lumière


tenter de tracer le monde dans sa lumière,
Maldiney dit au sujet de Tal Coat
le monde nous apparait dans l’espace,
s’inscrit dans l’entendement humain
en résonance avec la lumière,

étale et relie toute chose sur le métier à tisser du voir
à la trame de nos sens
source, jaillissement de ce qui est
en aube finallement
l’or et l’émeraude conte et berce
une épopée de la conquête du jour
rythme et souffle comme un vent sans limite
ouvrent les crevasses de l’ombre
mélopée dans les mots chante l’être au jour
le vivant
entre corps et lumière
points du réel qui s’attouchant
accouchent
le bel imaginaire
sanglant toute voile dehors
dessine la cate d’un monde
enchanté
le pas de l’homme
franchit l’espace du vide
s’inscrit dans le passage
vide qui hors de la forme relie
permet l’incarnation
pointes lumineuses en ligne de contact établit la force
aura
entre la vue et le toucher
la danse de l’oeil préconise le mouvement de l’écorce
à déchirer l’espace

la provence m ‘aura amené à cela, l’expérience de la lumière comme foyer vivant à l’oeuvre…

aslé

Oui le peintre et le poète se parlent souvent et pourquoi renoncer l’un à l’autre?
Je n’ai pas écrit pendant toutes ces années où écrire pour moi était une intention mentale et desséchée,
sans corps,
j’ai peins alors et beaucoup lu, me nourrissant de mots ; beaucoup regardé,
la peinture, elle, était charnelle et parlait directement à l’épaisseur de l’homme que je ressentais en moi, que je voulais dire, je vibrais le monde à la peinte de mon couteau ! la pâte s’étalait en chant !
et puis il y avait la musique, qui habitait de l’intérieur tout ce qui irradiait du monde , intérieur et extérieur, j’ai rêvé et tenté d’écrire comme la clarinette de Jimmy Giuffre jouait en oiseau , j’ai rit à l’accolade de Vinicius de Moraes qui me contait les histoires de son Brésil cordial, aux ailes de l’Afrique… et tant d’autres…
et puis il y eut le geste , le théâtre qui m’a aidé à propulser la voix qui restait coincé au fond de la gorge, dans les tranchées d’une guerre froide entre le je et le nous, me retrouver sur le devant d’une scène, assumer mon corps et piailler ma voix m’a donné le gout de dire et fait passer du coté de l’oralité, jusqu’alors refoulé, en rejeton de bersolari que je suis, à l’aube de ma peau en crevasse rocheuse,
ma fascination pour mes frères premiers, aborigènes, peuls, Inuits, antillais a pu trouver forme dans une modernité où la peau du présent s’ouvre profondément dan la parole antique, que je porte, chamane
ma voix , je la retrouve maintenant et la mets au service de ma propre intériorité,

masque , dévoilement, suspension des ordres du vivant en macabre carnaval , de joie!

je n’ai pu retourner à l’écriture que armé de ces forces nouvelles.

Réembranché de tous ces cousinages qui me relient à certains poètes, peintres, hommes de théâtre, refusant la parodie et la dialectique mais plongeant dans le sang de la voix à travers les filtres insondable de ce qui est, indubitablement et imperceptible,

comprenant mieux ce qui m’habitait et ayant l’étoffe pour l’assumer ,

l’écriture pour moi est parente de l’oralité , les deux frères ennemis , la parole et le livre , si différents, peuvent prendre des chemins pour se rejoindre, et « muer » …
c’est ce que nous montre ces écrivains d’ailleurs pour qui la parole est vivante, libre et répondant charnellement à l’influx du monde, aux forces qui nous entoure, ( à écouter l’interview de Jean Malaurie sur mon podcast)
le livre, la bible et la religion, le fait de consigner dans une forme définitive ce qui est vivant, avant tout libre, hors de toute contrainte, figé dans une forme momie de la stature de l’homme , immobile, obscure car coupé de ce qui est …

Il fallut retrouver le vide, espace nécessaire à l’acte de tracer , de développer une parole , espace écrin qui accueille et impulse une énergie du vivre
où habiter et ouvrir le pas du chasseur, cueilleur, poète berger, le monde à portée de pas , à embrassade de pensée!
mes lectures, entre autre celles de Marcel Jousse et Jack Goody et tant d’autre, m’ont susurré que j’avais raison … et marcher en avant de chanter le sentier de la terre, être, en mouvement, en inscription dans le champs de l’univers,
simultanéité et temps englobant.
Le chant des piste de l’ami Bruce, si éclairant sur l’ouvert de l’homme avant qu’il ne soit encagé !

