azuréenne

 

doigts de pieds qui remuent sous le cuir

 

sur le ventre une mouche marche à quatre pattes

sont-ce les pensées qui agitent les arbres

 

la fièvre rend fébrile le saule

les branchages se prennent pour le tronc

 

la rivière à ses pieds passe

 

 

dans le jardin pousse une espèce inconnue

je me penche sur le râteau abstinent

 

 

inquiet je regarde le ciel et y cherche l’étoile

le ciel joue à cache cache et me laisse rêveur

 

 

je promène mes pensées comme un pont sur la rivière

ta voix me vient de loin elle est le vent auquel je me fie

 

 

riant de moi je me mêle au vent et gronde comme une oie

 

et si soudainement

et si soudainement les pieds trempés n’ont pas touchés l’eau

la poussière aussi s’en défend sinon elle serait de la boue

le thé dans le sachet attend que bout l’eau

rouge pourtant l’eau inonde le bleu et jailli au bord des corps

une grappe de pins simule l’extase quand passe la pie

mes rêves ont tendance à s’étoffer dans la couleur

le signe s’octroie le toucher et engloutie la bouche s’ouvre

la courbe dès lors a la longue chevelure défaite et l’étoffe des mets


l’autre jour

la pluie de l’autre jour à fait briller les tiges

je t’ai vu sous les nuées d’eau

tout à l’heure la douceur remuait la terre

le vert boit les gouttes

sous les arbrisseaux les feuilles font un toit pour l’oiseau

le vent rafraichit la peau

mais aujourd’hui  la chaleur flatte le ventre

de la pluie il ne reste rien

du ciel obscurci je ne vois que le bleu

et l’avion  qui va à Tokio

un trait circul…

un trait circule entre l’envie dans le détroit du chemin

le cercle m’assène cette folie
 
des pierres mon regard ne voit que l’eau et agite la pureté du nénuphar dans l’argile de l’oeil 
tendre et tendu c’est l’agitation sans souffle
 
de la puissance du non-dit tout à coup montent les mots et éclaboussent
de loin l’ongle de mon rêve touche l’écho des poèmes
 
le noeud à l’origine du monde, noir de suie encre ourdie des nuits de froid
 
 
 
 
 
In that sleep of dream is an island where strange words rewind the turn of the wheel
I draw nearer to that soul of her eyes and try to go through these clear waters of hers splashing on my knees as I drink the surface of her thin sheet
her skin forbids but her eyes let her breast open
for a strait to travel the desire in the tight thighs of her silk shines her sulky moods


Infuser

le thé infuse lentement

je laisse mes pensées vagabonder comme la feuille souffle et colore sa présence dans l’eau

sans rien toucher de ce qui entoure

mon regard comme une libellule se pose sur les choses les unes après les autres,  sans s’appesantir ni rien en conclure

le matin coule doucement

il serait difficile de dire si je dors

la vie autours de moi bruisse multicouleur pour autant que le bruit ait une couleur, ce serait comme de dire qu’il y a un mot pour chaque chose,  j’acquiesce puisque je suis là mais ne veut rien dire

je ne saurai dire ce que je veux, j’attends que le thé infuse

un temps très court porte en lui tant qu’il en semble infini tant par le nombre que l’amplitude

le singe sait bien que cela est trompeur

serait-ce que le monde infuse

on serait tenté de le penser assis au soleil ou protégé d’une mince pluie je serai tenté de le penser, si je faisait l’effort de penser

mais je préfère infuser