ou plonger hors du bus quand dehors ils ont les yeux-fort blindés

Bavure des palmiers entre les deux la rosée

si un jour sur ta langue

Si un jour où sont des hurlements dans le boudoir

de souffrance dans la poigne des villes ce sont les moments de l’ombre

une pause dans le temps bâti Ombre pesante elle étouffe

ire comme les havres se tutoient mais se noient

quand  une femme Ambre un piercing et son string

tire sur la corde et attend que dégringole le carré aléatoire des résistances

la salive des bouches aborigènes alignées

édentées

creusent un tunnel  pour rejoindre les buissons les herbes épineuses

un sac en toile

vers

où ce

sont

les caches sous les pierres et les touffeurs

l’hominidé déviant

l’insecticide parent

cet essaim est la huitième plaie d’Égypte

la huitième barbe de Barbe-Bleue troue le pic au passage du col

dissémine le vouloir défrisant

est ce une cure

une vulve comme

un piège des mousses sur les murs cachent une cavité

silence

une bouche

réprimande

gagne sur le temps

à la barre des accusés témoignent au petit déjeuner les baisers de la fleur mortelle

théâtre malien
théâtre malien

jardinier

il doit y avoir une raison le tracé des jardins n’ encarrent plus l’horizon mais dégringolent de la hauteur

dans la poigne des villes marchant sous les défrichages le chasseur cueilleur ébauche une trace

sa rêverie les herbes lui sont des moment d’ombre

le temps bâti quand le soleil passe sur les serres

une halte de la suffisance à la survivance

du haut des blocs  sur l’aplat des villes

gagnant sur la hauteur amplifie

cache de touffes

à ras le béton

les lignes surgissent frisent l’air et ratissent les fumées tentent de courber le climat avec un coupe coupe denté

si une ville étend spectrale en échiquier sa projection comme des mousses contrecarrent

le silence gagne sur le temps si tout est défriché la découpe de l’oiseau sur le blanc est le ciseau même qui grave son nom sur l’aigu

 

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jardim

moi qui parle de rives on me dit dérivation

tout étant canalisé (construit et architecturé) est-ce la civilisation – le jardinage

l’anglais est plus sauvage , home is my castle ou un enclos accolé à la cabane ou poussent quelques plans vivrier

suffisance ?

carré défriché

peut on comprendre la poésie ainsi ou est elle un coin de rivière, parée comme un chant de floraison

je m’inspire des pygmées de leurs chants polyphoniques trois cordes répondent à l’enclos dans la forêt

car si vivre inspire beaucoup d’efforts et la renonciation structure sur des lignes fixe la psalmodie insuffle une largeur comme des tiges porteuses vibrent à l’horizontal

est-ce fleuries – dans la bouche – étoiles dans les quatre directions pollen qui est la guérison et le bien être – je m’inspire des navajos

et me demande que veut dire Bernat quand il dit jardins perdus – jardins perdus en soi ou au bord de la fenêtre ou sur l’endroit ou le ciel rencontre le béton – est ce comme lorsque je respire ? que ma bouche s’ouvre pour aspirer l’air comme pour le garder – y a t’il encore des fleurs dans ces harmoniques – on parle d’ornementation maisn’est ce pas un élargissement de la parole par quoi on tente de se séparer du massif en s’inspirant des fleur

jardin est paradis mais aussi enclos et l’oiseau et la chèvre le serpent et la pie menacent ils ?

et que veut dire être fleur – homme fleur , réceptacle fleur au bord du vide , pistils curatifs – les bienfaits volatiles sont concentrés

et que veut dire Bernat quand il semble dire que le visage de la vieille femme un jardin ?

et peut on transporter avec soi ces lignes binées d’où percent le végétal – soi est nourricier – où n’est ce qu’accompagner ou se poser ?

dans la voix un chant démultiplié les ramifications et les étages pour chaque saison et les domaines

j’en revient à la voix qui est une plante c’est à dire circulation plant du minéral et le trajet dans l’organisme vers l’air qui est lumière

est-ce de chanter comme en acupuncture rejoindre les points qui en relation illuminent

en chemin pour se rejoindre la feuille n’a pas d’importance mais recueille et est réceptacle comme une bouche qui contiendrait

le lien de la bêche à la cuillère à la bombe du visage et l’ouverture

irriguer car se ramasser pour récolter et ingérer

entreposer dans les rythmes

du vivrier à l’étalonnement de soi, est ce reproduire ou connecter

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peser

arrêter dans les plis les courbes

 

 

emmêlement irrite  et l’écho

 

noir sonne comme un grelot

on voit l’ingérence découdre

 

 

 

quelle est donc cette essence d’arbre ?

 

 

si je suis accoudé dans l’étonnement

 

la nuit regarde mon inquiétude

rester immobile me perpétue

 

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mots cargos doux de nuits

Que dire d’un matin de brume issu des tempêtes

que dire d’une nuit bouleversante

de l’ahurissement des boulimies d’orage

cale surpeuplée de chaines ou de ballots

mots cargos mots doux de nuits

que dire d’un nom que l’on n’aperçoit qu’au lointain

détail sombrant dans la généralité

fumée noire assauts et coups de la diversité

coup de fourchettes et découpes sauvages

mettent parfois en déroute

recroquevillé sur ce qui pourrait être une plage

ou un lit de draps défaits

Turner, Staffa, la grotte de Fingal
William Turner

apesant

Et si le vent

si le vent

levait

et hurlait

j’irai

dans les tonnerres

les allées de mers

 

la lisse rentrée de l’eau

l’objection des pierres

qui contrecarre l ‘air

 

par quoi s’enflamme

le râle

la friction silex

le torrent

des hautes rives

 

et survit

les emportements des sphères

l’éclatement du feu

 

d’une trajectoire claire

désapprendre

et le méandre

et le passage à gué

si l’on se jette à l’eau

 

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dans la glace sépare d’une taille une poudreuse

survient

une dérive

sépare

creuse

viole

le bloc en immersion sombre à pic une tombe du flot

réchauffe

survient

la fonte

creuse la demeure

laisse une béance

revient à la circulation des eaux quand meurent les ours

 

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vite

Mon pas est si rapide que je n’ai plus le temps de penser

à qui je suis et où je vais

mes yeux pleurent de ne pas voir

(whistling past the graveyard)

mes mots arrachés de ma peau par l’effritement de l’atmosphère

le rythme désempare

causée par la rapidité

mon érosion se confond avec la propulsion

la confusion tendue

déterminée à saisir

il n’y a plus de sens à ma marche il n’y a que la marche qui pousse

c’est un peu court comme le courant

le temps de déchiffrer englouti pour surnager

flotter permettrait l’indéfini

quid des floraisons

des épanouissements

des temps de traine

le mouvement du bras et de la main ne permet que d’orienter et d’accélérer

dans l’affluence la syntaxe se résume à un amoncellement

le poids du pas

qui marque

porte et initie

est-ce l’accident d’une pensée se déployant

l’éboulement des dépendances répand en cataracte

dans la course s’appesantit  l’esprit replié et dévalant

ressemble à ses touffeurs et s’empare de l’avalanche

 

 

 

Eugène Leroy , nu
Eugène Leroy , nu