Tabulaire

une succession de heurts rend clair la venue du visible

le bord de la table soudain clair

étonne la lumière

détourne de l’obscur

les angles sans flammes des feux appuyés sur le vide

 

il y faut ce sursaut

ces sauts de l’écart

 

le rebord des pensées si elles en ont

s’arrêtent avant de toucher

le stylo accompagné de l’oeil

 

les pâles

suis attentif

écrire

 

ce palier à la solitude supplée

 

Quand seul je

t’avais Toi

et que je racontais

les histoires pour

que tu entendes

 

je doute

que tu écoutes

j’aimerai

que tu écoutes

écrire

s’arrête à la feuille

 

perce

sans même qu’il n’y ait

une ligne

 

comme d’une portée

incertaine

qu’est ce dire

 

l’envie ?

te pressentir

 

la question que pose n’est pas dans les livres

E

dirait la honte ou la nécessité

de dire je t’aime

 

ou la pudeur, je dirai de me dire ce qui est vrai dans l’instant

et le demeure

 

 

sans une vague

le désir noir

là où  l’envie a chuté

 

 

règne la circonspection

salutaire

l’attention

se joue dans le silence

 

 

éloigné de toute solution

à une quelconque délivrance

qui ne te rejoigne pas

 

Voir

peut être est au delà d’un échange

Parole

qui ne fait que prétendre à la voix

 

quand de te voir ne suffit plus

 

Te – la jointure de 2 nous concerne

c’est assez

 

 

Chef de village? Portrait en pied. Au verso: texte manuscrit à l'encres noire probablement métallogallique et rouge

 

 

 

Cardamome

Au levé du jour près de la source j’ai goutté à une datte,

venant de loin je l’ai porté à la bouche,

le grain comme une sauce, le laurier de ta peau

alors de ma langue j’ai caressé la nuque,

douce et suave comme le fruit,

fards des gorges de soleil, tes bras muets de mes bras d’archet

j’ai frotté,

un son de cardamome, l’absence et le parfum, délayant l’ailleurs dénoue

l’essentiel ressemblait à un oui

sous la soie ton corps, paupière sous ton regard,

le noyaux de mes lèvres,

cramoisi,

j’ai pleuré recueillant le soir.

 

 

goya, duo de jeune femme et guitariste
goya, duo de jeune femme et guitariste

vers le soir

Je t’aime

quand sur ta peau remonte la noirceur

les rides de l’ébène

l’éveil sculpte

Reine de Saba

ma bien aimée la plainte de tes cheveux

Tes yeux le cri des sources du Nil

dans les lacs les yeux de l’arbre cru

la nuit quelle est sa propre couleur ?

 

 

sur les collines montant vers le noir

une vache

le grelot de sa cloche

riant entre les arbres

me croyant incapable

de faire le chemin jusqu’à elle

et allaiter le pis

 

 

ta douceur

émule sacrée de Bénarès

dans mon regard à ton regard

la main

le taureau en rut émerveillé

déchaine la foudre

à même le fil

 

le chemin qui mène vers toi

le chemin par la maison

les soies les tentures et la lumière

les habits cousus d’or

vers les étoiles le ciel versant

jusqu’au Dieu

dans son ombre Lune

les herbes frisent et ourlent

mon firmament

l’ocre caresse dans le soir

cherchant la couleur

me couchant contre toi et t’aimant

 

 

au delà

vers le plateau le sol piétine le héros

le héros

va pour mourir

la colère de l’ombre mène au massacre

 

elle n’a pas pu le vaincre et il a détruit tout autour

 

elle m’a ouvert à la lumière

tirant la tenture

brodée des rouges

et m’a laissé entrer

me laissant la pénétrer –

la féconder dans la douceur

 

Amour

le ciel pénètre ainsi la terre,

coffre de l’étreinte

ses bras des liens de cuir

il reste pesamment sur elle,

l’écrasant

 

 

 

Elle et le Temps

le castrant

l’obligeant à se retirer,

 

porte de la maison, le refuge,

vers la route, voute céleste

respiration l’air advient enfin,

de toi à moi l’écart d’une haie

d’où se rencontrer,

la braise du hasard,

entre eux le feu à la lumière

 

gravir et sans brûlure, le temps est parsemé d’olives

 

ces fleurs remontent d’hier,

se touchant, elles s’enlaçaient,

scellé de rouge les lèvres,

sauvage et  essoufflé,

le parfum d’elle, serré de ses cheveux

la lumière de son visage

son corps, donnant vie au mien.

 

calmoi 012

carnets

‘de mes carnets) couleur orange

 

 

 

Est-ce le désespoir ?

l’incompréhension

de ne pas la sentir

vibrer sous son corps

 

 

les étoiles pourtant m’ignoraient

tout à ma colère

les étoiles même sombrent

je suis défait

 

c’est une manière d’avancer

exister

un pied un mot l’un devant l’autre

 

 

il y a des fois où je me suis écorché

plus mort que vif

la trève

 

 

danse et de miel

mais vinaigre et cruelle

 

entre choir

et stature

comment est-ce ?

