le matin apporte les nouvelles à la tamise de la nuit
les mots de l’aube se sont mis à pleuvoir au plus fort du rêve
à ce moment précis où tu as placé ton visage contre moi
où tu as inscrit ta rosée tes sourcils dans ma respiration
Brigitte Komorn , carrés
ton souffle dans mon souffle
le coffret du sommeil se soulève tes rêves me sautent au cou
ton désir a inscrit les miens
délicatement tu as peins la couleur avec tes lèvres
un semis sur les fils
le monde s’est envolé un grand cri dans mes lèvres
s’élève ma maitresse à genoux je te prie
la bougie soufflée dans la pénombre
mon sourire accolé au tiens nous nous sourions
nos bras des colliers de fleurs que nous ne cessons de nous offrir
nous égrenons les silences
les parons chacun à son tour de l’émerveillement
quelques herbes séchées trouvées sur ta langues
des bribes de je t’aime dans le rouge de tes lèvres
et follet le feu joue sous tes paupières
je me fonds en toi comme dans une eau, une seconde peau
nos mains dans l’onde l’offrande aux dieux remonte le courant
herbes des tresses
un tissage
et tu murmures
ta voix m’envoute
ma douceur à ta caresse ma tendresse la douceur de ton nez
le pétale qui recouvre tes yeux m’intime le calme
les olives noircies de soleil la fournaise des feuilles argente
je pagaye à la nuit noire
à la nuit dans mes veines
la pleine lune est un halo
coupe en deux l’océan
la lumière est un sentier
mes veines
un fil
recoud les blessures
les herbes simples
que je ramasse et serre pour te les offrir
ma vie n’est plus un fagot que je brule mais précieux un bouquet que j’ai peur de perdre
une à une les tiges les fleurs les feuilles comme une danseuse le bras dans la lumière
mon cœur s’est ouvert et nous sommes restés comme un
nous confondant
l’amour rythmant
la voile blanche tes seins un papillon rouge s’y est posé
une nuée des feuilles a recouvert le lait sur la rivière
l’horizon secret s’est rapproché dans sa migration
les oiseaux nous ont emmenés
le cygne s’est mis à pleurer
le naufrage s’est couvert de palmier
Juillette-Zo__ 2OO5- Brigitte kOMORN
Le tourbillon s’est apaisé nous sommes restés biface liés d’un même lien médian; dans nos doigts les nervures et l’abondance d’un fil, nous a enroulé comme nous dévalions la colline ; d’une même pente nous serrant l’un contre l’autre et riant aux éclats s’en est un tournis ; au hasard vent tes couleurs ce n’est que légèreté l’air est retombé traversées des déplorations de la musique se déposent béance sur nos peaux ; de Bohème la gaité doucement comme un chat s’étire
Changer de vocabulaire, tout mettre dans des sacs plastiques et sortir sur les trottoirs les poser là
La tondeuse sans façon tond la pelouse, bruit d’un troupeau d’émeu, émolument de volatiles et vocifération au soleil de si bon matin qui surpris ouvre les volets en claquant et maugrée
Une horde d’oiseaux aux couleurs criardes ayant perdu le nord se retrouve au sud comme un nuage obscurcissant l’obscurité à l’aube se posent sans un bruit auprès d’un lac
Vasil Qesari – beach
Regardent la douceur émaner de la lumière et se trouvent – dans ce sud s’évanouissant à l’infini – peut on dire que l’univers s’étend au sud et se rétracte au nord, comme par une poussée frileuse et ouvrant l’espace quand se lève l’essentiel et que la douche des comètes réveille
Annonciation, les comètes sont l’annonciation et les étoiles ont commencé leur glaciation par une fusion amoureuse stabilisent le feu, feu des débuts quand je ne peux m’endormir angoissé à l’idée que ton amour soit un tour, un bain solaire ou un vol migratoire – qui passe – sur le chemin des saumons remontant le courant comme les baleines viennent s’échouer et c’est sur mon ile, sur les bancs de mes sables échauffés de mes laves, écaille le soleil à ma peau mes luxuriances fertiles contre-argumentent les galaxies et se fient aux marées
Lamber Sav – vent solaire
De ton amour le balai de la queue, la peur mais l’aimantation une fleur un rubis assoiffé froissé de l’air plongeant sans ressource dans l’atmosphère et la fusion du choc du feu qui s’ensuit traversant la déflagration et se déposant doucement presque tendrement sur le sol, ton sol qui m’enserre comme dans les bras d’un baiser que forment tes lèvres et ta bouche fruit qui s’ouvre figue et abricot tendre l’oiseau pétille et picore explosant d’un mirobolant courlis et s’extasiant on entend cui cui et le bruit du bec qui chaparde s’enfonce dans la joie de la chair se délectant de la pulpe – aimant
