xylophone

Fille de l’aube

Mord le brin coupant
Air du fil de l’herbe
deux pieds sur terre
Pas de boue
ruisseau étincelant
ruisseau désaltérant

éléphant, grenouilles

et femmes qui papotent
les cannes les bambous
de plus en plus fous

le givre du matin tard dans la nuit
j’ouvre un livre
je sors dans la nuit chaude

davolkgirlfr_1680x1050glané sur le net, où ? magie de cet serendipité, nouveau conte des temps modernes

disruptif

Au seuil d’une vie entre la graisse et le vélo, hachant la répétition des motifs, pris dans la matière même de  l’autogenèse le flux loin d’entrainer dans un courant nous maintient immobile. C’est alors que rompant la structure par l’étonnement et un mouvement  disruptif la figure préadolescente de l’Une surgit sans corps au milieu du laisser aller complaisant.

1617596_560787844017851_340302071_o

l’éclat disruptif du sabre est une donnée dont il faut tenir compte dans la masse incendiaire. Dès lors la figure utopique de la femme ressort vient décaler l’ordre consensuel de l’alignement des acquiescements.

Alizarine

Je suis allé au magasin le long de l’avenue. On peut s’y garer et c’est sur mon chemin. Je vais d’habitude chez le traiteur chinois mais j’avais envie de revoir la vendeuse, d’une chevelure longue et noire qui la fait se soulever de terre, vent perpendiculaire. Elle a du chien, pas comme un lévrier afghan mais comme une gâchette de révolver, fine, réglée comme un arc bandé à la tension de la flèche destinée à transpercer. Corps vertical sensible à la plus légère pression, la comparaison s’arrête là. Cette tension me fait songer à un fauve, une lionne du désert, comme un orage son corps repousse comme une enclume liés et déliés de calligraphie éruptive, un coursier arabe au féminin, éruptif. Les accents sanguinaires. Quand je m’approche, je vois ses ongles, rouges ou terre alizarine ,foncés, ces doigts longs presque noirs reprennent toute la courbe retournée d’un cimeterre ottoman, cinglant et prêt à trancher, je ris dans le silence tendu la nuit rouge lance des éclairs, les deux lames s’ entrechoquent.

(c) inconnu
(c) inconnu

se mettre en branle

Visage dévoré de liane

Au sortir d’une calme forêt de nuit, piétinée par l’humanité des sanctuaires comme de splendides éruptions dans le visage, jeunes frises de pierre secouées du rire des singes. Comme les rides des chemins tailladent cet entrelacement de bois pas de rivières mais des marécages par endroit où l’eau s’assoupit et la luxuriance. Un tigre, des oiseaux et des hommes parés de millénaires remplacent d’autres hommes s’éteignent comme le reste de la végétation. Le soleil se dispute à la pluie mais c’est la nuit qui domine, le velours chaud les étincelles des myriades, c’est cette épopée qui règne le jour et que comme un film surexposé à l’infini s’enroulant sur lui même la nature et le stylet du tailleur s’empressent de copier. Le temps hoquète inattentif à sa cacophonie, soudainement sans prise la clairière à l’intérieur de soi, crachant le bétel du vide.

Roberto Matta
Roberto Matta

Le phare

Il y avait les escaliers hantant qui tournaient, peut être en colimaçon ou en limace, c’est comme ça que le rêve finissait, en queue de poisson. Et la nuit me libérait de la tempête, l’escalier montait encore et encore à l’intérieur du phare, une à une les marches de fer pressaient d’accéder au dernier étage, la plate-forme où l’œil d’huile tournait luisant de feu à la mer, un point sur l’horizon et un repère pour les contrebandiers … J’étais aux étages intermédiaires et c’était la cohue, de drôles de choses s’y passaient sur l’escalier qui contribuaient à me maintenir agité, à genoux risquant un œil aussi haut que je pus vers la lumière, facétieuse avec ses phases ombre, clair, obscur, feu. Était-ce ce que ce tournis signifiait ? N’était-ce que les intermissions des paliers du karma ? Cet escalier ne s’écroulerait pas, il était solidement bâti sur l’eau qui à son tour faisait rage et l’air des orages et des jours de soleil semblait tenir d’une main de fer la droiture corseté de ce petit feu qui tournait, fait pour l’horizontal à perte de vue mais que  je percevais dans son élévation. Je pensais qu’il était possible qu’il y ait plusieurs escaliers et que l’on puisse sauter de l’un à l’autre, mais pour l’instant seul cet escalier me menait au Nirvana présumé.

* cristal_ogawainspiré par une nuit narguée par un chapitre de « Cristallisation secrète » de Yoko Ogawa, Actes sud.

