,

peut être ,

tu me laisses nostalgie , mélancolie , enferrée comme une mémoire ,

vaine et dormante ,

et puis la tristesse s’en va , me laisse ce gout vague de te garder et rompre le mouvement de ta fuite dans mon anneau de tendresse ,

un jour , une autre toi ,

peut être ,

toi tu ne subsistes que comme poussière déposée par la vitesse de ta vie comme un pollen irritant et nourricier .

Là,

je suis assis à la terrasse du café et je ressasse de a à z , comme à mon habitude , je m’efforce d’ignorer le charme parfumé  de mes voisines de table qui parlent bien sùr d’amour , des problèmes avec les mecs , etc…  , je griffone un tas de truc pour me donner une contenance et faire semblant de ne pas écouter et d’éviter de lorgner de leur coté , pas facile ,

quand soudainement , l’une d’elle , la pétillante , s’empare d’un papier à rouler , plonge sa main dans son paquet de tabac et se roule une clop comme je l’ai fait des milliers de fois avant d’arrêter de fumer , je continue d’écrire mais le vent , ce vicieux vient taquiner mes narines de ces effluves de tabac qui est comme un mauvais génie sardonique , que je vois ricaner dans ses volutes diaboliques , fumée tu parles! , incantations malines pour me faire replonger , car tout cela s’infiltre au plus profond de mes émotions comme un rêve d’opium , comme une peau narcotique qui me carresse la mémoire , me donne l’impression de revivre , capable des milles folies , même si je sais que c’est pour me tuer , meurtre , meutrissure , brulure , mes bronches ,  mes sens réveillent cette extase oubliée , je suis désorienté car elle plonge en moi tout au fond des recoins les plus improbables et réveillent des souvenirs de désirs , aspire une douleur de  jeunesse , de muscle en éveil ,  de brouhaha de nuits blanches , je me déboussole dans le vertige de mon corps qui se souvient , remonte à la surface de la sensation évanouie , m’envahit , nourrit de mort les nerfs qui crissent de s’éprouver illusion , d’un désir ailé de désirs , ondes fuyantes de l’air que transporte cette vapeur de nicotine , envoutante aux voute de mon inconscient qui  joue aux montagnes russo-cubaines , s’enfuit dans ma mémoire aux cellules de mes sens ,

des années de privation ascenseurent mes narines et je plonge dans une respiration d’acier et le souffle s’arrête court encombré de cette liberté pubère moi l’adulte qui veut retrouver la santé et la sérénité , le corps se barricade et rue dans les failles qu’il se crée , poison tentateur , séduction hypnotique qui ne parvient qu’à la gorge ,

NON  le vrai souffle est ailleurs , il plonge comme un dauphin avec l’aisance de la force libre et tournoit dans les courrants sans fin du tout-pouvoir , dans l’élan profond des abysses à l’oxigénation inarrêtable d’une vie qui rejoint les tréfonds jusqu’aux confins de la terre , jusqu’aux espaces sidérants des veines du souffle qui m’irrigue ,

tu n’es que filet déchirant à enserrer ma volonté dans tes mailles pointues , tentatrice ,  j’ai encore gagné , mais ce fut rude

mais comme un goùt amer qui menace,

bon ça fait déja plusieurs jours que ma mère a refait une deuxième attaque vasculaire cérébrale , l’hopital et l’hopital et la conscience qui se fait jour qu’elle ne s’en tirera pas si facilement , quelque chose , une artère bouchée dans le cerveau s’obstine à rappeller que c’est lui qui commande et que là il est plus d’accord ,

elle se rend compte qu’elle ne peut plus prendre la vie comme un rallye , faire le pied de nez à la vie et courrir à n’en faire qu’à sa tête , non  maintenant il va bien falloir écouter le corps et faire attention car les troubles s’installent , régressent , reviennent et l’idée de la mort se fait de plus en plus fréquente , le regard s’angoisse , elle voudrait sortir mais l’attitude des médecins , de ses proches , moi , lui font comprendre qu’on ne joue plus et que plus ça avance plus ça devient sérieux ,

moi bien sûr je suis inquiet , je dois m’occuper d’elle et faire le va et vient , le désarroi perce sous mes habitudes car après la grande peur d’il y a un mois ou deux , la menace se fait persistante , la maladie , la déchéance et la mort ne sont pas des joyeuses compagnes et me rappellent aux réalités , à cette immense fatigue de l’angoisse , de ce qui m’attache malgré tout ,  à ce qui ne se laisse pas voir tant qu’on est à quai , même si la coque tire un peu trop sur le filin parfois , les racines de l’affection sont profondes et le désarroi grand ,

