La belle humaine

la voix de  Lyonel Trouillot nous dit que bien plus que la question de l’origine celle de l’usage de sa présence au monde est ce qui importe le plus.

Je sens revenir à l’humanité, celle qui est au fond de nous et que nous laissons stagner comme dans une mare.

Quel usage faut-il faire de sa présence au monde?  et même si la question fondatrice et motrice sans laquelle il ne peut y avoir de floraison ni de pérégrination tant l’embourbement à qui ne se l’ai pas posé semble promis, et même si  l’identité première tend  à toujours plus se ramifier dans la vaste  végétation de la relation,  en Caraïbe plus que dans les ailleurs où se cache si bien cet inéluctable,  je le vois comme un entremêlement des vivacités au sens végétal car rien n’est jamais éteint ni figé, seul l’apparence du présent dans son illusion du permanent peut nous faire croire à la certitude de la fixité de ce qui ne peut être que mouvement, relation  et présence dans ce que cela a de plus fort.

On a beau faire la vie en revient toujours à cette question qui prime sur celle prérequise des origines ;  Mais pour qui ne parvient pas à percevoir dans ces entrelacs opaques et destructif de la relation, lorsqu’elle est de soumission plutôt que d’épanouissement, et le regard nécessite sans doute un balayage des brumes comme au lendemain d’une soirée de bacchanales ou comme l’aveuglement interne de l’acceptation de sa propre destruction ; de l’oppression, la question première est  d’un combat au coupe-coupe pour dégager ce taillis qui empêche la conscience  et la décision, l’avancée, pour ainsi dire contenu dans ce mot, l’amour.
Cette conquête, universelle mais si particulière à ces iles enclavées ou rien n’est donné quand tout est pris et que la trace est perdue.
Envahissante dans le cœur et les corps les vies ont du mal à se libérer de l’étouffement cette poussée faite de la négation et soumission, on pense à la négritude, aux pensées du métissage et de la créolité qui toutes ont à voir avec ce sens, la question est un néant mais elle  suppose d’être posée pour que puisse s’ensuivre la question essentielle de la présence au monde.  Ne répond à rien mais laisse simplement la place à toutes les autres  et c’est ce que nous dit Trouillot : seule celle  de la présence au monde mérite que l’on s’y attache.

Le roman d’Alexis « l »espace d’un cillement » est le récit de cette conquête, universelle mais si particulière à ces iles enclavées dans le dénuement .

l’homme écoute laisse la place au silence pour déciller et s’opposer au bruit  ;  installer le respect qui est la liane de la relation, les hommes n’écoutent plus et ne prennent plus le temps de la pensée ou ce qui leur en tient lieu est définitif et se passe du temps d’entre-deux ou l’écoute peut tenter d’accéder à l’autre, car on ne sait pas ce que peut contenir de possibles avant que la bouche s’ouvre ou soit fait un pas, essuyé une larme ou éclaté un rire qui est le sien mais passe à l’autre et ouvre créant un lien possible, il faut laisser l’espace pour entrouvrir le réel, béant dans ce qu’il a de plus vrai et qui se tient, se tait là devant soi,

Le lieu semble être un repli, il n’est que vallon d’où le bruit s’est retiré, la musique et les tambours, les pointes de la poésie ne viendront que conviés par la joie, si l’espace demeure ouvert et le permet, tout cela est bien confus ; des mondes sont en mouvement dans le monde, rien n’est figé dans la lenteur, il s’agit je pense de laisser être et de permettre et que se révèle ce qui est là de tout temps et ce sans que le tranchant de l’époque ou le sang de la violence n’empêche.
L’homme regarde il attend que tu laisses ton esprit écouter, peut être il se livrera ou parlera dès qu’il entendra le lieu demander. Par ton truchement o u ton regard, une attention particulière, disponible et qui quémande.

