traversant

bleu                    toute d’une élancée bleue
les silences en parlent mieux que les nuances
un seul mot d’une seule masse         pesante

se suffit à tout du long un trait aspire l’espace
à soi
comme une absence de la couleur

ligne pour prolonger l’épure
un temps identique les relie et la brise

simule la simultanéité
c’est cote à cote l’un dans l’autre parviennent à l’écho
en un de rien diffère

le bleu tombe dans le bleu       reste demeure sombre et tombe
rien qui interfère qui est la frontière         entre

une projection l’un opaque du coup détone par la trajectoire
qui rompt et délimite un néant dans son milieu
sans                                serait presque vert ou noir

la déchirure toutes sortes de veines
déminent et délimitent à travers

dans les déclinaisons et cette négation qui permet

La théorie du marsup

Ras le kiwi bien que kangaroo simple statement mais qui en dit long ——  c’est pas un non c’est un pwitt , kangakiwi car dans l’ile point trop de marsupiaux, or le marsupial bien que non marsoin ni martial, en général — ferait bien rire de voir un marsup général – no, le marsup évite tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un palmier en chaleur arborant ces poils en guise de duc de Guise  ou disguise de coquette analphabête , bête comme pas une bête, le marsup établit sa demeure en la traversant de long en large et parfois creuse des trous pour tenter la traversée verticale autrement dit de haut en bas aller retour — le marsup n’a ni visa ni premier (master card) mais par contre un botte pour ainsi dire et pourrait en redonner à Lord Queensberry marquis — le marsup est plutot maquis marron et bushy — le marsup en pelisse et outback hat poussière — pas de haut de forme ni de queue de pie — saute à rebours et à travers  joie et pérégrination abracadabrante  — l’autoroutier est dépassé et l’amazonienne et l’outback stretch (Stuart highway) y perdent leur diagonale —- dingonale ! — cheers up le wall à bee — une abeille dans le mur plutot que mur à miel — le marsup ne conçoit pas les murs et l’abeille s’en sert de cache, des murs c’est le trou qu’elle retient , le marsup lui, contourne les mur et parfois s’en prernd un en pleine face, il ne les conçoit pas et uUtopiste est tenté parfois de lui étendre une droite, ce qui fait mal ou une gauche , gaucher il s’en démettrait le poil niais — mais le marsup à l’ordinaire évite les droites, les murs et vadrouille allègrement à bon plaisir tel un libre penseur du XVIIIe trou sur le green de la mammifèreté — le marsupial étant une évolution de la mammifèreté — du coté femelle ___ que je recommend ( du verbe mend : réparer ; euh non rien à voir , oups )

or , 

et c’est là que ça se corse —- les gens du cru quoique non marsupiaux, il faudrait se pencher sur la question mais il semble en première analyse que ce ne soit pas le cas —  les mammifères de ce lieu appelé Corse sont en effet amateur de maquis, mais tel n’est point le sujet, ne nous égarons pas — et je fais explicitement et de façon non équivoque référence au verbe (se) corser, :

corser

 

