le pli de l’air

 

Issu d’une résidence au brésil ce livre libre me semble regarder de son oeil plissé l’irrationnel se glisser entre les ombres et les lumières du vivant, sans poétiser, presque en récusant la forme poétique pour mieux l’installer au coeur, de ? qu’est ce que cette écriture ? une vue, un rendu compte, un marmonement, le surgissement de l’invisible dans la conscience et l’émergence du réel, solide, brut et dérangeant presque par son vulgus, bruit, donc , ou les conversations des inverses, bruits inaudibles du réel car il y a sans doute plus à entendre de ce qui est dit dans le réel bruyant mais finalement dense comme une pierre, et ce silence si bruyant, mais le mot ne convient pas, musical, infiniment musical et plongeon dans les polyphonies secretes de la foret, des être à la tension des ondes que l’on nomme magie et de l’intériorité,
 le pli de l’air,
 serait-ce ce point ou tout se fausse et ou tout apparait dans les prolongement et les retranchements du réel , car nous sommes au dela du visible et de l’invisible, audible, criant muet, improbable frontière qui n’est qu’un pli, je ne sais pas bien , mais le livre qui se déroule ou s’offre  un peu comme un pli, pli comme un glissement de terrain ou courbe multiple de la réalité, tout cela dans la plus grande simplicité apparente,
ce n’est pas si simple de voir mais est ce voir, le réel dans la chaleur de la multiplicité, ou rien ne semble fixe
métamorphose uniquement à l’oeil mais est ce l’oeil, qui fixe alors que tout coule entre envers et endroit, vilain mot, pourquoi droit, tout me semble mouvement, il faudrait préciser mais le peut on à vouloir laisser libre, autre mot pour insaisissable, le vrai est ce dans cette attente inlassable?
est-ce bien le texte ou est ce moi qui prolonge, m’empare de cette évocation, à tout prendre et rejoins mes rives …
un livre ou l’on revient, revient, comme vers un lieu où l’on attend
où la vie et les vivants manifestent

note , » Le pli de l’air » d’Erwann Rougé

lecture d’antoine Emaz (http://poezibao.typepad.com/poezibao/2009/07/le-pli-de-lair-derwann-roug%C3%A9-lecture-dantoine-emaz.html) à lire pour une autre approche

page de présentation d’Erwann Rougé , poète essentiel à mes yeux : http://www.artpointfrance.org/Diffusion/rouge.htm

temps qui gouffre

le temps et l’autre

et ne peut arrêter le mouvement
à se réinventer
au lieu de se détruire

mais c’est ce qui est à l’ordre du jour

le passé allonge son ombre
pendant que le present
nous brule d’un feu peut être
irréversible …

le futur ouvert, s’il faut dire
si le passé est grand fermé
à moins de flotter dans le présent
bénéfique

et ouvrir une autre ère du temps
une autre dimenssion du temps
sans reference

passé-futur-présent

ni ouvert
ni fermé

tourbillonnant dans l’immobilité

le temps est fou
si nous voulons le chevaucher

à un autre  temps
répond un autre rythme

du poème

dépasse le  poème
ce temps là englobe beaucoup plus

les mots
y trouve une résonance autre

inspire

les mots y trouvent une résonance autre

parfois ils s’arrêtent et ne franchissent pas
ils restent sur le bord
ravine
ils y ont mené
désignent vaguement

ils ont perdu la prétention
et laissent l’ se déployer
sans qu’ils y participent

eux y mènent
ne sont que les coup du bâton sur le roc
ou le rauque du rire
l’aiguë de la voix

pelage ventre pluie

dans la danse
ligne
une convocation
entre
le temps
dont nous ne pouvons nous éloigner appelle

sur ce versant dépouillé se peut apercevoir

ce
la

les mots entament
au seuil sous l’astre rire

énigmatique

significatif

inaccessible

pourtant les mots y mènent

et la terre

 

et  la terre ne nous appartient plus, ils ne nous y font plus de place, ni devant ni derrière, il nous faut creuser à mi-hauteur, coincé ailleurs entre le thorax et la plante, du fond du jardin en ricanant,

alors oui , et pourtant si ! ,

mes incantations défenestrantes me font boule de feu et zèbre l’espace d’ ouest en est et du sud en nord embrassant mes amis (brasse) et mes amantes (braise) trop peu si peu au passage grinçant de mes vents, mes nuages de fumées soupirent à l’aise de mille lieux, ma langue, que je parle souterraine est irriguée de milliers d’autres langues circonflexes et je cligne des deux yeux à les écouter irriguer mon sang, slalomant entre les ferrailles électrisées des pylones qu’ils ont voulu plus fort que le temps, les fausses montagnes de béton,

 ils se sont cru incontournables

et vois comme j’ai le dos tourné, vois comme je parle aux ancêtres et aux à-naître; aux rivières et aux écorces de feuilles, aux vents qui chatouillent les marées,
vois comme je suis l’oiseau et file à travers les balles me cachant dans les nuages, et les bisons comme les ours font la sarabande se tiennent les côtes et n’en peuvent plus de rire , se frottent dans la neige et imitent les lézards,

la bonne blague de leur monde en berne

je suis du pays du sourire blanc noué dans un pleur.

