l’être-langue

dixit Salah Stétié … :

 » Je suis le fils de la femme, et de la langue on dit qu’elle est matricielle et, aussi qu’elle est maternelle. La poésie, ma poésie en tout cas, se situe au confluent de l’être-femme et de l’être-langue. N’ai-je pas intitulé un de mes recueils « l’Être-poupée » sacralisant par là l’être et la poupée dans la complémentarité ontologique me paraît évidente ? Kleist et Rilke vous le diront : on ne fait pas de métaphysique sans la poupée et toute femme est la poupé, c’est à dire – sur un mode pudique voilé d’enfance- l’idole ( souvent pour elle-même autant que pour les autres) et la déesse. L’essentiel, de toutes façons, est qu’on comprenne bien que pour moi hors de la femme point de poésie et hors de la poésie point de salut. »
la beauté, la poésie, cette poésie-ci, cette beauté-là peuvent être, doivent donc être des armes de combat.  »
(extr , Salah Stétié, poète arabe ; Daniel Aranjo , écrits des forges)


esos cielos

 

le déchirement de lumière instaure une aube Ande et se rire en mire
mes vagues à l’arbre irradient une aurore quand la bergère en Orion charrette la grande ourse
etreinte à l’âme de l’immense fulgurant

le regard aigle tournoie aux hauts fourneaux , après une visite chez Lafrénière

il me vient cette pensée …. est ce d’avoir, pionnier, désiré le monde, autre , envisagé dans sa sauvagerie la liberté d’être or de penser ; rêver le vivre hors de ses fioritures, est-ce de cotoyer la nature immense , celle là vraie que l’écho indien porte au coeur de l’oeil , fier , gorge sous le ciel et jambe dans la plaine immense , paupière sous la pluie de l’arbre ,
est ce sentiment d’avoir été trahi , de cotoyer journellement l’écrasement de la souillure, la meurtrissure et l’insulte de la destruction irrévérente , esclavage d’un monde sans sens , imposé en contre sens , est pour ces raisons que l’écrivain d’Amérique est souvent dans la révolte et l’insoumission, l’amertume qui veut clamer fort son désaccord !
bien sùr je partage ce dégoût et mes montagnes à rives basques en révolte face à l’aveuglement rationnel, se joignent en chant dans la polyphonie poétique qui s’échoe de vallées en rives en rivage et abordent à l’horizon,
bien sùr la poésie clâme l’homme emplumé, de sa peau aux feuilles de l’arbre en forêt en plumage , bec en envolée, plume en partage , le dessin d’ocre univers guerr’isseur rejoint le chant de cime en cime et stoppe net la presse à dollar , à retrouver le geste du père en mère qui rattache en fils,
et le rêve demeure devenir l’oiseau , le rythme au ventre s’obstine à sussurer la parole indienne, tattoo en bras tendu d’une ile pacifique au milieu du cyclone aveugle qui arrache , qui ricanne nucléaire et sabre polystirène en amiante et vrombit de silence , froid, lointain suicide,
mais passer de l’autre coté de la colère et être île en langage recréé , devenir peau, dénuder le trop plein d’inutile ,

d’un glissant en miron affirmer l’alizé
que non en sublime oui .

aloa

En résonance lumineuse le monde en bosse
s’arqueboute
les feux aux couleurs
éveillées
l’éclat diffuse
le mat étale
reliure sur le métier à tisser du voir
à la trame de nos sens
la source jaillit des fosses ombrées

en cristal
en aube
finallement
l’or et l’émeraude enlumine le doux balancement d’un conte et berce
le phrasé distilé intitule une soif dans le voir
les voiles d’une épopée à la conquête du jour

rythme et souffle comme un vent sans limite
ouvrent les crevasses de l’ombre
une mélopée dans les mots chante l’être au jour
le vivant
entre corps et ajour
se tiennent en radiance les tâches
en acupuncture subtile
dérivent les alvéoles d’une eau de vague au sable
dentelle portant l’algue plancton de couleur qui en pigment déterminent l’espace et teintent
clarillon clair recouvre le couchant plan
restent parsemés à la surface qui recueille
comme en ile
s’accrochent
les points du réel
qui s’attouchant
accouchent
le bel imaginaire
sanglant toute voile dehors
dessine la carte
au parcours
le trajet
enchanté
le pas en brassées
zèbre
l’aval en franchissement
s’inscrit dans le passage
vide qui hors de la forme relie
de houle en heurt endort
les pointes lumineuses en ligne de contact
la force détendue
s’illumine aura
entre vue vive et toucher
la danse de l’oeil préconise le mouvement de l’écorce
à déchirer l’espace

