et croire

merci de cette mobilisation=> http://lapetition.be/en-ligne/petition-6311.html

Mais , à mon sens ce ne veut rien dire, ce qu’il faut c’est réellement prêter une oreille attentive à ce qu’ils disent, écrivent (joy harjo mais d’autres, d’autres, chantent…) à ce qui est vivant et renait, vit en dehors de nos tracks, que l’on n’aperçoit qu’avec peine tellement nous n’apercevons que ce qui se coule dans nos tracées, j’ai toujours pensé ça et j’essaye d’être attentif, de me nourrir pour devenir plus fort dans ma maturité, plus fort de ce que les autres glissent dans ma main, parfois la leur, la lueur, le temps d’un silence, prenez ça au sens propre, ils me glissent cet autre temps qui vient du silence mais un silence bourré de bruit, méditatif mais qui bruisse, des herbes des bleus des étoiles, des bruits de pas qui frappent, le respect m’habite, ma main est ouverte je suis un chef de guerre qui a déclaré la paix, avec obstination, Gandhi m’a montré la paume, je l’ai baisé moi l’homme en colère, peuple millénaire qui coule dans mon grand fleuve et ma langue de feu, j’ai refermé la paume de la guerre, et je me suis assis pour mieux comprendre,
Truddel disait cela, que de toute façon c’était peut être le sens de l’évolution, qu’il fallait chevaucher autrement, prendre le monde à bras le corps et être d’autant plus soi, une guerre qui n’en porte pas le nom silencieuse mais déterminée, Joy dit de même son canoe la porte de la défunte Mississippi aux rives d’Hawaï, à la Finlande et aux frontières de l’ouest, plus forte dans son universalité, et luzmila, Violetta chantent les vieux airs gravés dans une langue minérale dans une voix végétale dans un œil stellaire, les fondements du rythme nous atteignent, d’Itxassu à l’ile, la grande Ile et l’archipel, le bloc de glace répond à la joie polyphonique de la forêt, de la trace du désert mauve, les sangs se mêlent les voix s’accouplent, le tout-monde me fonde,
je suis assis et j’écoute la rumeur, je tente de faire taire la colère , je fais bifurquer les autoroutes des gaz, je regarde l’arbre et je tente de me souvenir, de ce tronc, des feuillages et je me vois feuille, j’écoute les pas et je me fiche des mots, je n’écoute plus que ce que je peux percevoir, d’essentiel, je me barre à ce qui s’oppose à l’autre, dans ma paume le présent comme une lueur qui brule mais réchauffe ma lueur,


j’ai vécu longtemps dans le drame, bien sur la colère, je voudrai rejaillir comme un arbre abattu, par la partie qui est resté intacte, soi, avec les autres, communier ce qui est essentiel,
finalement aimer, pas si simple et si simple,

petit à petit mes forces reviennent détourné de l’impossible et je m’interroge, je tends l’oreille pour les entendre et je leur souffle que moi aussi , qu’il y a le grand fleuve, fleuve bouche de l’estuaire l’homme qu’irrigue la femme, que pleure le petit enfant, et je vois que la terre est sèche, ridée et mourante, euh le savent et s’en remettent à la voix, en chœur serrent les poignes qui brandirent, je fais de même dans mon isolement, mon œil ours redessine les contours du volcan dit les couleurs fondamentales et refuse d’être entendu pour autre chose que mon chant et je toise à corps, je m’enfonce dans cette forêt et j’essaye de me lever, j’essaye d’être un homme surgit du rêve de l’ours, disparu, dans l’ombre m’étend,
je me souviens de l’homme que je fus, de mes lignées de morts et je recrois à mes vies
si seulement je pouvais me relever.


Ayiti ici

Vases comuniquants, principe de vie,  principe d’échange,  rapprocher les mondes, ouvrir,

« quand les murs tombent » dirait Chamoiseau,

Il  semblait évident d’ouvrir sur les événement d’Haïti, l’horreur nous le commandait et moi par gout pour cette terre de poète et de renaissance, de marronnage dont je me sens solidaire depuis si longtemps.

La réalité pouvait marronner.

Car je voulais dire Haïti de toujours, pas cet éboulement de haine, ce bouleversement

Difficile, à vrai dire, difficile même dans  « les lettres de loin en loin », difficile mais nécessaire, comment aborder Haïti ? Ayiti qui nous est nécessaire, par l’humanité que nous ne cessons de traquer pour la détruire jusque dans nos murs, c’est cela que nous devons respecter, Haïti ta voix se laisse entendre de loin, comme un tambour insistant dans le vacarme de la destruction.

