chat à la lune

Sous la lune le pont bouge

rouge les feuilles de l’érable

et la bouche qui murmure

blanche les fleurs du cerisier

blanche la peau sous le jais

la peau enjambe un pont

et l’amour coule en dessous

l’eau et les feuillages et le halo

rouge fièvre un chat à la lune

embrase les feuillus d’un sourire

 

Monet, le pont japonais
Monet, le pont japonais

 

Sous la lune

Si tu me demandes où je veux être

avec toi sous la Lune

Je t’attends sur le pont rouge

une larme coule de la Lune

Le pont rouge est une bouche

veut il manger la Lune ?

Sous le pont il y a une barque

celle où je t’emmène

l’eau et les fleurs et ton sourire

la lumière inonde la Lune

sur la rivière sur le vieux pont

nous regardons les feuilles passer

(à Megumi)

 

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brou brun

Dans le brou brun et l’immobilité je n’entends qu’un silence sans fin

Une voix doucement crève l’obscurité où l’on comprend « souffrance »

Voix frêle

Rester sur la ligne fragile qui nous maintient en vie
accumuler – sans cassure –

et revenir sur ce qui fait mal
n’est pas là où nous monte à la gorge le sel aux yeux
les larmes

veut dire que l’on ne lâche pas -étreint les larmes aux yeux

voix frêle rien ne survient elle est suspendue, survenante

quand celle mourante, qu’on croyait telle, sur son lit immobile, on se le dit se le redit, n’est presque plus là, ne mange plus, n’existe plus, te gène dans ta survie, quand celle-là même dans un effort, la voix enfin sortant, dit baisser chuchotement , je n’ai pas bien compris, veut dire « baiser » baiser répété bas comme elle dit je suis là , te reconnais , t’aime, est une claque dans le silence, étourneau absurde

veut dire affection, reconnaissance, souffrance ne parle pas
veut dire obstinément
voit partir, de partir, d’être vu partir, douleur de perte

rattrapée au vol et qui se brise
le vol se brise

en vol, quand les mots disent « t’ai reconnu », on ne croyait plus, ne voulait plus croire, entendre, pour survivre tourner la page

se retourner

que les mots surprennent, au pas de la porte que tu reviens
donner un baiser sur la jouetroublé et heureux, pour un instant sorti du néant
où « on », toi moi, dérivions.

Vive et fugace

Je pars d’une coquille vide

c’est qu’on a du l’ouvrir

mais qu’elle s’est enfuie

le sujet est donc féminin

à en croire la syntaxe

mais n’y aurait t’il pas confusion

 

Et pourquoi fume ou fumait elle ?

 

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Mario Giacomelli

Chaque être a des limites

il est difficile de savoir

why and how

de ce qui sont des traits

des ombres révèlent des éclairs

ils creusent

ce ne serait rien mais ils  bougent

entre nous et eux se parlent

 

Que se meut quand  je te sens m’échapper

de tout instant

 

 

Image fuyante et la réalité

un seul mot

brutalement lesté

repousse devant lui les peaux sales

que ne repoussent pas

sauf l’envie et le bruit

entre ces deux

un blanc et la respiration

tout s’engouffre

 

Le  réel nous flanque une gifle quand c’est la dernière heure

et que ça nous arrive

 

 

Je demande à ce mot de dire ce qu’il veut

que dire de plus

raide ou sèche

je pourrai m’étendre et c’est ce que je fais

mais c’est pour y mourir

sans rien d’autre du trop plein ni des aubes

que tu crois que j’aurai dit.

 

Soupir, les vagues

il faudrait aller au bord de l’eau jeter le filet

bien que l’on soit le poisson lancer l’appât de l’autre coté

 

Là il n’y a pas de chaloupe et la cote a pleuré

je ne suis pas pêcheur je suis venu jeter ma vie aidé du livre

 

Je me hâte de l’écrire avant d’être absorbé

le lancer à toute force ne dirait rien des rêves et de ma soif

 

Il vaut mieux pour moi murmurer la peau

à la nacelle des vagues dans leur élévation plus que le soupir

 

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Fou dans la mêlée

Dans un soucis d’élargissement dire que quelque chose devant soi devrait être ouvert pour qu’il puisse y avoir un devant, un lieu qui ne soit pas cet  obscurcissement,

en guise de souvenir

il ne faudrait pas laisser devant soi un espace sans l’éclaircir.

