te lécher si tu es dans le plat

il faut être dans le rythme

il ne faut pas chercher

embrasser

ou sinon fermer les lèvres

savant mais s’en remettre

aux marées

s’inspirer de la structure atomique

au creux de la vague

et penser au sable

en un mot s’inspirer

et être couleur

quand bien même celle qui la détient

est une grande négation

demeurer couleur

et ramener les traits comme une gouache

sur les draps être musique

et puiser dans le puits

de quoi rire

et boire

faire de longues phrases et ne pas reprendre son souffle

que l’amer emporte ou le soleil ou l’astéroïde

ayant beaucoup tenté

se retenir dans l’élan et de cette catharsis incliner les mots dans le sens de ses vents

s’ ils souffrent ou que la mer, encore elle, écume comme la chevelure

un saut de joie dans le vide n’égale pas

cette abstinence qui se nie pour mieux éloigner

être un dans son chant

peut être

et bondir

comme un bolide se saisir de son envie la serrant et tendrement la laissant s’échapper

d’un sourire remercier

et tourner le dos à la cuisinière

enfourner la pâte cramoisie et lécher le plat

 

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sur le seuil le gel de l’hiver

Quand prélat, à sept amants

ce vieux aux trois maitresses la sortent de la mort

l’irrespirable du nu

son corps de bois germé au gout qui ne salive

élégances de sa bouche

dictés par lui les mots ont hérité du froid

 

Moi sur le seuil au gel de l’hiver

 

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l’oublieuse

Dans sa maison maquillée comme un crime se prenant pour un Oued

des pierres oublieuses de l’eau

planche cloutée son corps bée comme une entaille un cep sec

torture de jour nouée vers l’est l’escapade des étoiles

dans les miroirs à la générosité de la nuit l’aube à la grande fenêtre parle du jour

lamento d’un puits sec ramenant le seau vers une bouche recluse

 

L’hirondelle s’est enfuie.

 

oublier, oublier, oublier ...
oublier, oublier, oublier …

Le rival qui rit

Creux dans le thorax

Le rival

Taille un violon

Les nervures libère les saillies

Perce la sève

 

La nuque

Remonte la langue sur les pointes de la feuille

L’archet arqué

Et la bombance lors de l’irruption des corps

Sillonne

Le long du fleuve nues sèchent les écorces

 

Une vieille la dent dure

Crache et casse les cosses du secret

Ambre vif

Surgi de la coulée

L’écho sombre s’en remet au noir

L’ombre des grands arbres

C’est le pays qui s’éprend de  la touffeur

La douleur figée dans l’attente

L’ile a changé de visage

Pierre forêt rivière, flots, océan terre et plantes

Vertus la mort la maladie – le sexe et la langueur

Mots
un taillis a surgi de la forêt

Les fils inextricables

L’œil a renoncé

 

Parce qu’il y a eu beaucoup trop d’or

De vert les jambages

Qu’elle sème au vent

Entre les brins d’herbes

Deux bras enserrent le fleuve

D’une étoile

Le visage aimé scintille – as-tu joui ?

La voix grave longe le chœur des chaines

Cuisses

Les rives d’une chair crasseuse

Mais repue

Une plante grasse dans le ventre capte le feu tapi

S’inquiète du carnivore

Entre les seins d’une femme

Un grand arbre s’amuse des vents

L’eau en un pleur est une

Averse

L’ennui est dans le vert

Les pieds dans la boue

Pataugent

tordent les tôles de la ville

 

Dans l’antre retournée de la chèvre

Ses yeux

« faut il le préciser ? »

Qu’on la chante

Caresses

Le long du corps du maître

Anthropophagie stérile du monde

Au monde

Trou

Trop ouvertement creusé des pattes arrières

Née sans qu’il ne soit question

De rien

Lumière

Ce qui apparaît dans le chant

La parure indienne venue d’où ?

Les chemins se perdent et perdurent à chaque pas

Brousse

Quand un seul arbre

Arraché fait saigner

La paume

La saillie et l’épi

La vie rieuse use

L’esprit mort

Au bord du chemin

La tête dans le fleuve

Les têtes tranchées

Continuent de parler

Descendant

Ascendant

A l’aplomb de la vase

Ne se risquant qu’à

Cet allant

dans le trait du fleuve

Fred Williams, river bed
Fred Williams, river bed

La pluie vive de l’automne

aiguise les troncs de la forêt

 

Le feu d’argent se démène

la rivière reste dans son lit

 

Un  lézard se prélasse au soleil

Un lézard se cache dans un trou

 

l’éveil n’est pas donné à chacun

s’éveiller suppose de se lever tôt

 

Elle s’en va chercher de l’eau

Les vaches la traitent de folle

Plutôt manger l’herbe tendre

 

Rien mangé au déjeuner

Une sauterelle qui saute

Ce n’est pas inconvenant

d’orage

La beauté de ton regard

quand la douleur revient de loin

comme de la remontée d’un puits

 

les eaux troubles filant entre les mailles

 

tes yeux le seuil des larmes

sans qu’ils ne pleurent

 

dessinée sur la main

la flamme et le lointain

 

l’épine

ramenée du lieu de l’orage

 

le noir

protège du lieu de l’ombre

 

la beauté, ferveur sauvage est de pierre

 

retours

Le cyprès

clos

près de l’olivier

lumière noire

face

à celle claire

diffuse

 

Une tourterelle

vient en planant

se poser sur le gravier

ailes du vent

 

 

 

La figure est de voir

« la femme qui t’a poussé à ce voyage »

j’ai lu femme quand il y avait forme

est-ce une équivalence ?

 

Envol bruyant d’évocation

les ramiers comme tonnerre

coupent le nom du vent

avant que ne cesse le peu

 

la peur ?

 

Oublient la gravité sous l’air

où le langage livre

délivre

Le temps sourit à l’oubli

abolit

sur la tombe

des fleurs par une main

 

Haut

Creux de la pensée, le mot tue

ponctue

0mettre ni mot – sens – espace

Il y a tant à retenir – pour soi

et partager

 

en penchant la paume –

large

un fil délié parmi les fils

réveil

Il importe

de se réveiller comme un homme

l’oiseau

sur mon épaule ne peut être

une poule

 

si elle pond sur le front

 

plutôt que posée sur un rameau

est-ce une colombe ?

le tenant dans le bec

 

je dirai que c’est un moineau

ses plumes ne sont pas d’une toge

mais l’écrin d’une bure

 

la veine à mon cou

un brin d’herbe s’est allongé,

songeant à la vague

de pré ou de pelouse ?

d’un étang,

il serait jonc ou nénuphar

 

selon l’orientation et la profondeur

 

Arbre désorienté

brûlant le sol dur de Palestine

l’ombre ruminant

des palais

battant des cils aux fenêtres

 

une orange

 

comme des iris,

prière croassant

et belles illuminant

les endormies

 

 

 

 

 

Nuit

Je pourrai comme un sanglier mourir là dans mon sang

les arbustes et les fleurs tâchés de mes poèmes

les étoiles étrangères et la lune compatissante

Nuit sans que rien ne te trouble toi qui ne me lit pas

 

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