Béance la nuit 2

le matin apporte les nouvelles à la tamise de la nuit

les mots de l’aube se sont mis à pleuvoir au plus fort du rêve

à ce moment précis où tu as placé ton visage contre moi

où tu as inscrit ta rosée tes sourcils dans ma respiration

Brigitte Komorn , carrés

ton souffle dans mon souffle

le coffret du sommeil se soulève tes rêves me sautent au cou

ton désir a inscrit les miens

 

délicatement tu as peins la couleur avec tes lèvres

un semis sur les fils

le monde s’est envolé un grand cri dans mes lèvres

s’élève ma maitresse à genoux je te prie

 

la bougie soufflée dans la pénombre

mon sourire accolé au tiens nous nous sourions

nos bras des colliers de fleurs que nous ne cessons de nous offrir

nous égrenons les silences

les parons chacun à son tour de l’émerveillement

 

quelques herbes séchées trouvées sur ta langues

des bribes de je t’aime dans le rouge de tes lèvres

et follet le feu joue sous tes paupières

je me fonds en toi comme dans une eau, une seconde peau

 

 

nos mains dans l’onde l’offrande aux dieux remonte le courant

 

herbes des tresses

un tissage

et tu murmures

ta voix m’envoute

 

ma douceur à ta caresse ma tendresse la douceur de ton nez

le pétale qui recouvre tes yeux m’intime le calme

 

les olives noircies de soleil la fournaise des feuilles argente

 

je pagaye à la nuit noire

à la nuit dans mes veines

la pleine lune est un halo

coupe en deux l’océan

la lumière est un sentier

mes veines

un fil

recoud les blessures

 

les herbes simples

que je ramasse et serre pour te les offrir

 

ma vie n’est plus un fagot que je brule mais précieux un bouquet que j’ai peur de perdre

une à une les tiges les fleurs les feuilles comme une danseuse le bras dans la lumière

 

mon cœur s’est ouvert et nous sommes restés comme un

nous confondant

l’amour rythmant

 

la voile blanche tes seins un papillon  rouge s’y est posé

 

une nuée des feuilles a recouvert le lait sur la rivière

 

l’horizon secret s’est rapproché dans sa migration

 

les oiseaux nous ont emmenés

le cygne s’est mis à pleurer

le naufrage s’est couvert de palmier

 

Juillette-Zo__ 2OO5- Brigitte kOMORN

 

Le tourbillon s’est apaisé nous sommes restés biface liés d’un même lien médian; dans nos doigts les nervures et l’abondance d’un fil, nous a enroulé comme nous dévalions la colline ; d’une même pente nous serrant l’un contre l’autre et riant aux éclats s’en est un tournis ; au hasard vent tes couleurs ce n’est que légèreté l’air est retombé traversées des déplorations de la musique se déposent béance sur nos peaux ; de Bohème la gaité  doucement comme un chat s’étire

j’ai hurlé dans la nuit

 

béance nos peaux

le matin apporte les nouvelles passées au tamis par la nuit

les mots de l’aube se sont mis à pleuvoir au plus fort du rêve

à ce moment précis où tu as mis ton visage contre moi

où tu as inscrit ta rosée ton souffle tes sourcils dans ma respiration

 

dans mon souffle se soulèvent tes rêves ton désir a inscrit les miens

délicatement y peignant ta couleur un semis dans les alvéoles

la bougie soufflée laissant l’offrande aux dieux remonter le courant

 

herbes des tresses

un tissage

et tu murmures

ta voix m’envoute

 

à la nuit dans mes veines

la pleine lune est un halo

coupe en deux l’océan

la lumière est un sentier

 

dans mes veines un fil recoud les blessures

les herbes simples

 

mon cœur s’est ouvert et nous sommes restés comme un

se confondant

 

l’amour rythmant

la voile blanche tes seins un papillon  rouge s’y est posé

 

le lait sur la rivière une nuée des feuilles a recouvert l’horizon de sa migration

le tourbillon s’est apaisé nous tournons biface liés d’un lien médian

dans nos doigts les nervures et l’abondance d’un fil

au hasard du vent les couleurs traversées se déposent musique

ce n’est que légèreté dans notre parcours l’air est retombé

béance sur nos peaux

de Bohème la gaité  doucement comme un chat s’étire

jour vers l'amour

suicide par la lumière est une renaissance

renaître

le verbe être là prend sa stature

l’ouvert

est-ce être lucide ?