Une belle histoire s’apprête, on est sorti sans faire attention à la porte (a t’elle claquée ou non et y a t’il un cercle ou non)

dans l’air vif de la rue,

Et qu’importe si c’est l’hiver, dans une rue, il se passe tant, des gens s’animent. On s’interroge, que se passe t’il quand on croit qu’il ne se passe rien

et que l’on se trompe

que le sérieux finit par revenir

dehors la ville est rue

Ainsi poser la caméra et regarder, d’un œil plus grand et fixe que celui du poisson.

il n’y a pas encore de style

l’histoire n’est pas fixée

Pourtant c’est là, au delà de ce que l’on s’était fixé une fois la porte refermée, que se laisse aller la perspective jusqu’à ignorer les déterminismes à la façon d’un Google Earth qui amplifie les apparences de ce qu’il est possible de croire et se poser,

sur un arbre

ou sur le toit d’un building

je vais où je vais, par les airs, enfilant les trajectoires, contournant les parcs sans heure, il n’y a que la rencontre qui détermine,

sans verbe

comme si de toute éternité

j’étais là

au lieu du vieil eucalyptus

 

Autours ne sont que circonstances, on se frotte contre la brique, du moins l’œil voit,

il n’y a pas de nuages

qu’une vapeur informelle

Ciel bleu, mer bleuie, monstre marin, le manga n’est pas loin.

Un dialogue s’engage sans bulle, la phrase touche à son but, au but un corps à distance trace des extrémités cherchant à délimiter le propos et de la tête aussi les visas d’un voyage entrepris depuis longtemps, et rêvé des iles lointaines, là où le regard ne porte pas, au delà de l’avenue

La voix à l’intérieur se fait silencieuse, elle cherche à se connecter. Elle est devenue polyglotte

On eut dit

si l’on prête l’oreille

souffle au vent qui souffle

 

que survienne une Lune et que cesse le froid, la solitude, l’ambiguïté s’attable

 

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Qu’en est il alors du poème, qui dans cette émergence folle du moment à une existence, qu’en est t’il de l’histoire, de ce point esseulé sur la ligne, se pencher à la nuit, s’il n’y a pas le poème, et que souffle le saxophone, avec ou sans vent.

Une peau

Une main soumise dans la catastrophe des doigts sont enclins à penser, douce villégiature, courbe longitudinale, les neiges repartent dans une rasade longue, saccade de l’air secoue la chevelure, l’onde est défaite et tremble dans le toucher à la peau, revenant à Toi, la courbe des saillies s’ombre. La peau souffreteuse s’est tue, irradiations des sueurs sur les pores, comme une luge. Peu à peu, comme une ville soudainement élucidée, s’incarnent tous les points de nos affections, on est étonné des tremblements, ce corps sous l’œil et les doigts savants courent sur la nuque, d’un lait plus blanc qu’une rage joyeuse, fondre, voir, jaillir, étouffer le fracas de l’épiderme, se souvenir d’un blanc ondulant, sentir l’octave du sexe plus doux encore que la laque d’un rose appelant la navigation, doigt sur sa source, souvenue par les bords, dans le bain vert, le noir vient se perdre, la nacre s’emballe et convulsive, sur la bouche, rayonne l’attention d’un mont fier.

C’est l’honorer d’un pli poli, tige pressant sur les boutons prévenants du cerisier, de cognassier s’étoffant de la touffe de la lune.

cherry blossom (c) Masao Yamamoto
cherry blossom (c) Masao Yamamoto

Persan

Il faudrait, sans raconter puisque raconter éloigne

 

 

dire que j’étais sur la place

 

 

Zoom persan

où il y aurait un marché

allaitant

des gens pleins de bruit

causant

couleurs alléchantes

de fait léchaient lapaient sanglotaient

le chaland tripotait des choses pour rien, chose ne veut pas dire grand chose,

sur la photo il y aurait un collage tout mouvement et variété indifférents dans la besace

des provenances des directions des dynamiques des échanges des transactions des évolutions

marchandises dans le sac vrac de sac là on dit s’en mettre dans la poche et tête dans le cabas

je sirotais en songeant

aux draps

aux olives

au savon

à la récolte

 

j’étais sur la place et je flânais dans un livre

qui ne parlait pas du marché

pas de celui là

étant à mille lieues

j’étais seul étoilé au marché

je me prenais pour l’anis

et de fait les vieux étaient à l’anisette

parlant peu buvant sec

 

Opium

moi dans le livre tournais les pages le dos aux visages le corps aux corps et vaguement aux bruits souriant aux sourires possibles des quatre coin du monde : Arménie, Togo et même peut être de Sibérie

 

si ça se trouve on tombe

cassé comme l’eau sur les embarcadères du port

 

Tout cela n’a pas de sens et sans sens entame le sens que l’on a de son orientation.

Moment

Pente qui ne mène qu’à stable

sans être fixe nous a amené là

ce n’est pas un endroit

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sans être purement un état signifie un éclat du moment dans le mouvement