Sans titre et sans nommer le compost de l’âme

Et noir dans la tourbe mangeant la terre enterré jusqu’au cou ne rien voir
pour garder sa dignité, se réfugier dans le silence

Silence

bruit d’eux dont je ne veux rien savoir ni rien dire ni rien connaitre

m’isoler dans l’absence même à deux pas d’eux
rejeter les couleurs habiter l’hiver
Incohérence la laisser filer comme une chienne qui aurait la rage

Ce nom que je froisse comme un papier que je jette sur le trottoir
sale

tristesse et colère bourbier en mon sein salive sans salaire
me soulève me laisse désemparé m’isole au mépris de l’île
qui sauve dans le rehaut des eaux pourpres des déserts

salves qui sont plus imprécation qu’oraisons

 

Alors renvoyer la colère
préférer la solitude
ne pas lui donner de nom
ignorer qui je fus
espérer renaitre
prévoir un chemin de froid
dehors plus de poésie Lune mais la glace
et les outils pour briser le froid

croire en la chaleur et couver
plumaison de l’oisillon duvet

 

Croiser abstraire la rue de leurs corps
dérober à la blessure qui me saigne
et détournant la tête
seul, advenir au vent du nord quand eux ne sont même pas deux
comme ils paraissent désolés une plaine gelée
sans lien sans monts ni eau ni joie
Et geler toute flamme
savoir qui me consume sans rien au bord des lèvres

 

Oublier quand rien ne reste plus
couper le filin qui retient au port

Et dériver

Refus en bloc et de la traitrise et du mensonge

 

rendre à l’eau ce qui déjà n’existe plus
n’avoir de noyade que pour moi
savoir que désormais plus rien n’existe
dans mon temps seul l’errance

 

Ainsi garder de l’amour l’élevé
même pour rien ou pour peu
finir seul  au moins rester fier

Et éloigner la colère
la dissoudre dans l’azur
l’ombre du mot d’orage

la foudre restera pour moi
l’illumination brève

 

La poésie
Quand elle va son chemin
à plat ventre dans la fange

Sans titre et sans nommer

Ne plus rien vouloir d’elle
En même rejeter le souvenir
ne rien dire pour ne pas faillir
mais renfermer à soi au cœur

 

Plein du départ avorté cette peinture comme un adieu
une tristesse dans le regard qui tombe en poussière
s’éloignant à jamais du bleu creusant la mort dans le vif

ne laissant rien à se souvenir que la vapeur lumineuse

et la terre oublieuse ombreuse et terne

 

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Bosquet brusqué

La route comme une pelote

libère au hasard des herbes alors en chemin sur une butte regarder les vaches s’extasier

l’alouette survenant ?

Sur un cahier je me moque contrefaisant les branches de l’arbre trop parfait puisqu’il existe

seul le vent le détend

Ou peut être la chouette la nuit ou le jour la vache, hilare, s’enquérant de la mousse qu’elle sait douce.

Au delà des bosquets un village

au delà de la route des vergers abritent des pommes dont on  fait le cidre

qui finissent par tomber.

où tout cela peut il finir?

Dans ton rire j’ai perçu un bout de la vérité mais tu l’as ravalé  ignorant jusqu’à mon avidité et ma fatigue

sans même le cracher

un jour j’irai sur la route qui rira et j’aurais appris à jouer du violon.

 

bosquet, encre Lamber Sav
bosquet, encre Lamber Sav

routard

La route comme une pelote se libère au hasard des herbes alors en chemin sur une butte regarder les vaches ou l’alouette railler sur un cahier je me moque contrefaisant les branches de l’arbre trop parfait puisqu’il existe et que seul le vent le détend, divertissant ou peut être la chouette, ou la vache hilare demande des nouvelles de la mousse que le tronc cache mais qu’elle sait douce. Au delà des bosquets des villages et la route et des vergers abritent des pommes dont on  fait le cidre ou qui finissent par tomber où tout cela peut il finir? Dans ton rire j’avais aperçu un bout de la vérité mais tu as ravalé sans même le cracher ignorant jusqu’à mon avidité et ma fatigue, un jour rirai sur la route qui rira et j’aurai appris à jouer du violon et à me taire.