Une fois que l’on est là la présence peut entamer, la disponibilité, l’entente avec ce qui est qui est palpable et est au fond la vie, il suffit de prendre le temps et de respirer, regarder, laisser l’esprit être là comme s’il y avait une secousse, une source qui cascade doucement, dont le jet nous parait doux parce qu’il coule et que les présences s’imprègnent.

Pourtant pourquoi tant de mots? pour que nous soyons prêt à simplement se préparer à oublier ce que l’on croit savoir et qui est déjà sur le bord des lèvres ou sur la tranche du geste pressé, décidé de ce qu’il a vu et fait le raccourcis de son attente ; le bruit de la guerre et la fatigue au loin le piège de l’activité sans but en fait que les mots qui en sont n’importent que peu.

La multiplicité en  présence prendre conscience et nous mettre en état de comprendre, sous cette forme, on commence à comprendre qu’il faut s’en séparer, s’arrêter et construire ce qui fera le lien à l’amour comme dans une inspiration qui plonge profondément sans trop savoir à quoi elle se prépare ; mais il faut ce temps d’arrêt.

Le cillement montre bien l’espace de ce temps incertain qui est comme une frontière, si bref et si décisif, un engagement se mettre en route sans bouger ou que l’on aille car cet accord n’est pas bouger  mais mouvement comme dans une symphonie ; prendre la pleine mesure de ce qui entre dans l’épanouissement, les épices et les senteurs me viennent à l’esprit et je les sens dans les papilles mais ce ne sont que des images, la présence est faite de tant, et c’est ce tant nous dit-il justement qui en impose la limite car le respect est l’aune de ce qui est à vivre, le bonheur ce qu’il faut rechercher et cela malgré la violence et le soucis totalitaire d’écraser ou de maintenir dans une folle allure incontrôlable qui nous éloigne aussi surement de la vie et de la corole qu’une botte l’écraserai, il faut porter soin à la vie et cela requiert de l’attention, une volonté car ce soin est à construire,  respect dans cette possibilité de trouver ce point d’équilibre à conserver pour prolonger une harmonie dans la communauté, ce que l’on acceptera de mettre en commun.

L’essentiel demeure donc la présence au monde, construction , la belle amour humaine , permet la construction, est en fait un parcours à l’humanité car le bonheur est une construction, celle de vivre le mieux possible en accord avec les autres, dans l’écoute et le silence nécessaire à la vie non aveugle.

c’est en tout cas ce que je l’ai entendu murmurer dire et c’est ce que j’ai retenu.

En écho à l’entretien de Lyonel Trouillot sur France Inter où il venait parler de son livre « La belle amour  humaine », titre en hommage au grand auteur haïtien Jacques Stephen Alexis, au moment ou Dany Laferrière publie un livre qui est un autre écho.

C’était tout dans ses yeux

C’était tout dans ses yeux

 La musique frappait comme si sur ses jambes des coups d’enclume, les pas sur la glace

 Perdu le regard cherchait les traces des corbeaux dans le gris – le gris tout autours – et la voix éraillait la violence de surement ce qu’elle avait subit, là-bas vers l’ouest ou était-ce le nord ? la voix maintenait ces ferrailles et les planches ensembles, comme c’était possible – il aurait fallut des pieds pour marcher- des pieds qui ne soient pas liés, liés par l’habitude de se savoir en ce lieu, l’éclat s’était tourné vers l’intérieur et la fureur était noire, et les yeux étaient clos, comme ces bribes de bois son corps attaché, à deux plaques de tôle à une ondulation qui rompait le ciel, ce que l’on pouvait prendre pour le ciel car le ciel est ouvert – il est habité de mes pas, ou du moins il résonne – cette chanson d’un vent à ras, contenu. , il martelait dans sa tête

Il était contenu, ou était-ce elle ? les distances étaient occupées, cela voulait dire qu’il n’y avait nulle part de routes, seulement la forêt, la forêt des aciers et des refus

