si taire revient à bruyamment écrire

 

S’emparer de la lecture et qui plus est écrire est antisocial , cet acte défie le pouvoir, le livre même est un objet de pouvoir , le détenteur de la plume est le pouvoir ,

porteur et enfermeur des mondes dans la main le livre lecture contenue dans une tranche, contient la maitrise et le savoir et son usage en soi,  prolonge, codification transmission l’écriture cet instrument outre le contenu est la forme même dans l’emphasement de la langue et le déploiement de la syntaxe,

sens agissant les méandres structurants la pensée, non aventureuse mais canalisée tout autant qu’un système d’irrigation des jardins de Babylone parle mieux qu’une bouche du souterrain qui culturellement, politiquement nous agit, est bibliothèque le squelette et le schéma, l’articulation par lequel se perpétue profère et se fait entendre

 

pour autant qu’on en a l’accès, la clef, confiée au forgeron est de fer

 

dans celui ci dessin l’assemblage la succession est structuration du puisage dans les fonds des nutritions

écrire est se saisir de cette parole les signes, écrire est s’inscrire se porter comme la table

 

Barroso Tras os montes Portugal

 

ou s’en défaire et laisser mieux qu’une parole vague le langage atteindre à ce qui ne le dépassera pas, permettra d’extraire la pensée et la projeter en acte, action à l’encontre ou en travers,

participer se soumettre oublieux ? mais s’affranchir, établir des connexions libres non empesées mais libératoires

le langage soumis à la pesée du monde codifié par la structuration est surveillé à la fois par son ordonnancement au sein même mais par le jeu qui si l’on déroge vient bouleverser et nier l’ordre apparent,

celui qui s’en empare dans ses marges défie le pouvoir il faut donc le déjouer au sein même et l’abstraire pour s’en abstraire et décentré opérer une démarcation,

les mots pris isolément ont un puissance qui leur est propre, au delà de la pesée par laquelle l’homme,  réussi à signifier une densité qui ne doit rien au sens à moins que ce sens ne devienne critique ou opère sa mutation, gardant la saveur des sens traversés dont il est porteur

la porte

ouvrant le noyaux

 

Katia Chauseva

 

il ne s’agit pas d’énigme mais de délivrance, dans le feu n’est que le feu, de la flammèche  au feu métaphysique, le retrait permet de s’emparer de toute l’histoire et est pouvoir, à rebours délivrer les strates du suc le rendre au mot, concept et irisation articulation contenue sans qu’il n’ait besoin de chaine, causalité et ensemble incohérent quand brille

le mot suffit

scission  il le scribe c’est la mélodie qui nous guide et la poésie comme la lumière quand se lève les brumes recouvrant l’empire et de Byzance les ors d’une langue sacrée sur les hauts des monts dans le feu du taillis surplombe les recueils des bribes

mises en forme, conservatoire des poussière qui le soir dans la nuit brisent ou héros rayonnent

l’écriveur parle au nom de la société la culture il met bout à bout, s’en affranchir et la culture s’écrit dans ses marches , questionne le langage commun sacré, n’est plus docte celui qui marche et dont le pas s’éloigne, gravit, sur les sandales la poussière sur la robe les chardons les bris d’herbes déposés sur le tissu, non captés mais déposés

l’enseigneur alors comme une source jaillit et défie

fuser comme des étoiles filantes

étoile filante, fusée ou trajectoire plutôt qu’espace épanoui, infiniment stable dans sa mouvance, respiration immense, l’espace est posé, non clos mais ouvert, un lieu reconnu fait des va et viens

les vides ponctuent, apposent, instituent la relation

l’écriture étant posée, peut elle être autre chose que ce temps, le temps de se saisir dans cette pesanteur ou même la vitesse et l’urgence s’oublient, pris dans cette respiration qui s’impose, la respiration de la méditation, celle du murissement nécessaire à l’élaboration,

filer peut il être autre chose qu’un mouvement insaisissable ou bien comme j’aime à le croire n’est que dans le mouvement que se révèle, s’illumine, n’est que l’effet de même que ruminer

poser les mots plutôt qu’il n’adviennent et n’imposent, s’imposent une longue rumination est elle nécessaire? la rapidité s’accommode t’elle de la justesse et la justesse qu’est ce ? écrire cet espace où un geste est posé avec réflexion et précision ?