Haïti, Ayiti,

Autre nom pour ici

La mer immense à traverser en l’autre sens

Tout ça je le vois dans le regard noir, vide ou  rêveur que ce pêcheur sur la plage ramène dans ses filets ou est-ce le désespoir ? la couleur de son visage monte à  ses yeux, on ne sait pas ce qu’il pense, il regarde cette mer et se souvient

Ayiti

Un cri lancé à travers la mer, la pauvreté accable, l’homme assis là est seul, on ne sait pas ce qu’il pense

Il n’empêche qu’il se relèvera, que son pas dansant dit à tous tout à  sa joie paradoxale de pauvre, qu’il l’inventera dans des chants et dans tous ses contes, le soir aux femmes à la veillée et aux enfant,

La révolte n’a pas germé
pour rien
la révolte re-germe à chaque fois


le cœur ramené d’Afrique le pousse à chanter, sous la poussière écrasante l’esprit divague s’évade c’est qu’il tourbillonne, de ces appels de la parole qui sont des ancrages, il faut entendre ces ancres lancées à bout de bras en riant, fort dans l’air pour atteindre, violemment l’autre, ici

Il y a comme une question arrachée à la terre dans ce mot, un mot sans appel mais qui pourrait être un jeu, trois sons de marelle, à cloche pied,

Tout ça c’est dans le rêve, le rêve qu’il y a dans les yeux qui vaguent

Les yeux sur cette carte postale que Kim m’a envoyé il y a bien longtemps, l’époque de Duvallier,  kim est une amie, docteur à Haïti, elle me raconte la gentillesse des gens de là-bas, elle me chante le créole, me dit qu’elle les aime qu’elle voudrait rester ici, surtout je crois parce qu’elle a le sentiment qu’eux l’aiment  bien, l’acceptent et  c’est parce qu’elle les aime, cette vitalité danse au delà de la privation, semble la nier, l’interrompt, elle en oublie le reste car elle a l’essentiel dans ce jeu d’yeux, cette extraordinaire insistance continue cette dérive.

Le soir c’est un immense conte de fée, empli de mort, celle qu’il regarde à travers la mer, la mort zombie est résistance, c’est Depestre qui le dit , le mat de cocagne est là pour tromper la mort, les cris qui dévalent interdisent  le désespoir , ils le mettent en relief,

C’est con , ça veut dire homme, comme un cri charnu qui ne désespère pas, rouge,

La terre, elle est étranglée, pas juste là dans la béance des téléviseurs, la terre est étranglée, à l’image de cette lutte qui fuit dans les mots et la magie, les sorts et les chants, la terre est désertée, l’esclavage continue, dans les mains de ceux qui prennent, qui serrent,

La vie semble un enfer

Maisons de tôle, routes ou dévale le poison, ou hante la violence, des guns couteaux ou le sang, des hordes de ceux qui ont défiés l’espoir et qui reviennent pour l’étrangler, l’égorger

Alors le rire doit fuser, désespéré

Car que faire quand même la liberté est zombie, que faire quand l’esclavage s’ accroche, quand tout se mixe pour nier une vie, quand le bourreau a un accent créole et baise dans le lit du maitre, mort

Il faut rester froid et regarder cette folie vautour, rester accroché entre les murs et défier l’histoire, regarder les puissants en face, ces faiseurs de mort, ces preneurs de vie, zombies, tortueux dans l’esprit de l’homme qui défie la folie,  « l’oiseau schizophone » plane, menace dans les méandres des mots, d’une image toujours comme un masque qui appelle, d’un rêve qui sourd dans les déchirements des gènes

Ayiti comme vie,

Nous on connait l’enfant, ce qu’on en voit
moi qui fut enfant je vois le regard, je ne sais pas bien ce qu’il dit, il connait tant de choses, de sous-couches de malheur, dans son noir de plomb la lave de l’espoir,

Ce qu’on en voit, on lui tend la main, ceux là le font par amour, parce qu’il faut que le regard fonde, parce qu’il faut faire échec, quand on ne prend pas pour prendre, rapt, abandon, je le sais j’ai été cet enfant, non , pas lui, mais un autre ce qui revient au même,

Je vois l’enfant, Ayiti, la vie doit frémir, et elle frémit car la joie est sans limite car il n’y a plus de limites, il n’y a pas de limites, elles ont été gommées, la force de croire comme une bonne blague que l’on rit au soleil qui décharne, l’enfant va repeindre le monde

Ou va mourir, ou va être tué, ou va tuer, on ne sait plus devant le regard noir de l’enfant,

L’important c’est la ronde, mais les morts nous tiennent la main, on en rit quand on ne sait plus de quelle face se tourner, pile face, noire blanche tout cela a perdu le sens, tout est rouge

Semble l’être car qu’en sait on ?

Ayiti, j’aimerai te comprendre, tu es dérive, tes murs sombres dans les failles, les déchirures de terre avalent tes enfants, le tremblement s’est fait tueur, ravage, détruit, tue, inquiète ceux qui sont au loin dans l’exil qui aimeraient être là, quand même ;

Un papillon tremble aussi

Es tu danses, conte improbable du rapt de l’amour , délire de la poésie quand la réalité entaille, on ne peut le concevoir ou avec peine, pourtant la violence quotidienne dépasse l’orgie tellurique
es tu révolte, quand les vautours tournoient et piquent à ton cadavre, un corps quand dans tes yeux se condensent l’inénarrable, l’irréparable

Se peut il qu’aujourd’hui la terre elle-même resserre l’étau, se peut il qu’une chanson rassemble ton pays qui craque, se peut il que tu vendes tes enfants, était-ce notre crime que la terre montre de sa béance ou est elle aveugle et n’a-t-elle pas de pitié,

La colère couvre encore le pays qui n’aspire qu’à chanter.
Comme le corps d’une femme enflamme de désir  les coups assassins qui s’abiment meurtris dans le mutisme,