L’écrit définitif pour moi est froid est faux, vain, ne vaut que comme habit dérisoire dont on se pare l’espace d’un instant dans un apparat d’éternité.
Donnons la vigueur de la voix et l’épaisseur de la pensée à ce qui nous traverse, en ouverture sur le monde, en peintre, sans doute …
missing you

 

notes de lecture:
marcel Jousse : anthropologie du geste , gall ; Jousse est le fondateur du « mimisme » , l’homme mimerait l’univers par le souffle et le rythme, fascinant,
jack Goody, la raison graphique, la domestication de la pensée sauvage et autres livres, minuit; goody est fasciné par le passage des sociétés orales aux sociétés de l’écrits , dont la logique est inconciliable.
bruce Chatwin, le chant des pistes , grasset, le grand voyageur face aux aborigènes s’interroge sur l’univers vu comme un trajet mémorisé par des chants et toute une cosmogonie s’y afférant , passionnant , dès lors l’art serait un jeu de piste pour marquer son trajet dans le temps et l’identité, entre autre,
Jean Malaurie, les dernier roi de Thulé , terre humaine , les inuit et la sagesse ancestrale de ces peuples fascinants
peter brook, jimmy giuffre, etc… On n’en finirait pas

 

 

Anne Slacik

Anne Slacik

j’ai reçu une invitation à cette magnifique exposition de Anne Slacik à la maison Triolet/Aragon, j’ai été saisi par cette peinture puissante et sobre qui nous offre un voyage dans la couleur et l’espace, nous invite à nous immerger dans l’essence même de la nature, à participer à cette magie dans l’acte de peindre,
Voila une peintre qu’il faut absolument connaitre, d’autant plus qu’elle a travaillé avec beaucoup de poètes.

à visiter son site qui nous réserve de magnifiques surprises ,
quelle superbe découverte , merci internet !

exposition LONH-Peintures Maison Elsa Triolet – Aragon , St Arnoult en Yvelines

du 10 février au 15 avril 2007

www.maison-triolet-aragon.com

 

( à noter mais je ne sais pas si cela a un rapport , que le titre de l’exposition , LONH, est aussi le titre d’une superbe composition pour violoncelle de la superbe compositrice finlandaise
Kaija Sariaaho)

bernard noël

Bernard Noel peintre

réflexion très interessante sur l’art et la peinture de Bernard Noël at http://tessons1.canalblog.com/archives/2007/02/21/4069617…

ces quelques réflexions me semble nous faire réfléchir profondément à l’attitude face à l’art , la réalité , soi et aller retours car mon impression est que l’on revient en boucle au point de départ sans jamais pouvoir se perdre de vue , mais la posture est passionante

dire l’entrevu

poésie de peintre : Pierre Tal Coat , traverse d’un plateau , extr.

Traverse d’un plateau

Terre source au matin
terre sonore du midi ou tout s’écrase
terre de la fin du jour où tout s’exhume
partage d’ombre et de lumière
rebond de présences jaillissantes

l’espace et la lumière sont un

ainsi tout flotte et dérive lentement
et la lumière et l’ombre
et toute chose
en cette lumière et cette ombre

telle une voile gonflée
le ciel traverse
et déborde tout
mais rien n’est écrasé
tout est suspendu
et les lointains sont proches

homme pareil à son ombre
qui va au bout des champs
et comme porté sur l’eau et dans le ciel
échelle mouvante dressée sur l’arrête de la courbure.

( pierre tal coat , éd.maeght , l’éphémère 5 )

écrits de peintre

mots de l’oeil ?

je trouve que les peintres ont souvent un regard qui ,s’ils écrivent , donne une poésie particulière ,
c’est le trajet de l’oeil à la main , via la pensée qui en fait cette chose si spéciale ,
un recueil d’Henri Michaux (à distance) semble comme des tableaux en mouvement , proches des premiers Zao Wou Ki . Juste retour des choses car michaux à écrit des très beaux poèmes sur des toiles de Zao wou ki
l’espace vibrant du mot, la peinture comme une intention de dire , connivence naturelle , tout cela est bien mystérieux!