étirer l’espace et ramener le temps amène forcément à poser de façon à y revenir, posément la demeure s’installe, les gestes et la pensée hors d’un bouillonnement auquel est arraché non l’indécis mais l’inapparu

c’est de l’apparition dont il s’agit, hors des méandres formels cette fracture du temps quand le labour se déchire est propre à révéler, faire apparaitre, ange ou buisson de feu s’est emparé, mais le temps brule – avec lui un entretemps de la surface, on ne sait pas dans ce surgissement, des profondeurs ou des toujours, l’instant fractal, l’étirement jusqu’à se rompre c’est rappeler le vagissement à la mémoire,  car sans doute cette vitesse ne se laisse pas reconnaitre mais on arrêterait le temps que ce n’en serait pas autre, on aurait beau ausculter et épier, microscope et dictionnaires en main le mystère resterait entier, quitte à réintroduire la vitesse ou l’absence de temps.

un temps plus long, un cercle tel un halo autour du mot, concept ou couleur de langue, musicalité, style éprouvé et circonspect, prudent ou au contraire aventureux, la ponctuation impertinente, c’est peut être de l’approche dont il s’agit et faut il mieux s’expliquer, la précision, la concision, l’absolu du dire, sans retrancher ni ajouter le livre en est il le lieu ? d’abord lieu non de tous les hasard mais de la pensée posée si l’on veut qu’elle dure et qu’elle s’étoffe.

est ce sûr ? la multiplicité des sens et la lecture évanouie sans cesse à reconduire, réintroduire le sens est à gagner, constante récitation la littérature ce grand mot  livre dans les sommets où se côtoient les neiges

peut on s’improviser dans ce temps là ? l’espace est-ce à son image tout comme le temps et la précision, des mots, des choses, écrire en est un jeu, la règle bafouée, charade mais à tant attendre ou répéter le geste de l’apparition, quoi de plus, la pièce ne doit elle pas ouvrir un siège ou assoir ? force à assoir, assises et respirer, en grand Non happer laisser entrer le temps d’écrire, réfléchir méditer, le mot sur le papier à l’instar d’une vie qui assurée ralenti sans menace et profère, des mots jamais encore entendus , non convenus car singer, non .

fil du langage, tenir serré l’inconnue dans les bras

jute cloche

à l’extrême le jute éloigné à la nuit

s’étoile ce jus cloche dans ta bouche

tâche quand salive la mer à l’Orient

 

Orience dans nos marche le parfum s’ouvre la bouche collée aux étoiles

 

la buée en comète tombe

 

Bombance ce

Byzance Nous

 

souffle à nos coudes

 

soudés

la sculpture

s’érode

 

ce mince fil de la chair tendue sépare et l’Un  recoud les doléances

 

cette intime lueur dont tu me parle

 

le scintillement des ailes

 

nu dans le monde

tu

nous dans le monde

 

 

l’ouvre nous éclaire

 

 

le mont chauve vers l’Ourance ce ciel notre seule étoffe nous essuie nous protège

 

la laine

 

le jute

 

rugueuse la frontière dépossède de l’indécente irritante position

 

 

nous perce le fil des fils des socles réchappés de la radiance

 

aboiement des toiles

 

déjections lapidaires

des pierres s’effritent

et nous sombrons

 

 

est-ce possible de tonner la poussière en l’intact en toi frémissement

et

 

méandres ceux qui se croisent

des fils la trame du fond

vers les dehors

débordant des traces

la tresse s’entrelace

fine entre les plis de traine

 

