quand la nuit hulule

Ramassé

comme un serpent dans un panier

le nœud

se confond avec les fruits

et les herbes posées un tapis

assis est comme debout

même si la nuit dehors

Comme dans la rue

l’étendue

et même dans la boue

ne la percevant pas

les arbres de la forêt

et les sourcils froncés

suffisent à la marche

deux mots bien taillés

même le brin le plus fin

quand il est coupé

Le nasal au plus près

de l’odeur et de l’ocre

on se rend compte

qu’au dessus de la tête

Il n’y a pas d’oiseaux

Ni outardes

Ni éperviers

allègre ou amère

l’année se suffit à elle même

et tu te redresses

de tes points de suture

la plaie

cousue d’un fil

le front puissant des rides

saisit au vol

libre de ce qui échappe

les feuilles dont ne fait rien

si elles ne sont pas la branche

le fruit que l’on mange

les nuages voyagent le ciel

plus qu’ils ne le découpent

un souffle c’est le vent

au dessus fonce de la force

et se tapie au fond du panier

à force réussit à élimer le corps

dont il ne reste plus que l’essentiel

à la survie

l’exercice

ce qui est déjà bien

quand on pense aux morts

(c) inconnu
(c) inconnu

ronron

je me sens comme à la spa, comme un toutou qui fait le beau , fais le beau et tu auras un sucre , non mais quel toupet moi qui aspire aux grands espaces à mordre les pattes des brebis et songeur ronger un os ; ah les rives de la mer et les nuages m’appellent que fais je ici à manger du ronron pour chien !

cover-image-labrit_david_mignot_04 (2)

toits

Un livre est une maison, le toit des mots fait des branchages et entre les mots les sentiers, va vers la mer ou le lac papier de surface ou grain ce qui revient au même et le ciel sur le poil , de l’animal qui hante le lieu à la façon d’un dieu plus grand que le poème ou le lieu , le monde qui sert de couverture est une caresse ou tranche libérant la page qui va suivre dans une forte succession du temps, mais l’abri n’en est pas un et est ouvert au temporaire, il est toujours à temps de griffonner, et il le faut pour renouveler l’impact des mots, des traits qui sinon évanouissent, dans l’automne et l’apport de la neige qui recouvre ou renouvelle le lecteur chasseur cueilleur est migrateur n’a plus qu’à partir rechercher là où les traces l’ont mené et qui s’ensuivent.

Lamber Sav
Lamber Sav

accoster

quand j’écris, est-ce d’envoyer comme une volée de mots à l’univers, à une galaxie disséminée
comme les plantes sur la croute

et lorsque j’écris, est ce me ramener à une phrase implicite à laquelle je me soumets
les animaux le long de l’abreuvoir
un affluent

écrire est-ce le moyen de rejoindre ou est ce un point de départ? un tiret entre deux temps, relire et partir ne comble pas et en chemin ramasser les accords et les signes
est ce reconstituer
amasser

lorsque je sculpte un morceau de bois est  un silence,  est ce une corne ? n’est ce pas sortir du mutisme et l’envie de la pensée pour l’événement de matière semble tomber du rebord solide vers les bords du sensible et le fonds de l’eau
un creux dans le chemin de l’os donne voie au souffle

chanter dans la marche est permettre la rencontre en surplomb de la montagne
pourquoi cueillir des fleurs le long de la route ?
satisfait de la brume

si je dis corne de brume j’établis une correspondance et je dénoue, les sons repus, les mots peuplent mon ossature, je ne dérive pas au hasard
je me reforme

en clair et effilés comme le regard inquiet les mots dont je me sers sont une boussole mes phrases ne se conforment pas elles tentent d’accoster.

baleine

à bord de la chaloupe aller voir si la baleine crache toujours les jets demande de se frotter à l’océan

la baleine a les couleurs de la cote dans la profondeur elle est  la profondeur

et surgir comme un salut n’est ce pas répondre au mystère ?

respondance

quand j’écris ma poésie vers toi c’est une correspondance, comme des lettres qui te sont destinées  et qui te parviennent, où nous sommes deux ma voix te parvenant n’est plus véritablement mienne

au contraire quand tu n’es pas là où que ma voix ne te parviens pas elle semble me revenir en écho et me revenant ma poésie prend conscience de ce qu’elle est, seule et dénuée pour exister souffle dans les bronches de l’universel passé au tamis

c’est dans cette solitude quand rien ne me revient que véritablement,  je trouve la force de me relire.

 

narrer

Le laisser dire cède la place au vouloir dire, seulement après l’avoir aguiché – c’est que l’eau a fini par couler et se laisse mener vers les parterres.

col

 

Lave de l’ombre une étendue du temps rassemblée dans la main potière, en suspension sans remblai l’eau au creux de la main est ouverte au col

le Temps

et cassent la ligne droite comme spirale et ondulant serpent d’eau, grondement comme la rivière et ramenant la beauté au creux des mains, souffle la langue comme une lueur, mouvante et reconnue. L’autre, célébrant l’incertain et la renaissance de la matière dans la forme, capte et délivre le geste dans la lampe, inscrivant les mouvements de ses mains dans une rumeur d’écriture qui même imperceptible est bien là. Un fil poussé devant elle. Le temps dans la glaise dessine et on y voit la trace des pattes dans une masse semblable qu’il est vain de tenter voir, le Temps est matière et englobe tout. Ce n’est pas tant d’apercevoir que de sentir percer du bord des lèvres l’immensité et le précipité. Du poème initial, les fracas de terre, aussi doux soient ils, ont exigé de réécrire le fil chanté, de la nature et couverture spirituelle, deux bords du Temps qui s’écrient sur la surface de la respiration.

pollyrosefollwell
Polly Rose Follwell

guise d’intro

 

 

elliptique pointe des rythmes

écriture et terre

oindre

l’or

rare

ponctue

de traits gravés

de points accumulés

efface de gueules de bois

de branchages laissées nues

 

 

Les phrases volent éprises sur la surface comme sur la neige les pas gris ou les griffes des vieux graffitis

Le calcul des sommes des torsions s’enroulent les nattes du corps dans les cordes

 

white1_1000
céramique
Corinne Botella