Or opposite when it blinks

Toujours être celui

 

à coté de

ou au dessus

au au dessous

ou derrière

 

Pas tant que

la tête à l’endroit

ou à l’envers

se regarde par en dessous

ou en travers

 

comme un avion lâche une bombe

marche de travers

d’un pas de Sénateur

 

Pas de coté

rétroviseur

en diagonale

 

ou l’envers

légèrement décalée

peut surprendre

 

tête sur tête

les bras

à l’horizontal

rajoute

de dessous

 

Vers

creuse un corps

 

regard

de derrière Soi

un dos

 

le cheveu

impertinent

qui dépasse

 

l’un peu folle

chante son derrière

c’est une épopée

impossible

 

se voir

en se penchant

par l’ouverture

du dedans

 

Se penchant devant

prenant par derrière

le col de par dessus

se soulevant d’à coté

soudain face à face

 

lâchant une bombe

de l’intérieur

les joues rouges

prenant les jambes

jusqu’à son cou

 

ou contrairement

dans la file

quand on cligne

 

inspiration unknown
inspiration unknown

Chanvre et lin

Indéfiniment

 

Féminine
amplement

 
à la date de l’avent

 

la masse
jonche

 

odeurs d’irruption

 

féeries
biscornues

 

 

si dans la mare le poisson

 

 

la taille
d’une bicoque

 

elliptique
narcotique

 

l’ambivalent
placenta

 

nonchalant
morcelé

 

musculature
chaloupée

 

d’une épée
trempée

 

derain
Derain

Morsures de la muses

debout nu dans l’aube d’une eau

sillonné des morsures de la muse

 

féminine

 

la masse

 

d’odeur

 

musculature

la haut

Seth vint jusqu’à la source, déterra l’idée à la forte odeur de femelle, l’étala sur la promiscuité de la mousse. La source est toujours un endroit humide et les lichens et les matières spongieuses jusqu’aux herbes d’eau les plus rampantes comme un bras dans la gorge sèche.  Un lotus émerge de la surface opaque comme un tremblement du silence quand le son est saturé et que le cri reste dans la gorge, hors de propos, et d’atteinte, quand rien n’est à portée, que le râle à venir dans le bois et la pente des roches contrarie l’onctuosité menaçant d’érafler à la chaleur.

Dans la sente ou dans le creux la voix circule avec le vent elle cherche la lèvre humectée :

debout nu dans l’aube d’une eau

des morsures de la muse

languide musculature  massive

Elle vint sur le haut s’irritant de la lumière, de la sécheresse aride du bout des seins, les pieds cachés sous la robe. Une dureté  est un chemin lissé entre les contreforts des failles, sur les bas des veines l’ombre  ni elle ni lui ne purent voir ce que le sombre contractait, une boule aqueuse, des piquants humectés d’eau, une cache il fut dit que l’esprit y logeait, la pulpe, rugosité du soleil et âpreté de la hanche, il fallut réunir, des tracés désertiques. Songe que le corps et la pensée regorgent d’eau, au faîte du roc il n’y a plus que l’air et le vide qui s’ouvre à plat.

1531903_1460558214167750_1851203287_o

Entre les gouttes

Ensuite
comme avant
les gouttes de pluie
la jeunesse
de la lumière
à grands coups de pinceau
est plutôt blanche

 

Gonflée d’eau
saturée
La montagne des pins
penche
une ondulation
lucide
pointe
le filtre
de l’enveloppe verte

Sans limite
le monde
une perle
une marelle à cloche
pied
aveuglante déchirante
main
posée
reposée
vacille

 

(c) Akiko Shibayama
(c) Akiko Shibayama

 

Ainsi
noirci
plonge assis
sans obstacle
la vue n’a pas la densité du bois
une amnésie
dépose dans le flacon
éloigné de la masse
un trait
mes fesses délavées
rassurées
sur la travée
couchée
adoucie par le coussin

la lueur citronée
l’aube humide
pattes
entre les lattes
en lamelles
douces
il fait chaud
dehors
les mots glissent
sur la feuille
lape
récipient d’air
de grands gestes
comme l’on parle à un ami

 

(c) Akiko Shibayama
(c) Akiko Shibayama

 

La pluie
nervure de
la nappe
le thé
on prend un bain
on se sèche
on sue
entre les jambes l’eau verte
mate
la peau
une fine bruine opaque
un linge
une pierre bleue dessine une grue de coton
éponge
la fuite
la pluie
et la lueur
recluse
dans la pêche
la pâleur de l’intérieur

(c) Akiko Shibayama
(c) Akiko Shibayama