Changer le fauteuil de place. il est recouvert d’un plaid en peau de chèvre il regarde par la vitre vers la mer. La mer est loin. le ciel touche à la mer je vois ses mains ses mains humides de pluie de pluie et de brume. Le silence n’est pas pesant mais pèse comme laLire la suite « la pointe du phare »
Archives de l’auteur : Lamber Savi
les liens
écorche tourment de la montagne là où le regard est trait le cri couve nuage pleure dignes lames de brume l’orage et la mer brutale ceignent les liens dans ma marche m’empêche de tuer
cascade
c’est lorsque la brume envahie que chasse la lumière cinglée les dents de la montagne déchirent c’est pendant l’orage m’ébroue que la ligne de crête ou lorsque la pluie dévie la roche échancrée dilue
Voir briller
Je te lance une corde et tu en fait un pont suspendu entre deux eaux raides et deux poteaux tu choisiras où l’accrocher J’ai déjà eu l’occasion de te le dire ma vie ta vie est un tourment qu’il faut bien traverser et dégainer ton regard traine est une lampe dans la nuitLire la suite « Voir briller »
Wu Wei
la grève en rond des lèvres de l’eau ne regarde pas elle détourne les yeux et parle fort sur le chemin le long de la grève je crisse et je râle non pas du dernier souffle des êtres vivants mais du premier quand je rompt le cercle et que je ne dorsLire la suite « Wu Wei »
Mounture
Tout le problème est, trouver un espace plan où pouvoir marcher. le temps du langage ne doit pas s’encombrer serre la narration à raconter quand il y a tant à rencontrer , cela suppose l’emploi d’un présent à porter dans sa besace pas de gibecière car on ne prend rien, pas de nasse, une pocheLire la suite « Mounture »
il n’y a pas de plan
Non, ! la vie est si trouble que je n’ai pas de plan , la vie , ce que l’on entend par là est surtout un espace, d’où l’on prend, où l’on va, de plan ? j’entends par là l’horizon , un endroit où aller, dans l’imaginaire, est surtout un espace un endroit plus ouLire la suite « il n’y a pas de plan »
temple le monde
un mot me fait partir (me surprend) « contempler » l’éloignement sans distance cela surprend mais dans la saisissure qui accepte le recul comme une composante du rapprochement ni de loin ni de près mais dans le saisissement silencieux et respectueux incroyable de saisir soi dans le mouvement en suspend à ce qui me dépasse et queLire la suite « temple le monde »
évacuer le faux la précision du mot absorber où ? comment
peaux
et prendre de la vitesse permet de décoller laisser les peaux pendre et s’arracher les bribes comme des peaux sèches s’effilocher dans le vent ou l’altitude ces cristaux luisent comme l’aurore gaze de son luisance grande et vaste ce turban de lumière est plus comme une mère dans les mailles le désir de partir entoureLire la suite « peaux »