sonora

Fruit que partagent les jaunes et picore le soleil            vents des bleus                                                        l’oiseau    orange     ou papillon vient en volant                            battant des ailes sur le marbre                                   c’est comme un pépiement de tous cotés                    y a t’il autre chose que les millions de couleurs dans l’air                                                 sont le signe d’une naissance                  que            l »étendue de la lumière impose la journée                                              en tache                       rire ou pleur                                     la matière douce ou sonore                                                  persiffle  glissando                                                  perçante                                                   éclipse à la multitude

Ekwos

est-ce mon habitude                             croupe                                 le cheval ,

par où tu montes               et délivres                     par où tu étends à la trajectoire                de l’enclos / l’encolure

par le cou                     la déchirure / crinière

par là   s’accroche / caresse                              l’immensité et soi

le défilé imbrique            boite/déboite

presqu’au dessus de la canopée des cimes                                    chevauche                                enlacé au crin

c’est comme faire l’amour au monde

en étalant                        comme des               ailes aux naseaux

épi-souffle de l’étalon /jument                                             ekwos le dit bien

le temps de ton souffle n’est pas épique
le grain                                l’herbe  le vent  libre              erre        /     balance                          le gréement de  la plaine                                       entortillada des chemins                                 dévale                /                remonte                     à                       ras      /       lourd                  un lac                           en bas                       des collines                                là haut                               les roches                                      mont                aride                                    l’horizon en dessous                            les veines d’Ekwos ou                    dans le bris du ciel                        à                flanc de nuage                              l’ancêtre

 

 

L’      arbre parsemé                          L’  ours                                              biche                                                 à l’orée                              et moi /  large au temps

Repos l’Hélène

immigrating on a floating cabin on lake Michigan

geee! I love Lake Michigan ! c’est pollué dis-je – moi aussi dit-elle – se repollenisant (couche de mastic sur la face et rimmel on top) — silence—- révélateur —- chambre noire et rideaux tirés sur le corps à corps phantasmagoricosexuel diurne —

ah oui c’est bien quand même la pollution!

disait Castor à Pollux un dimanche (soir) à Chateaugay pas loin du lake >Michigan (à vol d’oiseau) au milieu des poisson-chat(s) crevés flottant sur le ventre gonflé de tétrachlorométhane et souriant béatement des deux globes aux sirènes de police painponpinpanpanbingvroum (vie citadine anodine vite résumée en six-coups) freaky gémit le seul saule encore debout pas parce que Pascalien mais non encore décimé par les pluies acides

© Anne Madden

Deux indiens arapaho pagayant en rond à ras de l’eau  feather in toe et paddling en canard se fendire à ce moment précis la gueule et sombrèrent à quelques encablures électriques dans la rivière et ayant échappé à la vigilance du Board of electrical survey mais pas à la queue des castors carbonisés qui faisaient penser à des merguez trop cuites___ interdites ainsi que le camembert et la panse de brebis farcie sauf si sous vide ____ mais ayant échappé à la vigilance des customs et du service de l’émigration clandestine  ceux ci étant soupçonnés de se reproduire même carbonisés —confusion regrettable avec les pâtes à la carbonara c’est de notoriété publique

un écriteau suspendu à mes fesses — on peut y lire :

be back in no time , possibly a lifetime le temps d’une fondue ou d’un cheesecake assis sur mon ile assis sur un barril au fond de ma cabin deux bouées sur Le Lac Michigan

and kissing you stroking Horse neck

spreading your wings my love wooden horse            on warm breath

Ekwos nasus blowing    flabbergasting hooves hamering freedom
while
in the oven cooking okra greens side by side with rolled  roasted poultry in carcinogenic pastry
meanwhile
over a turtle  mountain  a canopy breaking ground and grinning                              fading carpet                             hovering over a  forest singing of               awake cavity

spinning toes

cannot make up for the lost hug while kissing you

like winding                     wide wilderness of an unrush mountain stream                            desperately climbing                                   whimsical tree   pilgrim Bear and staggering doe  and me

l’accusé acquitte

Est-ce vrai de l’autre coté de la frontière les gens sont sans ressources, sont toujours plus nombreux  les trottoirs et l’âpreté et le recours au sang, est-ce vrai dans le vomi l’alcool répond au froid et la plupart se blottissent dans le non sens,  ils réapprennent le rire comme une violence épaisse – Est-ce vrai le train déraille et la mort se vend en kit – au bord du fleuve est-ce que l’accusé  s’acquitte ? La dette décharge le  mépris et les corps dans l’oubli.

traversant

bleu                    toute d’une élancée bleue
les silences en parlent mieux que les nuances
un seul mot d’une seule masse         pesante

se suffit à tout du long un trait aspire l’espace
à soi
comme une absence de la couleur

ligne pour prolonger l’épure
un temps identique les relie et la brise

simule la simultanéité
c’est cote à cote l’un dans l’autre parviennent à l’écho
en un de rien diffère

le bleu tombe dans le bleu       reste demeure sombre et tombe
rien qui interfère qui est la frontière         entre

une projection l’un opaque du coup détone par la trajectoire
qui rompt et délimite un néant dans son milieu
sans                                serait presque vert ou noir

la déchirure toutes sortes de veines
déminent et délimitent à travers

dans les déclinaisons et cette négation qui permet

gnons Ioniens

L’orque rauque-racle

l’Oracle

l’ordre rode érode

mais aussi errone corrode marronne

sans que daurade ni pirogue

Rogue
l’Acheron

sans on
s’amourache
les nuages
ashe-cendre
des
pluies acides

équivale/nt

la tâche ronde //// a/o   le python tête //// i//on/ê   l’art à tort //// a/o  les dindons //// in/on  ar-que-busent //// a//e/u  sans queue ////an/eu  ploient ////oi  losers ////ou/eu  antagoniques ////an/o/i  l’orbite ////o/i renâcle ////e/a

mais que /si ce doit

reconduire à la frontière

et

assimile les ions chtoniens gnons des gnous sans que hiboux genoux
laisse car hiboux carne des carribous

accolade des rapines

mots
comme une flèche en plein cœur
l’épouvantail
époumone le camelot
flatte
le chat  ronronne des rimes
moteur de deuche
l’alezan des cimes met à bas
poumon cœur touche
l’acolada
dresse le fond des torrents

vers s’aillent brandir

Les grands livres et la bonne façon d’écrire, qu’est-ce ? Le français cette vieille langue en fait si récente, de cour, le suzerain, astre commandait au langage, requérait des bouches qui proféraient un style, une parole délimitée qui ornait, une « beauté » qui soit avant tout un acquiescement, alors les  malins et les mutins préféraient la scène et les taillis, les envies des bardes enfermaient dans cet enclos un bétail rageur et saugrenu l’ulcère des courbêtes.

L’écriture écrite, ou se perd dans les bosquets et les clôtures , les chemins qui y mènent, la musique s’enferme aux closets, le vrai vieil air botte la dentelle, l’écriture aujourd’hui suit les traces de ces élégances travesties, poudrerie quicache la soute à canon

Ce singe s’en est emparé il s’en accoutre et fait rire il s’amuse, la moquerie lui est attaché, singe il n’obtempère pas,

le style est la marque du pouvoir

ou alors la volonté méditative s’est frayé un chemin et n’ose encore ambuler qu’à couvert, au grand jour seules les plantes tentent d’échapper au sécateur, les forêts sont des lieux des affranchissement, le danger est tapi et la nature à pleine gorge raille.

seeking sky

As I lay down
the earth muttered
brown sky fell over me
and I shuderred

upheaved

photo © BERNARD PLOSSU