Langagière animale

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© L S 2008

Anthropomorphe, ce conte l’ improbable de la parole
l’eau le sable c’est l’esprit qui s’insinue
le grand rire sans limite imite la fronde des fétiches

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© L S 2008

à bien regarder la terre et l’air on y voit le famillier
pourtant seule la matière ne s’y émet
babil le langage décline les éminences entrevues

fleur ?

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© L S 2008

est ce la fleur, ce bourgeonnement entre les règnes
cette élancée là ou les contraire pourraient se diluer
l’éblouissement précipite l’écart et  le vide à rebours

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© L S 2008

cet enlacement subtil ce n’ est que l’échange des salives
les chromosomes innocents de l’embrassade du vivant
la transparence, cette grammaire vive des anagrammes

Poussière du chemin

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© L S 2008

Poussière faîte  du chemin, les pas entrainent l’homme dans le pas
les strates cette route de corps où se porter
alentour volent ce voile de lumière, tremblement du mouvement

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© L S 2008

durcissement d’un tempo, le corps  cette tracée à l’espace
la fulgurance entaille au réel
ce peu qui  survit à l’embranchement de la soif des temps

passion du regard

la traduction ramène à la langue du lecteur au lieu de faire visiter la langue de l’autre , la vraie, celle de l’espace unique qu’elle ouvre. Ce serait et c’est parfois un sublime effort poétique que d’augmenter la langue de l’espace de l’autre .


© Chillida, oeuvre gravé, Maeght/

texte de Jorge Guillen, « mas alla »; Aire nuestro

© L S euca6 2007

conférence de clôture du cycle VOIR OU ENTENDRE par Renaud Ego (Une légende des yeux) organisée à la Galerie LA NON-MAISON , 22, rue Pavillon – 13100 Aix-en-Provence

merci à Nathalie Riéra et Angèle Paoli d’en avoir parlé ,

je semble me reconnaitre dans la pensée de renaud Ego , l’écrivain poète essayiste qui collabore à la « pensée de Midi » désire comprendre le regard, la vision, les apparences du monde, :

« Par nos yeux, plus que par tout autre sens, le monde entre en nous qui sommes en lui ; nos yeux nous mettent au monde, à l’instant où ils nous emplissent de lui, et nous voilà bientôt sans plus de limite, moins enveloppés de notre peau qu’exposés à l’échange incessant que suscite notre être poreux. »

oui il semble que cette pensée me soit proche , de plus il va par le monde à la rencontre des arts des hommes, signes ; mais c’est le terme de pensée qui me dérange , car par la pensée, à moins qu’elle ne soit « poétique » en elle même, l’homme plutôt que de se laisser être poreux , tente de s’emparer du monde , pour moi la peinture et la poésie tels que je les conçois laissent le monde être dans sa propre langue, la suscitant et en s’en augmentant.

Sa pensée avec celle de Henri Maldiney est cependant une des plus proche à ce # près .

Herbe folle, illustré par Anne Slacik

Angèle Paoli me signale :

À l’occasion de la publication de son dernier livre peint, Herbe folle, herbe hors d’elle (texte de Jean-Pierre Faye, lithographies de Anne Slacik, éditions Rémy Maure, 2005-2007), Anne Slacik organise une soirée de lecture avec Jean-Pierre Faye le vendredi 30 novembre 2007 à 19h00 à la galerie Meyer Le Bihan
108, rue Vieille du Temple
75003 Paris
Tél/Fax : 01 42 71 81 16 / 17
contact@gmlb.fr
www.gmlb.fr

Voir aussi :
– le site d’Anne Slacik => http://pagesperso-orange.fr/anne.slacik/dernieresexpositions_galeriemeyerlebihan.htm

lumière


tenter de tracer le monde dans sa lumière,
Maldiney dit au sujet de Tal Coat
le monde nous apparait dans l’espace,
s’inscrit dans l’entendement humain
en résonance avec la lumière,

