(c) Marlene Dumas , Great Works: Morning Dew 1997 (125cm x 70cm)Je voulais écrire sur le corps, parce que notamment le travail de Marlene Dumas me le commandait, en particulier ne pas savoir comment aborder cette œuvre extraordinaire, « morning dew » qui m’échappe.

 C’est vrai , sur ce lavis la vision du corps échappe et n’est pas simpliste, trop exigeante et indigente comme faite de trop peu et oblige à décrypter ou à laisser tranquille. Mais je m’obstine, elle ramène aux sens et à la façon dont le corps, chez soi, se vit, intériorité de ce qui est de la chair avant d’être du mental et du sensuel, ayant sa propre exigence. Il ne faut pas faire de place à la représentation, c’est que nous dit marlene, même le geste est inadéquat, la matière seule à droit à souffler et quelle matière. Cela peut angoisser, ne se laisse pas appréhender comme réalité objective et pulse.  Que le corps a une angoisse du même ordre que la vie et qui se confond.

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Ce matin, difficile aussi d’y aller , mais un correspondant japonais me livre une image du corps qui me prend à rebours, qui véhicule le contraire de ce qui anime Marlene, l’image tatouée est surimposée et nous emmène bien loin du corps concret , est-ce ainsi qu’il est suggéré de l’intérieur et se fait il oublier pour mieux nous sauter à la gorge ou nous ravir. Là le corps reçoit comme l’impression d’un monde comme par un filtre, celui du tableau ? du dessin, de l’allusion (l’illusion) séduction suprême sur la peau ? Cela dit toute l’attention que le corps requiert de lui même car d’un coté comme de l’autre c’est la fascination pour ce qui respire, ressent et exige qui est à la base de ce traitement.

Qu’il soit tatoué est aléatoire, indifférent, on aurait pu aussi bien l’enduire de bleu ou l’habiller de Chanel mais il aurait été perdu ou comme caché et transformé, il l’est, mais sans perdre de sa corporalité. Magnifiquement référent de lui même comme promettant un accès au monde, aux plaisirs et à l’angoisse, à la violence et à une rage d’exister non maitrisée, ou est-ce un rituel ?

Là sur cette image, l’attention à un monde des sens et l’abandon à la mythologie de la chair, proche de l’hypnose et habitée par l’esprit est soumis à la sensualité qui domine, il n’est pas mutilé, il est respecté, incorporé au reste de nos gestes, légèrement décalé, il est une œuvre et installé dans le temps.  Le récit par anticipation. Se livre. sublime don

Tapisserie sous nos yeux mais le corps n’est il offert qu’aux yeux, quid des mains, des autres sens qui n’ont que faire des images, je pense à la langue, aux doigts et je pense aux rois, aux aras, aux caméléons et à ces plantes aux fleurs magnifiques, là où le corps se pare, je ne veux pas dire que le corps se déguise, devient un objet de leurre pour soi ou les autres, à bien regarder les images et les reflets c’est pourtant ce qui apparait, se glisse dans le non verbal, que la réalité soit toute autre importe peu, la femme et l’homme se dépeint et il faut se déprendre. comme menacé d’une image. La dévoration et le don est proche.

il n’y a plus de questionnement sur le comment vivre, plus de carte de la médecine ni de métaphore, les yeux sont comme avalés par la bouche qui s’est ouverte d’un endroit du dos ou du ventre et, par ce qui s’articule en d’autres termes que le soi et l’identique, le divers l’emporte, emporte et t’emporte si tu t’approche trop, le corps sirène dessine les méandres d’une bouche, d’une langue littéraire est du domaine de l’avalement et de l’absorption et non de l’image fixe. Je suis bon public et est-ce vraiment ce qui m’est dit, et ne suis je pas plutôt face à la porte du fantasme moi qui ne demande qu’à m’engouffrer et éviter le contact réel de la chair,

Tabulaire

une succession de heurts rend clair la venue du visible

le bord de la table soudain clair

étonne la lumière

détourne de l’obscur

les angles sans flammes des feux appuyés sur le vide

 

il y faut ce sursaut

ces sauts de l’écart

 

le rebord des pensées si elles en ont

s’arrêtent avant de toucher

le stylo accompagné de l’oeil

 

les pâles

suis attentif

écrire

 

ce palier à la solitude supplée

 

Quand seul je

t’avais Toi

et que je racontais

les histoires pour

que tu entendes

 

je doute

que tu écoutes

j’aimerai

que tu écoutes

écrire

s’arrête à la feuille

 

perce

sans même qu’il n’y ait

une ligne

 

comme d’une portée

incertaine

qu’est ce dire

 

l’envie ?

te pressentir

 

la question que pose n’est pas dans les livres

E

dirait la honte ou la nécessité

de dire je t’aime

 

ou la pudeur, je dirai de me dire ce qui est vrai dans l’instant

et le demeure

 

 

sans une vague

le désir noir

là où  l’envie a chuté

 

 

règne la circonspection

salutaire

l’attention

se joue dans le silence

 

 

éloigné de toute solution

à une quelconque délivrance

qui ne te rejoigne pas

 

Voir

peut être est au delà d’un échange

Parole

qui ne fait que prétendre à la voix

 

quand de te voir ne suffit plus

 

Te – la jointure de 2 nous concerne

c’est assez

 

 

Chef de village? Portrait en pied. Au verso: texte manuscrit à l'encres noire probablement métallogallique et rouge

 

 

 

é_(c<ris-re_

une littérature qui nous rassure de vivre une vie glauque
la fabrique de gens qui ne l’ouvrent pas , déprimer la fenêtre ouverte

peter frying Pan hurle : <:::>Weeeeeenndyyyy ….., nan ! (c’est Wendy>) je veux pas quitter la purée de poix Londonienne car je suis niaine ! je reste couchée ! j’veux du gris !!!

un mot me fait rêver , pire une lettre