Traversée du sommeil suspend la lenteur, dans cette chute, qu’est-ce, la mélancolie des souches et cette obscurité des fonds, les rafraichissements des lavis loin de l’aube, les éloignements des étalements des ombres et la lenteur de tout mouvement. Les attentions s’étirent, s’égarent hors des doigts de la séparation qui glissent, l’annulaire tombe à l’eau, la corne de brume pleure ne dit pas si l’attente referme les portes. La rencontre a bien lieu. Elle tire. Les cordes sur les lignes du quai de tout temps éprises de la ville, les lumières noient les flots. Obéir à ces injonctions tombe l’empire muet répandu d’immobilité, c’est ce que veut dire être à quai quand même embarquer participe de la même pesanteur.
Bosphorus Ferryboat Departing from Kandilli at Dusk, 1965 by Ara Güler
eh quoi ! être poète, n’est-ce pas tordre la colère à la couillonnerie qui chavire/ le charivari rue quand une vache vêle / odeur sensationnelle des bouses / Agapes destitutoires / d’un mot rappé apparait comme un sabotage alchimique / des glycines l’essence des portes qui grincent / l’antre quand passent les mots qui ouvrent / la colère est l’ivraie virile est bien là / mais le poète l’ingère / le monde est bien là mais il le broie dans ses boyaux / un pet odorant est pris pour un poème / alors que c’est son sourire à l’heure où il parle de vérité / de la diarrhée oligarchique / de l’empoisonnement quotidien des sangs/ de l’estime qu’il ravale de soi pour laisser passer l’écaille de sa phrase / coincée en travers de sa gorge la plume le poète y voit le taureau / le col de l’utérus dans le fil d’Ariane / tailladé et pour faire court il soulève la mêlée qui s’écroule faute de combattant / n’y voit plus que la réverbération de l’ensemble de la lumière / la violence qui fascine dans ce raccourci abstrait obstrue / dénouement du traditionnel Harakiri il déchire le papier en parlant et forcené le ravive / est parti hurler dans la montagne / d’un trait rageur y restera peut être
Se posait la question, tout simplement, de ce qui refusait d’entrer, et s’exprime sans effort. Il ne faudrait plus que presque rien, la littérature n’existe pas, ou pour un instant. Laisser passer l’entrebâillement. Je le dis mal, se tenant dans une attitude nonchalante, ne plus utiliser les mots et les tournures et guetter le passage de la lueur. C’est biffer, biffer, biffer, plus rien ne passe, aucune idée ne brille, plus de laque, pas non plus la suite de mots qui fait illusion, pas de grand voyage, laisse entrer sans mots, c’est l’heure de balayer inlassablement balayer, le peu. Je sens bien que je suis habité par tous les projets de ces mots, je regarde le nuage se former dans ma fatigue je laisse aller, je refoule la grande prévenance et l’attention, pas complètement cependant car je veille. Ma tension fait que je suis dressé mais attentif à seulement ce toucher du soleil et l’attendrissement des ronds de la nature. je ne fais qu’attendre, je me rempli de l’accord danse lors le monde est si simple, ne veut rien, ces torsades dans ma pensée font faire des phrases froncer les sourcil et dresser les oreilles, non qu’il y ait un danger mais cela m’irrite, j’ai toujours été irrité par le verbe « faire », je dénoue, j’opte pour vibrer l’air de mes naseaux, mon nez charge d’attention, mes mains que je laisse pendante comme un capteur de l’énergie qui frôle, et calmement je ne veux rien dire.
Zora Neale Hurston, and their eyes were watching God
La langue: mémoire d’usages communs. Finalement qu’est ce qui est « mémoire » ? Est, ce qui ramène et que certains partagent , à leur insu , sans qu’il y ait conscience de se souvenir,
La mémoire, une ligne d’eau que nous descendons, au seuil, le moment d’avant et que surgit les fils emmêlés, le flot et devant
Fiona Foley, soul fish
Car ce que j’ai en tête c’est la grande difficulté de celui qui ne se souvient pas, qui n’a pas la prescience de ce qui le précède, peuple, homme, lieu , temps incertain, étendu mouvante, vie, perméabilité des lieux qui pourraient être de tous les lieux, je vois là le pliage, reproduisant la trace dans la superposition du même sur la toile, approximativement approchant la teinte, la marque qui tourne et retourne , la mémoire pourrait être dans ce drap, fibres, recevant dans ce qui tord prime impression sans expliquer et que cela choque, exister suppose bien qu’il y ait eu un avant et de ces avants portent toute chose en une liée, qui oublient.
Le fleuve devant soi approximativement neutre mais nous sommes portés, nous ne voyons que des reflets et le regard scénarise, s’arrêter et apprécier.
Chaque mot appelle les teintes, les ombres, les fosses et les allusions s’ils sont réflexifs des tas qui les ont formé, dispersé en provenance des brumes qu’en énonçant et s’appuyant sur l’incertain, mais ne faisant peut être que progresser retrouve des traces, les apercevant mal et de toujours les effaçant, ne fait que piétiner inquiet de toujours retrouver à cet endroit non la reconnaissance des choses mais le départ de la piste, l’odeur est un indice, de courir l’exaltation retombe sur le sol comme le drap les mêmes surfaces. Cette envie pense échapper et dans la danse les renouvellements, se retourner sur son passage, étonné d’y retrouver les pots où l’on était tombé. La mémoire alors est là, n’est pas faite pour apparaitre mais suscite et c’est la chasse exaltée.