caro des carolinades

La vie se jette à mes pieds et me supplie de l’aimer
-« je craque! »… et lui offre mes mots.

@ Caroline Legault
animatrice en scène, conteuse, auteure
www.carolinade.com

ti coup de pub !!!! à déguster avec un ti rhum ou une crèpe tartiné au maple syrup , un civet aux cèpes ou une soupe à l’aileron de requin ; au choix mais …. ALLEZ Y !

question,

en écoutant Jean Malaurie, en pensant à Eduardo Chillida, en … je me dis les questions que je me pose sur la vie, les hypothèses que je ne peux faire autrement de mettre en avant, à savoir que moi l’être humain ne suis pas venu ici pour faire tourner les centrales électriques et scintiller les boites à vivre à ma place , celles même sur lesquelles vous tapez en ce moment, celles même qui vous esquintent les yeux, et à travers lesquelles vous tentez de voir clair ou d’attrapper une mèche d’intelligence, voulant dire que j’espère que les deux yeux braqués tentent de subreptiscement dérober au flux électrique une étincelle flammèche qui rendra la vie plus intelligible et en fera une gerbe à porter sur l’autel du tombereau comme de beaux chrysanthèmes feu follet de ce qui aurait pu, si , les deux mains avaient cessé un quart photon seconde de s’agripper au clavier pour ne pas dégringoler dans la trop grande présence silencieuse …
Voulant dire , oui voulant dire , que tout cet attirail de secondes n’est pas qu’un pointage à la banque de l’existence , que ma venue criante au monde, non désirée et même ponctuée d’un hochement de tête à valeur assassine, que ma venue spontanée au monde a le hochement de nuque réfléchi d’un regard lent, l’infléchissement mesurée du geste qui offre la bienvenue et compte le conte des dix mille ancêtres ;, fourmi caïman à lhomme qui sait ce que c’est qu’humain,
humer l’accolade les doigts rassemblés,
mais il semble malgré tout que je ne comprennes pas , que quelque chose m’échappe dans le métro train du monde pétro euro dollar , il semble que mon regard dans le vague n’ai pas compri que ce n’avait plus cours, que mon oeil rivé au sang de la planète vivait de rythmes défunts, le pas reconnu les accents d’un langue ponctuent du hochement de celui qui reconnait qui sait la place de la montagne le genêt l’écho la myrtille le bêlement de la brebis le torrent qui descent l’abeille qui passe la saveur au végétal le plateau la mer l’étoile ,
alors tel Tristram je me suis mis à déblatérer comme une femme folle dansant sur un pied cette danse incompréhensible la mort d’un enfant mort-né de ne pouvoir respirer pollen tueur des artmosphères empoisonnés
je m’enfuis en hurlant élucubré,
il semble que ma langue ne soit plus compréhensible ,
que je n’en entende que l’écho que je ne peux traduire autrement que comme un babil aborigène dans le tintamarre métallique,
alors comme un fou qui aurait perdu l’heure je me mets à ramper pour trouver des preuves intangibles de l’existence incertaine des atomes s’accrochant à mon sang qu’une formule friable à glacer et que je ne peux soutenir, funeste épopée de mon cri qui arrache la gorge en lancinance éructée
il semble que personne n’entende et que je manque à l’appel .

mais le fou s’arrête de tourner et l’assemblé narquoise n’en peut plus douter , le fou cherchait à dire quelque chose , il est tant de l’écouter , et le silence répondit parle et le fou se mit à parler des mots qui ne voulaient plus rien dire et qui de nouveau retentirent …

Herbe folle, illustré par Anne Slacik

Angèle Paoli me signale :

À l’occasion de la publication de son dernier livre peint, Herbe folle, herbe hors d’elle (texte de Jean-Pierre Faye, lithographies de Anne Slacik, éditions Rémy Maure, 2005-2007), Anne Slacik organise une soirée de lecture avec Jean-Pierre Faye le vendredi 30 novembre 2007 à 19h00 à la galerie Meyer Le Bihan
108, rue Vieille du Temple
75003 Paris
Tél/Fax : 01 42 71 81 16 / 17
contact@gmlb.fr
www.gmlb.fr

