la haut

Seth vint jusqu’à la source, déterra l’idée à la forte odeur de femelle, l’étala sur la promiscuité de la mousse. La source est toujours un endroit humide et les lichens et les matières spongieuses jusqu’aux herbes d’eau les plus rampantes comme un bras dans la gorge sèche.  Un lotus émerge de la surface opaque comme un tremblement du silence quand le son est saturé et que le cri reste dans la gorge, hors de propos, et d’atteinte, quand rien n’est à portée, que le râle à venir dans le bois et la pente des roches contrarie l’onctuosité menaçant d’érafler à la chaleur.

Dans la sente ou dans le creux la voix circule avec le vent elle cherche la lèvre humectée :

debout nu dans l’aube d’une eau

des morsures de la muse

languide musculature  massive

Elle vint sur le haut s’irritant de la lumière, de la sécheresse aride du bout des seins, les pieds cachés sous la robe. Une dureté  est un chemin lissé entre les contreforts des failles, sur les bas des veines l’ombre  ni elle ni lui ne purent voir ce que le sombre contractait, une boule aqueuse, des piquants humectés d’eau, une cache il fut dit que l’esprit y logeait, la pulpe, rugosité du soleil et âpreté de la hanche, il fallut réunir, des tracés désertiques. Songe que le corps et la pensée regorgent d’eau, au faîte du roc il n’y a plus que l’air et le vide qui s’ouvre à plat.

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muse

La poésie peut elle éviter qu’on s’écrie ? outré, fatigué, rallebolisé, désespéré :

DES MOTS, DES MOTS, des MOTS !

DES MOTS !

croyant bien  faire le poète n’écrit que des mots , alors qu’il y faudrait bien plus, des épices, des ciels bleus des nuages qui dévalent les gris des claques qui pètent des baisers qui s’engouffrent dans nos langues et salivent des noirs qui cachent les voluptés, copulations aristotéliciennes sur le sable, déchirements érotiques des néons aveuglent le ciel, des placages dans la boue et des mêlées qui poussent en touche des barbies qui crient au viol vodka qui se croient limonade et des bouffées qui continuent à tirer mais des mots , des mots qui ne soient que des mots , écartelés dans une toile d’araignée imparable, ciselés et pattes de mouchées sur une page immaculée, non des mots qui ne soient que des mots le journal en est plein et la poésie s’asphyxie

il y faut des mots qui soient plus que des mots, bien plus que de ces traces de pensées qui n’éclairent qu’à la façon des lampadaires alors que c’est de la voie lactée qu’on veut téter, des idées fanées des mots valises déversées d’un charter et qui ont perdu leur adresse cassé la poignée et se pavanent éventrées dans les sas d’aéroport  qui devraient se balancer accrochées aux verdeurs des banians étaler soutien-gorges, dentifrice, panties et accroches-coeurs aux sommets des nuages et de là aux risées du ciel trampoliner aux gouttes de pluie en salto arc-en-ciel raccrocher et le fleuve et le vert de la mer et l’amer de la terre se parfumer de mousses s’enivrer de vent et lécher les étoiles se caresser les mots jusqu’au coït virginal

pas les mots s’ils serrent les fesses sauf s’ils couvent