Souvenir d’un lieu cher

Un élan quand couvre une ineffable douceur

je veux parler de la neige

de ce recouvrement subtil des toits

des champs à perte de vue mon attention est grise et glisse

cherche à effacer les prises d’une impulsion à sa simple expression

et pensant à ce toujours que j’avais perçu sur le seuil

cet inouï quand le matin attend le soir et que la blancheur s’allie à la nuit

à l’oblique une avancée dont on ne viendrait jamais à bout

 

Une caisse de bois vide

l’inopérant des larmes

 

Dont il ne reste que l’intention

nocturne

la terre aspirée le rouge sanglot et la mâtinée triste emmaillotée dans le blanc

désarticulé

sur les toits un homme s’est lâché.

mot de traine

De ces mots de peu qui filent comme un traineau sur la glace

qu’est ce un mot de traine ?

si ce n’est un allongement de l’espace qui se dilue dans les brumes

matin de neige où le linceul de l’humidité semble  se figer

au contraire de la pluie ou de la neige ou la furie de l’orage de la mer

 

Cette attente n’est pas de la disponibilité, elle habite le froid

elle est la négation quand on attendait un signe, le vif ou la lumière

de l’ouverture possible et du mouvement, la disponibilité

de la voir se refermer et disparaitre, se muer en absence

entourant le lieu même de la clôture

mon propre repli dans la couleur se fond à la disparition

d’accepter ce cheminement vers l’écho entourant le lieu

 

Fermant la porte à toute ascendance le chemin recouvre le clos

quand devenu la proie mordant l’autre empêche le feu de bruler

 

rémision

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Mais je te sais aussi dans le ruisseau des poètes, je te sens dans l’intimité qui remonte des affres du grand roman russe, toutes les lames ramenées sont taillées aux poils du feu si mince que flambent les torches levées pour éclairer les phrases, les veines saillantes de tes mains sont dessin à la pointe dont tu saignes

Château clos ta peau tendue sur l’enfance, sans beauté, de ces phrases que tu files comme  la blancheur sur les forêts de la mort

Illumine quand  je te sais ouvrir un livre et malgré toi l’enflammer malgré toi le cœur comme un bûche et le long d’une rue isolée tu marches porteuse de ce défilement sans fin qui te fait et de défaites jusqu’au point où tu vas.

 

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L’ombre des grands arbres (2)