La forêt

Il était comme un globe dans un globe, il marchait à coté

Plus loin il ne pouvait plus, ils avaient entassés des droites à n’en plus finir qui coupaient à travers champs qui crevaient les sphères et brisaient les tympans, ils avaient échafaudés l’espace et l’air avait peur, transperçaient la lumière, la saillie du monde – la mise – bas jusque dans sa bouche

Il cracha

Il voulait rire et la chanson qui montait se heurte aux murs, au tracé, ceux d’avant crient les femmes hurlent- du regard

veut forcer son chemin il ricoche sur l’immobilité, la fixité

s’arracher

Il le sent dans ses tripes, le sang se durcit et frappe, toujours un serrement de cœur avec cette langue ! comme une liberté qui doit se gagner

sa langue, du sel qui se répand, s’échapper, rejoindre la montagne, défier et délier tangue la tangente, décrie des raccourcis la voix rauque des couleurs et des chemins insoupçonnés d’eux, que lui connait bien, comme lui tape le pied contre le ciment, le fer qui lui ronge l’os, un permis de circuler, une fiche anthropométrique, un résultat d’analyses

En courant un brin d’herbe, un filet d’eau par delà la frontière qu’il doit de nouveau traverser encadré de ces hommes la colère lui monte, ils l’ont déjà assis, et les grilles- ces baraquements du hasard sans bouger,

Car l’homme est fait pour marcher il ne connait pas de frontière il les traverse, il passe et repasse, file et refile, transfile et contrefile ; il rit et périt, tarit et remplit, son rire et ses pleurs – il rêve – et les coups sur le mur il dévale des hauteurs, à sa sueur on n’en finirait pas s’arrache la dureté et la pluie caresse la neige,

il cherche,

de quoi manger.

Et le soir il rit.

De ce coté de la frontière les gens l’ont attaché. De l’autre coté, de tous coté ils l’ont arrêté.

 Et ses yeux voient, et ses yeux pleurent

 La glace fige, la route entre ses jambes coule, le ciel l’appelle comme les femmes dansent et tourmentent tournent et desserrent le corps elles laissent échapper le fou-rire, un chant délure une folie pour le rejoindre une musique et ébouler les murs.

crasse fusanne

ratiocination

Confusion je ne puis cerner le lieu de matière sombre celle grasse ou profonde de la  souche,  les yeux là où l’intelligence et l’Histoire en faisait un des jardins du monde, que la conscience  du réel semblaient avoir fait surgir comme pensée d’une terre ; les roches et le vert  faisait mentir la géographie et l’illusion du froid, je vis l’aridité où le terreau est si riche, et si l’expérience exténuante de vivre ce lieu dans ce temps là cataclysmique, le vent froid de l’automne tournait le sens presque avec la douceur murmurante des imprécations rudes, la poésie était que je les entendais ou était ce l’inclination vers ce nord qui m’avait happé à cet endroit  que frontalement je ne le reconnaissais pas.

est ce toi de nostalgie

la nostalgie me transporte dans un  pays

vers un visage

j’ai tant couru pour en réchapper

des flots de bières encadraient le poing dans la figure

haletais ne sachant plus distinguer le rêve dans ce vert profond mais si sale
le quotidien boueux des bouses les faces boueuses des antres me saisissaient
quand le soir le désespoir s’éclairait d’une chaleur alcoolique et ton visage

beauté blonde dans le calme et lointaine dans le sens où elle entrainait loin et murmurait des pays solaires et des chaleurs texanes tout en étant bien d’ici ce là du nord où nous étions je plongeait dans tes yeux ayant peur quand ils se mettaient à vivre et ils vivaient et la douceur me rejeta d’un non que heureux que je croyais sans appel l’irrévocable se mettrait à parler le futur à vocaliser car que sait on de l’éclat d’une épée quand elle est blonde?