verbe
1 renforcer, affermir, atténuer, fortifier
[antonyme] affaiblir, abattre, ébranler, amollir
2 empirer, envenimer, aggraver, aigrir, aviver  [le Littré lui ne le trouve pas , dans mon édition en tout cas et puis cela ne nous éclaire pas sur l’étymologie, car c’est le rapport entre le verbe et la toponymie qui nous intéresse , ainsi on peut lire quelque part (la notion d’espace est relative mais ne compliquons pas tout ! ] [ ORIGINE ]
On sait qu’en Corse (Lien externe), les choses peuvent très vite monter en intensité car les gens y ont le sang chaud[1].
Il est donc aisé de comprendre comment, au figuré, notre expression aurait pu naître. Mais hélas, si on parie que c’est de cette belle île que vient notre expression, il est certain qu’on n’aura pas le droit de revenir en deuxième semaine !En effet, c’est issu du mot ‘corps’ que le verbe ‘corser’ est apparu au milieu du XVIe siècle pour dire « prendre à bras le corps ». Puis, après avoir été un peu oublié, ce verbe est revenu en usage au XIXe siècle, mais basé cette fois sur un autre sens du mot ‘corps’, la consistance, qui au figuré, est devenu l’intensité ou la force, signification qui nous intéresse ici.
Quelque chose qui est corsé, c’est quelque chose d’intense, de fort, de piquant comme un vin ou un assaisonnement (je vous remets une cuillère d’harissa ? Lien externe).C’est ainsi que lorsqu’on dit d’une chose qu’elle « se corse », c’est qu’elle devient plus forte, plus intense et, par extension, plus compliquée (la difficulté devient plus forte).[1] Ainsi que le disait Don Quichotte lorsqu’il appelait son célèbre serviteur.

bref !
faisons une pose — capuccino , icecream, popcorn, germes de blés, tendre pousses d’eucalyptus ! bouquet d’herbe à brebis, — bon nous pouvons reprendre — le fil  —
Néanmoins, quoique remontant au Temps du Rêve le marsupial a fortement influencé les mammifères de la grande île récemment établis, et je ne parle pas des lapins, sujet connexe mais déconnecté de notre enjeu, on murmure qu’une sympathie ontologique (sic) aurait pu attirer les forçats et autres rebuts de l’humanité vers le lieu de résidence transversale et aléatoire (car les marsup résident de façon aléatoire et l’étude de leur habitat révèle des pratiques éloignées de celle des bagnards, fussent ils issus du XVIIIe arrondissement temporel  britannique élargi- la notion d’immigration est là aussi essentielle quoique discontinue au cours du temps cependant court de la colonisation de l’ile-continent par les mammifères transocéaniques et non-marsup et si l’on excepte bien sur les dépendances celtique du Realm – les mammals autochtones et natifs dit abo étant ici hors de cause à l’échelle temporelle  choisie )  indeed The wide range of marsupial body shapes, sizes, and structures indicates that these animals have adapted to a variety of environments. Marsupial mice live on the forest floor, and marsupial moles burrow beneath the ground. Some marsupials have developed the ability to glide through the forest like flying squirrels. The water opossum is adapted for life in aquatic…mais cela n’est pas très explicite, en effet ce que je tentais de mettre en évidence est la caractère aléatoire de l’existence du marsup, concept peut être sans équivalent dans le monde des mammifères antérieurs les marsups différant de ces derniers de multiples façon, pour notre ébahie édification;

Le koala (Phascolarctos cinereus) dort près de 18 h par jour coincé entre deux branches

ce qui explique en effet mon ascendance marsupiale et évacue de fait toute parenté entre le marsup et la mère supérieure, laquelle prie ou fait semblant pendant seulement 8 heures par jour et, c’est là un point essentiel, car prier n’est pas dormir, mais est ce là une caractéristique du marsup, je crains bien que non et je profite de l’occasion qui m’est donné pour évacuer l »idée saugrenue mais tenace que le terme marsup (inventé pour l’occasion) soit apparenté aux notion maritime (mar) et culinaire (s(o)up ; il n’en est rien ! le marsup n’est en aucun cas maritime ni, et j’insiste, culinaire , ceci pour évacuer la tentation que certains pourraient nourrir de faire cuire le marsup, le marsup n’est pas comestible ni soluble dans l’eau de soupe , qu’on se le dise et n’en revienne pas !

ceci étant établi, digestion et pohétization,

revenons à nos moutons, figure of speech car mouton n’est pas marsup et en est au contraire aux antipodes, mettant ainsi en lumière le concept d’émigration contradictoire, nous y reviendrons, ou pas, car who cares et c’est très bien ainsi ; bref