foyer vivant à l’oeuvre…

la pirogue et l’atoll


salut oh l’ami parti vers ton atoll merveilleux , le soleil et la beauté la mer en guirlande en parure à ces beau peuples d’humain qui comprennent ce qu’est la parole et la font circuler dans une bula! vinaka ! au bon gout de paix
oh peuple des îles , je te suis et m’embarque à la suite de tous ces poètes sur la boudeuse , son capitaine Patrice Franceschi est le porte voix d’ édouart Glissant, le grand homme, ma plus forte influence à ce jour, je touche aux rives de « raga » avec jean marie le Clézio et à celles de l’île de Pâque et c’est un éblouissement ,
et ce sont toutes ces voix de ce continent invisible , les paroles sagaies de ces peuples de l’eau ; le grand bol des montagnes entourées de sables rives de l’eau , de ces terres magnétiques qui comme un chant pacifique me remplissent de kava éternel ; à souhaiter la paix comme une promesse
ces éléments vers lesquels j’accoste …. l’air, la mer, la terre , le feu, l’arbre, la feuille , ; l’animal, la racine, le fruit, le souffle chaud, le corail…
et le kava,
cette racine de pepper pilée m’infuse le bonheur d’être en réunion , le respect de la vie et le temps fusion , cet accord essentiel qui vient guérir des maux de la discorde , et c’est en parole, en mots , en image en main levé que célèbre le vertige du bon être que je me fond à ce goùt de nature, terre, mer , sol, lave, seve ,
la seule valeur que je reconnaisse encore , et que j’aime à partager avec les amis ….
autour en cercle de main en main
tous ces mots reprennent le sens dans la simplicité du partage ,
les mots ouvrent vers l’autre et installent une parole ,
gage de ce que j’apporte avec moi ,
en offrande ,
en présence ,


que l’invite de l’inspire se fasse entendre ,
que mes voile se gonflent en accord tendu vers ces vents qui me dévoilent

Bula my tau!
Chaleur bienfaisante qui réveille et endort la moelle décharnée, enchante les moeurs déplorées, les mines délurées

oh l’ ILE LELEUVA , lagune ou lacune?

qui touche à cette île , peut s’allonger sur ce sable, cheminer parmis les sentiers qui grimpent la forêt, gambader sur les places à danse et barboter dans les eaux transparentes de ma rive , la main te tend le kava en signe de partage et de paix , mes mots et mes images forge la parole te parlent d’un monde qui s’offre , que tu ne connais pas , encore , ou dont tu as entendu parler , ces minutes partagées dans la convivialité de l’accueil , laisse s’en une trace d’un signe de tête ou une pointe du menton suivant que ton départ s’impatiente ou au contraire chagrine …

VINAKA VAKA LEVU ! ! !