Il reste la voix de la douceur au moment ou l’enfant s’endort. S’il n’est pas mort.

le sage et l’ivre

La musique, il est question de musique, d’art en général, la tentation est grande d’en appeler aux vertiges. la musique sublime.
la peinture ne vaut que par cette quintessence du monde, ce chant du pinceau, et la poésie de même. nous sommes à la pointe de la civilisation, nous sommes au pîquant de l’expérience humaine, être artiste c’est en arriver là, presque ou il n’y a plus d’humain, les indiens des Andes disent que les musiciens pour trouver la musique s’en vont à la frontière des mondes, là où la faille permet d’en ramener ce que personne dans notre monde n’a jamais entendu et n’entendra jamais, et d’en revenir indemne, c’est à dire pouvoir le faire entendre aux hommes, ne pas s’y trouver piégé, est ce un rapport à la folie, la musique est elle cet entredeux? faut il aller au seuil de la brisure et maintenir cet équilibre,

une conversation, ou plutôt des échanges où l’extrême exigence de l’un  semblait mettre en doute les gouts de l’autre, où l’extraordinaire érudition de l’un semblait sans appel

il était question de la facilité de Chopin et si Chopin est facile alors que dire de Vivaldi?! cela faisait longtemps que les tenants d’un Art quasi absolu en imposaient à ceux pour qui …cela faisait longtemps que dans d’autres lieux certains se paraient des apparats du sublime et je pensais que ce n’était que des oripeaux, propre à faire croire aux mots vertigineux, il était question de poésie.

or je pensais que c’était un grand fleuve, or je pensais que c’était le vent,que c’était  la mer ou le sourire déhanché d’une femme, je souriais à la joie, je m’étreignais dans la mélancolie pensant y voir ce qui m’étreignait, je pensais vouloir dire, mais par dessus tout je voulais me sentir vivre, ivre

je me disais que ce devait être là qu’elle se cachait, la poésie, en habits de fête ou sans, presque nue, ou complètement nue

pas à poil, nue

je me mis à penser qu’il existe un lien très fort entre la joie d’exister, d’origine plutôt populaire et une tentation du sublime,
les deux peuvent coexister, et même se renforcer l’un l’autre de manière à être musique, totale,

la joie te faisait entamer un chant et la poésie te saisissait, les accents atteignaient au plus profond quand ils  y atteignaient, et les gens se mettaient à danser, ils tombaient amoureux,
sans  prévenir, raides les yeux écarquillés, le corps aux aboies ne comprend plus, habité par une chanson qui soudainement disait tout, farfouillait tout au fond des sentiments les plus intimes, cois, et déballaient au grand jour qui s’envolaient au vent, abracadabrant, c’était une gigue,  quelque chose qui ne se fait pas ou qui se fait mais alors c’est que les couleurs ont tout envahis, les rues les cœurs les bras qui tournent et les yeux qui deviennent rivière, la mer qui devient jambes et le sexe qui déclame comme un bouc, tout, la vérité qui brame et  beugle et ment,

j’en étais là de mes pensées,


Bach, qui fait monter les danses populaires aux cieux qui en retombent comme Icare chez Breughel, Bartok, qui après les vagabonds russes refonde la musique de l’âme hongroise dans l’arrière-temps des mélodies des rythmes  terriens, celles que chantent nos vieux en riant parce qu’ils leur rappellent leurs amours et que la souffrance s’épanche, n’est plus souffrance mais mots du fleuve, rame que l’on pousse en uhuhant et kodaly, bien sur, et beaucoup d’autre ,
mon Strawinski, celui du chant du rossignol et de l’oiseau de feu
Vivaldi ! la joie d’exister !
facile ? peut être bien mais  je me demande même s’il peut y avoir de l’art sans cela …
mais l’idéal s’arrose à l’humain
explicitement ,

cela revient à s’interroger sur notre existence sur terre sans en exclure l’idéal, taper des pieds nus, la poudre rouge et les herbes jaunies, les bourrelets qui m’attirent, la coiffe qui te fait reine,

la débraille

mais l’idéal sans la joie d’exister, la joie ou la tristesse, on dirait que je veux absolument me coller frapper des deux pieds ce rythme pour fermer les volets à ma tristesse, immense, remuée dans l’absence, fondamentale, définitive,


l’art n’existe pas, nous le portons en nous et pointons incrédule du doigt quand nous le voyons et nous nous disons parce que nous le savons que toutes les émotions sont permises

mais Bosch nous tend un miroir, nous ne quittons pas nos rictus et nos rêves, nos corps difformes et nos moments de grâce vont en triptyque, Henri me le rappelle, lui qui rit de son anéantissement et va à l’accolade sur les chemins, vers l’oublié qu’il  veut commémorer,

remémorer


Elles les
plus belles s’enracinent dans nos chairs et chantent et dansent, se montrent des fesses et une bouche parle de la beauté, inégalable, il est toujours question de l’exploit, de la hauteur, même à ras de sol


la gravité s’en est allé ou se cache,
la gravité sans,
l’inconscient projette vers la faute mais ce faisant dicte un sens, des mots dérivent