Nous en étions resté au marsup car le marsup est notre sujet et notre sujet est le marsup (Monthy Pithon, book IV verset 3254), or donc nous évoquions il y a peu la philosophie de l’existence du marsup lequel ne tolère pas les droites ni les murs ni les enceintes de prison ni les gouvernements (dérivé de façon avéré de « garnement ») ni les autorités centrales alors que le marsup est plutot de type périphérique et à tout le moins imprévisible,  n’obéissant qu’à son bon vouloir et fantaisie (le fait est reconnu par le tjuringa de l’ancêtre marsup) sa démarche sautillante le poussant à se déplacer tantôt par bonds successifs tantôt à cloche pieds tandis que certains membre de la société secrète du frémissement du Vieil Homme Kangaroo (VHK) du spinifex tournoient comme des toupies pour éviter les touffes et dardent comme des éclairs lumineux vieux et tordus se couvrant de poussière rouge ou verte selon l’occasion mais la green dust ne se trouve qu’en un certain lieu de l’outback core ce qui s’explique cela va sans dire et c’est pourquoi je ne n’en dirait mot, car  si j’osais l’ancêtre me mordrait les fesses  et je tiens à mes fesses, dodues peut être mais pratiques, et j’en ai que d’eux au nombre de deux, elles se dénombrent et ne se démontent pas d’où ma prudence, l’ancêtre étant juste et héroïque mais vicieux, redoublons de prudence, je l’ai déjà dit mais la vie est un éternel recommencement et je commence à bailler, signe que mon estomac rempli de feuilles d’eucalyptus prémâchées demande à se relâcher, l’heure est donc venue de me coincer entre deux maitresses branches et de piquer un roupillon

réveillez moi dans 18 heures

Un livre n’est jamais fini

Une lecture n’est jamais finie, le livre jamais refermé les pages continuent insatisfaites à imposer  un peu d’attention, c’est une source qui n’en finit pas de couler.

Certaines lectures, la poésie, des pages de réflexion qui réclament sans cesse l’attention, on les lit paresseux on croit les entendre mais c’est nous même que nous entendons, il faudrait faire silence et tenter de percevoir ce bruit inhabituel, cet espace béant qui s’ouvre, le thorax déchiré par le mot se rendre compte que quelque chose siffle doucement mais essentiel, c’est pour cela que nous lisons,  les laisser là à quelque point que ce soit, un abandon ; le style n’est jamais poli, toujours une marque une égratignure qui interroge, certes la lecture se poursuit silencieusement dans l’esprit mais retourner au texte parce que la rencontre n’est pas close, déterminée, ni définitive, ou elle peut l’être.

Mais pour le présent la lecture s’étale s’étend questionne, a un gout d’inachevé, quelque chose se faufile, tente de se faire jour et s’éclairer d’un inattendu, assez de bavardage le silence du mot n’appelle pas le débat, le langage simplement contient tant en lui même qu’il déclenche une soif et que nous sommes au bord du vide. Tu n’as fini le livre, tu ne le finiras jamais, toujours tu penseras y retourner pour rechercher ce que tu y as laissé, comme un peintre sans arrêt sur le motif tu écouteras les mots, lassé mais attentif au silence, à ce que nait en toi quand tu lis, tu n’en auras jamais finis.

