accoster

quand j’écris, est-ce d’envoyer comme une volée de mots à l’univers, à une galaxie disséminée
comme les plantes sur la croute

et lorsque j’écris, est ce me ramener à une phrase implicite à laquelle je me soumets
les animaux le long de l’abreuvoir
un affluent

écrire est-ce le moyen de rejoindre ou est ce un point de départ? un tiret entre deux temps, relire et partir ne comble pas et en chemin ramasser les accords et les signes
est ce reconstituer
amasser

lorsque je sculpte un morceau de bois est  un silence,  est ce une corne ? n’est ce pas sortir du mutisme et l’envie de la pensée pour l’événement de matière semble tomber du rebord solide vers les bords du sensible et le fonds de l’eau
un creux dans le chemin de l’os donne voie au souffle

chanter dans la marche est permettre la rencontre en surplomb de la montagne
pourquoi cueillir des fleurs le long de la route ?
satisfait de la brume

si je dis corne de brume j’établis une correspondance et je dénoue, les sons repus, les mots peuplent mon ossature, je ne dérive pas au hasard
je me reforme

en clair et effilés comme le regard inquiet les mots dont je me sers sont une boussole mes phrases ne se conforment pas elles tentent d’accoster.

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