« much ado about nothing », non ce n’est pas cela, la le baromètre humain fait des sienne, on ferme les yeux, on y est presque,
la lecture d’un texte de Dario Fo sur Héloïse et Abélard m’y ramène,
dans les canaux de Venise la pourriture flotte et s’appuie sur des airs de fête, une partition millénaire coiffée en pliure de couvre-chef, à la dérive, lettre morte, chiffrée, annotée, sans son de la veille


D’Irlande en Hongrie la fièvre des danses échevelées s’en prend au divin, la poésie s’enroule en chevelure et, en boucles raides sales ou
étincelante réconcilie,

le chant de la terre s’élève comme en errance

bref qu’est ce que la musique sans le plaisir et le grincheux noyé dans sa bière voit sa femme aller guincher


les bienfaits d’une gorge pleine

Donc affirmer, un chemin différent, celui du cœur, le seul qui vaille ,
à mon avis et au tien ce qui me plait !

Il faut se résoudre à ne pas se faire entendre dans les brouhahas qui feraient croire qu’on aurait une voix alors que seule le chœur résonne,
résister aux sirènes à tête d’hydre que l’ on entend de toutes parts, et la rengaine change au gré du vent, bien sur ! repousse sur des têtes mortes, sur l’erreur et le remord,

Eux s’y retrouvent et tant mieux,  pendant ce temps s’approcher du feu de bois et se réchauffer d’une petite lumière que tous nous apportons, en riant un peu,

chantonner,

parfois d’approcher les poètes, les peintres est dangereux car ils créent un appel d’air,  à les entendre ils auraient raison et moi tort, mais est-ce sur, ne faut il pas oublier tout ça, ces schismes et lignes bien tendues, ces files d’attentes poudrées qui soliloquent « il faut murir et se remettre en cause,
la Poésie, la Peinture, l’Art majuscule ne se trouve pas où ils disent
en fait ils n’apportent rien de bon,  le doute ?  permet d’être plus fort,

… il empêche aussi !


allez poussez vous s’il vous plait! je ne peux pas écrire, laissez moi ouvrir mon bloc à aquarelle !

Au final faire comme eux et arrêter de douter , monsieur , madame vous m’emmerdez.. !

S’entourer de gens comme nous et s’en fiche de la reconnaissance, dommage quand même mais qu’est ce ce qui sera reconnu ? que l’on a été a un moment partie d’un groupe, que l’on a pu faire entendre un peu de ses calepinades?

et lire, rêver voir, parfois des voix tranquilles nous parviennent et on entend,


Ou bien faut il travailler à s’épanouir ?
Je choisi de m’épanouir, comme un arbre,
je lutte contre la solitude et vais prendre l’eau ou elle est, souterraine même à traverser les océans, ce que je fais souvent,


j’aspire à prendre une main caressante dans la mienne, pourquoi ne me caresserait elle pas, ne suis je pas aimable, mon sourire n’entraine t’il pas dans un pas de danse,
ton sourire me dit que si,
nous les fainéants de la contrée fertile!
ne peut on marcher ensemble à coup de poèmes et s’enthousiasmer de peinture,
sans faire le beau, donne la patte ! patte blanche quand je l’ai noire, noire de suie

D’accord avec toi !la bonne poésie chantons tous ensemble d’une belle voix discordante !


Haïti (avec Florence Noël)

les vases communicant le premier vendredi du mois de mars

FLORENCE NOËL s’installe aux vents de l’inspire pendant que je serais chez Pantarei (http://pantarei.hautetfort.com)

Bienvenue Florence Noël !


Il y a un mois, Lambert Savigneux et moi-même convenions de participer aux vases communicants. La thématique commune que Lambert me propose va de soi à ce moment-là, parce que le sol tremble encore du scandale de 200.000 morts haïtiens engloutis sous les ruines de leurs maisons, de leurs villes, de leur pays. Lambert sait, je sais, que deux mois après l’événement, nous ne serons plus dans « l’actualité » mais dans une forme de résistance à celle-ci, dans la zone de non information où naissent, crèvent de misère, luttent, meurent des centaines de millions de personnes partout dans le monde, juste avant le flash qu’accorde un grand drame ou juste après.

[Quelle est l’actualité de la mort ? Je ne sais pas. Question transgressive. Les morts sont comme des couches de sédiments qui, à la longue, se compactent, se réduisent, forment une fine pellicule, parfois colorée de rouge, de sable, de noir, et datable lorsqu’on coupera, quelques milliers d’années plus tard, une tranche dans la terre devenue roche. Leurs accumulations à certains endroits – Haïti, oui, sûrement ce lieu-là  –  dessinent quelques déclivités dans la mémoire, des lieux comme des abîmes ou des sommets de souffrances. D’autres comme des plaines tranquilles. Telle est la géopathie de notre monde depuis la nuit hors des temps. Pourtant, à l’ère de l’info en direct, la vague d’un tsunami efface la vague précédente, les victimes se comptent, puis la vague reflue dans un bruit promis au néant, car déjà on compte les prochaines et ces calculs de comptables de l’info ne cicatrisent pas la terre, ses béances, ses failles, ses gouffres déglutissant les os tièdes des morts d’hier, ou d’avant-hier.

