cou tordu

eh quoi ! être poète, n’est-ce pas tordre la colère à la couillonnerie qui chavire/ le charivari rue quand une vache vêle / odeur sensationnelle des bouses / Agapes destitutoires / d’un mot rappé apparait comme un sabotage alchimique / des glycines l’essence des portes qui grincent / l’antre quand passent les mots qui ouvrent / la colère est l’ivraie virile est bien là / mais le poète l’ingère / le monde est bien là mais il le broie dans ses boyaux / un pet odorant est pris pour un poème / alors que c’est son sourire à l’heure où il parle de vérité / de la diarrhée oligarchique / de l’empoisonnement quotidien des sangs/ de l’estime qu’il ravale de soi pour laisser passer l’écaille de sa phrase / coincée en travers de sa gorge la plume le poète y voit le taureau / le col de l’utérus dans le fil d’Ariane / tailladé et pour faire court il soulève la mêlée qui s’écroule faute de combattant / n’y voit plus que la réverbération de l’ensemble de la lumière / la violence qui fascine dans ce raccourci abstrait obstrue / dénouement du traditionnel Harakiri il déchire le papier en parlant et forcené le ravive / est parti hurler dans la montagne / d’un trait rageur y restera peut être

Cy Twombly, Wilder shores of love, 1985
Cy Twombly, Wilder shores of love, 1985
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