Voir aussi :
– le site d’Anne Slacik => http://pagesperso-orange.fr/anne.slacik/dernieresexpositions_galeriemeyerlebihan.htm

tabula rasa

tabula rasa
forme blême cristaux de givre en alignement
oblique
cet épouvantail comme une larme
pend en haillon de fibres fines
la déchirure hagarde sol de gella brume lancinance brise vif
assauts
flancs entre l’air et la terre qui dort
est ce l’humidité cet étouffement d’un temps ressassant
impatients trois temps raves ramènent au matin l’incessant
vague voile de ce qui ne se laisse voir
parfois la langueur s’enrage et viole le temps qui stagne
rupture frêle
ce trajet parfois permettait des percées et le silence débouchait sur la lumière blanche ,
au loin une aspiration
rochers cordages ou crissements violoncelles
un départ horizontal au delà des brises à terre

étal un amas de roches symphonie et la douceur cristal les neiges abruptes

peut être
une niche au creux des vallées au pieds des blés
deux poteaux d’angles au toit parsemé de rouge
le chemin est à prendre se perdant dans les baies sauvages
mûres et chênes atlantiques au son du merisier de taille

élancent le pas à marcher
à pierres vertes et herbes
frémissements myrtille

un rythme renaissant

lumière


tenter de tracer le monde dans sa lumière,
Maldiney dit au sujet de Tal Coat
le monde nous apparait dans l’espace,
s’inscrit dans l’entendement humain
en résonance avec la lumière,

étale et relie toute chose sur le métier à tisser du voir
à la trame de nos sens
source, jaillissement de ce qui est
en aube finallement
l’or et l’émeraude conte et berce
une épopée de la conquête du jour
rythme et souffle comme un vent sans limite
ouvrent les crevasses de l’ombre
mélopée dans les mots chante l’être au jour
le vivant
entre corps et lumière
points du réel qui s’attouchant
accouchent
le bel imaginaire
sanglant toute voile dehors
dessine la cate d’un monde
enchanté
le pas de l’homme
franchit l’espace du vide
s’inscrit dans le passage
vide qui hors de la forme relie
permet l’incarnation
pointes lumineuses en ligne de contact établit la force
aura
entre la vue et le toucher
la danse de l’oeil préconise le mouvement de l’écorce
à déchirer l’espace

la provence m ‘aura amené à cela, l’expérience de la lumière comme foyer vivant à l’oeuvre…

l’humain à bride abattue

Au nom de quoi faudrait il ne parler que de « réalité » et qu’est ce que la réalité ? d’ailleurs ! je suggère plutôt que cette vision rétrécit le champs de vision, d’action de l’ humain ; être est infiniment plus que ce que le rationnel peut observer, c’est aussi en libérant tout une vie enclose que la « réalité » se fait jour.
Si la poésie et l’art en général a pour mission de dévoiler c’est qu’il doit y avoir tant de chose à dire, l’enclos de l’humain bride, écrire c’est sans doute aussi entrevoir cette mince raie de lumière ou d’ombre qui nous est caché, c’est ce magnétisme de l’art africain , c’est …. l’humain à bride abattue…

Il semble que l’on ne puisse s’aventurer hors des sentiers des balises du réel, …. car on nous en rabat avec le réel presque autant qu’avec le travail, c’est dire !!! hors du réel point de salut ni de grâce aux yeux des censeurs , ceux qui maintiennent l’écriture bien droite, en file de chiffres binaires bien alignés, en rangs aimantés de grille de fer,

Le réel est religion, l’occident s’est formé sur son observation et s’est creusé les orbites à le capturer, autre piège à ours pour mieux le dépecer de sa pelisse, croyant peut être s’en faire un manteau contre les rigueurs de l’existence.

en le découpant en carré de viande, c’est à une construction mentale qu’il nous invite.

Or qu’est ce que le réel ? la souffrance du monde que nous infligeons et qui nous revient en boomerang nous semble être telle que nous ne pouvons ignorer la réalité crue, qui s’impose au corps social,
L’époque moderne s’est appliqué à en découper les limites, elle a établit des normes, diminuant en cela les territoires de la réalité pour l’adapter, semble-t-il, à son usage. Le phénomène n’a fait que s’amplifier et nos auteur croient de bonne foi être au plus près de l’être, encravatés sur l’estrade du sérieux du sage et éloigner le royaume du fou à tracer cette ligne, sûre, de démarcation.
hors, quelle réalité ? car nous occultons le réel , tel qu’il est vécu ,
le dernier livre de Patrick Chamoiseau à cet égard, est extraordinaire ; en travailleur social qu’il est, l’écrivain se trouve en contact avec une fillette prostrée ; à y bien regarder cette prostration emmène dans tout un labyrinthe de réalité occultée, à l’œuvre depuis les âges dans les meurtrissures du corps , invisible ;
L’esclavage ancestral se tapissait dans l’esprit comme une cage aux dimension du corps, prostré, acoinné, et l’Histoire , la progression dans la mémoire, à force d’image et de fibre à vivre, vécu et à venir, se tisse traçant une géographie nouvelle de l’être au monde, ré-accouchement autrement, le corps différent, à craqueler les limites assignées, à reconnaître l’habitat maudit, à instiller une scénographie du vivre ,
à écruire …..