croyant que le grondement me menaçait

ne sachant pas qu’au fond la grogne
n’était qu’un vent brutal de la douceur
au fond clair sans fard de ces yeux

son de la permanence rangées de l’aspérité
simplicité fardée dans son sein l’attrait
l’égal d’une joue et la vivacité des larmes
les mots dans la colère bleue de son regard

au loin crépitait les flammes des ravages du temps, le social y faisait rage et déversait les allées des souffrances et de l’endettement, nous résistions les mines ouvertes dessinaient au ciel le plomb d’un trait rompu d’un vert de noir et la pluie n’en finissait pas attendant un printemps pour renoncer, achevé dans un dénuement qui signifierait partir trahir se perdre pour un temps long d’où je ne distinguerais plus ni l’humain ni le système blême d’un monde d’acier où je croirai être broyé laissé plus mort que vif

la chaleur viendrait d’Atlantique pour l’heure la brume avait tout effacé

les hommes et les femmes dans une dérive mortelle
l’angoisse me saisissait et je m’évertuai à soutenir
ne comprenant plus le désert aux flancs des houilles

que fallait il comprendre et fallait t’il prendre ce dépouillement pour le pays entier quand aux portes du charbon le vert maintenait les roches anciennes et les maison vénérables et les chateaux les anciennes abbayes la parole des poètes et le pas vif des peintres comme une obsession ce pays serait jardin des fuites des orages et du vent sur la verdure que recouvre l’histoire et la terre les manoirs et les publican houses dans les promenades trop longues le long des rivières, gants des renards sous les arches des ponts bâtis de ces mêmes pierres de la montagne et des chants des campagnes, grasse la pauvreté finirait par disparaitre elle accoudée à ces vallées ces échappées des champs , le corps des hommes robustes et le regard profondément dans les orbites témoignaient de  la terre résistait par en dessus cette fois ci même s’il faudrait rebâtir et dans le dénuement retrouver la fierté

est ce que je t’oubliais, cette permanence se confondait avec la mienne, ton regard avait semblé fou et je l’avait pris pour du mépris quand peut être, mais peut on ? rattraper ce que l’on a pris pour un vent qu’il fallait fuir au dela de ton attraction je quitterai le quartier pour ne plus te croiser et je sombrerai prenant une comptine pour une errance le long des rails ces rougeoiements de mers que je visiterai couché aux pontages des salles d’embarquement du monde quand dans ce pays millénaire l’oeil continuait à rougir à l’insu ou était ce que je le pensais et fallait il s’y résoudre,

je résolu de me perdre dans un train, fermant une porte et ignorant les gonds de retour du charbon dans les suies des hangars de ces voies qui ne brillaient plus et médisaient ton nom que je ne crus plus bon d’écouter, l’écho me bouleversait quand j’y pensais et ne voulais pas y retrouver l’amour de  l’illusion je maintiens le sombre dans la pulsion et je cherchais à remonter le fil d’un cil qui me hisse à ton oeil brillant sous la coiffure ondulée et si vaste que je confondais avec un pays avec les misères et les errances des hommes et des femmes sous la botte de l’oppression, des mousses brunes d’un breuvage trop fort pour que survive la lumière

irais tu dans ce pays et moi à deux pas n’entendrai je pas qu’il me faudrait y revenir

fleur de mon passé corolle de l’age issue d’une lutte crue sans fondement j’aurai pri le hurlement du vent pour mon destin et ne saurai plus comment revenir si revenir me revient comme un écho est ce le vent qui inlassablement prend les accents de la langue pour un crépitement sans cesse au bord de cette rue verte ou retentit les mêmes sons et même quand on ne croit rien y entendre et même quand l’accent se fait rude et que l’on croit tu reviens d’une autre direction les mêmes sons qui inlassablement rappelle ce que je cru qui fut sans que je sache bien ce que cette question au fond soulève et pour révérence ces mots sans raison se souviennent alors que tout est tu

c’est ainsi je ne l’ai pas voulu et de nouveau je te vois telle que tu as été ou du moins je le crois