divagations et considérations

Et si c’était le bruit et la fureur, l’étonnement du bruit des hélices si tant est que muet gronde et fronde arc en ciel et mer plate  désormais une pluie fine inaudible le cambouis d’ une séquence urbaine on le voit à ses ongles dans les taillis du silence qui écorchent, cambrure des marches hertziennes  dans les soutes des cargos symphonie métallique et bruits de marteaux prudemment assénés quand assis les jambes dans le vide les yeux nageant vers l’ile détachement illusoire de marsouins en manœuvre il fallait s’y attendre seules les claques sur le corps révèlent les moustiques aussi près du chant des sphères qu’il est possible le casque dans la boue le guerrier du bout d’une clope entrevoit l’absolu sans absoudre ni dissoudre le moment où son père et sa mère et même le président et le boa constrictor qui siffle sur nos têtes bêche dans le pré un square  60 sur 40  où cacher sa libido en cachette de sa mie dans toutes les langues il  y  faudrait toutes les langues tant et tant de phrases ne parviennent à me taire mais dans le silence d’une seule un coin une cachette où entendre lové sur moi-même l’éclatement de la douceur dans le plus simple braiement d’un âne amoureux et non un manchot qui jabote comme pourrait le faire croire l’académie coin d’ombre entre deux poteaux entre les barbelés Auschwitz ou Dachau en septembre avant qu’ils n’arrivent sinistres casser l’ambiance quelques vaches paissaient et le vent gémissait l’étendue interminable n’en finissait pas avant que minables n’hurlent les stukas.

ploie le temps ce quil en reste (remnants)

si l’ ours et l’humus des hêtraies

grise face de pierre polie et vingt sentiers  font une taïga d’hiver

vers une douce pas trop rude quand pas de plume

cree grogne ni rend shoshone



dans la huitième nuit blême bleue de loutre et mer

pluie que trois pour une soupe

j’outre

ni crire  ni rire même des crocs moins  que d’accrocs un  clos de cache à l’eau des brins d’ilots

mais ronger une branche sèche si bois sec l’eau crisse  fendue une coulée loir pousse de sève perce  dans le sens oblique

longue robe  libidinale

orignal ou nihil à ni male ni feu mêle ne leurre

et secoue s’en pour sang au  coude à coude comme si pioche mais  nickel dans les rockeuse bluese

une tête d’ourse s’entête à lever le paw à

l’émergence du soleil

car hiboux n’est pas putois ni castor une peau de daim affamée court pâmée

le poing levé au sol hérisse de poils pour luire

je dis  tranquillement s’ébrouer à la voix tachetée



nu blanc

trouble

une lampée dans la nuit la pleine lune

les deux faces s’accordent et se débattent, du ventre désempare le cri à l’obscurité

au noir le vent  dans le blanc le désespoir d’aimer
se sentir comme jetant à la nuit la lumière blanche

comme nu mon angoisse et mon attente les yeux
trou
ma respiration rejette    de ma vacuité dans la vacuité

de parole jetée à la nuit, d »ébut d’envie l’en vie  à l’eau,
au moins reste la garde de l’entière liberté

et solitaire, me vient la taille de loup

la trace le signe  la forêt dans l’abri et vertige à l’aplomb
la roche
après le full  reste  la trace
l’empreinte baigne l’entier
tanière
de l’être même après le reflux;

quand il ne reste plus qu’un trou gronde la poussée dans le ventre

* le loup : Canis lupus a bénéficié, il y a longtemps, d’une bonne réputation: figure fondatrice des peuples romain, turc et mongole, mais aussi vénéré par les Egyptiens comme le conducteur des âmes, celui qui mène de l’ombre à la lumière, le loup a su inspirer les sociétés antiques. Mais, par un lent glissement, le loup est devenu la Bête, la gueule de l’enfer, un monstre assoiffé de sang qui mange l’homme et déguste vicieusement les nouveaux-nés. Les naturalistes peu éclairés du XVIIIe siècle l’ont même classé «chien imparfait», son pendant obscur et démoniaque.

l’et fée mer

Thierry a raison,tout est éphémère il faudrait y arriver un peu comme Macedonio Fernandez qui écrivait Buenos Aires dans les chambres d’hôtels et y laissait tout le fatras des papiers qu’il avait écrit, raturé, rêvé, plein de chef d »œuvres, il les laissait sur place, alors c’était le jeu de piste et Borgès et ses amis le suivaient à la trace pour récupérer les manuscrits , des pleines valises,
on devrait lire Macedonio , un fou lucide, un artiste ! un barbu marcheur qui rêvait les feuilles sur le trottoir,qui quand il écrivait, pour rien, clarifier sa pensée, pour écrire s’isolait et semblait évacuer l’idée du regard de l’autre paralysant ou limitant, parce qu’alors on sait que l’on attend quelque chose de lui, que ce sera discuté, jugé, glosé,


