parle presque

écrire comme un long chemin

mes pensées se mêlent

au paysage

fermées ou plutôt

en boucle

me font revenir sur moi même

sur les anciens poèmes

alors que je marche

alors que je traverse

alors que je rencontre

alors que je relate

alors que j’avance

que je cueille des brins d’herbe sur la route

que je vois des fleurs

des cerises se pencher des pommiers

écrire fatigue lorqu’il ne permet pas detraverser

mais ramène à l’antérieur

ne mène pas à ce que l’oeil joyeux voit

entrevoit

outrepasse

voyager ouvre

même de quartier à quartier

le long de la ceinture

qui ceinture

mais s’échappe vers le nord

vers cet indéfinissable

ces chemins qui séparent du flot du traffic

ces murs de lumière

cette vitesse aliène

qui enserre

qui encage

est un ruban multicolore dans la coiffe

sous le foulard

agité

l’homme libre qui brille et s’échappe

chemin de traverse comme les dents d’un peigne libère les cheveux

devenus fous

alors sur le chemin

emprisonné

malgré moi

sous mon rêve

calotte imaginaire

et soif de vent

je rejoins le mouvement e

t ouvre une porte là où chante e

t atablé o

u acoudé a

u comptoir d

evant la glace

j’écoute chanter s

ans liaison

 

d’un seul tenant

je souris

je parle presque .

d’une fatigue grise

à tous petits pas les yeux enfouis dans les deux à deux pas de mes pas les fougères déploient ce qu’elles peuvent de leur vert

elles ont des pointes qui rougissent aux mousses pensant à l’eau le lac et de la fonte la regorge de l’Océan froid ou pas si chaud

 

les mains dans les moufles car ce n’est pas l’été assez pour ne pas retenir le pas et s’empêcher de penser pesant sur le chemin

 

ce n’est pas le chaos personne n’interrompt rien sauf peut être le cœur qui rétablit la vérité quand craque l’arbre et s’effondre

 

plonge dans l’eau la fatigue

il n’y a rien

que le corps près de l’eau

drains

suivant l’arrêt, à l’affut et n’attendant rien , se dire qu’il faut ouvrir les yeux

et un peu la bouche

pour parler

attentif à ce que l’on draine

 

en attendant

Les mots sont lourds, aussi lourd que la pesanteur de l’arrêt, comment expliquer ce décalage ? le chien à l’arrêt n’aboie pas , ne détalle pas, il attend immobile que la proie bouge

là pas de proie

pas d’issue,

une immobilité seulement

due non à la fixité de la grammaire mais du fait que la proie ne bouge pas

un peintre y verrait un chatoiement un bouleversement des cimes et le feu dans les broussailles sont un tango mais la proie immobile rend impossible de se mettre à chanter, de se livrer à des excès, de jouer au dieu Pan

les muscles en se raidissant rendent possible cette quête de sens, de nouveau plus qu’en plein midi et qu’une envie de s’endormir, de se laisser aller au vague, l’attention redonne au mot la tension contenue

arrêtée attendant que passe le moment où se jeter, ultime but qui n’arrive jamais,

l’attente érode et la longue phrase luit du peu qui reste, ramenée à l’attentif face à la distance de ce qui s’obstine à ne pas bouger et se confond avec les herbes

sans chute ni départ

 

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car go

La rencontre d’un cargo chargé de brume les couleurs claires des caisses closes sans plus d’éclat que les jours quand il n’y a pas de tempête

surchargé des mauvaises nouvelles du monde

 

les gens contrairement à avant ne saluent plus sur son passage le haut voilier les cris de joie ni les fleurs sur le passage du messager qui passe au large sur les chemins d’eau poursuivi par les mouettes le navire se refuse réponse de tôle d’acier rejette à la mer  les naufragés

 

sur la rive plus de rire mais baissent la tête de peur que la carcasse s’échoue sur les cotes

 

 

les cargos décrochent les îles

 

Marin - The Sea, Maine - 1921
Marin – The Sea, Maine – 1921

 

Pour une carte en majuscule

http://www.lauremorali.net/ suivre l’écriture de Laure Morali qui me fait songer que l’écriture ne peut se suffire de décrire mais s’étoffe d’un vertige qui ne peut s’exprimer autrement qu’en respirant , certes mais gagne à se pencher sur et insuffler le réel , le dire quand à lui laisse venir à soi ;