Haïti, deux mois après. 12 janvier 2010 la terre fait sont travail de terre, elle bouge, glisse, râpe ses tréfonds, comme elle l’a toujours fait depuis qu’elle possède cette croûtes, ses plaques, sa tectonique. Elle ne se soucie pas des hommes. Ce n’est pas Roland, ni les descendants de Toussaint Louverture, gueulant leur désir de ventre plein dans l’olifant, qui fait se fendre la terre sous leurs pieds. Ce serait beau, presque, si cela avait un sens, pas tout de suite, non, beau dans cent ans et quelques livres de légendes, puis d’Histoire écrits ensuite. Mais l’homme comme la terre n’y est pour rien. L’homme peut être négligent, il peut être imprudent, il peut être sourd aux menaces, aux grondements. Bâtir sur du sable plutôt que sur du roc. Mais toujours la terre déchirera ses entrailles, enfantera de démons et de ténèbres, aplatira les Babel, même en château de sable, même du plus humble des enfants haïtiens.]

avant,

peignait-il

avant ; les arbres moutonnaient, tantôt roses

tantôt aigue marine

les têtes dodelinaient de fruits

les bananes vertes conques à voiles tout du même

de la terre, c’était la peau douce, paradis de mon ami Calixte

avant

mais la terre a retourné sa peau, ami,

d’un craquement de vieille rage

son sang de gorge a défrayé nos rues

et nos maisons

ont replié leurs voiles

linceuls retroussés

sur le visage des hommes

sur ma toile,

une lèpres d’ocre noire

dévore nos palettes naïves.

[Parler de Haïti, faire chorus avec les poètes, saisir « l’opportunité dans l’immédiateté du drame » de solliciter de l’aide, je n’ai pas su le faire quand cinquante se sont levés, ont ajouté leur page à un livre, on posé leur brique de mots dans l’édifice d’une reconstruction future. Je ne l’ai pas fait car je n’aurais donné qu’un mauvais poème, écrit dans l’urgence avec cette furieuse envie d’aider, mais cette renonciation à l’exigence qui permet la vraie création. J’aurais donné un texte mais qui me semblait indigne de leur dignité, de leur humanité, de leur génie culturel, de leur noble Histoire, un truc vite fait mal fait, parce que là, à ce moment-là, j’étais juste comme face au nouveau né, ou face au moribond, dans l’infra parole, dans le sec du verbe, dans le creuset de pierre ourlé de trop de fièvres. Dans la vanité des mes trois imprécations jetées contre le malheur de millions.  Alors, oui, deux mois après, quelle bonne idée, pensais-je, ces mots me viendraient plus aisément. J’avais tort évidemment.  ]

Mamidou son panier l’a cueillie

et elle dort dessous

les veines de ses vieilles mains

irriguent d’autres semailles

et la terre l’a concassée comme les os

des ancêtres

dans la glaise des champs

d’esclaves.

mon bateau a vomi ses poissons

tout glaiseux,

car sa coque, ami, sa coque est fendue

sèche

un ventre offert pour le sacrifice

vaudou.

© L S 1997

[Il y a la question centrale. La question de la création et de la destruction. Un poème pour reconstruire un pays, un mot contre un milliers de briques brisées. Même moi, je n’y crois pas.]

en fait,

j’aimerais juste panser vos membres

avec l’étendue de ma peau

juste passer le linge humide sur vos peaux noires

bleuies ,

serrer l’enfant jusqu’à la courbure du râle

en souffle d’endormi

juste soulever quelques gravats

les tempes battantes

veiller une ruine fraîche tout ouïe

des jours durant,

parce qu’un passant y avait vu l’ombre d’un homme sourire

croit-il,

juste avant

[La question de la valeur sacrée de la vie, la valeur sacré de la création, la valeur sacrée de la mort, la valeur sacrée de la destruction. La question archétypale de la mort qui broie pour que la moindre vie éclaire comme un soleil neuf. N’est-ce pas cela qu’on appelle l’espoir ? Ce bébé survivant trois jours parmi cent cadavres et marchant seul vers la lumière. Un pour mille. Et ceux qui restent. Qui demeurent. Qui clopinent de leur racine à demi sectionnée, ceux-là, brièvement, la poussière encore incrustée dans leur sueur, sourient de son sourire, les pieds inéluctablement lourds de tant d’absents. N’avez-vous pas frémi à la vision de cette histoire ? N’avez-vous pas osé la question lancinante : pourquoi des survivants si tant de morts autour, n’est-ce pas la suprême iniquité, cette loterie ?  En surexposition de flashs, les caméras cherchent le bruit, restent dans l’urgence. Juste à côté, hors cadre, un silence écluse les dernières prières de mille bouches écrabouillées]

ce n’est pas Haïti

c’est l’homme tout simplement

mais dans le dénuement aride,

épure d’homme, silhouette filiforme

tordue, cassée, écrasée

un bloc de béton clouant

des ventres creux,

des barres de fers

transperçant leurs mains

habiles au génie.

[Deux mois après, il n’y a plus d’images, nulle part. Dans ma boîte aux lettres, l’unicef, médecin sans frontière, Caritas, des associations de villages, la solidarité obstinée. L’argent qu’on a donné ne nous absout de rien. ]

Avant,

il y avait

maintenant il n’y a plus

et pas de leçon en sus

pour qu’un cri puisse marquer

le seuil de l’audible

même pas un bon poème

comme épitaphe au drame.