 

reliure

la sueur

la perle

 

dans les nœuds cet impossible à défaire

cette gravité de longe

c’est intimement que l’engagement s’affirme

d’une faim inquiète

 

l’un et l’autre

pénétrée l’un de l’autre ou l’autre se perd

égare son sens

 

 

lustre

Après le ciel

 

la clarté infinie

 

l’effroi vous saisit

 

 

tout perdre quand plus rien

 

lustre le murmure le chien se lisse après la bataille lustre le poil

 

 

ensanglanté

 

pratz

jute cloche

à l’extrême le jute éloigné à la nuit

s’étoile ce jus cloche dans ta bouche

tâche quand salive la mer à l’Orient

 

Orience dans nos marche le parfum s’ouvre la bouche collée aux étoiles

 

la buée en comète tombe

 

Bombance ce

Byzance Nous

 

souffle à nos coudes

 

soudés

la sculpture

s’érode

 

ce mince fil de la chair tendue sépare et l’Un  recoud les doléances

 

cette intime lueur dont tu me parle

 

le scintillement des ailes

 

nu dans le monde

tu

nous dans le monde

 

 

l’ouvre nous éclaire

 

 

le mont chauve vers l’Ourance ce ciel notre seule étoffe nous essuie nous protège

 

la laine

 

le jute

 

rugueuse la frontière dépossède de l’indécente irritante position

 

 

nous perce le fil des fils des socles réchappés de la radiance

 

aboiement des toiles

 

déjections lapidaires

des pierres s’effritent

et nous sombrons

 

 

est-ce possible de tonner la poussière en l’intact en toi frémissement

et

 

méandres ceux qui se croisent

des fils la trame du fond

vers les dehors

débordant des traces

la tresse s’entrelace

fine entre les plis de traine

 

 

reliure

la sueur

la perle

 

dans les nœuds cet impossible à défaire

cette gravité de longe

c’est intimement que l’engagement s’affirme

d’une faim inquiète

 

l’un et l’autre

pénétrée l’un de l’autre ou l’autre se perd

égare son sens

à l’extrème le jute le plus étoilé

Garbo, le baiser de Jacques Feyder

Car nous est le parfum de la vie et colle, nos vie marche aux étoiles, nos vie chacune de celle nous habite nous sculptent nous mince fil tendu dans le monde, indéfinissable notre amour la charge des électrons nous électrocute nous éclair remontons vers Ouranos ce ciel qui notre seule étoffe nous limite nous irradie nous perçons le fil ce socle ces fils mais nous avons besoin des bras l’un de l’autre aux rencontres de plus en proches fécondes ces anicroches, échos des bruits de nos armes nos bras font une demi lune de fibres recouverte des peaux où à la réunion,  nous sommes les méandres qui se croisent à croire que nous voulons céder à l’attirance fine relier le ralliement, les nœuds nous sommes cet impossible à défaire, l’ intimement pénétré de l’un de l’autre où l’autre perd son sens force à défier bardée de nos jambes sont une coque comme d’une noix les rides les creux le dur deux mains jointe à l’extrême sans se briser décident de serrer, je ne veux pas que l’un des fils s’échappe , je lui mords les ondulation la courbe qui semble libre rejoint aimantée l’ensemble une pelote s’offre au monde le ciel entre mes doigts bras bouche dents langues ,si longue et pointue , rien ne m’échappe ma bouche l’attache indescriptiblement emmêlée me réjouis d’un rire doux tendre et façonne l’ensemble

je suis gardien de nos emmêlements  je suis patou et gronde non à l’ours mais à nous

 