L S – Jungle me my love
Mon inquiétude presse mon cœur à la nuit – éveillé je suis attentif et je sens le matin – l’aube arriver sur mes talons le frais chasser le résidu des rêves – les sédiments de l’amazone là où l’écorce creuse des sillons symphoniques – les éveils des mésanges quand le grand aigle au loin se consume – le jus de cette cuisson confiée à l’esprit c’est le suc dans la vapeur lumineuse c’est mon émotion le matin
Tu es née dans le lointain, là je te vois au delà de la mer où tu fus mais je regarde dans la mauvaise direction sachant que le nord ne te retiendra pas ; joie <the astounding eyes of Rita> bouche ou tu caches ton cœur mon amour le battement de ma joie et la douceur du lointain qui s’élève – l’insomnie n’a pas fait levé la graine et je vois tes yeux qui me couvent, soie , duvet de ta chaleur chassent la couleur fraiche de ton sang à l’infini du désert, une tente t’abrite où tu te reposes, mon Amour , voie lactée comment dire le miel, les épices et la couleur le henné de la mélodie à ce tissage perlé de rosée qui a secrété la fleur, comme le son l’indique le secret dans le silence pendant que s’opérait notre aimantation les pluies de nos vies par les drains de la peau rejoignent le fleuve et y font l’amour
Pendant que je m’éveille le monde court flambant veille sourit enlaçant aime s’élance et moi pris dans le courant
les bras couvent une couverture les mains à l’arbre
le pouls un poumon taché de sève
le battement contre les fibres halète la flore dissémine vers ce qui est feuille
proche poche lie à la peau
membrane que n’éclosent que les pores près de l’écorce
d’un rire le lisse écorche ces envoutements des becs rouges crient les couleurs tendre sur le fil plane sur le nid
douceur le vol de l’oiseau brise et chante les tiges s’ébrouent boue contre brin céleste cède au soleil
entre les deux le temps dément ému le temps duvet
de la concorde le balancier l’émulsion l’irruption sont la contagion
l’accouplement, infiniment le temps fixe défie l’écoute survole le regard
les raies émises la pigmentation raniment l’accord à la plainte ensemble déploient la retenue
la fosse derrière les arbres sangle l’inconnu
Roi l’eau ravive tu vois une pomme au songe une prune tombe
sous le choc une âme comme un coussin
creuse
calfeutre
recouvre
conserve
un noyaux semblable à la pulpe
les caches voient/d’une trace/l’éclat/sanglot/sillonne/du pied rythme le berceau//dans la main palpe le poids/rondes relayent les lignes/cent points embranchent au roc/la cavité déchiffre le clos/ l’écho grave la sonde/sans que rien ne ferme ni ouvre/les cercles détiennent l’apesanteur/souffle une main dans la main
tranche sans lieu
crachent les lèvres une empreinte
simplement l’envie respire sans cesse
le vent restitue l’ambre diffuse la chlorophylle tend les fils du tendre sécrète le fil
la chambre évide le clair pare les tissus sueur limpide les limbes harmonique splendides
fil relié à la couture effraie les vides les angles la perspective
mais y tombant sans poids je sais que l’on ne peut décider de l’amour, me dépliant j’accueille tout ce que le ciel m’envoie de ta tendresse aux chutes des satellites
L’existence ne peut elle pas rattraper un fil stable et tranquille, un lit creusé même en surface ce fil posé à même la vie en volute ou presque tiré droit ignorant les accident du sort ou au contraire se transformant en grimpeur de la poésie, aspérités, coulées et contournement, pelote ordonnée ou nœuds en tous sens s’entrecroisant, canevas organisé par ailleurs le fil pousse peut être lui même d’une tête surgissant de son effilement
la métaphore du fil, ver luisant a cet intérêt de pouvoir suivre le trajet, l’existence est beaucoup plus incertaine car l’on voit surgir ça et là des excroissances, des poussées, des replis, surgissant soudainement à votre gauche le bout de fil semble renifler fort à son affaire un bout de fil anciennement resté là, presqu’oublié, pourrissant ou végétatif et dont il semble se demander qu’en faire, les pointes des fils et parfois des dos semblent surgir à l’improviste au détours des ruelles, croisant d’autres fils non identifiables et tressé de tant de fil qu’on semble s’y perdre et Ariane ne nous contredira pas le fil étant la laisse du Minotaure ou était ce la trace de sa bave symbole de son amour, secrétait il ce tissage comme une vie intérieure qui lui est un repos, de quoi les fils sont fait lorsqu’on les voit ?