je comprends que je dois mettre mes rancoeurs , mes questions et désaccords de coté et m’occuper d’elle , le temps est venu de lui renvoyer la vérité de mon affection , ce qui dépasse des arrêtes de l’insatisfaction , des reproches , des évitement , des réticences , l’heure est venu de montrer l’amour et l’attachement qui m’habite et de prendre d’un coup tout ce que j’ai encore à comprendre de ma vie à la sienne emmélée , noeud de vie qu’il faut d’un coup percevoir avant qu’il ne s’évanouisse , déja en parler est cruel , alors l’entrevoir et en même temps tout laisser sortir de l’émotion car j’ai été sa vie , son fils aussi , elle a droit à ce respect , à ce témoignage de reconnaissance mélé quand même à la conscience du méfait,

je comprends ce que sans doute je n’avais pas compris il y a peu et c’est mon tour de me sentir seul face à tout cela , comme une passation , irréelle quelque part car c’est la vie qui continue mais en se contractant autours de quelques poles qui se font plus pressants ,  plus compactes , laissent moins de place à l’aléatoire , ancrent , même si ce n’est que face à soi ,

l’épreuve , le deuil qui se profile , la menace en tout cas , l’assistance à celle qui fut là , devient palpable , irréfutable , j’ai du la prendre par le bras , fermement , pour l’aider à faire les pas nécessaires à la marche , prendre en charge toutes les formalités , mais ça c’était déja le cas depuis deux mois ,

besoin de dire , sans doute que le gouffre de l’effondrement de ce qui tenait à ma vie de façon invisible et souvent intolérable par son insistance , se creuse ,

que c’est vrai que l’on est seul dans ces moments-la , face à soi , que ceux qui le sont moins que je ne le suis ont quand même cette chance , moi je vois le monde comme un désert , angoissant , je vois la nécessité de repeupler , de clamer quand même que la vie gagne , que l’être humain même mortel est avant tout vivant , même s’il se rapproche de la menace , qui ne demeure pour l’instant qu’angoisse et traces du piège qui s’ouvre , mais la vie est bien là , attentive , consciente , allumée dans la peur , courage de voir tout cela en face , l’empiètement inacceptable pour celle qui ne fut que mouvement extrème , volonté contradictoire de vie , menace de la maladie sur les facultés , sur l’intégrité mais la femme vieillissante avance , avance vers son affaiblissement de façon inéluctable même s’il ne faut  préjuger des forces de l’autre , de la vie , que l’on en est pas là , que la lutte est âpre même si le paysage a commencé à changer autours de moi .

A celui qui par le plus grand des hasards passe par là , ne va pas croire que c’est fait , que la maladie a submergé la vie , que la mort s’est installée ,  non  , la conscience de l’homme et de sa fin montre son visage , il se laisse apercevoir , il est  peur diffuse , rappel des chemins que nous empruntons tous , tout cela c’est installé dans un coin de la pensée , de l’angoisse de l’oeil , un voile se découvre , une ombre se profile et vient obscurcir le quotidien , déja triste et esseulé , mais la vie continue , même dans la fatigue , même dans la faiblesse et l’anxiété de l’inéluctable qui avance , de nos vies qui montrent leur visages , ridées sous le fard , sous le poids de nos coeurs allourdis ,

mais les digues de la volonté tiennent , tout cela est tenu éloigné et reste dans le vague malgré l’ ébranlement insistant et l’écho qui  disperse l’insouciance .

tu me dis que pour moi tout doit se plier à mon désir , que seul mon plaisir et mon amour compte , le reste , les aléas , la réalité quotidienne , l’ inévitable , l’omniprésent dans toutes les petits détails de l’existence , les contraintes de la vie ne comptent  pas ,

c’est vrai , pour moi l’amour est une illumination et sauve ma vie du cauchemard terne où je me noie ,

pour toi , les souffrances , la vie quotidienne , forment un maillage  qui est ton ancrage , tu sais les priorités , et notre différence se voit dans la façon dont nous nous mettons en avant , dont nous construisons nos vie ,

la joie de répandre la beauté comme une semence incertaine , en devenir , tournée vers l’hypothètique amour , musique indispensable à l’harmonie du lieu , à la cohésion du temps , à tout ce qui advient , aux choses que l’on fera , aux brèches que l’on ouvrira dans ce présent trop sur de lui ,