[Ca ferait une fin lapidaire, une fin bien rageuse. Mais je ne suis qu’un assaisonnement de mots sur le plat des misères quotidiennes. Ca ferait une fin amère, une conclusion cynique, sinistre, bien dans le ton puisqu’ils sont tous rejoint la foule des « sinistrés ». Mais ce serait sans compter l’humanité qu’on pèse, à chaque fois, comme pour retrancher tout l’autour qui l’étouffe. Deux cent milles morts, et quelques personnes en ce monde devenus plus humaines, car plus conscientes. Un pays rendu à terre, amalgame de débris mais le pari de le reconstruire moins pauvre, moins seul, moins oublié. On peut se décharger de la tâche en se délestant de l’argent, mais ne pas renoncer aux rêves qui grouillent aux ventres des hommes, surtout ceux-là, qui, esclaves surent trouver le miracle de devenir un jour leur propre nation.]

Florence Noël

http://pantarei.hautetfort.com

*

Donnez sur les sites de récoltes de dons

Consortium humanitaire belge : Haïti Lavi http://www.1212.be/

Poètes pour haïti : http://www.haiti2010-secourspoetique.net/

*

Liste des sites qui participent aux « vases communicants » ce vendredi 5 mars :

Mariane Jaeglé http://mariannejaegle.over-blog.fr/ et Gilles Bertin http://www.lignesdevie.com

Eric Dubois http://ericdubois.over-blog.fr et Patricia Laranco http://patrimages.over-blog.com/

lignes électriques http://ligneselectriques.blogspot.com/ et chroniques d’une avatar http://metachroniques.blogspot.com

Christophe Sanchez http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com et Yzabel http://ysabel2046.blogspot.com

Luc Lamy http://www.luclamy.net.blog et Anna de Sandre http://annadesandre.wordpress.com

futiles et graves http://futilesetgraves.blogspot.com/ et Kill that Marquise http://killthatmarquise.wordpress.com

Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/ et Arnaud Maïsetti de contretemps http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1

Michel Brosseau http://àchatperché.net et Juliette Mezenc http://juliette.mezenc.over-blog.com/

Frédérique Martin http://www.frederiquemartin.fr/category/mon-carnet/ et Denis Sigur http://sigur-cyrano.blogspot.com/

Pierre Ménard http://www.liminaire.fr et Anne Savelli http://fenetresopenspace.blogspot.com

Juliette Zara http://enfantissages.free.fr et Kouki Rossi http://koukistories.blogspot.com

Nathanaël Gobenceaux http://www.leslignesdumonde.wordpress.com et Jean Prod’hom http://www.lesmarges.net

Florence Noël http://pantarei.hautetfort.com/ et Lambert Savigneux https://aloredelam.com/

Hublots http://hublots.over-blog.com/ et Petite racine http://petiteracine.over-blog.com/

Pendant le week-end http://www.pendantleweekend.net/ et quelque(s) chose(s) http://ecritbook.typepad.fr/blog/

François Bon http://www.tierslivre.net et commettre http://www.commettre.fr/

Scriptopolis http://www.scriptopolis.fr/ et Kill Me Sarah http://kmskma.free.fr/

RV.Jeanney http://rvjeanney.wordpress.com/ et Paumée http://brigetoun.blogspot.com

et puis Anita Navarrete Berbel le jardin sauvage http://sauvageana.blogspot.com reçoit Anna Angeles sur son autre blog effacements http://effacements.blogspot.com

Titien dans les flots

à lire sur calameo : « Titien dans les flots » ,

mon compte CALAMEO

et

Titien dans les flots

bonne lecture et surtout bon  courage, une bonne bouteille de Vittel ça aide….

« Je t’ai rêvée voyageant dans le poisson bleu »

« Je t’ai rêvée voyageant dans le poisson bleu »

Je t’ai rêvée sirène
Voyageant dans le poisson bleu
Toute jaune d’or
Symbolisant le blanc sourire
Et moi les mystères lointains,
Raison de ce feu en toi,
Que je soupçonne être au centre du globe.  »


(Manuel Figueiras)