tremblement dans les affres par toi

l’Amour

en chemin toujours vers

le jour

Brigitte Komorn, sud

souffle dans le courant – matin

Ilumber – souche

Changer de vocabulaire, tout mettre dans des sacs plastiques et sortir sur les trottoirs les poser là

La tondeuse sans façon tond la pelouse, bruit d’un troupeau d’émeu, émolument de volatiles et vocifération au soleil de si bon matin qui surpris ouvre les volets en claquant et maugrée

Une horde d’oiseaux aux couleurs criardes ayant perdu le nord se retrouve au sud comme un nuage obscurcissant l’obscurité à l’aube se posent sans un bruit auprès d’un lac

Vasil Qesari – beach

Regardent la douceur émaner de la lumière et se trouvent – dans ce sud s’évanouissant à l’infini – peut on dire que l’univers s’étend au sud et se rétracte au nord, comme par une poussée frileuse et ouvrant l’espace quand se lève l’essentiel et que la douche des comètes réveille

Annonciation, les comètes sont l’annonciation et les étoiles ont commencé leur glaciation par une fusion amoureuse stabilisent le feu, feu des débuts quand je ne peux m’endormir angoissé à l’idée que ton amour soit un tour, un bain solaire ou un vol migratoire – qui passe – sur le chemin des saumons remontant le courant comme les baleines viennent s’échouer et c’est sur mon ile, sur les bancs de mes sables échauffés de mes laves, écaille le soleil à ma peau mes luxuriances fertiles contre-argumentent les galaxies et se fient aux marées

Lamber  Sav – vent solaire

De ton amour le balai de la queue, la peur mais l’aimantation une fleur un rubis assoiffé froissé de l’air plongeant sans ressource dans l’atmosphère et la fusion du choc du feu qui s’ensuit traversant la déflagration et se déposant doucement presque tendrement sur le sol, ton sol qui m’enserre comme dans les bras d’un baiser que forment tes lèvres et ta bouche fruit qui s’ouvre figue et abricot tendre l’oiseau pétille et picore explosant d’un mirobolant courlis et s’extasiant on entend cui cui et le bruit du bec qui chaparde s’enfonce dans la joie de la chair se délectant de la pulpe – aimant

L S – Jungle me my love

Mon inquiétude presse mon cœur à la nuit – éveillé je suis attentif et je sens le matin – l’aube arriver sur mes talons le frais chasser le résidu des rêves – les sédiments de l’amazone là où l’écorce creuse des sillons symphoniques – les éveils des mésanges quand le grand aigle au loin se consume – le jus de cette cuisson confiée à l’esprit c’est le suc dans la vapeur lumineuse c’est mon émotion le matin

Tu es née dans le lointain, là je te vois au delà de la mer où tu fus mais je regarde dans la mauvaise direction sachant que le nord ne te retiendra pas ; joie <the astounding eyes of Rita> bouche ou tu caches ton cœur mon amour le battement de ma joie et la douceur du lointain qui s’élève – l’insomnie n’a pas fait levé la graine et je vois tes yeux qui me couvent, soie , duvet de ta chaleur chassent la couleur fraiche de ton sang à l’infini du désert, une tente t’abrite où tu te reposes, mon Amour , voie lactée comment dire le miel, les épices et la couleur le henné de la mélodie à ce tissage perlé de rosée qui a secrété la fleur, comme le son l’indique le secret dans le silence pendant que s’opérait notre aimantation les pluies de nos vies par les drains de la peau rejoignent le fleuve et y font l’amour

Pendant que je m’éveille le monde court flambant veille sourit enlaçant aime s’élance et moi pris dans le courant

Ilumber – offrande

oracle

de Jérome Rothenberg sur Poems and poetics

Be me who

Blesses.
                                         

Suffer.  Destroy.       
Be certain.
Merge a particular picture

Blossom.  & open
This surface to clouds.

Be orators.

