à l'eau

je vois un cercle arrondir l’eau

je vois la fraicheur élever l’eau

je vois un ours retourner l’eau

je vois la pluie déplorer l’eau

je vois l’opale traverser l’eau

le caribou contourner l’eau

je vois mon pied dans l’eau

ma bouche apaiser l’eau

le fond remonter l’eau

une fille de l’eau

cajole l’eau

sur l’eau

lisse

 

l’eau tremble

Non, je ne suis pas la chambre d’écho de ce que je perçois des satellites

une suite de mots interrompue

je les récolte et les mets dans le pan de me chemise

 

je marche même sans bouger et rien ne bouge

une étrange vacuité pèse

quand il est certain qu’une grande écharpe de tons froids est la rage et l’apaisement

cercle boréal ou éclatement des soleils, veuves et filles des guerriers assagis

qui attendent appuyés sur une branche de frêne

pour remonter des rêves quoi de mieux qu’une couverture

et la baille le fil plombé pend

je me retrouve au mieux près de l’eau fraiche de la rivière, les branches font cercle ma tête est comme la lune

et parfois le soleil brille

fatigué je dors dans les hautes herbes la proie des tiques et des serpents

c’est là, ou est ce sur le périph que je rencontre ceux avec qui je parle

ou au carrefour

dans les halls d’aéroports

ou au bord de la mer

quand j’y suis

nous sourions où le silence s’installe

 

la raie profonde et les rides de qui a longtemps marché pourfendant les vents

dans l’écueil et les marges l’esprit de la grand mère sournoise

 

même si je dors rythmé par les grenouilles

et que je souris

au lac

et au sentier qui se perd

à la rivière qui coule

au dessous

ramant

aux vieilles femmes qui ronchonnent une litanie héritée des mères est si douce

ou revêche

ou est ce vieux chant qui entend

 

une plaisanterie morbide

et l’abime des ans taille une résistance à la subversion

plus le temps

une poterie rang sur rang

sèche

 

les marcheurs ont des histoires au croisement des solitudes

le regard édenté est un moment qui tranche et vient avec le roc

l’attente et le moment des chèvres perle en bêlant

 

la joie pourtant répétait sans cesse qu’il n’y a pas de séparation

cela semblait important

et elle mêlait les chants de guerre

au regret le plus cruel

elle parlait de la ceinture de feu froid qui entoure le ciel

elle pensait plutôt au poisson

et parlait de chevaux tout le temps

elle ne radotait pas elle partait vers le sud

la où la terre s’oublie dans l’eau

refaisant le voyage à l’envers

mais plus au sud

les vieux habits ne convenaient plus

et elle n’avait plus l’usage de ce qu’on lui avait donné

 

préférer parler en boucle d’une idée vacillante

comme les arbres de la foret se rassemblent

 

car c’est en déballant l’intrus

sous quelques os un peu de salive

dit que ça valait le coup

même si il faudrait tout reprendre

à neuf

bien sur

mais cela ira pour l’instant

il n’y a rien de mieux à faire

et la parole n’a plus de valeur

il vaut mieux qu’elle tourne

en attendant mieux

 

 

car il faudra rentrer

 

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ces hurlements de résistance aux déchirements des sirènes

et aux gisements d’uranium

on ne les entends pas sous l’épinette

où est-ce un sequoia

cette draille de terre entravée de roches

là ou le fil soumissionne les accords puissants d’une pensée enterrée

entravée

les fils ont été emprisonnés dans ces carrés de fer

la dans les fils de millions de volt passent au dessus des histoires

sans les voir

alors qu’elles sifflent

saignent

d’un pincement  aigu

les panses

raillent d’un rictus de guerre

 

qui croira alors que le monde est en paix

et que je suis en paix

fort de ma révolte

le visage surmonté

vacille autour d’un axe renversé

et de ma hache entre le plaisir et la langue

et le palais pourpre

qui siffle

éclair du serpents l’eau dans l’orage

les zébrures

les entailles dans mes gencives

tout ça ne sont que des pensées

de vieil

homme et ne percutent rien

que le vide à ma ceinture et le thorax creusé

ne font sens

les raideurs

si je dis silex

et que le bâton tape

menace

dans ma marche

c’est que je ressasse

 