étale et relie toute chose sur le métier à tisser du voir
à la trame de nos sens
source, jaillissement de ce qui est
en aube finallement
l’or et l’émeraude conte et berce
une épopée de la conquête du jour
rythme et souffle comme un vent sans limite
ouvrent les crevasses de l’ombre
mélopée dans les mots chante l’être au jour
le vivant
entre corps et lumière
points du réel qui s’attouchant
accouchent
le bel imaginaire
sanglant toute voile dehors
dessine la cate d’un monde
enchanté
le pas de l’homme
franchit l’espace du vide
s’inscrit dans le passage
vide qui hors de la forme relie
permet l’incarnation
pointes lumineuses en ligne de contact établit la force
aura
entre la vue et le toucher
la danse de l’oeil préconise le mouvement de l’écorce
à déchirer l’espace

la provence m ‘aura amené à cela, l’expérience de la lumière comme foyer vivant à l’oeuvre…

aslé

Oui le peintre et le poète se parlent souvent et pourquoi renoncer l’un à l’autre?
Je n’ai pas écrit pendant toutes ces années où écrire pour moi était une intention mentale et desséchée,
sans corps,
j’ai peins alors et beaucoup lu, me nourrissant de mots ; beaucoup regardé,
la peinture, elle, était charnelle et parlait directement à l’épaisseur de l’homme que je ressentais en moi, que je voulais dire, je vibrais le monde à la peinte de mon couteau ! la pâte s’étalait en chant !
et puis il y avait la musique, qui habitait de l’intérieur tout ce qui irradiait du monde , intérieur et extérieur, j’ai rêvé et tenté d’écrire comme la clarinette de Jimmy Giuffre jouait en oiseau , j’ai rit à l’accolade de Vinicius de Moraes qui me contait les histoires de son Brésil cordial, aux ailes de l’Afrique… et tant d’autres…
et puis il y eut le geste , le théâtre qui m’a aidé à propulser la voix qui restait coincé au fond de la gorge, dans les tranchées d’une guerre froide entre le je et le nous, me retrouver sur le devant d’une scène, assumer mon corps et piailler ma voix m’a donné le gout de dire et fait passer du coté de l’oralité, jusqu’alors refoulé, en rejeton de bersolari que je suis, à l’aube de ma peau en crevasse rocheuse,
ma fascination pour mes frères premiers, aborigènes, peuls, Inuits, antillais a pu trouver forme dans une modernité où la peau du présent s’ouvre profondément dan la parole antique, que je porte, chamane
ma voix , je la retrouve maintenant et la mets au service de ma propre intériorité,

masque , dévoilement, suspension des ordres du vivant en macabre carnaval , de joie!

je n’ai pu retourner à l’écriture que armé de ces forces nouvelles.

Réembranché de tous ces cousinages qui me relient à certains poètes, peintres, hommes de théâtre, refusant la parodie et la dialectique mais plongeant dans le sang de la voix à travers les filtres insondable de ce qui est, indubitablement et imperceptible,

comprenant mieux ce qui m’habitait et ayant l’étoffe pour l’assumer ,

l’écriture pour moi est parente de l’oralité , les deux frères ennemis , la parole et le livre , si différents, peuvent prendre des chemins pour se rejoindre, et « muer » …
c’est ce que nous montre ces écrivains d’ailleurs pour qui la parole est vivante, libre et répondant charnellement à l’influx du monde, aux forces qui nous entoure, ( à écouter l’interview de Jean Malaurie sur mon podcast)
le livre, la bible et la religion, le fait de consigner dans une forme définitive ce qui est vivant, avant tout libre, hors de toute contrainte, figé dans une forme momie de la stature de l’homme , immobile, obscure car coupé de ce qui est …

Il fallut retrouver le vide, espace nécessaire à l’acte de tracer , de développer une parole , espace écrin qui accueille et impulse une énergie du vivre
où habiter et ouvrir le pas du chasseur, cueilleur, poète berger, le monde à portée de pas , à embrassade de pensée!
mes lectures, entre autre celles de Marcel Jousse et Jack Goody et tant d’autre, m’ont susurré que j’avais raison … et marcher en avant de chanter le sentier de la terre, être, en mouvement, en inscription dans le champs de l’univers,
simultanéité et temps englobant.
Le chant des piste de l’ami Bruce, si éclairant sur l’ouvert de l’homme avant qu’il ne soit encagé !