Ce poème, Jerome Rothenberg le quote dans son article où il reprend une partie laissée de coté dans les nouvelles versions de « Shaking the pumpkin »

ce poème se trouve dans le recueil « the Gorky poems » repris dans « poems for the game of silence »

il est possible de lire ce poème sur mon blog à la page

le fil, encore

les bras couvent une couverture les mains à l’arbre

le pouls un poumon         taché de sève

le battement contre les fibres halète           la flore             dissémine vers ce qui est feuille

proche poche lie à la peau

membrane que n’éclosent que les pores près de l’écorce

 

d’un rire le lisse écorche ces envoutements des becs rouges crient les couleurs tendre sur le fil plane sur le nid

douceur le vol de l’oiseau brise et chante                         les tiges s’ébrouent boue contre brin céleste cède au soleil

entre les deux le temps dément                                             ému le temps duvet

de la concorde le balancier  l’émulsion l’irruption sont la contagion

l’accouplement,  infiniment le temps fixe                          défie l’écoute                       survole le regard

les raies émises la pigmentation raniment l’accord à la plainte ensemble déploient la retenue

la fosse derrière les arbres sangle l’inconnu

 

 

Roi l’eau ravive tu vois                 une pomme au songe                             une prune tombe

sous le choc une âme comme un coussin

 

creuse

calfeutre

recouvre

conserve

 

un noyaux semblable à la pulpe

 

les caches voient/d’une trace/l’éclat/sanglot/sillonne/du pied rythme le berceau//dans la main palpe le poids/rondes relayent les lignes/cent points embranchent au roc/la cavité déchiffre le clos/ l’écho grave la sonde/sans que rien ne ferme ni ouvre/les cercles détiennent l’apesanteur/souffle une main dans la main

 

tranche sans lieu

crachent les lèvres une empreinte

simplement l’envie respire                       sans cesse

le vent                   restitue l’ambre                     diffuse la chlorophylle                      tend les fils du tendre                        sécrète le fil

la chambre évide                             le clair pare les tissus                       sueur limpide les limbes                harmonique splendides

fil relié à la couture                       effraie les vides                                   les angles la perspective

 

l’odeur

fil à fil

illumine

l’affinité

je veux me retrouver près des grands arbres, sans effet grimper aux branches

je ne suis pas capricieux mais je veux gratter la lune, je serre la branche que je t’ai pris

ce n’est pas de rien faire mais je veux être dans le temps et heureux regarder et écouter et me laisser aller

je veux vivre tu vois et arrêter de trépigner, arrêter de songer et simplement respirer

poésie <don

mais y tombant sans poids  je sais que l’on ne peut décider de l’amour,  me dépliant j’accueille tout ce que le ciel m’envoie de ta tendresse aux chutes des satellites

full screen

L’existence ne peut elle pas rattraper un fil stable et tranquille, un lit creusé même en surface ce fil posé à même la vie en volute ou presque tiré droit ignorant les accident du sort ou au contraire se transformant en grimpeur de la poésie, aspérités, coulées et contournement, pelote ordonnée ou nœuds en tous sens s’entrecroisant, canevas organisé par ailleurs le fil pousse peut être lui même d’une tête surgissant de son effilement

la métaphore du fil, ver luisant a cet intérêt de pouvoir suivre le trajet, l’existence est beaucoup plus incertaine car l’on voit surgir ça et là des excroissances, des poussées, des replis, surgissant soudainement à votre gauche le bout de fil semble renifler fort à son affaire un bout de fil anciennement resté là, presqu’oublié, pourrissant ou végétatif et dont il semble se demander qu’en faire, les pointes des fils et parfois des dos semblent surgir à l’improviste au détours des ruelles, croisant d’autres fils non identifiables et tressé de tant de fil qu’on semble s’y perdre et Ariane ne nous contredira pas le fil étant la laisse du Minotaure ou était ce la trace de sa bave symbole de son amour, secrétait il ce tissage comme une vie intérieure qui lui est un repos, de quoi les fils sont fait lorsqu’on les voit ?