manuel figueiras

Vie violence

 Je sais que la violence existe, je l’ai rencontré, et plus mais sans affinité, mais je dois dire que plus ma jeunesse s »éloigne plus je me rends compte que je souhaite autre chose à la vie, cette chose dont l’absence m’empêche de me sentir bien, quand je suis confronté à l’égoïsme, à la bêtise, à la violence, je ne me sens pas solidaire ; j’aspire à son contraire, je souhaite l’harmonie, j’ai envie de la douceur et le fait que ce soit plutôt un rêve et le fait que le réel présente l’autre face, m’enfonce dans le rêve, j’y plante mes racines, et puis pour avoir connu la violente, pour la connaitre encore, pour avoir été éberlué de mes réactions parfois, car on ne fait pas ce que l’on veut à l’être humain, le minotaure rugit quand on lui tire la queue, quand des protozoaires en terme d’importance mettent à nu la plaie, le rouge et la violence font place, nette ? non car quelque chose alors disparait, et puis on le voit, partout l’invasion de la laideur et la frustration, la pauvreté et la privation, le cri et l’absence, la douleur et l souffrance, la négation et le mépris, le néant et le meurtre,
 un jour, Gandhi y est pour beaucoup, je me suis mis à vouloir commencer à faire exister la beauté, à mes cotés comme un relais que je passerai en pleine course, comme Candide des fleurs ou des légumes là où avant l’errance écrasait l’espoir, et puis les bombes la torture la guerre dans mes montagnes à rives, l’océan partageur de l’esclavage dans les gousses de cacao, mon beau port sur la même rive que les négriers, et puis la réponse insolente à la poussée du pouvoir qui défigure
la violence m’habite mais avec  elle tant d’autres choses qui en sont les racines, une mer puissante et l’éclat de la lumière, une humanité civile et les germes de la discorde contenus, la fraternité à l’horizon
et puis l’ile dans chaque matin de brume,
 et la peur de voir la main disparaitre dans un geste de sang répandu,
La cassure la rupture d’avec la colère et la destruction,
Je tiens la main sur ce à quoi je tiens,
Dans les trous de ma flute l’air de l’essentiel musical aspire
les fumées
et que le pouvoir ne voit plus et nie dans leur pouffe ( de pouffer) suffisant

La violence est ce qui fait tenir debout, elle est ce courage qui dispense,
Et permet le rêve dans les vides,

Elle nous enchaine et j’aspire à l’air

 circule de cime en cime, car l’arbre qui me soutient me suffit, la voile qui me pousse m’emplit  et l’eau me ramène au rythme

Pourtant la vie est aussi pulsation et puissance et poussée du réel, pourtant l’autre existe et je ne peux l’ignorer , alors j’essaye de vivre en accord, j’essaye de donner un autre sens à la violence et de par ma poussée, celle du corps et du temps que j’interpose, détourner la tempête

et même si je suis tempête mon trait la recouvre.

 

 

Jacques Rabemananjara

… »Je te reconnais entre cent, entre deux,
Je te reconnais entre mille à ton clin de cil prémonitoire.


Mais j’en ai marre, moi, marre jusqu’à la nausée
du clinquant et des fards sur les joues philistines
de la tare encombrant les ailes des narines
marre
de la virginité technique de l’ombilic et marque de fausseté
marre du cauchemard en forme d’hippocampe au bout des
boulevards.


ce ne fut que péché pubère, intrusion dans l’outremont,
le plongeon du nageur parmi les nacres des grands fonds.

Le coeur est resté comme un vol d’hirondelle au ras des vagues
matinales
et l’entaille dont j’ai griffé la poitrine de l’interdit
s’est mise à la couleur belle de ta nativité.


dans la courbe des longs sourcils
j’ai appris à l’apprivoiser, le vif hiéroglyphe,
qui d’un coup de paraphe a garanti pour nous les pages blanches
du bonheur.

Car ta beauté, charme impair,
ta beauté
la nudité du corps rythmique du printemps,
la nudité de l’âme offerte à l’appétit phallique du soleil.

C’est le cri du réveil d’entre les pierres lourdes de cent millions
de morts
brusquement arrachés à l’hypnose des âges,
la reprise à midi du refrain de l’aurore
pourqu’à l’ouïr
un sursaut vertébral s’empare à même du sol identitaire.

En toi tout est symbole, harmonie et synthèse,
point d’orgue et joint subtil de toute chose,
de mes entrailles pourpres comme des lèvres de volcans,
visible
invisible
ayant reçu comme toi-même en legs le monopole immémorial
du lourd dépot du capricorne.

Je te reconnaîtrais entre mille entre millions au seul pli du lamba
jaculatoire
sur le saillant de tes épaules,
la voile de mon boutre obsédé du retour au pays d’origine,
la retombée d’un bras
subite oasis d’ambre où rampe entre deux bonds le plus fauve de
mes désirs.

O semence ! O mystère ! O germination cosmique de la graine !
accord parfait des reins en râle !
et Toi fécondité
des ventres tout à coup graves comme la mort et doux de la
douceur de la paupière des pintades.

Mais quel esprit divin nous illumine, nous, les nouveaux
mystagogues.


Happés nous sommes happés broyés nous sommes broyés
engloutis sans appel dans le vagin vermeil des triples telluries…. »

(Jacques Rabemananjara, oeuvres complètes poésie, Présence africaine)

Grand poète malgache que michel Leiris (« zèbrage » ) d’un coup de sublime indicateur des ailleurs m’a envoyer côtoyer, traçant en cela un chemin,
ce texte « Lamba »  nous place d’un seul coup au coeur de la grande civilisation malgache et sa force d’aimant, identitaire pli du vêtement qui autant que recouvrir pare d’un tissus ou le parcours et l’endroit d’où se tient l’homme est indiqué, enveloppé dans cet habit il désigne la femme et entrevoit tout un fil des jours de quoi l’éternité est faite,  se révolte contre le grand désidentiteur qui brade tout de  l’humain au marché aux puces du recyclage,
Le grand Césaire fera de même ,
Brêche ouverte, le surréalisme en Europe , car c’est bien toute cette reconquête de la parole partie au sein de l’Europe décomposée par la guerre et la destruction, à commencer par la place de l’homme et de ce grand imaginaire inconscient que l’est de l’Europe a tenter de résister à l’inconcevable et semé les cailloux de la retrouvaille, redécouverte et affirmation de soi que la langue française par le surréalisme poussait vers les contrées colonisées et dépossédées, des  poètes et intellectuels s’en sont saisis et l’on confronté à la force vive de la culture dénigrée, ont entrainé un peuple à leur suite, dont ils furent la voix,  réticente à l’assimilation des grands flux impériaux,