mais on peut aussi écrire ou peindre pour l’amour et :là sans doute qu’il faut que ce soit le plus beau possible, parce que l’on écrit pour se rejoindre, je dis écrit mais ça peut être aussi peindre ou vivre, là ce n’est pas nécessairement faire plaisir à l’autre, aux autres, à la la littérature, à l’art, mais rejoindre l’idée que l’on se fait de son élan,


ce n’est pas que l’on veuille que ça reste, il suffit de l’avoir fait, mais on n’aime pas se voir cheaté par les éléments,
voir les pigments s’envoler et même si c’est beau un vent pigmenté, on se sent un peu frustré,même pas le temps de plonger le regard dedans, de voir vivre,

Rose à raison, un livre ou une peinture vivante, on le voudrait mais on cherche comment on fait, on laisse tout aller je crois, on dépasse tout ce que l’on peut concevoir, formaliser et on laisse aller comme une balançoire, comme une plante qui pousse, n’importe où, elle pousse, comme une rose

les peintures sont vivantes elles se doivent d’être imparfaite parce qu’elle ne peuvent pas se permettre d’en rester là, il y faut des vides ou des surcharges, des ratures, des écrits par dessus et des messages codés, des appels de la couleur au minéral, un peu comme ce grand livre jamais écrit mais repris en chœur à chaque fois en le réinventant, avec de nouvelles voix qui respectent la musique , c’est de musique que je parle là, le chant, le livre c’est le chant aussi mais c’est une peinture aussi, c’est de l’oral, l’oral qui s’entortille depuis les fin-fonds du temps autours de la bouche, la même branche qui refleuri qui pollénise l’éphémère, c’est cela aussi pouvoir rentrer dans le canevas à chaque fois sans se tromper, broder son art dans le respect mais avec toujours cette inventivité qui rend le monde différent, à chaque fois comme un éveil, des retrouvailles, ça c’est Simha Amron pour  les polyphonie Aka qui en parle, la trame n’a aucun intérêt pour les pygmées, l’ethnologue peut leur faire dire qu’il y  a tant de phases et décortiquer, ramener la musique à l’équation,  ça c’est pour le livre, mais eux c’est la merveille qu’ils chantent tous les jours, c’est cette joie qui importe, qui en fait la beauté.

C’est pour ça que je vais vers le fragmentaire, c’est pour ça que la science du peintre n’aide pas, Malaurie parle de sagesse, la science n’apporte aucune sagesse, elle ajoute mais elle ne respecte rien , elle ne chante pas,

mais je reviens à mes peintures


de toute façon elles pioncent dans des cartons alors ….
je vais fonder un groupe pour la cessation de l’hibernation des peintures,
j’avais un copain peintre qui disait qu’il faisait prendre l’air à ses peintures quand il exposait,


l’éphémère,
il faut voir le magnifique film d’Andy Goldsworthy « rivers and tides » , là, le temps, l’œuvre de l’homme et de la nature est délivrée au temps, comme un bloc de glace qui fond,comme  la marée qui recouvre les pierres entassées avec application ou ce filet de poudre d’ocre ou ce collier de feuilles qui prend toute sa dimension dans le courant de l’eau mais qui s’y dissipe,
et puis le travail et les jours,l’homme qui chaque jour retourne voir sa belle amie, la nature, pour lui faire, se faire une surprise, prise sur le vivant et le temps,  prouver que la vie anime.