  Ce n’est pas que je tienne à filer la quenouille j’ai pensé à un fil et je l’ai suivi, je me retrouve là ou je me demande bien ce que j’y fais, car tout n’est pas fil, il y a des points des taches et toutes sortes de choses et c’est tant mieux, je ne vais pas en faire le catalogue et si j’ai suivi le fil c’est qu’il me semblait permettre une continuité, mais elle se perd dans le temps et s’oublie, rompant l’ordonnance quasi moléculaire de la trace qui ne peut être que fragmentaire, du moins elle s’errode ou se corrode, se réduisant à une trace portant sa densité avec elle, ce qui procure une magnifique liberté, du moins une délivrance et surement la possibilité de resurgir sans se préoccuper de l’autre bout et de la surface nécessaire au passage du défilement , seule la tête passe et la vie est assuré de repiquer, pratique et enthousiasmant car en effet l’impression d’être encombré par sa surface ou la question de l’attachement cesse d’un coup d’être pertinente et l’impertinence gagnant l’euphorie de claquer la porte d’un train de se caler et ressurgir avec armes et bagage à l’autre bout, disons d’un quai mais imaginons endormi dans un fauteuil d’un appartement parisien ou le songe sans y penser m’a transporté, sans horaire ni trajet le fil simplement a repoussé la et y bien, l’idée seule m’effraie mais n’a rien d’absurde au contraire, si je suis là ou je n’ai rien de particulièrement euphorisant à faire pourquoi ne serai je pas plutôt la-bas, qu’elle différence cela ferait il, ou est ma laisse, je ne la vois pas, il n’y en a pas et les possibilités ne sont pas répertoriées, si bien que l’on peut repousser comme repiqué, transplanté, sans anesthésie du jour au lendemain et tout surpris s’y trouver bien, je dis Paris mais ce serait aussi bien entre tes bras ou appliqué dans un atelier de confection pour autant que l’idée m’en soit venu ce qui à première vue semble étonnant.

Ce qui importe c’est la non fixité du monde et surtout l’idée de l’adhésion, de la multiplicité du monde qui quoiqu’ opaque continue d’exister dans ses nombreux bouleversements et ce en même temps, simultanément plusieurs espace coexistent et où je pourrai tout aussi bien être car qui dit qu’un même bout de fil ne pusse être à plusieurs endroit en même temps, c’est peut être dur à avaler, mais il ne s’agit pas d’avaler mais d’être simultanément, admettons que cela ne soit pas possible et qu’il faille choisir, admettons cela à contre cœur comme un fait car l’intérêt du fil est d’en assurer la continuité du moins la cohésion, tout au moins temporelle car si l’on change temporairement de métaphore en choisissant celle de l’escargot ou de la limace qui en avançant laisse sa trace, bave, qui en séchant fini par disparaitre et n’a pas de matérialité bien définie une fois qu’elle s’est résorbé se concentrant dans l’énergie du mouvement de la limace et non dans sa trace ni dans sa matérialité (de la limace) et si le chemin s’accumule ce n’est qu’une métaphore, le chemin n’est que ce que l’on arpente et ne retient pas, la bave elle tend à se résorber ce qui est rassurant. mais à fini par rompre le fil de mon raisonnement déjà hasardeux et auquel ne me préparait pas le départ dans cette idée, ce matin au réveil, et d’ailleurs je suis toujours attablé là, ce qui est troublant car je me croyais parti , ce qui prouve qu’il ne faut pas s’y fier et être prudent dans ses assertions et que somme toute il ne faut jurer de rien car je suis bien parti, je suis prêt à en témoigner, même si je suis temporairement revenu mais cela n’a la moindre importance car si je suis parti je peux bien revenir, surtout maintenant que nous sommes débarrassé des horaires et des correspondances, des décalages horaires et des loyers ce qui est un progrès considérable. Admettons donc que je suis parti et m’en trouve fort car qu’est ce que cela changerait ? Est ce si absurde ? Pourquoi serai je plutôt là que là ou ici en admettant que j’y sois ce que nous avons admis, est donc acquis, ici ou là, est ce la question, du moment que je m’en trouve bien, d’y penser me réconforte et c’est pourquoi je privilégie cette thèse qui va dans le sens de mon inclination ayant balayé un à un tous les contre arguments et autres obstacles.

Persona, d’Ingmar Bergman

Considérons le désir tout nu, façon de parler car l’hiver approche et évitons qu’il ne prenne froid et d’un seul coup s’éteigne ce qui serait fatal, considérons le donc dans son existence idéale brute et intégrale, le désir est là, mesdames et messieurs, devant vous, se déployant comme une fleur et montrant le galbe de sa courbe et la beauté de son intérieur sans que rien ne le fasse douter, le désir existe, il le prouve et défile même sa toile au moment où je vous parle, on pourrait même parler de cocon car il n’a rien à attraper, il opère par affinité et c’est pour quoi il se montre splendide tel qu’en soi, ses bagages sont des rêves, sa réalité comme un chapeau, un chemisier un peu évasé, le désir est devant vous et converse de la plus aimable façon avec les pensées qui bien sûr aussi sont du voyage, d’où tiens je que le désir est en voyage, mais de sa nature dynamique, mouvante, pour tout dire énigmatique, énergétique synesthétique, car s’il ne se déplace pas forcément le désir grandit, s’enfle et s’accroit, s’augmente d’autre désir, bref  a sa propre vie qui ne doit rien aux mathématique ni à l’échafaudage administratif mais dépend de lui seul ou du moins de la rencontre, du déplacement et de la relation, car certainement, seul, le désir dépérirait ou tournerait à l’obsession, ce qui le ferait changer de nature et causerait sa perte.

