la pointe du phare

Changer le fauteuil de place. il est recouvert d’un plaid en peau de chèvre il regarde par la vitre vers la mer. La mer est loin. le ciel touche à la mer je vois ses mains ses mains humides de pluie de pluie et de brume. Le silence n’est pas pesant mais pèse comme la pesanteur fait tenir le livre dans la verticale la roche elle aussi est fichée dans la terre à l’oblique la terre est un coussin et les mousses et les lichens ne l’aident en rien elle se tient droit parce qu’elle est enfoncée de même les brindilles et les pierres couchées ne sont pas couchées dans un laisser-aller mais s’abstiennent. La pesanteur n’a rien prévu et le silence humide pèse. la grande fenêtre n’a pas de rideau, ne pas obscurcir l’espace hyalin, le mot à l’avantage d’ouvrir sur la distance cette échappée qui rejoint les terres celles du sud suivant la trace des sucriers et celles du nord, celle des fourrures et de l’érable, la trace commence ici on la suit depuis le ruisseau en ramassant deux galets de pierre et le jet sur l’eau ricoche pas assez loin cependant mais donne la direction comme un chien hume l’entrecuisse des rêves et il se met à courir . il faudrait prendre un bateau et arpenter le pont pendant des nuits et des jours de traversée. L’œil entrevoit cet écart plein de l’intention du passage caché. Tournant autour de l’arbre ou cerné par le pourtour de la fenêtre qui blesse la mer, tel est le passage, lien de fer et l’œil de givre selon que le mat tourne à l’ouest question de vent il fait frais ce soir et ces histoire débris du vent pendent sur les vies ne les habillent pas ni ne les décorent, ne les parent qu’au sens où elles s’en emparent, comme vue de mon fauteuil à la fenêtre j’entrouvre non les tulles mais l’eau la brume et la voile. Ma dame Bretagne qui m’attend à la pointechyal03 me fait de grand signes au revoir assise à la pointe du phare, je lui souris d’où je suis qui ne suis pas encore parti mais m’y apprête.

les liens

écorche tourment de la montagne

là où le regard est trait le cri couve

nuage pleure dignes lames de brume

l’orage et la mer brutale ceignent

les liens dans ma marche m’empêche de tuer

cascade

c’est lorsque la brume

envahie

que chasse la lumière

cinglée

les dents de la montagne

déchirent

c’est pendant l’orage

m’ébroue

que la ligne de crête

ou lorsque la pluie

dévie

la roche échancrée

dilue

Voir briller

Je te lance une corde

et tu en fait un pont

suspendu

entre deux eaux raides et deux poteaux

tu choisiras où l’accrocher

 

 

J’ai déjà eu l’occasion de te le dire

ma vie

ta vie est un tourment qu’il faut bien traverser

et dégainer

ton regard traine est une lampe dans la nuit

et le jour

et dans le clair obscur

 

 

Dans la brume le chemin oublie le long

l’ouvert et le profond

et l’enfance passée dans la sauvagerie

sur les marges

se sauver

nous allait bien qui pendait à la selle

qui nous appelait

qui nous voyait briller

même si c’était bien loin

et les pieds dans la poussière.

 

 

Le fleuve nous ramène un gout flétri de fleur

sous le brillant du jour

oublié

même si cela fait déjà longtemps.

Wu Wei

la grève

en rond des lèvres de l’eau

ne regarde pas

elle détourne les yeux

et parle fort

 

sur le chemin le long de la grève

je crisse

et je râle

non pas du dernier souffle des êtres vivants

mais du premier

quand je rompt

le cercle

 

 

et que je ne dors plus

que je n’écris plus

que les mots vaquent

libres

ou laissés tels

sans barbelés

calmes

 

 

comme le lac et la pluie

le monde autours attend

 

 

 

Mounture

Tout le problème est, trouver un espace plan où pouvoir marcher. le temps du langage ne doit pas s’encombrer serre la narration à raconter quand il y a tant à rencontrer , cela suppose l’emploi d’un présent à porter dans sa besace pas de gibecière car on ne prend rien, pas de nasse, une poche à tendre au premier venu et s’assoir, chique, ou ne pas s’assoir éviter de dire dit tout le problème à raconter est de laisser venir .

de dire sans vouloir dire permet de voir c’est pourquoi les mots s’échappent et rejoignent les arguments de la recette, on parle d’ingrédient et l’essor de l’instant échappe à la recette, pas de perte, la régénérescence dans le ciel les nuées des oiseaux

la brume de l’eau sous le mont, montent les poissons muets

c’est pourquoi il vaut mieux voir en vagues

qui même régulières sont autant d’assauts et culbutent prenant par surprise

laissent sèche  la roche

les pieds dans l’eau gardent l’esprit au frais

dans les yeux le pourtour de la couleur inscrit sans décrire avant de repartir.

Mount Stuart
Mount Stuart

il n’y a pas de plan

Non, ! la vie est si trouble que je n’ai pas de plan , la vie , ce que l’on entend par là est surtout un espace, d’où l’on prend, où l’on va, de plan ? j’entends par là l’horizon , un endroit où aller, dans l’imaginaire, est surtout un espace un endroit plus ou moins malléable qui s’étend où rencontrer et faire connaissance, réjouissance, sans effort qui suffise à faire de grands tours, un tour suffisamment grand pour qu’un ours à l’aise puisse rêver sur le dos d’une marguerite, fouler des mousses et marcher sur la queue de la peur, peur du double auquel je me heurte lorsque je caresse et cause aux murs. Il n’y a pas de mots pour le dire, une attente qui s’éteint face à une promenade close et la gène.

pastel
pastel

temple le monde

un mot me fait partir (me surprend)

« contempler »

l’éloignement sans distance cela surprend

mais dans la saisissure qui accepte le recul comme une composante du rapprochement

ni de loin

ni de près

mais dans le saisissement

silencieux

et respectueux

incroyable de saisir soi dans le mouvement

en suspend

à ce qui me dépasse

et que

sans saisir

je contemple

 

suppose l’étonnement non pas coupé mais relié

c’est cette religion du temple que je porte

lorsque je m’arrête

apaisé un tourment ramené en deux yeux

et une âme

 

je l’ai dans la nature

près de la rivière

et dans mon pas

dans la rencontre

et la conscience que c’est là

ce moment tout

ce lieu qui rejoint

rassemble

l’automne

la pluie

la brume

le ciel bas

ou les teintes conspire

à n’être plus qu’une

une encre dorée de noir

illumine

la fin de l’inquiétude

me fait passer les vallées

en un silence

 

les mots importants ne doutent pas ne sont pas des mots d’incertitude

d’écart

aéré entre les colonnes

ou simplement poignants

les mots importants n’en sont pas

car ils ne sont pas tus

comme quand je te vois

et que je contemple

incapable de n’en rien dire.

peinture , inconnu
peinture , inconnu

je regarde

évacuer le faux

la précision du mot

absorber

où ? comment

 

peaux

et prendre de la vitesse

permet de décoller

laisser les peaux pendre

et s’arracher les bribes

comme des peaux

sèches

s’effilocher dans le vent

ou l’altitude

ces cristaux luisent comme l’aurore

gaze de son

luisance grande

et vaste

ce turban de lumière

est plus comme une mère

dans les mailles le désir de partir

entoure

pour simplement être en mouvement

200001962
La petite ourse