d’une fatigue grise

à tous petits pas les yeux enfouis dans les deux à deux pas de mes pas les fougères déploient ce qu’elles peuvent de leur vert

elles ont des pointes qui rougissent aux mousses pensant à l’eau le lac et de la fonte la regorge de l’Océan froid ou pas si chaud

 

les mains dans les moufles car ce n’est pas l’été assez pour ne pas retenir le pas et s’empêcher de penser pesant sur le chemin

 

ce n’est pas le chaos personne n’interrompt rien sauf peut être le cœur qui rétablit la vérité quand craque l’arbre et s’effondre

 

l’arbre

un bûche     un arbre est tombé
j’en ai scié une longue branche
une déchirure a enclin à l’horizontal
dans une suite de verticales

mais  éparpillé au sol
l’ombre effeuillette un humus
suscite une effervescence

c’est un vaisseau sur lequel je marche
en équilibre et le vent ne tangue pas
et assis je parle le soir aux étoiles

l’arbre rompu s’en contente