pourtant le vieux navajo assis

ou celle qui venait du nord

dans le moment sans nom

nudité pliée

n’a de parole que de paix rieuse

pourtant il fut un temps où il t’aurai tué

ou aidé à traverser

qui peut dire

nous nous sommes croisés dans une compréhension d’un mouvement de cil

qui voulait dire

salut

 

l’ours pourtant rugit dans les trembles de l’eau

On nous dit que les renseignements captent nos vibration, que pouvons nous bien émettre et qui de l’arbre ou des oreilles des bras qui étreignent le vide ou l’écorce ou la sève ou la larve traversant le tronc le trou du pic vert et le garde manger de l’écureuil

dans écureuil il n’y a pas écueil mais écu et œil à un u près

isolé dans le monde nous sommes isolément attaché par des veines gigantesques à une ébauche de corps dont on ne voit que les centres nerveux fonctionnels qui n’est que ça et est un leurre

la lumière est autre chose : elle n’est nulles parts décelable et irrigue le tout sans maintenir fermé : elle est ce qui connecte le profil lumineux et marche dans le sommeil

un mendiant endormi ou semblant l’être médite sur les bulles du courant rattaché en peu à ce grand corps courbaturé agité  convulsé toutes les cellules en éveil connectées à l’effort suprême de savoir , se méfiant de chaque lueur la prenant pour la lumière épuisée

seul le silence sait et se tait

corps obsédé par la partie rebelle irrité par l’oiseau  gazouillant caché dans le feuillage et  l’arbre écoute et la rivière silencieuse est secouée de rire, fou rire cosmique du pitre humain ventriloque

il est parti dans les bois se reposer sur la glace et grimper sur l’épinette.

Oiseau moqueur

On ne voit que les pieds mais ça n’empêche pas d’imaginer le sourire ou la natte décoiffée

ce n’est pas du à une crispation de jambe

ni à la lumière semi orageuse qui filtre entre les parcelles des taches d’ozone et les pluies acides

ce n’est pas que je marche sur l’herbe plutôt que sur l’asphalte

ce n’est pas non plus que j’en fume ou que je siffle

l’oiseau moqueur ne s’est pas réveillé et c’est moi qui me moque de sa bobine

Oiseau moqueur
Oiseau moqueur

somebody calling

je te lance une corde

et tu l’attrapes

sans hésiter

 

 

tu me dis viens

danse

sur moi mon coeur

 

 

un coup

pour te faire la cour

là où il fera noir

 

voir briller

Je te lance une corde

et tu en fait un pont

suspendu

entre deux eaux raides et deux poteaux

tu choisiras où l’accrocher

 

J’ai déjà eu l’occasion de te le dire

ma vie

ta vie est un tourment qu’il faut bien traverser

et dégainer

ton regard traine est une lampe dans la nuit

et le jour

et dans le clair obscur

 

Dans la brume le chemin oublie le long

l’ouvert et le profond

et l’enfance passée dans la sauvagerie

sur les marges

se sauver

nous allait bien qui pendait à la selle

qui nous appelait

qui nous voyait briller

même si c’était bien loin

et les pieds dans la poussière.

 

Le fleuve nous ramène un gout flétri de fleur

sous le brillant du jour

oublié

même si cela fait déjà longtemps.

 

 

cascade

lorsque la brume
chasse la lumière
pendant l’orage
ou lorsque la pluie

Je te lance une corde et tu en fait un pont

somebody calling

je te lance une corde

et tu l’attrapes

sans hésitation

tu me dis viens

danse

sur moi mon coeur

Cascade

c’est lorsque la brume

envahie

que chasse la lumière

cinglée

les dents de la montagne

déchirent

c’est pendant l’orage

m’ébroue

que la ligne de crête

ou lorsque la pluie

dévie

la roche échancrée

dilue