Le monde à force de revendiquer d’être visible , à force de démontrer sa visibilité à renfort de clip et de panneau publicitaire , le monde perd sa crédibilité, et son réel s’effrite, masque d’impuissance, imposé comme une grimace,
L’omniprésence du visuel est là pour cacher, succession de voiles du visible, anecdotes des vies qui se reflètent en pixel, qui de voiles en voile pourrait parvenir à imager , à voir en dessous…
au travers,
à traverser cet espace de passage qu’est réellement l’imaginaire,
Le mot désigne non pas la phantasmagoria, d’un Lewis Carroll par exemple, mais bien plutôt cet esprit à l’œuvre qui redessine les mailles du monde, tel qu’il est perçu dans la réalité que l’être propulse en feu artifice,
de manière exposée ou partagée, le groupe pense aussi à travers le tissage en image de l’en- monde , l’expérience partagée parle, d’absence, l’exil aux siens crie plus fort parfois qu’un coup de soleil , et pourtant l’homme, l’enfant, la femme exposé aux rayons du monde file aussi sa propre toile à la devanture de l’univers, comme expérience unique, fi parfois même de la filiatoile au fond du wigwam,
le réel se capte à la façon d’un pécheur de haute mer les deux pieds dansant au tangage de l’embarcation frêle et le filet plongé dans l’insondable de l’abîme en dessous ,
le monde , le réel comme abîme, seule réalité à l’aveuglette, voulant dire en cela qu’il n’est vide de recette pour être sur d’être en phase à vivre et à voir , voir , c’est aussi détourner les yeux et s’apercevoir alors que l’on ne s’y attendait pas; se soulevant de la couche de l’habitude au matelas de l’éblouissement ,
le mot , la phrase qui structure le monde peut aussi bien voiler et devenir code, grille de lecture d’apparat, costume cérémoniel, phrase magique que l’on profère en invocation rituelle, pelisse volée au dos de l’ours, si vivant, si tout, si gourmand de miel et là soudainement si plat sec et inutile, totem à l’homme devenu rêve d’ours,
le mot machane lui est jeu de piste, chant qui contient tant l’incertain de l’être au monde dans les recoins du gout, de l’odeur, de la musique de la saveur, au fin fond de l’accolade des recettes des mots-monde bout à bout, en osmose et dialogue rieur, de briller de vivre et lâcher au vent les rire sourires des lèvres qui s’ouvre à proférer ,

l’^être qui parle est vivant-réel dans cette énonciation.
Quoi de plus ? et tout ce reste en moins que l’on impose comme rempart à la réalité machane.

au port des mots en liasse

en écho au festival de Nina louve ce texte écrit comme une fantaisie jazzotée

au port des mots en liasse

Le reflet

des drapés de lune

pend

aux plis des branches

grave et grise

filasse

les croches en mailles

emplis

les cordes mâles

frappent

lisses

et rippent le long du manche

croassent

à tire

d’elle



car le chat huant

chouan ou chouette

bouc ou hibou

zèbre ou ours

peloche ou anchois



à jase

le loup grivois

ose

des coup de langue par en devant


il mime en torsion l’angle à l’œil du visage

il fait owl

en exagérant la poussée des dents



racle

réfrène

la frénésie

de

son

refrain

bas

résille


le saxophoniste, ému, c’est coincé l’anche alors qu’il tentait de s’arracher un poil nasal, ça m’apprendra à penser à Boris , il grommelle et zozotte; le bémol s’enraye, zag en zig … ol’Tom, lui, se met à chialer dans ses hoquets car Rosie c’est too much …