Ce n’est pas que je tienne à filer la quenouille j’ai pensé à un fil et je l’ai suivi, je me retrouve là ou je me demande bien ce que j’y fais, car tout n’est pas fil, il y a des points des taches et toutes sortes de choses et c’est tant mieux, je ne vais pas en faire le catalogue et si j’ai suivi le fil c’est qu’il me semblait permettre une continuité, mais elle se perd dans le temps et s’oublie, rompant l’ordonnance quasi moléculaire de la trace qui ne peut être que fragmentaire, du moins elle s’errode ou se corrode, se réduisant à une trace portant sa densité avec elle, ce qui procure une magnifique liberté, du moins une délivrance et surement la possibilité de resurgir sans se préoccuper de l’autre bout et de la surface nécessaire au passage du défilement , seule la tête passe et la vie est assuré de repiquer, pratique et enthousiasmant car en effet l’impression d’être encombré par sa surface ou la question de l’attachement cesse d’un coup d’être pertinente et l’impertinence gagnant l’euphorie de claquer la porte d’un train de se caler et ressurgir avec armes et bagage à l’autre bout, disons d’un quai mais imaginons endormi dans un fauteuil d’un appartement parisien ou le songe sans y penser m’a transporté, sans horaire ni trajet le fil simplement a repoussé la et y bien, l’idée seule m’effraie mais n’a rien d’absurde au contraire, si je suis là ou je n’ai rien de particulièrement euphorisant à faire pourquoi ne serai je pas plutôt la-bas, qu’elle différence cela ferait il, ou est ma laisse, je ne la vois pas, il n’y en a pas et les possibilités ne sont pas répertoriées, si bien que l’on peut repousser comme repiqué, transplanté, sans anesthésie du jour au lendemain et tout surpris s’y trouver bien, je dis Paris mais ce serait aussi bien entre tes bras ou appliqué dans un atelier de confection pour autant que l’idée m’en soit venu ce qui à première vue semble étonnant.
Ce qui importe c’est la non fixité du monde et surtout l’idée de l’adhésion, de la multiplicité du monde qui quoiqu’ opaque continue d’exister dans ses nombreux bouleversements et ce en même temps, simultanément plusieurs espace coexistent et où je pourrai tout aussi bien être car qui dit qu’un même bout de fil ne pusse être à plusieurs endroit en même temps, c’est peut être dur à avaler, mais il ne s’agit pas d’avaler mais d’être simultanément, admettons que cela ne soit pas possible et qu’il faille choisir, admettons cela à contre cœur comme un fait car l’intérêt du fil est d’en assurer la continuité du moins la cohésion, tout au moins temporelle car si l’on change temporairement de métaphore en choisissant celle de l’escargot ou de la limace qui en avançant laisse sa trace, bave, qui en séchant fini par disparaitre et n’a pas de matérialité bien définie une fois qu’elle s’est résorbé se concentrant dans l’énergie du mouvement de la limace et non dans sa trace ni dans sa matérialité (de la limace) et si le chemin s’accumule ce n’est qu’une métaphore, le chemin n’est que ce que l’on arpente et ne retient pas, la bave elle tend à se résorber ce qui est rassurant. mais à fini par rompre le fil de mon raisonnement déjà hasardeux et auquel ne me préparait pas le départ dans cette idée, ce matin au réveil, et d’ailleurs je suis toujours attablé là, ce qui est troublant car je me croyais parti , ce qui prouve qu’il ne faut pas s’y fier et être prudent dans ses assertions et que somme toute il ne faut jurer de rien car je suis bien parti, je suis prêt à en témoigner, même si je suis temporairement revenu mais cela n’a la moindre importance car si je suis parti je peux bien revenir, surtout maintenant que nous sommes débarrassé des horaires et des correspondances, des décalages horaires et des loyers ce qui est un progrès considérable. Admettons donc que je suis parti et m’en trouve fort car qu’est ce que cela changerait ? Est ce si absurde ? Pourquoi serai je plutôt là que là ou ici en admettant que j’y sois ce que nous avons admis, est donc acquis, ici ou là, est ce la question, du moment que je m’en trouve bien, d’y penser me réconforte et c’est pourquoi je privilégie cette thèse qui va dans le sens de mon inclination ayant balayé un à un tous les contre arguments et autres obstacles.