Les  mondes apaisés et des vallées cachées
Réaction à l’horreur de la guerre qui engloutit tout sur elle même, le surréalisme l’apprit aux colonisés, frères, eux aussi victimes de la violence éradicatoire, arrachés de la profondeur constitutive , comme un vieux masque sculpté à l’être en racines aggripantes aux cotes des morts, fibres de l’appartenance, retrouvèrent dans l’ appel aux rêves des profondeurs de l’inconscient, la transe que l’homme moderne jeta comme un pont pour rejoindre le primitif ou l’essentiel de l’être humain, sur la disparition en gouffre du mythe, eux y virent ce retour salvateur des laves si profondes , combustion de l’être comme un kérosène premier
le mythe en appelle à la langue dans le souffle et le rythme, raccroche à la densité et aborde à la vérité,
De notre embarcadère, l’ère de la consommation et la production industrielle clamant la victoire de l’insignifiant, de la disparition du soi, l’homme perdu porté par le flot du mot , oralité retrouvée au sein du livre, de nouveau vivant au sein de la langue invocatoire, devient parole, redevient parole ployante au vent du souffle  de l’être .

un livre consacré aux auteurs conduits par césaire, nous le fait comprendre , et je m’accroche à sa suite, en plein accord avec l’idée soudée à mon exil, sublime sens de l’attachement , (Derouin, entre exil et enracinement nécessaire,; moi un enracinement vers son horizon…)
voila ce que dit la notice du livre , « L’écriture Et Le Sacré – Senghor, Césaire, Glissant, Chamoiseau Collectif Universite Paul Valery » , et qui m’éclaire :

 » Ce livre prolonge et approfondit les Collectifs Un autre Senghor (1999) et Sony Labou Tansi, le sens du désordre (2001) publiés dans la même collection de l’Axe francophone et méditerranéen du Centre d’étude du XXe siècle. Réunir des écrivains africains et antillais dans un même livre, c’est prendre au sérieux ce que Patrick Chamoiseau a souvent affirmé : il y a, entre eux, à la fois d’incontestables filiations en même temps que des problématiques culturelles et des poétiques très différentes. Le thème de l’écriture et du sacré permet de bien comprendre ces ressemblances et ces variations. Un premier contraste, classique, oppose Senghor à Césaire, le poète nostalgique du mythe et de l’épopée à celui des arrachements et des ruptures qui déchiffre le Sacré dans le coeur noir de la langue, dans les syncopes et les abruptions du rythme. Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, quant à eux, s’ils ne renient pas l’héritage de la négritude, leur part africaine, comme ils disent, font face à un danger plus contemporain et, au fond, plus difficile à combattre : celui d’un tarissement possible de la diversalité du monde, d’un désenchantement (qui oeuvre au coeur même du symbolique et de la langue). L’écrivain retrouve alors une vocation fondamentalement romantique, dans une attention constante à la poïesis du monde et des mots : expérience d’un Sacré que l’oeuvre, sans cesse, réinvente, en une nouvelle alchimie rimbaldienne du Verbe. »

 

© photo Angèle Etoundi Essamba

voila un peu quelques pistes qui me relient à ce grand écrivain malgache, essentiel,
la recherche dans la chair même de la parole du sens du vrai , mutine à l’encontre de l’aliénant, le poète clame la force irréductible de  l’île  et ouvre une sensualité elliptique ouverte .

© Daniel Biga : l’afrique est en nous , l’Amourier,

Total KHAOS
(Zapologiedes superzhéroscontemporains)
s’autoclare s’autoclame
Oupen opvert salon mondial de l’autokonnerie
Monumentéléphantesque
l’ouragan n’importe couac s’annonce côte forte bourse
go New York go London go Berlin va Paris go Moskov go Sydney go Tokyio
itou à Tombouctou Sakhaline Kinshasa Pierrefeu au déserts itou aux poles itou
Mad Max braille truandaille assaille funéraille mitraille ferraille fricaille : triomphe
( « j’n’aime pas cett’ épok-é-mone!- et je plante des zarbres pour les zoiseaux »)
….
et plus loin

Il a plu au coeur du Sahara au milieu de l’aride
quelque ombre de bienfait de repos d’allégresse même
‘est alors glissée jusqu’aux racines
des plus sec parmis les arbrisseaux
jusqu’à la mamelle la plus assoiffée des rares animaux
sur le pauvre sur le maigre sur l’inculte sur le minéral
avec sa clique sa fraîche sa carresse
presché un giorno dourant la ploïa persévérare
parfois la pluie arrive au muscle du désert
quand menacée se sait la vie


c’est après que le môme romarin ce vagabond va-nu-pied
– peulh éthique plus gris qu’ébène – ce
berger meskin sans caprin ni ovin rencontra la princesse
il vit- il en fut illuminé à jamais-:
même en haillons même nue toujours d’une élégance
raffinée la princesse

 

© photo inconnu