crevasse

en fut

de

lune

plaquée

l’écaille

enfuie

fer

ni

somme

ni

fer

jar au vert



rousse aux lèvres fendues

au col

et froisse

les décolletés tressés de fins des mondes

à la pleine moon

le halo

shine



et étrangement les blancs des seins des poulardes lui paraissent plus verts,

indubitablement les lauriers sauce dessinent des tranchées roses à

la lumière des lampions



tresse

ail

besse

caille

aux

fesses



au
soir

tombent

les

flocons

sangria

les groseilles

prêchent

rouges

pair

fusent

le jus jujube

« sangria »

l’ œil

myrtille

de sang


mais de tonnelle



il pense à Bunuel et ébroue ses pensées comme un saule pleureur rastafari qui se serait coincé l’œil sur les taches de rousseur rebondie d’une hollandaise rosie



la joie

s’ébroue

l’ heure

en bulle

tachète

en mas

haras

de

mouches

tiquent



amas aussi froid que ces escaliers qui descendent vers la nuit entre les colonnes touffues d’où jaillit l’inquiétude, verticale, le silence de l’ombre.




il rit

les plâtres riment au masque d’albâtre




en silence

car

tout est blanc,




or

c’en est presque odieux, indécent

cette mélodie lointaine émerge des statues flasques

le moule revient en plâtre mou d’avant la statue

au ralenti les sons

pas un bruit mais une déchirure bruyante,




man groove




Le bal démasque

s’affole

s’ébruite

l’ébriété




ce champagne se boit noir et les chips flottent

il se prend à tracer des chemins dans le sable et les bulles rayent le verre par effraction,

La brume se tord comme un linge que tu essores,




en

joute

il tangue

de mains

en

main

experte

mais

moites


comme tremblant de l’autre coté de la peur



les cils

touffe

en soie

au pli

pubère

des jambes

le doigt
lent

sillonnent

les

cotes

vers

l’échancrure

trapèze

d’échelle

en huit

de quatre

en six


mais il n’est que gondole au dessous.




Finalement la musique est triste et les cordes trempées, l’humidité de Venise en hivers et le prêtre roux n’a plus son archet,

quand aux bois entre les crocs des loups, les perdrix se sont enfuies…

Au ras
les
flots
l’air brisé
claque
et
cloque
se
voilent
les drapés

d’un miasme de fête.

La carne
colle
aux
voyelles
con
sonnent
et ut
et russe

voltigent les piges du journal en papier

les
robes
lourdes
les
lettres
crues
les
ruelles
torves

opalescence

 


une luminosité
un espace
voir le monde comme lumière vaste
étale
les éléments majestueux entrecroisent la couleur
opale
simple son du mot
dans l’espace signifiant
redonne au regard sa pensée
méditerranée
proche des toujours
le visage de mer atteint au ciel
et mélange
espace
ampleur
où l’humain navigue
le sourire observant la danse
traçant son orbite
bleue

Jacques Rabemananjara

… »Je te reconnais entre cent, entre deux,
Je te reconnais entre mille à ton clin de cil prémonitoire.

Je te reconnaîtrais entre mille entre millions au seul pli du lamba
jaculatoire

O semence ! O mystère ! O germination cosmique de la graine !
accord parfait des reins en râle !
et Toi fécondité
des ventres tout à coup graves comme la mort et doux de la
douceur de la paupière des pintades.



Happés nous sommes happés broyés nous sommes broyés
engloutis sans appel dans le vagin vermeil des triples telluries…. »

(Jacques Rabemananjara, oeuvres complètes poésie, Présence africaine)

comme j’aime ce grand poète malgache que michel Leiris dans « zèbrage » d’un coup de sublime indicateur des ailleurs en parole m’a indiqué , traçant en cela un chemin ,
ce texte « Lamba » mon préféré, fait pénétrer dans une poétique de la vérité profonde de l’être , se révolte contre le grand désidentiteur qui brade tout l’humain au marché aux puces du recyclage,
Le grand Césaire fera de même ,
brêche ouverte, le surréalisme en Europe , car je pense à tout ce mouvement de redécouverte de soi qu’ont eus les slaves , aussi bien en poésie qu’en musique qu’en être , sublime reconquête non achevée aujourd’hui , tragédie de notre Europe aux franges dont je suis, réticente à l’assimilation des grands flux impériaux raseurs de mondes apaisés et des vallées cachées,
réaction à l’horreur de la guerre et à ce grand monde vorace qui engloutit tout sur lui même, le surréalisme l’apprit aux colonisés, frères, eux aussi victimes de la violence éradicatoire, arrachés de la profondeur constitutive , comme un vieux masque sculpté à l’être en racines aggripantes aux cotes des morts, fibres de l’appartenance, retrouvèrent dans l’ appel aux rêves des profondeurs de l’inconscient, transe de l’homme moderne et pont jeté sur la disparition en gouffre du mythe,
eux y virent ce retour salvateur des laves si profondes , combustion de l’être comme un kérosène premier,
le mythe en appelle à la langue dans le souffle et le rythme, raccroche à la densité, à la vérité,
si l’on y pense bien, l’ère de la consommation et de la production industrielle, odieux mots, clament la victoire de l’insignifiant, de la disparition du soi, insupportable à l’homme perdu qui porté par le flot du mot , oralité retrouvée au sein du livre, de nouveau vivant et libre au sein de la langue invocatoire , devient parole , redevient parole ployante au vent de la trace de l’être .