Persona, d’Ingmar Bergman
Considérons le désir tout nu, façon de parler car l’hiver approche et évitons qu’il ne prenne froid et d’un seul coup s’éteigne ce qui serait fatal, considérons le donc dans son existence idéale brute et intégrale, le désir est là, mesdames et messieurs, devant vous, se déployant comme une fleur et montrant le galbe de sa courbe et la beauté de son intérieur sans que rien ne le fasse douter, le désir existe, il le prouve et défile même sa toile au moment où je vous parle, on pourrait même parler de cocon car il n’a rien à attraper, il opère par affinité et c’est pour quoi il se montre splendide tel qu’en soi, ses bagages sont des rêves, sa réalité comme un chapeau, un chemisier un peu évasé, le désir est devant vous et converse de la plus aimable façon avec les pensées qui bien sûr aussi sont du voyage, d’où tiens je que le désir est en voyage, mais de sa nature dynamique, mouvante, pour tout dire énigmatique, énergétique synesthétique, car s’il ne se déplace pas forcément le désir grandit, s’enfle et s’accroit, s’augmente d’autre désir, bref a sa propre vie qui ne doit rien aux mathématique ni à l’échafaudage administratif mais dépend de lui seul ou du moins de la rencontre, du déplacement et de la relation, car certainement, seul, le désir dépérirait ou tournerait à l’obsession, ce qui le ferait changer de nature et causerait sa perte.
Rappelons brièvement les faits avant de conclure, nous avons vu que du fil on ne voit que le bout, le chat pour ainsi dire car les deux se confondent , le chat étant l’élément fixe de la force motrice, il fut bien établit qu’un état actuel non satisfaisant rend possible sa transformation et ce, même sans évoquer Coomaraswami, la manifestation dépendant, plutôt que des causes, de l’affirmation forte d’un désir ou même de la simple possibilité qui soudainement prenant corps acquière une matérialité certaine et doit être prise avec le plus grand des sérieux, façon de parler car le sérieux n’apporte aucune garantie, il faudrait même s’en défier comme d’un frein qui, s’il est nécessaire peut aussi ralentir car un des éléments essentiel dans cette possibilité de l’avènement est bien évidemment d’y croire, un simple soupçon ou un doute conséquent menacerait de dissoudre cette optimiste et joyeuse possibilité, véritable force vitale qui nous meut dans nos mouvement, le désir, l’envie, la sympathie, l’amour, l’enthousiasme ont donc une réalité motrice et fondamentale sur laquelle il faut compter, et dont la réalité est incontestable et qui m’anime, sans qu’il puisse être question d’illusion ni de Maya, ou peut être bien et si même mais qui dit que l’illusion n’a pas sa propre matérialité, sa propre capacité de réalisation et de conviction, et n’est pas une simple variante lexicale, finalement encombrante et que nous pouvons oublier sur le champs car j’ai toujours eu la conviction que ce qui ne peut être prouvé de manière satisfaisante et j’insiste sur la notion de satisfaction, nous ne voulons pas ici sombrer dans la dépression la plus atroce, mérite notre attention, vous en conviendrez, du moins je l’espère, car accordez moi que je me suis levé de bonheur pour vous entretenir avec légèreté de cet éventualité somme toute probante, du moins il me semble, nous admettrons donc que nous ne nous illusionnons pas afin d’éviter un débat fastidieux sur la réalité des choses dont nous nous somme approché suffisamment pour concevoir qu’elle est possible du moins jusqu’à ce jour.
Pour finir, car il faut bien finir avant de lever mon verre à cette conclusion non dénuée de merveilleux, emprunte de beauté et riche de réflexion, et sans qu’il soit forcément question de métamorphose ni d’altérité, mais bien plutôt de poésie qui de lyre peut être étendue à la quenouille et au métier à tisser, dans les cadres sont autant la pensée que l’idéal et la navette la sereine ou intranquille réalité, permettant dans son défilement les accomplissements.
béance de se nourrir la voracité je tire la langue rouge ouvrant grand la bouche , non pour rugir mais pour avaler ,
l’envie est forte là moi souffleté par les vents creux de boursouffler me saisir aux mollets et relâcher la panse la vessie pleine il y faut des vides pour que s’engouffre cette terrible soif de vie non de me saouler Dionysos mais boire comme une barrique des litres et des litres et des jours et des jours lieue que je laisse entre moi et l’arrêt du train en marchant du pas le plus souple et ma vue saisissante soudainement regretter de ne pas céder à mon envie et laisser l’immobilisme retomber et l’entrain froisser dans sa poche la limite étouffer le remord dans l’œuf et en faire une omelette oh le beau jaune qui ne deviendra pas coq ni basse-cour ni dindon ni caneton oh le beau monde que ce train qui comme un trait passe si avaler divulgue rayer la mention qui impose comme une chaine à son cou le bel ordonnancement et faire un trou dans la glace