Dans la coque une décoction rouge

L’altitude nonchalante d’une meurtrière

Tombereau des pirogues renversées

De la coulée de l’écho l’or sombre

Sur les épaules un tissage répétant tous les motifs

Fait peur aux enfants qui s’enfuient

Recouvert d’une bouillie de mare le bois macéré

Machette la tenaille épilatoire

Le sang gicle sur le tronc

Épingle sur la lumière

L’eau déshabille la vie

Sur les crochets du fer

les ventailles et l’eau

Faut il demander pourquoi l’étau broie

Cerf débusque où les sentes mènent

Par les chemins à dos d’âne la route louvoie

Quand tout est détruit la mort invite

L’inséparable de l’âme à la vie

Au creux de l’orbite une salive où perdre

Sur le visage le nœud de l’aspic comme un bras

Poison si enchante la carpe en une mélodie simple

Poisson dans le fleuve le ventre à l’air

Poisson quand crève

N’est autre vie qu’une vie disloquée

Une faim

Que l’arbre aux fourmis

A force d’application

On peut finir par s’animer seul

Le sol sous la chevelure tremble

Sous la coiffe de l’air libre

La queue d’un serpent

Braille les anneaux clinquants du venin ce qu’elle porte

A ses oreilles

Longe le fleuve songe la moiteur

Dans la gorge l’ inconvenance déploie et monte

Descendant ascendant à l’aplomb d’une vase

Dans cet allant du fleuve

Une barque chargée des cadavres

En guise de représailles le reflet d’un œil

Inlassablement noué

L’eau rousse écarte le filet

Comme les écailles d’un saurien la gueule du visible happe et tue

déshydrate ce qui a été langue

Certifie que cela aurait été

Soleil ne peut que pourrir sans se refléter

Échec d’une quête que la foison gagne

le chant s’éteint dans un beuglant entre les jambes écartées

ce vif sur la voie

Quatre branches abritent les saints

Deux palmes les recouvrent

Si une porte entrouverte entre

sur le chemin les pleurs sur la ville il pleut des coulées

La boue mort-née renonce à sécher

Prise dans la gueule des draps l’incertitude l’Amour est la monnaie d’échange

Comme un vautour plane

L’odeur

Dans les rets des plantes les serres d’une antidote

Les anticorps des vies saines qui doivent le demeurer

Les chambres s’esquivent des chants des départs

S’emplissent de motets

Réponse

Une corde attachée où les pas ont tenté de piétiner le cercle à rebours

Les filles dans le dortoir des promises le vacarme va les chevaucher

Vers ce jardin ou lignes et forêts plongent dans une architecture tonale

L’océan ce jardinier arrose des arbres qui fuient

Embruns de la pluie le jet et l’eau stagnent dans la fontaine

Y habitent et la science ancienne des plantes et la langue

Passe la peau vieille qui assise brille sur l’or

Dans l’outre verse à l’eau vive l’air que les tambours portent

la robe blanche l’éternelle bonne volonté de l’eau

le sens d’un battement et le sons des cloches

Sur le chemin passe.

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Acceptant qu’il en fut ainsi au vide  et que mieux valait les engelures et les imperfections du reflet interminable de l’eau

 

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c’est assez

Et sans écart de style admettre

 

Qu’il n’est plus possible de dire

Ni d’envisager

La figure au cœur de la tromperie

 

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S’agit t’il de sauver ? un filet d’eau, cette idée est tentante, la verser serait à ce prix et demanderait cet écart quand nierait l’obstination d’un axe astigmate

 

La brutalité  flottant entre les approximations et la position couchée, de la vérité ne permettent plus

de poser un regard ferme

Aimer semble s’en être allé au désert ou glacé dans la cruche l’eau terne de la rivière

Abimant le cœur dans un évanouissement qui confine fermement au doute

Fine et entrecoupée de toile le noir

Bêlement d’une confusion cédant le pas à la colère lorsque tout cède et que se perd la fixité

Paroles du flou délivrant la dérive des ombres

Sous sa chemise se cabrent d’une jaunisse

 

Le heurt

 

Le cœur de vide

 

L’ image froissée

 

Du à une migraine ophtalmique ce violacé de nos visages se regardant ne tenait pas dans la calligraphie des lettres aimées.

 

Cette lumière de toi tenant de cet effondrement des toits nous plongent dans l’effarement et établissent la solitude.

 

L-Alchimiste-les-debuts

 

Respectant la casse

 

et écrivant avec une attention avide Une saine orthographe ponctuée ça et là de déroute typographique.

 

L’alouette encore elle N’est pas revenu de sa cache africaine Et aux grands lacs s’est faite mitraillée par un gang sanguinaire.

 

Dans les draps mouillés d’une facture hyper réaliste la nécessité du surréalisme pour débrouiller les vues hagardes d’un œil brouillé

 

s’en fut allé.

 

Et je dois faire le chemin de l’envahissement par l’amour à ce vide qui me laisse désemparé et rompu

Passant de l’autre coté et retrouvant la chaleur, la lumière réconfortante de l’en avant

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