 La trace de l…

La trace de l’humain et l’écho de la pigmentation, l’entour et l’en-dedans de la voix, c’est cela qui habite l’âme humaine
l’aventure en aspérité dans les vagues la houle et ouvert dans les creux l’ouverture vers ce que nous contenons,
les yeux qui portent vers la vue et nous entendons ce sifflement dans l’herbe  foulée est frisotis des nostalgies
laisser germer ce que nous portons
corde tendu vers le souffle , l’air , le soleil , la pluie , les étoiles !!
hors de la mesure  l’encerclé s’enroule de l’effort qui tend notre bord à craquer
la pluie gifle l’air libre  l’air souffle, poumons pourquoi ne pas y siffler !

un trait circul…

un trait circule entre l’envie dans le détroit du chemin

le cercle m’assène cette folie
 
des pierres mon regard ne voit que l’eau et agite la pureté du nénuphar dans l’argile de l’oeil 
tendre et tendu c’est l’agitation sans souffle
 
de la puissance du non-dit tout à coup montent les mots et éclaboussent
de loin l’ongle de mon rêve touche l’écho des poèmes
 
le noeud à l’origine du monde, noir de suie encre ourdie des nuits de froid
 
 
 
 
 
In that sleep of dream is an island where strange words rewind the turn of the wheel
I draw nearer to that soul of her eyes and try to go through these clear waters of hers splashing on my knees as I drink the surface of her thin sheet
her skin forbids but her eyes let her breast open
for a strait to travel the desire in the tight thighs of her silk shines her sulky moods


So long lonesome

california dreaming

sur la plage s’étendait une avenue sableuse pavée de boulot

dans l’eau

les surfettes s’accrochaient aux écorces dans les rouleaux

deux par deux

Par le hublot du paquebot qui croise

les yeux écarquillés dans la lunette

le vieux n’en perdait pas une goutte

Pamela Anderson

dans le flipper les boules sous extasy font sauter la banque

double-six

trois gangs antagonistes s’accordaient un double steak frite


l’inspire et la statue de glace

Il y a un temps où se méfiant de la tromperie de son entendement et plus largement de  l’esprit, l’homme s’en remet à son geste. Le geste puise à la matière pour se découvrir, entrevoir, épurer, imaginer, et cela sans fard, sans technicité acquise, le plus directement possible pour empêcher l’expression  d’inventer, de prendre les chemins fictifs. La main est liée au corps et le corps témoigne de ce qui EST, au delà du voile que l’existence couvre dans sa pudeur ou sa vulgarité.
Le geste tel qu’il se ressent exprime, ex dit bien ce mouvement qui ex pulse, ex plique, ex amine, ramène vers le dehors et que recueille  la toile, le papier même s’il est plus proche de l’écrit,
La matière se chargera de directement exprimer – le corps et le monde est si lourd, la personne si fermée en elle même qu’il faudra au moins cela pour tailler une brèche et laisser le monde par les sens dessiner la carte de l’expérience en un  raccourci, la belle humaine ou la rude selon l’émotion abordée ; augmenter l’impact afin de limiter les fausses couches.
La peinture sera physique, un affrontement aux dialogues sobres ; il s’agit de délimiter une couche et tracer une signification d’où s’évader.

authenticité – recherche sans concession du point d’ancrage – le style est évacué – le prétexte est trouvé, un corps à corps peut être trop simple car comment sortir de la barbarie rustique de l’invocation – la matière et le vide ripostent comme une piste, une ancestralité est trouvé comme une montagne – à peupler – de là la conscience que la frêle embarcation s’il doit y avoir métaphore est embarquée sur une rivière, une matérialité du temps et de l’humain – l’image ira t’elle au delà ?

L’homme à saisi cet essentiel et dorénavant la peinture se fera très fine, allusive car décrire ne rapproche pas de l’élucidation, le mystère a chaque fois est convoqué dans la finesse des tons pour une transparence, une retenue que si même un trait , se suffit à lui même pour le trajet du signe à travers l’opacité : on en est là ou alors encore au delà continuer.