tu te sens responsable de tout , pilier de la vie , moi je cherche à ouvrir des fenêtres , faire des courrants d’air , mais trop de vent à travers les murs incertains d’une maison de paille aux boiseries frèles peuvent finir par faire plier la confiance , installer le doute sur la force de l’engagement , s’il s’abstrait du quotidien , toi tu te plies à cette règle , que tu sais être le bain de la vie ,

tu gardes le plaisir dans le secret de l’ombre , la joie affleure à ton regard , ton corps se gonfle de toute la vigueur , la folie et la démesure qu’il a entrevu dans les désirs  du jour  qui remontent des profondeurs de la chair  , il n’explose que derrière le secret des volets clos quand nous sommes seuls , dans le silence protégé qui enfin peut s’échapper des tyrannies de l’extérieur , qui exige un visage responsable , à la surface  plane qui ne se ride que des mille brises du jour , des attentions sans relache du quotidien que rien ne vient entraver ,

tu as sans doute raison , et je me perd à vouloir imposer au jour la joie des rêves dévolus à la nuit , au secret de l’alcôve des coeurs , aux aguets de la menace malveillante le jour n’est pas ouvert aux outrances du corps , à l’éblouissement du désir qui révèle la vague de fond qui brille dans nos yeux , la nuit , toutes voiles rentrées , dans le silence apparent confié aux étoiles , aux nuées nocturnes qui enveloppent tout d’un calme ravageur ,

mon corps doit se charpenter , s’aguerrir au rudoiement du labeur , mes muscles se raidir à devenir les murs inébranlables d’une assise  obstinée , ma tête de galet se cimenter en parois maçonniques , le fil à plomb se tendre à l’ évidence , à l’assurance d’une vie debout , arqueboutée dans la non-peur et  rassurer , je dois être ce pilier de force inébranlable , ce flot de désir , cette présence océan ,

un homme enraciné dans le terreau vif où la vie pousse , que toi , la femme attentive à la circulation des choses,  sait être indispensable à la frondaison ,  les muscles en alerte , la charpente du corps sùr de son essor , bandé dans ce parcours de la fertilité , qui croît et avance le long du temps en spirales lignes de vie  qui se surajoutant  finissent par se faire tronc  , force nouée forgée des jours  , indispensable à l’embranchement , condition de l’épanouissement floral et maturation des fruits.

caillasse au pied de bois


feuilleté d’écorces les trachées ocre
s’anglent superposées en taillis des rocs

pierres sèches
les anfractuosités vides
et la poussière qui s’en mêle
fine

le pollen pigmente les vents cyans
essaime aux grains des troncs

migrations des éléments
nervures réfractaires
éblouissement sournois

le bois morcelé réouvre la poussée
se creuse des vies aux ombres
ténèbres fastes du pourrissement
pérégrinations de ce qui se devine en larves

tailles des feuilles brunes
les filaments se pendent aux verticalités
souples
filandreuse
atomisation en blancs entassés
comme une ville grouillante d’Afrique

molles les mousses s’humectent des verts à jamais les mêmes
variation
à l’infini de la tendresse et de la conquète

Taj Mahal

creux dormance
recreux éruptif et rupture des lichens en rang de branchages lunaires

épinèdes

arrachement brusque à la fécondité
écrasé en mares infimes de sang
accrochages virulents des règnes

parterre d’aiguilles
tapis comme une prière
muette
une fois à terre
rives cimes en déroute
stratifiées
un passage pour l’éternité
s’apprête à se dissoudre en humus

défécations des chèvres au stries du chemin

siempre Pablo…


amour ultime la rocailleuse surgit des aspérités
blocs en échos andins
l’invisible emplit l’espace
le coeur
la peau
le temps
comme le ventre de la montagne indienne
comme ici la voix résonne de façon multiple
stature immobile de gravité
les traits ancestraux
pommettes sereines
au coeur de ton visage
de femme battue par la pluie

enocéannée au rocher de la vierge
en surplomb de la furie océanne
chant assuré en rêve des ailleurs
siempre Pablo…

waamarjana

photo de GILDAS PASQUET et inconnu

 

woaouf les beaux yeux de Marjane ! >Rimmel< !m’aime! au miel une calligraphie de l’ultime une plongée dans l’ombre soyeuse m’assoit

un envoûtement braiseux que lui dis je m’emboucler dans ces cils _disparaitre _ en battement d’ aile dans la fournaise de son oeil (pèle mèle) puis velour en cyclone