Dans la journée je veux te téléphoner te surprendre et te rappeler à moi nous ne pouvons pas nous éloigner ni démêler cette chevelure de nous ne se voit que notre couronne nos ébouriffement  coiffure de nos deux têtes comblée en baiser nous fait ressembler aux arbres j’aime les arbres qui se joignent comme deux mains sans jointure font l’amour de leur jour , la bouche mon amour le rouge du marbre circule le souffle font l’amour de leur jour

 

Ballada o soldate- Grigori Chukhrai

mots-monde

ce sont les mots qui m’intéressent

m’interpellent

me font m’arrêter et remonter le cours

 

là immobile mais songeur

je me rends

compte

 

chaque mots est en soi une parcelle de la pensée,

un univers en soi sculpté trempé des pluies du temps

je m’arrête sur les mots , je traque les piste songeur

 

car je songe cela me permet de ne pas saisir,

B dirait être saisi se saisir ,

saisir tout seul comme les serres qui emportent est une voie sans issue , une fin ,

 

mieux vaut envisager et laisser courir le fil,

se tendre le long du trajet penser en trajet, le pas, le monde entier est rejoint dans le mot ce point lumineux à partir duquel voir succession interminable de rebond , la poésie défile le langage et tisse dans ce défilement s’interpose

 

le courant court

une faute de frappe détourne et une crue noie  une dérive, une rencontre

50_foley

 

une suite de mot ne construit pas une phrase mais détermine une orée de sens entoure la marque du pisteur

la musicalité du sens dans le monde nacrée dans la bouche désengage le monde

l’illumine

 

toujours la poésie se charge de ce poids qui est contenu, suggéré dans la langue sans qu’il n’y ait de clos ni d’espace assuré, le monde advient par ce qui n’était auparavant que mon regard mais s’offre au monde comme un souvenir informulé surgit et reprend sens ,

dans la rencontre le mot dépose les sens rencontrés et déploie le film de la vie traversé sur son seuil ramenant à soi le geste de délivrance

le mot est une carte rassemblée qui permet de se situer d’ouvrir le geste comme une main qui s’ouvre : tout s’ouvre et livre

 

l’énigme

 

ce son unique s’éploient comme une énigme de sens , le retenir au creux des mains permet la contemplation

la perte dans le renouveau

 

la symbolique du feu

l’ange

l’apparition et la musique

 

le  monde se dissous dans les ailes de l’ange,

de la flamme pure l’absence temporelle

 

la brûlure demeure

chaque mot une énigme

 

un visage une porte ,

cercle un nom d’incompréhension ferme

la peau cède à la pression

s’obtient dans le baiser

il faut être ému

féru d’étymologie

de conscience antique

 

le pécheur

près de l’arbre

se fie à l’hameçon

 

que peut bien vouloir dire ce qui est vu, à peine un sens une direction un toucher quand tout à coup s’enfonce sans coup de semonce

déflagration le sens est là

le feu prend

 

 

Si l’asphyxie commande de respirer

Mon Amour

ce seul nom dit assez mon amour, mon trésor , je t’envoie ce baiser car de bon matin je ne peux me résoudre à ne pas participer au jour

ce matin la fébrilité est de retour, comme hier comme avant hier mais l’amour qui me rend fou brille sur nos vies, il brille au coeur même de la nuit, du brouillard et des pluies acides de la corrosion qui dans l’atmosphère rogne ronge nos vies nos beautés brutes comme des parasites ils sucent s’installent au corps de nos mouvements et nos  ascendances, ils blessent

je ne veux pas te parler de cela mon Amour je veux te parler de ce qui nous réuni, de la force avec laquelle la vague nous a installé ensemble au centre du dispositif en pleine gloire et dépositaire de la lumière, les greffons d’or nous lient aux épaules, nous sommes au seuil de la courbe parvenus au faîte de cette roche du bonheur, cette trouée de l’exigence nous a laissé passer nous l’avions creusé toute notre vie avant de nous retrouver là exposés aux vents à la percée de l’étendue que rien n’arrête, soudainement sans effort dans cette immense apaisement le monde nous apparait infini et sans fracture ; ce moment serrés l’un contre l’autre où la braise s’est mise à parler où la bouche s’est ouverte le corps s’est attaché plus libre que Jamais ce moment là nous a détaché installé couronné mariage ma bien aimée noces et irradiés de la douceur la secousse la frappe la déflagration nous a laissé attendris dans la tendresse des flots d’azur le bleu divin de la parure et le rubis de nos regards le monde nous entourait révélé

