aslé

Oui le peintre et le poète se parlent souvent et pourquoi renoncer l’un à l’autre?
Je n’ai pas écrit pendant toutes ces années où écrire pour moi était une intention mentale et desséchée,
sans corps,
j’ai peins alors et beaucoup lu, me nourrissant de mots ; beaucoup regardé,
la peinture, elle, était charnelle et parlait directement à l’épaisseur de l’homme que je ressentais en moi, que je voulais dire, je vibrais le monde à la peinte de mon couteau ! la pâte s’étalait en chant !
et puis il y avait la musique, qui habitait de l’intérieur tout ce qui irradiait du monde , intérieur et extérieur, j’ai rêvé et tenté d’écrire comme la clarinette de Jimmy Giuffre jouait en oiseau , j’ai rit à l’accolade de Vinicius de Moraes qui me contait les histoires de son Brésil cordial, aux ailes de l’Afrique… et tant d’autres…
et puis il y eut le geste , le théâtre qui m’a aidé à propulser la voix qui restait coincé au fond de la gorge, dans les tranchées d’une guerre froide entre le je et le nous, me retrouver sur le devant d’une scène, assumer mon corps et piailler ma voix m’a donné le gout de dire et fait passer du coté de l’oralité, jusqu’alors refoulé, en rejeton de bersolari que je suis, à l’aube de ma peau en crevasse rocheuse,
ma fascination pour mes frères premiers, aborigènes, peuls, Inuits, antillais a pu trouver forme dans une modernité où la peau du présent s’ouvre profondément dan la parole antique, que je porte, chamane
ma voix , je la retrouve maintenant et la mets au service de ma propre intériorité,

masque , dévoilement, suspension des ordres du vivant en macabre carnaval , de joie!

je n’ai pu retourner à l’écriture que armé de ces forces nouvelles.

Réembranché de tous ces cousinages qui me relient à certains poètes, peintres, hommes de théâtre, refusant la parodie et la dialectique mais plongeant dans le sang de la voix à travers les filtres insondable de ce qui est, indubitablement et imperceptible,

comprenant mieux ce qui m’habitait et ayant l’étoffe pour l’assumer ,

l’écriture pour moi est parente de l’oralité , les deux frères ennemis , la parole et le livre , si différents, peuvent prendre des chemins pour se rejoindre, et « muer » …
c’est ce que nous montre ces écrivains d’ailleurs pour qui la parole est vivante, libre et répondant charnellement à l’influx du monde, aux forces qui nous entoure, ( à écouter l’interview de Jean Malaurie sur mon podcast)
le livre, la bible et la religion, le fait de consigner dans une forme définitive ce qui est vivant, avant tout libre, hors de toute contrainte, figé dans une forme momie de la stature de l’homme , immobile, obscure car coupé de ce qui est …

Il fallut retrouver le vide, espace nécessaire à l’acte de tracer , de développer une parole , espace écrin qui accueille et impulse une énergie du vivre
où habiter et ouvrir le pas du chasseur, cueilleur, poète berger, le monde à portée de pas , à embrassade de pensée!
mes lectures, entre autre celles de Marcel Jousse et Jack Goody et tant d’autre, m’ont susurré que j’avais raison … et marcher en avant de chanter le sentier de la terre, être, en mouvement, en inscription dans le champs de l’univers,
simultanéité et temps englobant.
Le chant des piste de l’ami Bruce, si éclairant sur l’ouvert de l’homme avant qu’il ne soit encagé !

L’écrit définitif pour moi est froid est faux, vain, ne vaut que comme habit dérisoire dont on se pare l’espace d’un instant dans un apparat d’éternité.
Donnons la vigueur de la voix et l’épaisseur de la pensée à ce qui nous traverse, en ouverture sur le monde, en peintre, sans doute …
missing you

 

notes de lecture:
marcel Jousse : anthropologie du geste , gall ; Jousse est le fondateur du « mimisme » , l’homme mimerait l’univers par le souffle et le rythme, fascinant,
jack Goody, la raison graphique, la domestication de la pensée sauvage et autres livres, minuit; goody est fasciné par le passage des sociétés orales aux sociétés de l’écrits , dont la logique est inconciliable.
bruce Chatwin, le chant des pistes , grasset, le grand voyageur face aux aborigènes s’interroge sur l’univers vu comme un trajet mémorisé par des chants et toute une cosmogonie s’y afférant , passionnant , dès lors l’art serait un jeu de piste pour marquer son trajet dans le temps et l’identité, entre autre,
Jean Malaurie, les dernier roi de Thulé , terre humaine , les inuit et la sagesse ancestrale de ces peuples fascinants
peter brook, jimmy giuffre, etc… On n’en finirait pas

 

 

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