Entre les gouttes

Ensuite
comme avant
les gouttes de pluie
la jeunesse
de la lumière
à grands coups de pinceau
est plutôt blanche

 

Gonflée d’eau
saturée
La montagne des pins
penche
une ondulation
lucide
pointe
le filtre
de l’enveloppe verte

Sans limite
le monde
une perle
une marelle à cloche
pied
aveuglante déchirante
main
posée
reposée
vacille

 

(c) Akiko Shibayama
(c) Akiko Shibayama

 

Ainsi
noirci
plonge assis
sans obstacle
la vue n’a pas la densité du bois
une amnésie
dépose dans le flacon
éloigné de la masse
un trait
mes fesses délavées
rassurées
sur la travée
couchée
adoucie par le coussin

la lueur citronée
l’aube humide
pattes
entre les lattes
en lamelles
douces
il fait chaud
dehors
les mots glissent
sur la feuille
lape
récipient d’air
de grands gestes
comme l’on parle à un ami

 

(c) Akiko Shibayama
(c) Akiko Shibayama

 

La pluie
nervure de
la nappe
le thé
on prend un bain
on se sèche
on sue
entre les jambes l’eau verte
mate
la peau
une fine bruine opaque
un linge
une pierre bleue dessine une grue de coton
éponge
la fuite
la pluie
et la lueur
recluse
dans la pêche
la pâleur de l’intérieur

(c) Akiko Shibayama
(c) Akiko Shibayama
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souffle dans le courant – matin

Ilumber – souche

Changer de vocabulaire, tout mettre dans des sacs plastiques et sortir sur les trottoirs les poser là

La tondeuse sans façon tond la pelouse, bruit d’un troupeau d’émeu, émolument de volatiles et vocifération au soleil de si bon matin qui surpris ouvre les volets en claquant et maugrée

Une horde d’oiseaux aux couleurs criardes ayant perdu le nord se retrouve au sud comme un nuage obscurcissant l’obscurité à l’aube se posent sans un bruit auprès d’un lac

Vasil Qesari – beach

Regardent la douceur émaner de la lumière et se trouvent – dans ce sud s’évanouissant à l’infini – peut on dire que l’univers s’étend au sud et se rétracte au nord, comme par une poussée frileuse et ouvrant l’espace quand se lève l’essentiel et que la douche des comètes réveille

Annonciation, les comètes sont l’annonciation et les étoiles ont commencé leur glaciation par une fusion amoureuse stabilisent le feu, feu des débuts quand je ne peux m’endormir angoissé à l’idée que ton amour soit un tour, un bain solaire ou un vol migratoire – qui passe – sur le chemin des saumons remontant le courant comme les baleines viennent s’échouer et c’est sur mon ile, sur les bancs de mes sables échauffés de mes laves, écaille le soleil à ma peau mes luxuriances fertiles contre-argumentent les galaxies et se fient aux marées

Lamber  Sav – vent solaire

De ton amour le balai de la queue, la peur mais l’aimantation une fleur un rubis assoiffé froissé de l’air plongeant sans ressource dans l’atmosphère et la fusion du choc du feu qui s’ensuit traversant la déflagration et se déposant doucement presque tendrement sur le sol, ton sol qui m’enserre comme dans les bras d’un baiser que forment tes lèvres et ta bouche fruit qui s’ouvre figue et abricot tendre l’oiseau pétille et picore explosant d’un mirobolant courlis et s’extasiant on entend cui cui et le bruit du bec qui chaparde s’enfonce dans la joie de la chair se délectant de la pulpe – aimant

L S – Jungle me my love

Mon inquiétude presse mon cœur à la nuit – éveillé je suis attentif et je sens le matin – l’aube arriver sur mes talons le frais chasser le résidu des rêves – les sédiments de l’amazone là où l’écorce creuse des sillons symphoniques – les éveils des mésanges quand le grand aigle au loin se consume – le jus de cette cuisson confiée à l’esprit c’est le suc dans la vapeur lumineuse c’est mon émotion le matin

Tu es née dans le lointain, là je te vois au delà de la mer où tu fus mais je regarde dans la mauvaise direction sachant que le nord ne te retiendra pas ; joie <the astounding eyes of Rita> bouche ou tu caches ton cœur mon amour le battement de ma joie et la douceur du lointain qui s’élève – l’insomnie n’a pas fait levé la graine et je vois tes yeux qui me couvent, soie , duvet de ta chaleur chassent la couleur fraiche de ton sang à l’infini du désert, une tente t’abrite où tu te reposes, mon Amour , voie lactée comment dire le miel, les épices et la couleur le henné de la mélodie à ce tissage perlé de rosée qui a secrété la fleur, comme le son l’indique le secret dans le silence pendant que s’opérait notre aimantation les pluies de nos vies par les drains de la peau rejoignent le fleuve et y font l’amour

Pendant que je m’éveille le monde court flambant veille sourit enlaçant aime s’élance et moi pris dans le courant

Ilumber – offrande