et nous étions , le départ est comme une barque et l’océan nous enserre, à chaque instant nous pouvons couler enserrés comme d’un seul nos regards embrasés nos cils comme des filins qui nous relient à la voile, les dieux nous parlent et nous portent, traine dans la poésie notre œil le diamant d’ Isis dans toute chose que nous croisons

IL FAUT CROIRE

tu me parles de l’évidence et je ne peux nous concevoir qu’enlacés, la vérité, je ne peux concevoir de voile quand nous sommes nus et à l’aube je dégage les algues et les rejette doucement, je mets de l’ordre et je plonge les yeux dans ton corps qui dort j’y puise ma force,

 aujourd’hui le calme s’est fait ouragan, Ouranós étoilé et ciel est au loin le monde est une tempête quand nous ne savons voir quand nous abandonnons et ne voyons que le bruit et la masse opaque des sans couleurs, disparus ; autour de nous un seul répit, l’onde est douce et la buée rosée dans ton œil s’entrouvre dans un sourire , la reconnaissance, l’attendrissement au réveil, la violence est resté dans les fonds du sommeil, les limons de la fertilité retiennent nos vieux souvenirs s’en vont le long des courant sombrer dans les trous des échappées,

mon amour, il n’est qu’un mot même sans majuscule auquel je me rattache le quotidien sans discourir cette suite tranquille des petite tâches du grand effort , notre chaine d’or est si légère, elle nous pare et nous libère Ô paradoxe je pense à toi le balai et l’éponge rétablissent la vérité, les poussières élues se sont déposées, j’écris

il faut sourire

nous savons que le monde s’ouvre et nous poussons l’étrave, le flot nous accueille et celui des hommes recule, nous saluent les sourires se remettent à briller comme au temps de la communion l’eucharistie nous percevons sa bouche dans sa main et nous salivons, nous rattachant au monde, existe t’il un mot pour le dire sans crainte des répétitions

ô mon Amour nous sommes l’effroi

nous sommes l’espoir , la peur s’en est allée, nous avons cessé de trembler et nous nous trempons dans l’encre divine et nous écrivons dans notre feu notre embrasement

peut on parler d’embrasure ?

je perçois une porte, une ouverture , le volet est follet comme une luciole en respirant décharge les mottes où se s’est inscrit la pesanteur

je veux gagner du temps, hier soir avant de partir se coucher nous avons évoqué ce voyage, nous avons parlé de cote brisées et d’oppression, au réveil elles n’étaient plus, l’horizon est dégagé nous avons saisi les rames en nous embrassant

au loin le continent la rive est piégé par les tours et les détours, délimité ce tissage est lourd des coups de révolver, on y voit dépasser les hurlements dans le silence, mais qui peut craindre le silence, comme ceux derrière le talus, les nôtres nos frère d’embuscade nous attendant, que se dévoile le fleuve, lourd de nos morts il charrie la vieille terre

o mon amour, tu sais qu’elle nous rappelle que  l’ile des pleurs réclame la réjouissance, tu sais que nos mains déliées ont un recours dans les doigts et que file l’aiguille, les fleurs la traine des bosquets sont un parfum de résistance, le jasmin et le laurier la gentiane de la montagne  a  fait l’amour aux bougainvilliers

la règle stricte l’orgueil du pouvoir meurent dans un sourire, je suis là, j’ai renoncé à comprendre car je sais j’ai saisi et cela me suffit