Rappelons brièvement les faits avant de conclure,  nous avons vu que du fil on ne voit que le bout, le chat pour ainsi dire car les deux se confondent , le chat étant l’élément fixe de la force motrice, il fut bien établit qu’un état actuel non satisfaisant rend possible sa transformation et ce, même sans évoquer Coomaraswami, la manifestation dépendant, plutôt que des causes, de l’affirmation forte d’un désir ou même de la simple possibilité qui soudainement prenant corps acquière une matérialité certaine et doit être prise avec le plus grand des sérieux, façon de parler car le sérieux n’apporte aucune garantie, il faudrait même s’en défier comme d’un frein qui, s’il est nécessaire peut aussi ralentir car un des éléments essentiel dans cette possibilité de l’avènement est bien évidemment d’y croire, un simple soupçon ou un doute conséquent menacerait de dissoudre cette optimiste et joyeuse possibilité, véritable force vitale qui nous meut dans nos mouvement, le désir, l’envie, la sympathie, l’amour, l’enthousiasme ont donc une réalité motrice et fondamentale sur laquelle il faut compter, et dont la réalité est incontestable et qui m’anime, sans qu’il puisse être question d’illusion ni de Maya, ou peut être bien et si même mais qui dit que l’illusion n’a pas sa propre matérialité, sa propre capacité de réalisation et de conviction, et n’est pas une simple variante lexicale, finalement encombrante et que nous pouvons oublier sur le champs car j’ai toujours eu la conviction que ce qui ne peut être prouvé de manière satisfaisante et j’insiste sur la notion de satisfaction, nous ne voulons pas ici sombrer dans la dépression la plus atroce, mérite notre attention, vous en conviendrez, du moins je l’espère, car accordez moi que je me suis levé de bonheur pour vous entretenir avec légèreté de cet éventualité somme toute probante, du moins il me semble, nous admettrons donc que nous ne nous illusionnons pas afin d’éviter un débat fastidieux sur la réalité des choses dont nous nous somme approché suffisamment pour concevoir qu’elle est possible du moins jusqu’à ce jour.

Pour finir, car il faut bien finir avant de lever mon verre à cette conclusion non dénuée de merveilleux, emprunte de beauté et riche de réflexion, et sans qu’il soit forcément question de métamorphose ni d’altérité, mais bien plutôt de poésie qui de lyre peut être étendue à la quenouille et au métier à tisser, dans les cadres sont autant la pensée que l’idéal et la navette la sereine ou intranquille réalité, permettant dans son défilement les accomplissements.

qui restent à advenir et tout le sujet est là.

Marie-Jo Thério – « Chant d’hélium » par gsimusique

Marie-Jo Thério , chant d’hélium

si avaler divulgue

béance de se nourrir     la voracité  je tire la langue rouge ouvrant grand la bouche , non pour rugir mais pour avaler ,

l’envie est forte là moi souffleté par les vents   creux       de boursouffler       me saisir aux mollets et relâcher la panse     la vessie pleine  il y faut des vides pour que s’engouffre       cette terrible soif de vie      non de me saouler   Dionysos mais boire comme une barrique     des litres et des litres et des jours et des jours    lieue que je laisse entre moi et l’arrêt du train en marchant du pas le plus souple et  ma vue saisissante              soudainement regretter de ne pas céder à mon envie et laisser l’immobilisme retomber et l’entrain      froisser dans sa poche la limite étouffer le remord dans l’œuf et en faire une omelette oh le beau jaune qui ne deviendra pas coq ni basse-cour ni dindon ni caneton       oh le beau monde que ce  train qui comme un trait passe   si avaler divulgue rayer la mention qui impose comme une chaine à son cou le bel ordonnancement et faire un trou dans la glace