S’approcher plus près de son fondement, la matière cède à la ligne. cette graphie, écho des sens, de la couleur à la densité, de la virgule à la trace, l’itinéraire empreinte la même gestuelle quand il se confie au mots.

Écrire par les mêmes chemin que prend l’œil et l’esprit, la main et la matière, le rythme et les sens, retrouver,  l’imagination et la capacité détournée du mot à inspirer, de la puissance évocatrice visuelle à la concision signifiante du conglomérat de mots, (son chargé de sens, des sens et d’essence, il est vu de cette façon #musicalité de la présence) le mot saisissant le monde dans la brièveté d’un signe énoncé par  la main qui trace et prolonge ou se laisse porter par l’inspire,
retrouve un sens originel de ce que fut l’énonciation et l’articulation – la réalité vécue, reconstruite – musicale. la voix est en jeu. mais s’écrit en signe- modèle l’espace – trace un chemin à travers la broussaille.

car il ne s’agit pas tant d' »écrire » que de laisser vivre, contre pensée ordonnée vision tantôt  impressionniste / expressionniste; jeu de sons, sens des mots qui en alliance finissent par constituer une éventualité () mots juxtaposés à la manière d’un concept qui signifierait la réalité et n’appellent aucune description mais suscitent
le monde sensoriel exposé à la peinture trace un chemin pour l’expression idiomatique, inspiration immédiate, toute puissante, brouillonnesque et bouillonnante.

 

Au bout d’un certain temps, les pistes se brouillent et ne suffisent plus. L’expression ne met en relation que des individualités rares à des moments rares, car qui lit et qui participe? l’attitude solitaire sans possibilité d’être rejointe ni de rejoindre,
la voix a- t’elle un écho ? porte-t’elle , et où mène-t’elle.

L’artiste tant qu’il l’est ne s’en soucie guère, il marche et se repère, mais on n’est artiste que par moment, la totalité de la vie ne s’engouffre pas là.
Il peut se produire une mue qui favorise la liaison entre les différentes parties d’où émane la parole ou  bien ne faut il pas maintenir les phases étanches. La parole figure de l’Afrique n’a lieu que dans certaines occasions bien déterminées, pas de façon aléatoire car alors la parole pourrait dévoyer, on dirait perdre.

L’écriture doit se poser, établir un recul et maintenir ce qu’elle a gagné en authenticité . Elle change de temps. l’homme la manie et ne se laisse pas distancer, dérouté. Le peu, la certitude, la finition du mot et de la phrase en accord à la fois avec la pensée profonde et la fulgurance (du monde qui ne se laisse pas circonvenir) le soucis d’être entendu et celui de chevaucher l’intuition peuvent ils coexister? ; l’homme bouillonnant a -t’il acquis suffisamment de puissance pour manier la parole en même temps que ses jambe et l’esprit rejoint il la main en haute connaissance, équilibre instable qu’il faudra bien surmonter, sans doute en écrivant en devant de soi, de manière opaque (Glissant) en même temps que de manière très sure et questionnante (Guillevic).

Il n’y a pas de réponse, juste une précision de ce qui se joue.

C’est retrouver la confiance dans l’écriture sans s’en saisir, humaine qui par sa présence induit une vérité, aussi fugace et certaine soit, (le haiku m’y fait penser, l’aquarelle aussi)  L’écriture plongée dans le geste, le corps et les sens et que la pensée dans le signe maintient gravé dans la matière, fut elle volatile comme le sable , comme la vie

Monde invoqué pour que l’instant recréé, qu’y voir d’autre que la vie sous la jouissance participative de l’intellect et l’affirmation du vivre ?
Mais à l’encontre de ce qui est saisi, un abord en-devant qui permette au monde sa stabilité et le mouvement la parole permet l’aller de l’un à l’autre et le positionnement .