mue triste à rame

devant la mer immense le regard perdu dans la vague pense
il pense à l’immensité qui le contient son corps flotte de crêtes en crête
la tristesse l’étreint qui mime ce manque comme un murmure en mélodie
la vie mire à l’espace incertain entre deux instants
les lèvres ouvertes le contiennent à la fleur d’une paume
offerte
ce creux de dune pourrait être une eau pourpre mais elle descent en creux violet
à l’ancre du mot le moment se laisse aller à rêver virgules qui le séparent
inclu
de vague en vague
de creux en creux
s’étalonner comme une écume musicale
les yeux même ils s’en souviennent et le corps s’humecte à l’arc en cercle
vrombissant
l’eau lui dit
la vie le creux
lui dit que la mort mais l’instant réuni
en cercle insoumis le mouvement incessant lui songe et parle le rythme
réitération à l’excès il ne peut cesser d’être
en accent
ce temps surgit de l’intemporel
s’accorde aux goutelettes
le font bruire
de ces saccades les hanches de corps à vivre
vibre à l’accord
à l’intense du vide perclus
le béret en crête ramassé sur sa nuque la laine réchauffe le coton étire
quand il tend la perche
à rejoindre l’écart
à l’ensemble qui enlasse l’autre
ce n’est que là où il ne peut rejoindre
quoiqu’y vaille
quoiqu’y aille
la cime dans les creux murmure inaudible cet indescriptible
les mots libèrent en vrac la profondeur inouïe
le dessus en écaille
le flanc tendre pulse en remous d’eau
météore les milles reflets en dessus
disent l’appartenance aux mille flots quadrillés le vent en dessus et tranche
le regard revient au ciel des oiseaux qui s’y planent en vol oblique
cette géométrie du sentir lui permet cet axe particulier alors qu’il s’épanche
en dessus de la terre le soutient droit du fil de l’eau s’incline
regard dévié
la pensée
l’issue de la nostalgie qu’il sent retenir au fond s’accorde au foncé
la phrase ne peut rendre ce seul son
elle s’écartèle entre tous les cartilages articulés
à l’oeuvre du fond au fond qui le résume
s’il le fallait
il pense qu’il ne peut résoudre cet écart qui s’allonge
il pense qu’il lui faudrait devenir mouette pour raser tous les hauts de l’eau en air
il lui faudrait sonner de son pour astreindre ce couchant en accord
vocal
la transpercée de la flèche que l’oeil lui renvoit loin dans cette trajectoire
qu’il pressent
lui semble plus vrai qu’une construction à boire
radeau qui prend l’eau et il faudrait écoper au ras des jours
pour demeurer à flot
sachant qu’il faut tendu comme un arbre creusé ramer pour arimer
le son la vue le geste , la caresse et l’élan ultime lui permet de sillonner l’envol en droit fil
déchirement l’enviol lui semble sans sens
dé-libéré
il voudrait résoudre la contradiction à l’oeuvre dans les temps
souder l’aléatoire dans ce résumé des contres
réparti
tout embrasser dans un feu résilient
en marge des gris les noirs se foncent et rythment des clairs
l’étoupe
la voile étire et touche à l’air qui le porte
aléas marins et vents debouts
lui parlent d’une chanson
les deux ailes en étoile remuer à la lumière étale
embraser
l’espace au dessus
se soumettre à l’accord
échapper à l’étroit de ses bas
en rythme à selle de cheval éperonner en dent harpon.

aura vive



En résonance lumineuse le monde en bosse
s’arqueboute
les feux aux couleurs
éveillées
l’éclat diffuse
le mat étale

reliure sur le métier à tisser du voir
à la trame de nos sens
la source jaillit des fosses ombrées

en cristal
en aube
finallement
l’or et l’émeraude enlumine le doux balancement d’un conte et berce
le phrasé distilé intitule une soif dans le voir
les voiles d’une épopée à la conquête du jour

rythme et souffle comme un vent sans limite
ouvrent les crevasses de l’ombre
une mélopée dans les mots chante l’être au jour
le vivant
entre corps et ajour
se tiennent en radiance les tâches
en acupuncture subtile
dérivent les alvéoles d’une eau de vague au sable
dentelle portant l’algue plancton de couleur qui en pigment déterminent l’espace et teintent
clarillon clair recouvre le couchant plan
restent parsemés à la surface qui recueille
comme en ile
s’accrochent
les points du réel
qui s’attouchant
accouchent
le bel imaginaire
sanglant toute voile dehors
dessine la carte
au parcours
le trajet
enchanté
le pas en brassées
zèbre
l’aval en franchissement
s’inscrit dans le passage
vide qui hors de la forme relie
de houle en heurt endort
les pointes lumineuses en ligne de contact
la force détendue
s’illumine aura
entre vue vive et toucher
la danse de l’oeil préconise le mouvement de l’écorce
à déchirer l’espace

foyer vivant à l’oeuvre…

le rythme et la parole

sublime moment de musique intense , percussion persanes envoutantes à la limite dépassée de la transe et de l’exploration poétique , le rythme , le souffle et la voix extraordinaire de Mardjane Chemirani , … en écho au disque de chemirani sur le rythme et la parole , la poésie est là ! le souffle , la cadence , le rythme , la prosodie etc …
à voir …

paru sur accord croisé

Aimer Césaire