un livre consacré aux auteurs conduits par césaire, nous le fait comprendre , et je m’accroche à la suite, en plein accord, idée soudée à mon imperceptible obscur préssentiment, inséparable de mon être au monde, exil, sublime sens de l’attachement , (Derouin, à suivre, entre exil et enracinement nécessaire,; moi un enracinement vers son horizon…)
voila ce que dit la notice du livre , L’écriture Et Le Sacré – Senghor, Césaire, Glissant, Chamoiseau Collectif Universite Paul Valery ,

et qui m’éclaire :

 » Ce livre prolonge et approfondit les Collectifs Un autre Senghor (1999) et Sony Labou Tansi, le sens du désordre (2001) publiés dans la même collection de l’Axe francophone et méditerranéen du Centre d’étude du XXe siècle. Réunir des écrivains africains et antillais dans un même livre, c’est prendre au sérieux ce que Patrick Chamoiseau a souvent affirmé : il y a, entre eux, à la fois d’incontestables filiations en même temps que des problématiques culturelles et des poétiques très différentes. Le thème de l’écriture et du sacré permet de bien comprendre ces ressemblances et ces variations. Un premier contraste, classique, oppose Senghor à Césaire, le poète nostalgique du mythe et de l’épopée à celui des arrachements et des ruptures qui déchiffre le Sacré dans le coeur noir de la langue, dans les syncopes et les abruptions du rythme. Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, quant à eux, s’ils ne renient pas l’héritage de la négritude, leur part africaine, comme ils disent, font face à un danger plus contemporain et, au fond, plus difficile à combattre : celui d’un tarissement possible de la diversalité du monde, d’un désenchantement (qui oeuvre au coeur même du symbolique et de la langue). L’écrivain retrouve alors une vocation fondamentalement romantique, dans une attention constante à la poïesis du monde et des mots : expérience d’un Sacré que l’oeuvre, sans cesse, réinvente, en une nouvelle alchimie rimbaldienne du Verbe. »

voila un peu quelques pistes qui me relient à ce grand écrivain malgache, essentiel,
car il recherche dans la chair même de la parole le sens du vrai , mutine à l’encontre de l’aliénant, clame la force irréductible du vrai et ouvre un espace poétique d’une sensualité ouverte à l’échelle cosmique ,
dépouillement de vie !….

Mayra Andrade

et toujours encore mon amour du Cap Vert , filles de la beauté océan , Afrique dans la douceur mélancolique de la tristesse torride, oh
ma joie africaine !

Regasu

Mórna k-um konxé
Inda mininu na regasu
Na óra di dispidida um kré també
Uvi-b oh morna !
Bo seiva,
Invadi-m nha korasom sem limit
Ai si um pudéss,
Bibé um káliss d’bo meludia !
Bo feitiss ta infeitisa-m
Bo prága t’amaldisua-m
Bo séka ta seka-m nha peit
Más mésmu asim ja-m kre-b oh mórna !


Sein maternel

Morne , toi que j’ai connue
Alors que je n’étais qu’un enfant blotti contre le sein maternel
Lorsque je m’en irai,
C’est toi, ô morne, que je voudrais encore écouter !
Ta sève
Subjugue mon cœur,
Ah si seulement je pouvais
Étancher ma soif à la coupe de ta mélodie !
Je suis prisonnier de tes sortilèges,
Damné par tes malédictions,
Et ma poitrine est oppressée par ton obsédante présence :
Mais cela ne m’empêche pas de t’aimer, ô morne !