Maricio Lima
Marcio Lima

je résume la poésie est suggestionné par la présence soupçonnée, Invisible mais ronflante comme un moteur ; est-ce à dire que seule la carcasse ronfle ou les turbines sont elles dans les yeux ou les intestins. Ne signifie pas qu’il ne faut pas respirer d’où il s’ensuit que l’on peut insuffler le monde en se penchant à distance de la Frange, la marge se mesure à la longueur des cheveux laissés libres, étoffent ou rasent dans ce cas là est l’espace entre deux qui permet que l’on respire et s’insuffle du souffle chaud du croissant chaud pendant que sur le drapeau sur fond rouge se détache le croissant Sans souffle pourtant chaque passant et attablé le Souffle,

Marcio Lima
Marcio Lima

je parle de cette région du monde mais je pourrai en dire autant de l’anchois et / ou de l’autruche le lieu bien sûr quand y est accompagne la parole ce n’est pas tant qu’il faut être quelque part que de sentir les attaches faire briller les écailles, vu de près la main qui court ne s’attache qu’au détail faillit à relier l’ensemble et ne ramène pas les mouvements à de grands aplats de couleur creusent dans le monde à même le lieu et la mouvance les Gestes je reviens au mien qui néglige de ramasser les galets sur la plage par peur d’éparpiller le regard ou plutôt de ne pas le laisser engranger alourdir les couches qui à force s’empèsent de la vie d’épaisseur, ceci est un non-dit dans la tranche du Mot qui peut être manque n’étant pas sorti beaucoup des bouches ni des répétitions dans le papier l’érosion creusant un sillon promis aux moissons

lemongrass- beach affairs
lemongrass- beach affairs

La mer et les îles en sont pleins sillonnées

de rides que l’on retrouve dans les visages et les vagues qui ramènent ou éloignent, est ce important car l’ellipse ou la spirale permettent de voyager plutot d’avancer comme un crabe comme ce rythme Gnawa revenant à son moment d’ouverture et repartant  toujours le même et jamais le même se déportant et pesant sur un espace le requalifiant cette digression pour prouver qu’il faut bien digresser pour progresser sans se transformer mais revenir au réel l’Ecrire n’étant qu’une tentative de rapporter faut il y voir une envie de participer je dirai de recréer le vivre à partir d’un point d’oû recommencer comprenant l’épaisseur et tout l’avant-dit mais neuf  Sculpter un os me parait être du même ordre la forme étant offerte et les épluchure d’os éloignent autant qu’elles rapprochent de cet effet d’Appel signal de Départ Archipel de va en vient cet Océan car vivre éloigne de l’intention première et n’est qu’un rappel de l’ordre à la Nuit est cette entaille ou le repos et le rêve rassemblent tous les fils défaits refaits ou variés l’homme endormi s’en saisit en un filin une ancre ou une épingle On peut y voir les osselets d’un jeu de piste creux des chants dans les bonds ou ronds  d’aujourd’hui les objets les cigarettes les bas effilés et les citrons sont ils des rappels muets de l’obscur Dénouement écrire rapièce et devance le projet Quand on ne voit plus rien On peut faire ce rêve en plein jour mais alors il faudra accepter de ne rien voir et se suffire de rapporter sans se soucier.

 

 

sombre

L’ombre mange l’ambre impunément

une frange humide déplie le flanc  les pas sont sans but empreints sur la plage quand surgit le cheval et la détonation

des traces de sang ne sont que acquiescement et la vie fourbue

 

à deux pas l’évènement d’une saison sèche

on dit d’une friction qu’elle entretien le feu mais quand une main brusque saisit la bride pour dire non

le cou où retenir et s’opposer la goutte qui tombe prend tout son sens dans son sang

sein de pierre n’allaite que les muses aveugles

d’un pas songeur sur la plage le rêve sinistre des cargos décollent et sombrent

 

 

 

Dissension

Tandis que sur le hamac tu rêves aux turpitudes des baleines aux dissensions des phoques et à la dislocation des pôles en désaccord fracassant la branche ne concevant pas son appartenance au rhizome et se pensant racine car de sa vue inversée émiettent des sons  fusant une formule mathématique quand en cuisant elle n’est plus que vapeur ou fumée qu’ils hument quand elle brûle.

je te lance une corde

et tu l’attrapes

sans hésitation

 

Tu me dis viens

danse

sur moi mon cœur

 

Un coup

pour te faire la cour

là où il fera noir

m’abat