respondance

quand j’écris ma poésie vers toi c’est une correspondance, comme des lettres qui te sont destinées  et qui te parviennent, où nous sommes deux ma voix te parvenant n’est plus véritablement mienne

au contraire quand tu n’es pas là où que ma voix ne te parviens pas elle semble me revenir en écho et me revenant ma poésie prend conscience de ce qu’elle est, seule et dénuée pour exister souffle dans les bronches de l’universel passé au tamis

c’est dans cette solitude quand rien ne me revient que véritablement,  je trouve la force de me relire.

 

si un jour

Si l’on imagine que nous plantions le maïs encerclés de bois où nous allions chasser

et de rivières

et de prés

si l’on imagine que nous étions de maison tuiles de bois ou planches de feuilles bancs d’arbres et le poisson ou le confort des jupes de  rire et la parole cerclant la parole dans la chaleur du feu

grains

de grange

franges

de fête

sarcler la terre en surface pour ne pas lui faire mal et délicatement enfouir une graine sentir le sol éclore

voir  la tige lever et se nourrir de fruit

enceinte de la forêt

sans enclos

et d’herbes

plancher d’aiguille

le temps

de cuivre

à perte

de

vue

sun tan

corn

& fields

Sahnish
live

paix
de planter

récolter

danser
soleil

et coudre
la peau

et broder
baies

joie de perles

et rondement les mottes

la paix de poser le pied dans la marche

se sentir dans la beauté réconforté de l’habit comme un aigle

et les heures et le temps qui se plisse il n’y a pas de fin  aux ondes de la  tranquillité

Wolf Chief's son
Wolf Chief’s son

Si un jour des hommes comme des bêtes étaient venus nous chasser nous tuant comme des bêtes et faisant sécher nos peaux et si un jour le sang coulait dans la forêt pour des siècles l’intranquillité et la peur et la colère

nos peaux se seraient mises à mordre et les saisons à enfanter auraient reconstruit le bois et reboiser l’argile ce serait déjouer la rivière

et peut être il nous serait venu des dents

retours

Le cyprès

clos

près de l’olivier

lumière noire

face

à celle claire

diffuse

 

Une tourterelle

vient en planant

se poser sur le gravier

ailes du vent

 

 

 

La figure est de voir

« la femme qui t’a poussé à ce voyage »

j’ai lu femme quand il y avait forme

est-ce une équivalence ?

 

Envol bruyant d’évocation

les ramiers comme tonnerre

coupent le nom du vent

avant que ne cesse le peu

 

la peur ?

 

Oublient la gravité sous l’air

où le langage livre

délivre

Le temps sourit à l’oubli

abolit

sur la tombe

des fleurs par une main

 

Haut

Creux de la pensée, le mot tue

ponctue

0mettre ni mot – sens – espace

Il y a tant à retenir – pour soi

et partager

 

en penchant la paume –

large

un fil délié parmi les fils