C’est comme ça , c’est beau ,
c’est aussi pour ça que l’écriture  doit être la plus volatile possible, fragmentaire,
pour être comme le temps , pour chevaucher le vent ,


à ce sujet mes amis avez vous lu les carnets d’Afrique de Miquel Barcelo, il faut, c’est un peu le journal de cette errance créative, poèmes, vie crue, effort pour parvenir à ce rien, si plein d’une vie d’effort,

il a une distance rigolarde avec ce qu’il fait , il est dans le monde et il peint

et croire

merci de cette mobilisation=> http://lapetition.be/en-ligne/petition-6311.html

Mais , à mon sens ce ne veut rien dire, ce qu’il faut c’est réellement prêter une oreille attentive à ce qu’ils disent, écrivent (joy harjo mais d’autres, d’autres, chantent…) à ce qui est vivant et renait, vit en dehors de nos tracks, que l’on n’aperçoit qu’avec peine tellement nous n’apercevons que ce qui se coule dans nos tracées, j’ai toujours pensé ça et j’essaye d’être attentif, de me nourrir pour devenir plus fort dans ma maturité, plus fort de ce que les autres glissent dans ma main, parfois la leur, la lueur, le temps d’un silence, prenez ça au sens propre, ils me glissent cet autre temps qui vient du silence mais un silence bourré de bruit, méditatif mais qui bruisse, des herbes des bleus des étoiles, des bruits de pas qui frappent, le respect m’habite, ma main est ouverte je suis un chef de guerre qui a déclaré la paix, avec obstination, Gandhi m’a montré la paume, je l’ai baisé moi l’homme en colère, peuple millénaire qui coule dans mon grand fleuve et ma langue de feu, j’ai refermé la paume de la guerre, et je me suis assis pour mieux comprendre,
Truddel disait cela, que de toute façon c’était peut être le sens de l’évolution, qu’il fallait chevaucher autrement, prendre le monde à bras le corps et être d’autant plus soi, une guerre qui n’en porte pas le nom silencieuse mais déterminée, Joy dit de même son canoe la porte de la défunte Mississippi aux rives d’Hawaï, à la Finlande et aux frontières de l’ouest, plus forte dans son universalité, et luzmila, Violetta chantent les vieux airs gravés dans une langue minérale dans une voix végétale dans un œil stellaire, les fondements du rythme nous atteignent, d’Itxassu à l’ile, la grande Ile et l’archipel, le bloc de glace répond à la joie polyphonique de la forêt, de la trace du désert mauve, les sangs se mêlent les voix s’accouplent, le tout-monde me fonde,
je suis assis et j’écoute la rumeur, je tente de faire taire la colère , je fais bifurquer les autoroutes des gaz, je regarde l’arbre et je tente de me souvenir, de ce tronc, des feuillages et je me vois feuille, j’écoute les pas et je me fiche des mots, je n’écoute plus que ce que je peux percevoir, d’essentiel, je me barre à ce qui s’oppose à l’autre, dans ma paume le présent comme une lueur qui brule mais réchauffe ma lueur,


j’ai vécu longtemps dans le drame, bien sur la colère, je voudrai rejaillir comme un arbre abattu, par la partie qui est resté intacte, soi, avec les autres, communier ce qui est essentiel,
finalement aimer, pas si simple et si simple,

petit à petit mes forces reviennent détourné de l’impossible et je m’interroge, je tends l’oreille pour les entendre et je leur souffle que moi aussi , qu’il y a le grand fleuve, fleuve bouche de l’estuaire l’homme qu’irrigue la femme, que pleure le petit enfant, et je vois que la terre est sèche, ridée et mourante, euh le savent et s’en remettent à la voix, en chœur serrent les poignes qui brandirent, je fais de même dans mon isolement, mon œil ours redessine les contours du volcan dit les couleurs fondamentales et refuse d’être entendu pour autre chose que mon chant et je toise à corps, je m’enfonce dans cette forêt et j’essaye de me lever, j’essaye d’être un homme surgit du rêve de l’ours, disparu, dans l’ombre m’étend,
je me souviens de l’homme que je fus, de mes lignées de morts et je recrois à mes vies
si seulement je pouvais me relever.