éternua

Je suis fait de la matière la plus sonore, l’air passe à peine par les espaces laissés libres, la vitesse et les fibres de chair ; le mouvement du train me secoue. Je parle. Certes les mots me complètent. Je requiers l’illumination. Ce que j’ai pris l’habitude de penser comme me définissant, ces moments qui n’étaient pas délivrés du hasard finalement l’étaient peut être, advenus par prise, pas de surprise mais ce sentiment de prendre ce qui arrivait à soi. Il faut commencer par mettre en doute la croyance que l’on va de soi, comme étant le fantôme électrique de ma présence, les vertiges quand l’élongation est si fine qu’elle pourrait se briser et tomber de haut. Alors on observe hagard ce qu’il reste des chants.

Éternua n’en dit pas plus, pourtant que sait t’on de ce qui est mis en mouvement par cet événement, l’un des plus violents.

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rémision

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Mais je te sais aussi dans le ruisseau des poètes, je te sens dans l’intimité qui remonte des affres du grand roman russe, toutes les lames ramenées sont taillées aux poils du feu si mince que flambent les torches levées pour éclairer les phrases, les veines saillantes de tes mains sont dessin à la pointe dont tu saignes

Château clos ta peau tendue sur l’enfance, sans beauté, de ces phrases que tu files comme  la blancheur sur les forêts de la mort

Illumine quand  je te sais ouvrir un livre et malgré toi l’enflammer malgré toi le cœur comme un bûche et le long d’une rue isolée tu marches porteuse de ce défilement sans fin qui te fait et de défaites jusqu’au point où tu vas.

 

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