 

 

on pressent

pressentir la présence

qui de là les mots touchent

plus qu’un mot ce que je pense

 

 

On devrait se dire (quoi?)

avant de s’abîmer

dans le silence (Israel Eliraz)

 

la femme de sa vie

qu’est ce que cela veut dire

se regarder aimer sans pouvoir bouger

se donner à attendre ce rien qui ne mette rien en doute

 

 

la joie de le découvrir

 

 

IMG_7621

un rameau

un rameau d’olivier dans la noirceur ton regard contournant l’angle subitement préoccupée de dépoter le pot et ranimer le feu

un courant d’air à attisé ma flamme fort à faire dans la brise de l’hiver quand en courant je remontais le Capitole farcissant l’oie

que de nous la lave eut englouti la diphtongue épanouie à la brume le poète déclama de trois poils de pinceau l’anguleuse fierté

invitant à la marche

allant du plus suave à ton excavation par les chemins offerts au vide

survoler

 

 

les ombres parallèles du contrefort sans omettre l’adoucissement

 

grave un calame pour seul vaisseau

les voiles tendues de la pierre et les cheminements des sables gravir les graviers les pas allant

 

des enlacements de l’un à l’un

ruisseau menant à la pente dressée  les étendues invitant à la marche

 

le ravinement incline

une ligne relie le propre et le couchant le glissement le tendre de l’éboulement

 

la douceur de ces tranchants

les brisées de l’épanchement

la terre n’étant que le passage

 

à soi hors de soi

près de toi être ce grand calme

la lumière silence ou musique

le corps ce visage sans bords

éblouissantes étendues l’esprit

mauve brune

habiter ici ne veut rien dire

 

j’aime l’or de ses collines

 

l’arbre brûlé le fil de vent

 

si fléchir la terre surgissant la rumeur

chaume et genêts ce terme du chemin

 

si ma place s’inscrit en marchant

 

balayant luisant bruissant

 

 

le mauve des olives peau brune

sous ton pull ont le gout de l’été

 

 

bri_carlitto_oliv_1

le dessin est divination

j’aime tout ce que je mange de toi j’aime

une ligne est beaucoup plus longue qu’une ligne

même quand elle n’est pas décomposée en petits bouts

reste un gout de froid

je mange tout ce que ce que j’aime de toi

je vois ce froid dans le froid dans l’argile j’aime aspirer le four

 

je serai peut être sauvé de mon cauchemar par ce crayon qui tourne et applique son tour sur le papier et ma vie en ressort reformée

entaille une place dans le monde assis sur cette pierre surplombant ce dévalement

les houles des collines cistes et bruyères permettent une place à la pierre d’où chanter

une mélopée répétitive comme cette succession de plant agité par le vent et que traverse les drailles comme des vagues l’océan

je ne tentais pas de les écrire plutôt le son de ma voix dans le vent plutôt les boire et t’aimer en songeant à cette danse oscillante charme des branches

buissons ardents éteints ont pas encore enflammés mon amour pour toi dessine le trait en vague tente de cerner l’indiscernable

cuire le ciel animé d’un souffle l’échine et le doigt

ma voix secoue les collines les ailes des anges battent la mesure sur mes cuisses caisse de résonance

je suis assis sur le buisson j’avoue que ce n’est pas confortable

je ne broute pas ni ne mâche le travail de cerner l’espace entier le réduisant à ma vue

esprit buvard

tiges en tous sens éliminant la pensée même d’un sens embrase l’espace vert

l’eau persistante pour le sol les bêtes y boivent j’y piétine et poursuit le chemin touche carmine et respiration d’oxyde la terre est rouge

la nuit ce sourd l’humide la terre sournoise

abscisse ou armoise le nom les couleurs dissonante du pourpre au violet nocturne s’étiole

dehors l’accroche des rocailles la laine des troupeaux et toujours la répétition

écrire dans le dehors après avoir lavé le regard le crayon rétabli

raccordement sinueux des frissons de l’étoffe entrelacement des divinations de l’issue vespérale

rétablir les points d’acupunctures de nos vie fait croire à l’existence des vides quand c’est d’attouchement qu’il s’agit

la sombre cachette du soleil fourni un trait épais le buissonement des ardences

t’aimer signifie aussi que le ferry soit à quai et que je revienne et tu me devines

ralentissement du pouls quand je suis un arbuste1_1000

les arbres juste un chemin traversé des nivelles font un rythme de voyage le clos de la boucle

une touche imperceptible le bouton d’or redouté que je flatte en tournant ex-allant l’arythmie d’un soleil survivant à la nuit

tombent la soie et l’eau ravageuse des genèses de l’apaisement surpris par l’orage tombent la soie et l’eau

la réclusion de la saveur écarlate surprend l’ordonnancement de l’écorce la sève redonnant son sens au mot source

 

 

 

 

afinité

river le clou avec force

un poing sur le fer

un mot eut suffit à étayer la possibilité

entrevoir les étendues

couches étalées dans le mot

 

eut il fallut finir

avoir la clairvoyance

et éviter la chute

 

finalement être fidèle

qu’est ce que cela veut dire

garder le miracle

bien en vue le souffle coupé

anoner

et revoir ton nez

 

la musique de nous deux

ne devait jamais finir

elle continue aérienne

l’air dans mes poumons

manque le souffle oté

 

c’était de poésie

dont nous avions parlés

tu m’avais deviné

et je te regardais

voyant la profondeur

et l’espérance

de te revoir

 

en affinité

chaque rencontre

remettait sur les rails

la substance de nos paroles

nous étions si bavards de nos silences