même me nourrir me semble illusoire

hier la violence a tenté de faire irruption comme ces éclats de Sarajevo à Gaza, Madrid ou Belfast oublient la déflagration dans l’enfer pourquoi rester, résister ? je me suis accroché à la barre qui me frappait et nous avons roulé sur le coté sans lutte car mon poids a bouleversé elle est perdu la guerre ne m’entrainera pas

la révélation ton sourire et l’empreinte de ton corps sont mon sceau, je l’appose en embrassant le monde mon nom résonne et j’acquiesce, je prononce nous une prière, un mot magique

j’ai gagné le combat,  je ne sais pas comment m’y prendre mais pourquoi prendre ?    hier délesté de la colère j’ai croisé le pouvoir il  avait l’air affligé,  mon indifférence lui a paru inconcevable il m’a laissé en maugréant, il finira par comprendre et les regards des meutes ont enviés ma chair, je ne leur donnerai pas à mordre, comment vivre et passer outre, contrebande de la poésie la résistance dans les talons, la nuit nous protège et le petit matin

je n’en sais toujours pas plus même si nous sommes la risée si arrivés au milieu du fleuve plus rien ne peut rattraper. L’éclat de l’astre nous aveugle et nous baissons les yeux. La fierté non l’insolence.

 

d’emblée

L’antique n’est pas creuser mettre à jour les vestiges

c’est descendre en soi assaillir les traces qui nous dépassent

 

se soumettre

 

parfum au seuil

parvenir

l’accord à l’accueil, à genoux être le flot qui brise et rejoint

 

 

un pin a poussé sur la pierre comme une succion un élan soudain de l’air

la souche de l’olivier est gravée, porte les inscriptions de toutes poussées

 

les brassées de serments

le feu les pas ont gravés un chemin,

 

creuser non pour trouver mais reconnaitre

 

reconnaissance

cela est d’emblée de naitre de nouveau avec toi

ce ne peut être que toi

et ce n’était qu’à  être prêt ce moment où il fut décidé de se donner

toutes les lignes tracées revenaient à ce que je ne savais pas être ton œil

 

 

l’ellipse s’impose est contenue dans l’apostrophe, me jette à l’impulsion

 

 

naître n’est pas la souffrance

la découverte le premier braillement est de stupéfaction

creuser dans cette attente

 

quand le rapt a lieu

le divin s’en est emparé plus rien d’autre n’est permis

 

la contemplation

émerveillement

éblouissement

 

les mots alors ne mène qu’à toi quelque chemin que l’on prenne

le cœur n’a jamais fini de s’ouvrir

 

ni à rebours

mais une inspiration

digues qui cèdent

 

l’envahissement est absolu ne retient aucune fibre racine qui ne te sois dédiée

comment dire ce feu cet enflamment cet incendie l’embrasement

 

braise de la conversion

se gardent

évidence si définitive

 

 

 

saisir

Je suis allé grimper  la nuit sur le chemin qui monte quel merveille je me suis retrouvé dans cette émotion que j’avais enfant quand je partais la nuit dans la forêt l’esprit et  la porte du rêve les sens et éveillé dans la fraicheur le corps se hâte

retrouvé dans la voie lactée et toutes ces lumières les étoiles les pensées des dieux les lueurs bavardage de géant dont nous ne voyons que les perles

 

 

des temps est-ce le début ?

 

Permanence, la lumière par les points et mon corps qui se lave s’asperge les efforts lorsque tout s’est retiré laissant briller l’éclat

 

et le chemin qui accompagne l’ouverture d’un possible

le noir redevient lumière

l’espace heureux

 

vibrer de l’air le trait qui le traverse

 

 

Car le matin est proche et je tend ma main pour que tu la prennes et que naisse un sourire pareil au ciel ce soir

 

Un brin de tristesse comme si je m’étais cueilli

la vie fébrile va se poser et nos regards se croiser fondre peut être et se couler