l’inspire et la statue de glace

Il y a un temps où se méfiant de la tromperie de son entendement et plus largement de  l’esprit, l’homme s’en remet à son geste. Le geste puise à la matière pour se découvrir, entrevoir, épurer, imaginer, et cela sans fard, sans technicité acquise, le plus directement possible pour empêcher l’expression  d’inventer, de prendre les chemins fictifs. La main est liée au corps et le corps témoigne de ce qui EST, au delà du voile que l’existence couvre dans sa pudeur ou sa vulgarité.
Le geste tel qu’il se ressent exprime, ex dit bien ce mouvement qui ex pulse, ex plique, ex amine, ramène vers le dehors et que recueille  la toile, le papier même s’il est plus proche de l’écrit,
La matière se chargera de directement exprimer – le corps et le monde est si lourd, la personne si fermée en elle même qu’il faudra au moins cela pour tailler une brèche et laisser le monde par les sens dessiner la carte de l’expérience en un  raccourci, la belle humaine ou la rude selon l’émotion abordée ; augmenter l’impact afin de limiter les fausses couches.
La peinture sera physique, un affrontement aux dialogues sobres ; il s’agit de délimiter une couche et tracer une signification d’où s’évader.

authenticité – recherche sans concession du point d’ancrage – le style est évacué – le prétexte est trouvé, un corps à corps peut être trop simple car comment sortir de la barbarie rustique de l’invocation – la matière et le vide ripostent comme une piste, une ancestralité est trouvé comme une montagne – à peupler – de là la conscience que la frêle embarcation s’il doit y avoir métaphore est embarquée sur une rivière, une matérialité du temps et de l’humain – l’image ira t’elle au delà ?

L’homme à saisi cet essentiel et dorénavant la peinture se fera très fine, allusive car décrire ne rapproche pas de l’élucidation, le mystère a chaque fois est convoqué dans la finesse des tons pour une transparence, une retenue que si même un trait , se suffit à lui même pour le trajet du signe à travers l’opacité : on en est là ou alors encore au delà continuer.

S’approcher plus près de son fondement, la matière cède à la ligne. cette graphie, écho des sens, de la couleur à la densité, de la virgule à la trace, l’itinéraire empreinte la même gestuelle quand il se confie au mots.

Écrire par les mêmes chemin que prend l’œil et l’esprit, la main et la matière, le rythme et les sens, retrouver,  l’imagination et la capacité détournée du mot à inspirer, de la puissance évocatrice visuelle à la concision signifiante du conglomérat de mots, (son chargé de sens, des sens et d’essence, il est vu de cette façon #musicalité de la présence) le mot saisissant le monde dans la brièveté d’un signe énoncé par  la main qui trace et prolonge ou se laisse porter par l’inspire,
retrouve un sens originel de ce que fut l’énonciation et l’articulation – la réalité vécue, reconstruite – musicale. la voix est en jeu. mais s’écrit en signe- modèle l’espace – trace un chemin à travers la broussaille.

car il ne s’agit pas tant d' »écrire » que de laisser vivre, contre pensée ordonnée vision tantôt  impressionniste / expressionniste; jeu de sons, sens des mots qui en alliance finissent par constituer une éventualité () mots juxtaposés à la manière d’un concept qui signifierait la réalité et n’appellent aucune description mais suscitent
le monde sensoriel exposé à la peinture trace un chemin pour l’expression idiomatique, inspiration immédiate, toute puissante, brouillonnesque et bouillonnante.

 

Au bout d’un certain temps, les pistes se brouillent et ne suffisent plus. L’expression ne met en relation que des individualités rares à des moments rares, car qui lit et qui participe? l’attitude solitaire sans possibilité d’être rejointe ni de rejoindre,
la voix a- t’elle un écho ? porte-t’elle , et où mène-t’elle.

L’artiste tant qu’il l’est ne s’en soucie guère, il marche et se repère, mais on n’est artiste que par moment, la totalité de la vie ne s’engouffre pas là.
Il peut se produire une mue qui favorise la liaison entre les différentes parties d’où émane la parole ou  bien ne faut il pas maintenir les phases étanches. La parole figure de l’Afrique n’a lieu que dans certaines occasions bien déterminées, pas de façon aléatoire car alors la parole pourrait dévoyer, on dirait perdre.

L’écriture doit se poser, établir un recul et maintenir ce qu’elle a gagné en authenticité . Elle change de temps. l’homme la manie et ne se laisse pas distancer, dérouté. Le peu, la certitude, la finition du mot et de la phrase en accord à la fois avec la pensée profonde et la fulgurance (du monde qui ne se laisse pas circonvenir) le soucis d’être entendu et celui de chevaucher l’intuition peuvent ils coexister? ; l’homme bouillonnant a -t’il acquis suffisamment de puissance pour manier la parole en même temps que ses jambe et l’esprit rejoint il la main en haute connaissance, équilibre instable qu’il faudra bien surmonter, sans doute en écrivant en devant de soi, de manière opaque (Glissant) en même temps que de manière très sure et questionnante (Guillevic).

Il n’y a pas de réponse, juste une précision de ce qui se joue.

C’est retrouver la confiance dans l’écriture sans s’en saisir, humaine qui par sa présence induit une vérité, aussi fugace et certaine soit, (le haiku m’y fait penser, l’aquarelle aussi)  L’écriture plongée dans le geste, le corps et les sens et que la pensée dans le signe maintient gravé dans la matière, fut elle volatile comme le sable , comme la vie

Monde invoqué pour que l’instant recréé, qu’y voir d’autre que la vie sous la jouissance participative de l’intellect et l’affirmation du vivre ?
Mais à l’encontre de ce qui est saisi, un abord en-devant qui permette au monde sa stabilité et le mouvement la parole permet l’aller de l’un à l’autre et le positionnement .

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