 

I’m in love with a potter

…a flavour to each family

© Jody(1) and Polly-Rose (2-3) Folwell

If beauty is in the eye of the beholder, then it is the individual viewer who  define what is a masterwork… for some beauty is b dissonance. For some ased on harmony. For others dissonance. For some it is a sense of endurance or a sense of that which is beyond us… Perhaps one does not fully grasp or recognize the reason, but feels a spitual connection , an arc of recognition that may come from a subconscious agreement of colours, image, shape. Perhaps it is with a slight sigh of inner happiness, a silent gasp, an inner electrical flow and the final rush of contentment, but we know.

© Jody Folwell, Susan Folwell, Polly Rose Folwell and Diza Sauers in « Hold everything masterworks of basketry and pottery from the Heard Museum »

[Si la beauté réside dans l’oeil de celui qui regarde, alors celui qui voit définit le chef d’oeuvre…Pour certains la beauté est basée sur l’harmonie, pour d’autres sur la dissonance. Pour certains un sens de la durée ou de ce qui nous dépasse… il est possible que l’on n’en saisisse pas entièrement les raisons, que l’on n’en ait pas conscience mais que l’on ressente un lien spirituel, comme un arc  de reconnaissance qui peut être vient d’un accord inconscient de couleur, d’image, de forme. peut être juste un saisissement de bonheur intérieur, une inspiration silencieuse, un courant électrique intérieur et finalement cet élancement de contentement, mais on sait .]

happy like in a pot of honey

ravines

à un autre  temps , répond un autre rythme,  du poème , qui n’est même plus poème, ce temps là englobe beaucoup plus

les mots y trouve une résonance autre,

inspire

les mots y trouvent une résonance autre , parfois ils s’arrêtent et ne franchissent pas , ils restent sur le bord , ravine, ils y ont mené, désignent vaguement ,

ils ont perdu la prétention et laissent l’ se déployer sans qu’ils y participent,

eux y mènent, ne sont que les coup du bâton sur le roc,
ou le rauque du rire , l’aiguë de la voix,

pelage ventre pluie

dans la danse, ligne  une convocation, entre,  le temps , dont nous ne pouvons nous éloigner appelle

sur ce versant dépouillé se peut apercevoir, ce , la, les mots entament , au seuil sous l’astre rire

énigmatique

significatif

inaccessible

pourtant les mots y mènent

lueurs la nuit, aube graphite grave les rayons du matin

le temps

changer d’esprit, avancer : le futur est tout grand ouvert ! (Bijou Letord)

 

le futur ouvert, s’il faut dire
si le passé est grand fermé
à moins de flotter dans le présent
bénéfique

et ouvrir une autre ère du temps
, une autre dimenssion du temps
, sans reference

passé-futur-présent

ni ouvert
ni fermé

tourbillonnant dans l’immobilité

le temps est fou
si nous voulons le chevaucher

 

eau des racines

et si mon nom n’est pas basque ; c’est qu’on m’en a donné un autre, je suis fait de méandre que comme la rivière la vie creuse dans la roche, l’impalpable du réel, surprenant comme cette eau qui gronde retenue par les morts dans les recoins profonds de la masse de roche qui grouille sous nos pieds, que nous appellons l…a terre, multiforme je le suis et en même temps un en esprit même s’il cherche à se rejoindre constament être rassemblé dans ce lieu du monde et du corps d’ou il peut voir et être, l’instant projette ses propres méandres et redéfinie l’identité , mouvante et multiple,
l’esprit rode et règne, tout doit lui revenir quelque soient les fentes ou il se glisse, lui qui s’accroche, lit grognard de l’harmonie

l'un et l'autre

est ce une feuille qui regarde sa branche
un papillon qui nargue sa chenille
ou l’inverse ,

ou est ce l’espace entre eux deux

seulement l’espace ,
qu’il faudrait considérer

mais alors

ce pourrait être aussi
ce qui dans l’un et l’autre renvoie
à l’un à l’autre
ou dans cet un ce qui est en avant de l’autre
l’un en dedans ou le prévoit