Même noire

Astre Lune
même noire

je lève les yeux
fondée au blanc

te songe
la courbe

je scande la ronde
j’aime te voir

nénuphar nimbus
l’ovale
la tendre

te prendre pour eau et rire

Angèle Etoundi Essamba, Dialogue
Angèle Etoundi Essamba, Dialogue

comme des crépuscules comme en plein jour

Mais surtout nimbée le soir
sur le mat blanc
le cygne
la lune soufflée
entre les bois sombres
elle pleure
bleu brillance du noir
ou l’ange main
grains de lune
il faut descendre plus bas que les seins
je les aperçois
glisser plus encore à l’eau
dans le corps mis à la blancheur
mate et mure
il dévale de cette douceur
soie brune

 
comme des crépuscules comme en plein jour

 

nakashima
nakashima

chat à la lune

Sous la lune le pont bouge

rouge les feuilles de l’érable

et la bouche qui murmure

blanche les fleurs du cerisier

blanche la peau sous le jais

la peau enjambe un pont

et l’amour coule en dessous

l’eau et les feuillages et le halo

rouge fièvre un chat à la lune

embrase les feuillus d’un sourire

 

Monet, le pont japonais
Monet, le pont japonais

 

tisonier

soufflet l’ardence  dans les draps soulèvent le souffle de la nuit

quand par la fenêtre les étoiles

une orange sans pelure acclame

 

comme une voile cinglante entre mes bras la douceur d’une Lune irréelle

entre tes jambes cette toison brille

tisons entredeux feux tes cheveux

 

les vents caressent par ce rideau les yeux clos aux couleurs du velours

tes mains consentent à la voie du lait

pour que dans l’obscurité je brule

 

quand la venue du jour doucement nous réveille et qu’argente l’olivier

entre les buissons accrochée aux épines

la lumière entre tes cils ranime la rosée