ouvrir le rien


« … elle ouvre le présent à partir du rien, un rien dont l’ouvert est le jour. C’est pourquoi de toute sa réalité elle repousse les avances de l’étant sous la garde du principe d’incertitude. Elle se tient, elle tient l’être hors de soi. Elle existe à intérioriser ce hors. C’est en ouvrant ce vide, dehors toujours au centre, qu’elle entre en présence pure.

« Peinture pure, réalité ».

Henri Maldiney , l’art nu, ouvrir le rien; éd. encre marine


a kiss for you

L S flor 2001

Les grains de sablent roulaient                   du désert à la
mer     en hiéroglyphes infinis            dans l’intervalle
magnifique        qui sépare                une femme et un
homme               comme une lézarde éclair      point de
rupture insondable

Tanella Boni; grains de sable; éd. le bruit des autres

L S bansuri 2002

échancrure du bleu

Pour me refaire une santé je vais rôder auprès des grands arbres,

je m’assois sous l’ombre claire et humme, le feuillage enluminé, je m’endors aux racines et m’étoffe fleur, coton florette ma nin, distillerie des couleurs solaires, l’hiver même n’éteint pas la dorure du feu ,

© L S euca 2006

il me manquent mes frères koala et les écureuils préfèrent les pins , ils savent donner toutes la joie et rient en pitres;

l’eucalyptus est mon arbre , il tangue au vent et touche des lèvres l’océan , la gaité s’envoie au vent le doux balancement d’un flor à corps, s’apparente à l’horizon, la force virile connait les détours du rêve, ride au paysage le souffle martèle dans les remous, dans les trous d’ombre la terre s’approfondit. l’arbre se livre sans retenue à l’été.

© L S pays-age 2005

aux crocs du ciel

Anari

, grande chanteuse basque, :
« faltaría más…las canciones no son ya mías, ahora son de todos y todas. muchísimas gracias »

podcast

Anari

anari.jpg

photo et musique extrait de http://www.myspace.com/anarizebra

je ne supporte plus la guimauve, le doux sussuré me fait crisser les dents, le texte tout mou et la peinture d’un pinceau avachi, il fut un temps ou les mots tiraillaient dans cet étrange déraillement qui fait dire que la vie avance et nous avec , même à se tromper , est-ce moi qui suis survolté par l’été ou nous dans notre Europe trop bien rangés, à l’abri dans un compartiment sans sourcil, crois t’on , des cyclones et de la tourbe , moi je veux que ça tangue et l’océan me fait envie, je suis curieux de tout mais ce satisfécit qui nous fait dire que tutti va bene et qu’il suffit de sortir la planche à voile et se laisser aller à la meringue , moi je veux du piment , et dès que je traverse je m’aperçois que le cri et le battement perce , le silence ? oui quand il bat à mes tempes et se fend d’une zèbrure qui dit le monde , fin de la complaisance , et tant de souffrance partout comme pour démentir , garder le vernis et ne pas déroger , et quoi que la violence éclate et se livre en joie , de dire tout au moins , en sueur, de chant qui grimpe les octaves imprévus , apprendre oui , dans le sel et le vent , libre

car c’est ailleurs qu’est l’ici

anari_zuzenean.jpg

© L S euca 2007

à l’Orient de tout


© LS signe 2004

mes peintures sur le site de Christian Vidal



Certes il y a l’Asie , influence très forte comme pour beaucoup , la nature , l’espace du monde , le vide ou tout se joue etc. mais je suis aussi un vaste métissage, toutes les influences en moi qui parce que je les ai découverte au compte-gouttes, sont très importantes , c’est le monde souterrain du réel et mon gout de la vie , la nécessité de faire remonter un langage qui nécessairement doit se réinventer , oser un nouveau chemin et affirmer l’existence , la mienne parce que c’est moi qui parle et que je ne peux avoir que mon point de vue, mais ce point de vue est taillé à coup de hache de tous les cotés , des entailles profondes , des gouffres et des isthmes, des lacs bleus et des pluies noires, beaucoup de complexité et aussi de contradiction , non je ne suis pas à la recherche du silence mystique et en même temps je crois bien que oui , drôle de mélange je crois que Chu Ta , aurai dit ok man je te comprends ,ces dents me sourient et me disent en penchant du cotés de ma besace surtout tiens bon et résiste avec délectation ! il y tant de saveurs et on ne peut pas redescendre là en bas , l’obscurité est tombée car les vautours et les insectes cachent le soleil , il n’y a que là-haut où la vue est dégagée , il n’y a que là-haut où la langue de ma mère peut resplendir et mon pincel est un sabre tu le sais bien lam , ce nom je rigole tu te l’es donné à partir de la racine quand on t’a planté , que de nom commencent par cette lettre et enfile le chapelet des ombres et des lueurs ,

en fait je rêve de soleil, je rêve de lune et les langages du monde m’y engrossent, les brumes que je vois filer sur l’étal du ciel sont couleurs et vapeur, de la suie, tu sais l’encre est faite comme cela , ah oui l’aquarelle , mais on pourrait aussi concasser les roches, infuser les fleurs et recueillir les pleurs des filles, le jus des tresses des fenaisons, inventer des mots comme indigo , alizarine aussi bien que noir , et tracer l’élan de ce que mes yeux embrassent et dénudent , oui jusqu’à en voir les poils , ah ah ah tu sais il n’y a pas de retenue à avoir si tu veux peindre ;

et en même temps il te faut convier la retenue impeccable de ce qui est au milieu de cet accablement du monde , ça on le sait, le monde est là, tu t’en saisis et il s’évanouit ,comme une femme, il grimpe et dévale en même temps que tu le vois et tu l’appelle que dis-je, tu l’invoques ! pense à tout ce que tu ne vois pas, que tu devines et tout ce que tu ne peux que te confier en soliloque ;c’est pour ça que c’est musique à en faire grincer les arbres et les becs des ailés, je sais je suis un peu long mais il y les bouteilles de cette piquette de la vie qu’il faut boire c’est pour cela que je te parle et que je déguste, pour cela que les mots je les lance de mon à pic , dans le vent, comme un papillon, comment dit on dans la vieille langue , ah bah et dans la nouvelle langue, celle que tu cris chaque jour ! celle de la lune et des points de suture du ciel, celle qui te gratte quand tu t’endors sur l’herbe ,

et puis d’un coup il n’y a plus qu’un trait, il surgit et envahit, comme d’une forge et sans un bruit mais c’est la que le ouistiti rit , oui il rira d’un beau gras éclat de rire, sinon tu t’écroules, tu y croiras alors que tout est à recommencer, non ce n’est pas le vin, c’est … pour ça que tu peins

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