à écouvrir la poésie en catalan, l’oreille pour moi se fait oeil comme celles, traduites, des poésies du peintre Rafols Casamada :

limites

la ligne de partage

entre lumière et ombre

cascade inconnue du hasard

lumière du geste et du mot

près de frontières invisibles

jeu

d’espace ou le désir et le doute

se superposent

lueurs nocturnes

dans des miroirs brumeux

(extr. angle de lumière , R C )

chant

La réflexion sur la forme et la relation à l’entour, la question de l’espace m’a amené à considérer le repos vierge de la feuille comme l’endroit de la manifestation, les chinois diraient de la transformation.
La question : « que puis je dire du monde ? » me centre dans le domaine de la parole ouverte et non contraignable

je retrouve ce peu que le peintre est capable de fulgurer face au réel; cette rapidité instantanée où ‘s’en réfléchir’ il zèbre le présent, en affirmation sur le fil, et cette autre attitude, très espagnole, oû il va plonger dans la densité de la matière, le tellurique, l’abstrait, l’indistinct, où il s’efforce de rapter le sens au hasard du réel , dans une présence écrasante,

Mais ma peinture a besoin d’une autre dimenssion : « habiter »

Le geste, en écriture, comme une parole, comme une danse, comme une voix qui vient dire ce que le ventre renferme de potentialité affective, je ressens , tout cela m’habite quand je te vois …

La prégnance du corps va se faire poussée pour exprimer dans le lâcher la tension qu’il y a à être, à exprimer les artères, les muscles du vivre,

En avant vers ,

Comme dirait Guillen , le corps va devenir expression en mouvement , geste-rût , la peinture comme la trace du vivre,

Est ce suffisant ?

Peut on rendre compte du vivant et de la présence uniquement libérant le corps en équilibre entre les forces du monde, cherche à s’immiscer en symphonie du vivre,

il ait besoin de mélodie, l’articulé doit parvenir à se faire chant,

L’écriture doit ‘tracer’ son chemin dans l’espace et le temps et néanmoins conserver sa force vive, première, soutenir l’affirmation, point d’ancrage du temps et espace en mouvance, l’au delà de Guillen.

cheminer

question que je me pose

ce que je tente d’exprimer en utilisant pour cela des couleurs , des mots , des phrases mais aussi
un ressenti et une culture , plus ou moins bien digérée , des bribes de choses qui m’ont touché , art, vie, insignifiance de l’oeil en route ;

Cette nourriture de l’esprit brille comme des étoiles lointaines, inaccessibles . ce luminaire peut aussi bien nous cacher à nous même quand nous tentons de donner forme au pressentiment ,

une forme qui soit de la poésie ou de l’art ,

l’envie de dire peut cacher la banalité et le regard en retour enseigne le chemin à parcourir , dans la brûme … il ait des maître de la parole , des être dans le corps est parole , toute la voix est arquebouté dans cette pliure de la parole , comme un trajet de flèche, comme on est chasseur,

comment devenir celui là ? faut il suivre le sentier des aux influences ? au contraire le chemin broussailleux est il gage de vérité, la sienne, au sortir des broussailles , des griffures de ronces , de l’usure des souliers , la parole a t’elle une forge ? est de plier si loin cette envie que le pas se fait ample et délié et saute par dessus les rochers comme un bouquetin ,

c’est être le geste lui même , mais seulement le sien et de bout en bout aboutit la maille de l’autrement , de l’avant et de l’après , seulement accessible à qui est en mouvement vers soi , et l’avant et l’après en bout de soi , à s’atteindre.

travailler à un dépouillement

attendre et travailler en silence

l’effort est il suffisant ou y faut il la science ? ,

le savoir , cette haute maitrise , sublimée par la révélation de ce qui adviendra au fil de la roue qui tourne dans l’écume du courant ,

C’est pourquoi tant de gens sur le marché de l’art que je trouve indigeste et stérile, un ou deux artistes parviendront à réinventer quelque chose et finiront par se satisfaire de savoir que la parole est en mouvement à l’ondulation de leur lèvre qui parle , , on en revient toujours à cela, évident quand la beauté se produit: elle est alors que l’effort ennuit , le labeur est poussif , il aurait fallu rester dans la pénombre , mais il faut se mettre en risque pour se racler la gorge du déchet et progresser rien d’autre que d’oser, dire , en avant et debout ,vers l’autre miroir de soi qui recevra le reflet …

faut il avancer en brisure , en lignes rompues , seul chemin qui permette de progresser , le doute , appelle la réponse qui est tentative ,

Dialogue avec soi , se satisfaire de la rigueur ultime, garante et gageure ,

les autres décideront si l’écoute vaut la peine ou se détourneront pressés vers des occupations pressées, le cheminement reste , peut être ….