L’écrit définitif pour moi est froid est faux, vain, ne vaut que comme habit dérisoire dont on se pare l’espace d’un instant dans un apparat d’éternité.
Donnons la vigueur de la voix et l’épaisseur de la pensée à ce qui nous traverse, en ouverture sur le monde, en peintre, sans doute …
missing you

 

notes de lecture:
marcel Jousse : anthropologie du geste , gall ; Jousse est le fondateur du « mimisme » , l’homme mimerait l’univers par le souffle et le rythme, fascinant,
jack Goody, la raison graphique, la domestication de la pensée sauvage et autres livres, minuit; goody est fasciné par le passage des sociétés orales aux sociétés de l’écrits , dont la logique est inconciliable.
bruce Chatwin, le chant des pistes , grasset, le grand voyageur face aux aborigènes s’interroge sur l’univers vu comme un trajet mémorisé par des chants et toute une cosmogonie s’y afférant , passionnant , dès lors l’art serait un jeu de piste pour marquer son trajet dans le temps et l’identité, entre autre,
Jean Malaurie, les dernier roi de Thulé , terre humaine , les inuit et la sagesse ancestrale de ces peuples fascinants
peter brook, jimmy giuffre, etc… On n’en finirait pas

 

 

Anne Slacik

Anne Slacik

j’ai reçu une invitation à cette magnifique exposition de Anne Slacik à la maison Triolet/Aragon, j’ai été saisi par cette peinture puissante et sobre qui nous offre un voyage dans la couleur et l’espace, nous invite à nous immerger dans l’essence même de la nature, à participer à cette magie dans l’acte de peindre,
Voila une peintre qu’il faut absolument connaitre, d’autant plus qu’elle a travaillé avec beaucoup de poètes.

à visiter son site qui nous réserve de magnifiques surprises ,
quelle superbe découverte , merci internet !

exposition LONH-Peintures Maison Elsa Triolet – Aragon , St Arnoult en Yvelines

du 10 février au 15 avril 2007

www.maison-triolet-aragon.com

 

( à noter mais je ne sais pas si cela a un rapport , que le titre de l’exposition , LONH, est aussi le titre d’une superbe composition pour violoncelle de la superbe compositrice finlandaise
Kaija Sariaaho)

bernard noël

Bernard Noel peintre

réflexion très interessante sur l’art et la peinture de Bernard Noël at http://tessons1.canalblog.com/archives/2007/02/21/4069617…

ces quelques réflexions me semble nous faire réfléchir profondément à l’attitude face à l’art , la réalité , soi et aller retours car mon impression est que l’on revient en boucle au point de départ sans jamais pouvoir se perdre de vue , mais la posture est passionante

dire l’entrevu

poésie de peintre : Pierre Tal Coat , traverse d’un plateau , extr.

Traverse d’un plateau

Terre source au matin
terre sonore du midi ou tout s’écrase
terre de la fin du jour où tout s’exhume
partage d’ombre et de lumière
rebond de présences jaillissantes

l’espace et la lumière sont un

ainsi tout flotte et dérive lentement
et la lumière et l’ombre
et toute chose
en cette lumière et cette ombre

telle une voile gonflée
le ciel traverse
et déborde tout
mais rien n’est écrasé
tout est suspendu
et les lointains sont proches

homme pareil à son ombre
qui va au bout des champs
et comme porté sur l’eau et dans le ciel
échelle mouvante dressée sur l’arrête de la courbure.

( pierre tal coat , éd.maeght , l’éphémère 5 )